Introduction

La figure maternelle est un concept complexe et multidimensionnel, dont la définition a évolué au fil du temps et des contextes socioculturels. Cet article explore la définition de la figure maternelle, en s'appuyant sur des perspectives littéraires, psychanalytiques et sociologiques. Il examine également l'évolution de la place de la femme et de la maternité dans la société, ainsi que l'influence de la figure maternelle sur la construction psychique de l'enfant.

Winnicott et l'Espace Transitionnel

Pourquoi parler de Winnicott, dont l'œuvre semble faire l'unanimité parmi les psychanalystes de différentes écoles ? Il est connu et reconnu, mais il n'est pas certain que sa pensée ait été totalement dégagée. Winnicott a souligné que l'objet transitionnel n'est que le signe tangible d'un champ d'expérience beaucoup plus vaste, parlant également de phénomènes transitionnels, d'une troisième aire, d'une aire intermédiaire qui assure la transition entre le moi et le non-moi, l'enfant et la mère.

Ce qui intéresse Winnicott, ce n'est pas seulement l'objet, mais l'« espace transitionnel », l'« aire intermédiaire ». Cet espace transitionnel est une « troisième aire », qui nous oblige à repenser la division traditionnelle entre la réalité matérielle et la réalité psychique, entre le dehors et le dedans. L'objet transitionnel n'est donc que la forme visible des processus transitionnels qui organisent la psyché. Winnicott écrira en 1970 : « Ce n'est pas l'objet qui est transitionnel, l'objet représente la transition du petit enfant qui passe de l'état d'union avec sa mère à l'état où il est en relation avec elle, en tant que quelque chose d'extérieur et de séparé ».

René Roussillon estime que l'apport de Winnicott va « bien au-delà d'un simple raffinement de notre compréhension du psychisme, mais qu'il révolutionne celle-ci ». Winnicott a d'abord été pédiatre, puis psychanalyste. En 1940, il participa au grand plan d'évacuation des enfants de Londres, durant les bombardements, et, avec Bowlby, il mit en garde les pouvoirs publics contre les dangers qu'encouraient les enfants à être trop longtemps séparés de leur mère et de leur famille. C'est alors que Winnicott élabora sa théorie de la tendance antisociale, liée à une « déprivation » des soins apportés par l'environnement.

Winnicott suivit une longue analyse personnelle, qui dura 10 ans, avec James Strachey, le traducteur anglais de Freud. Il fit ensuite des supervisions, de 1935 à 1941, avec Mélanie Klein. Winnicott devint membre de la Société psychanalytique britannique en 1927, mais il ne rallia ni le groupe des kleiniens, ni celui des freudiens orthodoxes réunis autour d'Anna Freud. Il rejoignit le « Middle Group », un « troisième groupe » caractérisé par son éclectisme, sa tradition très britannique, plus empirique que dogmatique.

Lire aussi: L'art de la crèche provençale

Dans un texte autobiographique rédigé en 1967, Winnicott raconte qu'au début de son activité de pédiatre, il avait « la plus grande difficulté à considérer le bébé comme un être humain ». Cette longue analyse personnelle lui apporta la capacité « de voir l'enfant avec les yeux de l'adulte analysé, de l'adulte qui a retrouvé l'enfant en lui, avec sa vulnérabilité et sa créativité ». Winnicott s'aperçut que l'on se référait essentiellement au complexe d'Œdipe et que l'on méconnaissait le développement précoce de l'enfant. Il décida que si la théorie ne collait pas avec la clinique, il fallait changer la théorie.

La double expérience du corps et de la psyché de l'enfant et aussi de l'enfant inscrit dans son environnement familial apparaît clairement dans le titre d'un de ses ouvrages les plus connus : « De la pédiatrie à la psychanalyse ». Cependant, le parcours se fait dans les deux sens. Les textes de Winnicott sont autant issus d'une pratique de la psychanalyse de l'adulte que de son expérience de consultant et de thérapeute d'enfants. Winnicott se réfère constamment à cette double expérience, celle de l'enfant réel observé dans les bras de sa mère et celle de l'enfant reconstruit dans la cure.

