L'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA), une variante de la fécondation in vitro (FIV), qui consiste à injecter un spermatozoïde directement dans un ovocyte. Cette technique a révolutionné le domaine de l'infertilité, en particulier masculine.
Qu'est-ce que l'ICSI ?
L'ICSI, ou Intra-Cytoplasmic Sperm Injection, a été inventée en Belgique et a révolutionné le domaine de l'infertilité masculine. Elle court-circuite les étapes initiales de l'interaction gamétique. L’ICSI ou injection intracytoplasmique de spermatozoïde est une technique de fécondation in vitro (FIV) dans laquelle le spermatozoïde est injecté dans l’ovocyte.
Contrairement à la FIV classique, l’ICSI est une technique ciblée et plus complexe qui consiste à injecter un spermatozoïde directement dans le cytoplasme d’un ovocyte. Dans la FIV classique, les spermatozoïdes doivent traverser indépendamment la membrane de l’ovocyte pour le féconder. Dans le cas de l’ICSI, un spermatozoïde est micro-injecté directement dans l’ovule.
Quand Recourir à l'ICSI ?
L'ICSI est principalement indiquée en cas d'altérations spermatiques majeures. Cette technique est particulièrement proposée quand le spermogramme est altéré de façon reproductible. Elle est privilégiée chez les hommes présentant une incompétence des spermatozoïdes, notamment en cas d'oligo-asthéno-tératospermie, à savoir un nombre trop faible de spermatozoïdes, une diminution de leur mobilité et une augmentation des formes anormales. Communément appelé « syndrome du spermatozoïde paresseux », cette infertilité masculine entraîne une anomalie du sperme impactant la mobilité des spermatozoïdes pouvant compromettre la fécondation naturelle. Dans les cas d’oligospermie sévère, le nombre de spermatozoïdes recueillis est très faible (moins de 1 million de spermatozoïdes par millilitre de sperme), la FIV ICSI avec micro-injection intracytoplasmique est particulièrement indiquée. Cause d’infertilité masculine, la teratospermie sévère correspond à un nombre important d’anomalies morphologiques du spermatozoïde. Elle est généralement associée à un fort taux de fragmentation de l’ADN et d’anomalies chromosomiques, qui sont délétères lors de la fécondation et du développement embryonnaire.
Si le partenaire masculin est atteint d’une maladie infectieuse (VIH, hépatite B ou hépatite C), la FIV ICSI permet de limiter le risque de transmission de l’infection à la femme.
Lire aussi: Améliorer vos chances de succès en FIV ICSI
L’ICSI a été mise au point pour résoudre les problèmes des hommes présentant de graves facteurs d’infertilité et dans les cas d’échec de la fécondation après une FIV conventionnelle, car elle permet d’introduire les spermatozoïdes directement dans l’ovule, en évitant les étapes précédentes. Il s’agit actuellement d’une technique largement utilisée dans les cliniques de médecine de la reproduction, car elle permet de sélectionner les meilleurs spermatozoïdes en termes de mobilité et de morphologie.
En cas d’échec de la fécondation, l’ICSI est généralement recommandée.
Déroulement d'une ICSI
Hormis le processus de fécondation in vitro qui diffère, le parcours de FIV ICSI est en tout point similaire à celui d’une FIV classique.
- Stimulation ovarienne : Le processus débute par la stimulation ovarienne réalisée chez la femme pour stimuler la croissance d’un maximum d’ovocytes. Les médicaments hormonaux font en sorte que les follicules se développent, ce qui augmente le niveau hormonal d’œstrogènes (œstradiol) qui, à son tour, favorise le développement du revêtement utérin en vue de l’implantation de l’embryon. La patiente recevra alors une stimulation hormonale pour faire mûrir de nombreux ovocytes.
- Recueil des gamètes : Ceux-ci sont récupérés par ponction ovocytaire. Parallèlement à cette ponction ovocytaire, le recueil du sperme est réalisé. Apres la collecte des ovules, l’embryologiste enlève les cellules du cumules entourant l’ovule pour libérer l’ovule pour l’injecte de sperme (ICSI).
