La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) largement utilisée en cas d'infertilité. Parmi les variantes de la FIV, la FIV ICSI (Injection Intra-Cytoplasmique de Spermatozoïde) se distingue par sa méthode de fécondation spécifique. Cet article explore en détail la définition de la FIV et de la FIV ICSI, leurs différences, leurs indications et les aspects importants à considérer.
Fécondation In Vitro (FIV) : Le Principe de Base
Dans le cadre d’une fécondation naturelle, les spermatozoïdes traversent l’utérus vers les trompes de Fallope, où la fécondation de l'ovule a lieu. La fécondation in vitro (FIV) est une technique qui consiste à féconder « in vitro » (en dehors du corps de la femme, en laboratoire) un ovocyte avec un spermatozoïde. Dans le cas de la FIV, du sperme et des ovules sont prélevés respectivement chez l’homme et chez la femme et leur rencontre se fait in vitro, en dehors du corps de la femme. Les embryons qui en résultent sont transférés dans l’utérus à l’aide d’un fin cathéter.
La FIV est également indiquée lorsque la qualité du sperme est insuffisante ou qu’il n’y a pas assez de spermatozoïdes. Ces derniers ne parviennent alors pas à remonter les voies génitales féminines pour aller à la rencontre de l’ovocyte dans la trompe. Parfois tout semble bien fonctionner, mais le temps montre que ça ne marche pas.
Déroulement d'une FIV Classique
La première étape consiste à réaliser une stimulation ovarienne avec des médicaments injectables qui vont stimuler la croissance de plusieurs follicules. Naturellement, seul un follicule porte à l’ovulation sur un cycle mais lorsqu’on fait une simulation, on cherche à rentabiliser et donc à produire plusieurs ovocytes. L’homme réalise quant à lui le recueil du sperme par masturbation au laboratoire. Les gamètes sont ensuite traités en laboratoire puis le sperme est utilisé pour féconder les ovocytes. Après 24 heures, la fécondation a lieu et on met les œufs fécondés en culture au laboratoire. Ils sont cultivés entre trois et cinq jours pour observer leur développement. Si les embryons sont viables, on peut les utiliser pour un transfert immédiat, ou les congeler pour une utilisation ultérieure. Lors du transfert, le médecin utilise un spéculum pour accéder au col de l’utérus puis il passe un fin cathéter avec l’embryon pour le déposer directement dans le fond de l’utérus.
FIV ICSI : Une Approche Spécifique
L’innovation qui a véritablement révolutionné la pratique de la FIV est connue sous le sigle ICSI (Injection intra-cytoplasmique). ICSI signifie injection intracytoplasmique de spermatozoïde. On parle aussi de fécondation assistée, ou micro-injection. La fécondation in vitro avec ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation consiste en l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte.
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La Technique ICSI en Détail
Dans l’ICSI, on injecte directement un spermatozoïde unique dans chaque ovocyte. Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec une autre micropipette, aspire le spermatozoïde sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte. Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable. Les ovocytes sont ensuite remis dans une boîte de culture dans l’incubateur à 37° C pour les étapes suivantes. La capacité des ovocytes à être fécondés est évaluée de manière plus précise. Seuls les ovocytes matures seront micro-injectés. L’ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation impose une préparation spéciale des ovocytes. La couronne de cellules qui entoure l’ovocyte est enlevée pour visualiser l’endroit où va se faire la micro-injection : c’est la « décoronisation ».
Indications de l'ICSI
La technique de la FIV ICSI permet de remédier à des cas d’infertilité masculine, notamment lorsque le sperme présente des anomalies. La plupart du temps la FIV ICSI est proposée en première intention, en fonction des paramètres du sperme. La FIV ICSI est aussi souvent préconisée en cas d’échec d’autres techniques de FIV ou, plus largement, de PMA. Cette dernière précise toutefois que la FIV ICSI peut aussi être envisagée en seconde étape, en cas d’échec de fécondation après une FIV. Si tous les paramètres sont bons, en particulier du particulier du sperme, mais qu’aucun ovocyte n’est fécondé alors on refait l’ensemble du protocole de FIV, mais en sélectionnant directement un spermatozoïde pour l’injection dans l’ovule. Dans ce dernier cas, il est parfois difficile d’identifier l’origine du problème.