- Fécondation in vitro : Sous microscope, le biologiste va choisir un spermatozoïde mobile, le prélever avec une micropipette puis l'injecter dans le cytoplasme de l'ovocyte. Une micropipette permet de maintenir l’ovocyte par aspiration (à gauche de la photo). Parallèlement, le spermatozoïde est sélectionné est aspiré dans la pipette d’injection (à droite de la photo). Cette sélection a lieu selon des critères morphologiques et de mobilité. Il est ensuite réinjecté au sein de l’ovocyte.
- Culture embryonnaire et transfert : Le lendemain, on va contrôler dans l'incubateur si une fécondation a été obtenue. L’embryologiste surveillera le développement des embryons. Pour le premier transfert l’embryologiste choisira l’embryon qui montre un bon développement et un score élevé au test. Les embryons qui en résultent sont transférés dans l’utérus à l’aide d’un fin cathéter. Si la quantité d’ovules prélevés est élevée et que l’on génère davantage d’embryons que ceux qui seront transférés, il est possible de les cryoconserver pour les utiliser plus tard, lors d’une seconde tentative, ou pour une grossesse ultérieure.
Taux de Réussite de l'ICSI
Le taux de réussite de l'ICSI dépend de plusieurs facteurs, notamment de l'âge de la patiente. En 2017, selon le rapport médical et scientifique de l’Agence de Biomédecine, 7 863 accouchements ont été réalisés suite à 43 254 tentatives de la fécondation in vitro ICSI.
En France, il est possible de faire quatre tentatives de FIV ou d'ICSI, prises en charges par l'Assurance Maladie jusqu'à la 43ème année de la femme.
Lire aussi: Taux de réussite de la FIV ICSI
- à la 1ère FIV, sur 100 couples, 25 obtiennent une grossesse.
- il en revient 75 pour une 2ème tentative ; le taux de succès est de 21%, donc 16 ont une grossesse.
- il en revient 59 (100-41) pour une 3ème FIV dont le taux de succès est de 19% : donc 10 ont une grossesse.
Et ainsi de suite ; on peut donc dire que sur 100 couples inclus dans un programme FIV, 51% obtiendront une grossesse au bout de 3 tentatives. Le taux cumulé théorique de grossesse clinique est de 65% à la 5ème FIV (au bout de 2 ans de traitement environ) et de 82% à la 10ème FIV (au bout de 4 ans de traitement environ).
Comme il y a beaucoup d'arrêt du développement embryonnaire (fausse-couche), il est préférable de tenir compte du taux cumulé d'accouchement.
Dans le cas d’une FIV chez des femmes de moins de 35 ans, la probabilité de réussite après le premier transfert est de 56 %, et après le transfert de tous les embryons générés lors du même cycle (taux cumulé), de 71 %.
Lors d’un deuxième cycle de FIV, on peut ajuster les prescriptions de stimulation ovarienne, prescrire une hystéroscopie, on peut même envisager de réaliser une laparoscopie, qui peut aider à diagnostiquer l’existence d’une pathologie occulte comme l’endométriose, et même envisager le don de gamète (ovules ou spermatozoïdes).
En résumé, la FIV est un traitement très effectif qui a permis à de nombreuses femmes de réaliser leur rêve d’avoir un bébé. En comprenant les différents types de FIV disponibles, les femmes peuvent augmenter leurs possibilités de réussite et réduire ainsi la quantité de cycles nécessaires.
Lire aussi: Statistiques FIV ICSI
Facteurs influençant le taux de réussite
- Âge de la femme : L’âge de la femme est un facteur important dans les taux de réussite de l’ICSI. Lorsque l’on parle de FIV avec vos ovules, il est important de considérer que l’âge de la femme joue un rôle important au niveau de la probabilité de grossesse. Dans le cas d’une FIV avec don d’ovules, on sélectionne des jeunes femmes en bonne santé, dont les ovules ont passé de nombreux examens médicaux et génétiques. Par conséquent, le facteur âge de la femme qui sera fécondée n’est plus déterminant pour la probabilité de grossesse.
- Qualité des ovules et du sperme : Une mauvaise qualité des ovules peut réduire considérablement les chances de réussite de la fécondation et du développement de l’embryon. Même si l’ICSI permet de résoudre les problèmes liés à la numération ou à la mobilité des spermatozoïdes en injectant directement un spermatozoïde dans un ovule, la qualité génétique des spermatozoïdes reste importante.