Si le sperme ne contient pas de spermatozoïdes (azoospermie) et selon la cause de l’azoospermie, des spermatozoïdes peuvent être prélevés chirurgicalement dans les voies génitales masculines ou dans le testicule. Le prélèvement chirurgical peut avoir lieu le jour de la ponction (ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation synchrone) ou préalablement à la ponction. Les spermatozoïdes sont alors congelés (ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation.
Les Différences Clés Entre FIV et FIV ICSI
La principale différence entre la FIV classique et la FIV ICSI réside dans la méthode de fécondation. Alors que dans la FIV classique, les spermatozoïdes sont mis en contact avec l'ovocyte dans une éprouvette et la fécondation se produit naturellement, dans la FIV ICSI, un seul spermatozoïde est directement injecté dans l'ovocyte.
IMSI : Une Variante Plus Avancée de l'ICSI
Il est à noter qu’est apparue il y a quelques années une variante de l’ICSI : l’IMSI (Injection Magnifiée de Spermatozoïde). Il existe une autre technique, appelée FIV IMSI, qui possède beaucoup de points communs avec la FIV ICSI. On fait une étude plus poussée de la qualité des spermatozoïdes, en les regardant avec un très fort grossissement. Le principe de fécondation est le même, la différence réside dans le grossissement du microscope qui est jusqu’à x10000 fois pour l’IMSI contre x2000 à x4000 pour l’ICSI. Par exemple, la structure de la tête. Cette technique est recommandée dans des cas de forte altération du sperme, laquelle se matérialise via un taux élevé de fragmentation de l’ADN (supérieur à 30%) et un test préliminaire (Pré IMSI) dénombrant de nombreuses formes atypiques. Les spermatozoïdes sont analysés un par un, on leur attribue un score en fonction d’un certain nombre d’anomalies.
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Risques et Considérations
Des effets indésirables peuvent survenir en cours de traitement. On observe généralement un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées chez les enfants conçus par FIV. Les complications liées au geste chirurgical de ponction (hémorragie, infection, problème anesthésique…) sont rarissimes. Celles qui sont liées à une réponse excessive à la stimulation ovarienne, appelée hyperstimulation, sont également rares. Elles se traduisent par un gonflement et des douleurs abdominales, une prise de poids brutale, des troubles digestifs et parfois une gêne respiratoire. Concernant les risques de cancer, aucune donnée ne permet aujourd’hui de mettre en cause les traitements liés à l’Assistance Médicale à la Procréation.
Un tel forçage de la nature n’aurait-il pas des conséquences délétères sur l’état de santé des enfants ? Pour l’heure, les médecins ne peuvent pas répondre clairement à cette question. Les travaux sur ce sujet manquent encore de recul faute et suscitent des interprétations diverses.
La FIV ICSI Aujourd'hui
L’ICSI est dorénavant pratiquée en France par tous les centres d’AMP. En France, en 2013, deux fois plus de cycles d’Icsi que de FIV ont été réalisés, selon le dernier bilan de l’Agence de la biomédecine (ABM), alors que les indications masculines sont bien moins fréquentes, note-t-on. L’efficacité de cette technique a été établie pour la stérilité d’origine masculine, mais elle n’a pas été suffisamment étudiée en dehors de cette indication, rappellent A. Gilman du MUHC Reproductive Centre à Montréal et ses collègues. Ils ont étudié une cohorte rétrospective de 720 patientes âgées de 40 à 43 ans, sans facteur d’infertilité masculine, souffrant depuis au moins un an de stérilité primaire ou secondaire. Le nombre d’ovocytes matures recueillis était significativement plus élevé en FIV (6,1 contre 5,1) et davantage de blastocystes ont été obtenus après FIV. « Cette étude suggère que l’Icsi n’améliore pas les chances de grossesse ni les taux de fécondation. La FIVclassique améliore le taux de formation de blastocystes, ce qui peut apporter un bénéfice », commentent les auteurs.
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