- Développement embryonnaire : Après la fécondation, l’embryon doit grandir et se développer jusqu’à un stade approprié pour être transféré dans l’utérus. L’ICSI n’améliore pas intrinsèquement la qualité des embryons en termes de constitution génétique ou de potentiel de développement. La qualité d’un embryon est déterminée par la santé et le matériel génétique de l’ovule et du spermatozoïde.
- Conditions de laboratoire : Le succès de l’ICSI dépend également des conditions de culture dans le laboratoire de FIV. Des facteurs tels que la température, la qualité de l’air et le milieu de culture peuvent affecter le développement de l’embryon.
- Échec de l’implantation : Même si la fécondation et le développement de l’embryon sont réussis, l’embryon doit s’implanter dans la muqueuse utérine pour qu’il y ait une grossesse.
- Nombre de cycles : La probabilité de grossesse grâce à la FIV est déterminée par de nombreux facteurs, y compris le nombre de cycles réalisés. Au plus le nombre d’ovules viables est élevé lors du cycle de traitement de FIV, au plus il y a de probabilités d’obtenir davantage d’embryons normaux du point de vue chromosomique aptes pour le transfert.
Risques de l'ICSI
Les risques de l'ICSI sont ceux liés à la stimulation hormonale pour la patiente (hyperstimulation ovarienne notamment), les risques inhérents à la ponction avec risque de saignement, d'infection ou de lésion des organes pelviens. Mais le risque majeur reste celui de l'échec.
La principale préoccupation concernant les dommages causés à l’embryon lors de l’ICSI est liée au risque de lésions de l’ovule. Il peut s’agir de lésions de la membrane ou de la structure interne de l’ovocyte, qui peuvent affecter sa viabilité et le développement de l’embryon. Les compétences et l’expérience de l’embryologiste qui effectue la procédure sont cruciales pour minimiser ce risque.
ICSI et Autisme : Quel Lien ?
La question de savoir si l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) augmente le risque d’autisme a fait l’objet de plusieurs études, mais les résultats sont mitigés et ne permettent pas d’établir de manière concluante un lien direct entre l’ICSI et un risque accru d’autisme. Certaines recherches suggèrent une incidence légèrement plus élevée de troubles du spectre autistique (TSA) chez les enfants conçus par des techniques de procréation médicalement assistée (PMA), y compris l’ICSI, par rapport à la conception naturelle. La compréhension des causes de l’autisme reste complexe et suggère que des facteurs génétiques et environnementaux jouent un rôle. Dans l’ensemble, bien que certaines études suggèrent un lien potentiel, il n’existe aucune preuve concluante que l’ICSI augmente directement le risque d’autisme.
Alternatives à l'ICSI
Dans les cas où la cause d’échec paraît hors de portée de la FIV ou de l’ICSI (très mauvais sperme, très mauvaise réponse ovarienne) le nombre de tentatives doit être limité à 1 ou 2. Dans tous les autres cas, quand la cause de l’échec est difficile à préciser exactement, il faut garder espoir !
Dans les infertilités féminines et idiopathiques, la FIV donne des résultats comparables à l’ICSI voire meilleurs.
Test Aurora
Une équipe de scientifiques belges de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) a mis au point une nouvelle méthode baptisée test Aurora. Elle permet de mieux évaluer la qualité des ovocytes. Ce test repose sur l’analyse en laboratoire des cellules corona. Car celles-ci entourent l’ovocyte. Les cellules corona ne sont pas utilisées lors d’une FIV traditionnelle alors qu’en fait, elles donnent une bonne indication de la qualité de l’ovocyte. Ces cellules permettent d’identifier les ovocytes qui offrent les meilleures chances de grossesse et qui devraient donc être fécondés et implantés. Le principal avantage de ce test est donc qu’il augmente considérablement l’efficacité du traitement de fertilité. Le test a pour but de minimiser le coût, le temps et le stress des traitements contre l’infertilité. Il permet de fournir de précieuses informations sur la qualité de chacun des œufs récupérés.
tags: #fiv #icsi #taux #de #réussite