L'Évolution du Rôle Maternel

Il y a quelques décennies, il existait une distinction entre les rôles paternel et maternel au sein des familles. La mère restait le plus souvent au domicile afin d'élever les enfants. Elle se consacrait pleinement à leurs soins. Le père était plus détaché et devait fournir les ressources économiques nécessaires à toute la famille. La figure paternelle avait la responsabilité de transmettre les règles familiales et sociales.

Aujourd'hui, le contexte a considérablement changé. La femme travaille et apparait de moins en moins dépendante financièrement. Elle a la possibilité de « maitriser sa fécondité » en ayant recours (ou non) à la contraception. Elle est donc libre de choisir les grandes orientations (familiales et professionnelles) de sa vie. Elle n'est plus forcément disposée à sacrifier sa carrière professionnelle pour se dévouer (seule) à une éventuelle maternité. Par conséquent, l'homme est davantage amené à s'impliquer dans le processus de procréation, puis d'éducation. Il est plus attentif et plus proche de la mère durant la grossesse puis, après l'accouchement. Il participe plus aux différents soins apportés au bébé.

Distinction entre Rôle et Fonction Paternels

Le concept de père est difficile à définir. Il ne désigne pas seulement le géniteur de l'enfant, mais l'individu qui joue le rôle paternel sur un plan éducatif et relationnel. Généralement, il s'agit du père biologique. Mais, il peut aussi être un parent éloigné ou un personnage fictif. Son existence ou son inexistence, ses attitudes, celles de la famille à son égard, ont une grande influence dans la construction psychique de l'enfant. Le père apparait comme « un opérateur symbolique anhistorique ». Il constitue un « référent » à la fois, hors de l'histoire de l'enfant et à l'origine de celle-ci.

Lire aussi: Le Mille Bien Féconde en détail

Dans notre société, l'évolution des mœurs a complètement bouleversé la conception « traditionnelle » du pater familias. La paternité moderne est fragilisée par le fait que, désormais, la femme peut accéder aux mêmes fonctions que l'homme, tout en mettant les enfants au monde. La complémentarité traditionnelle n'a plus de légitimité. Le champ de la paternité n'est plus circonscrit car il perd une partie de sa spécificité.

Il est nécessaire de distinguer ce qui relève du rôle paternel et ce qui relève davantage de la fonction. Le rôle paternel peut se définir comme un modèle de conduites relatifs à une certaine position dans la société ou dans un groupe et corrélatif à l'attente de ces derniers. La fonction a pour sa part, un caractère plus inconscient, psychologique et non volontaire. Elle ne se réduit pas au registre de l'action puisqu'elle se déploie aussi au niveau symbolique et imaginaire. Le terme fonction désigne à la fois l'idée d'accomplir quelque chose, de s'acquitter d'une tâche, ainsi que celle de produire un « effet » chez Autrui.

Si le père s'inscrit dans l'éducation de ses enfants, c'est bien dans le sens étymologique du mot educare : « faire sortir, tirer au dehors, conduire hors de ». La présence d'un tiers, qui est ce personnage paternel, est nécessaire. C'est le père qui barre la route à la toute puissance de l'enfant et à la toute puissance maternelle ressenties par l'enfant. Par sa présence autre, au sens d'une personne bien différente de la mère, il apporte la dimension de l'altérité. L'existence du père fait comprendre à l'enfant que sa mère n'est pas toute pour lui. La figure paternelle joue très tôt une fonction de tiers séparateur.

Fonctions de la Figure Paternelle

Durant le stade de différenciation des sexes et des genres, le père intervient comme une figure identificatoire et identitaire. Il représente un modèle pour le petit garçon qui tente d'intégrer certaines de ses « particularités ». Pour la petite fille, le père n'a pas vraiment valeur de modèle. Elle le perçoit comme différent d'elle et s'identifie généralement plus à sa mère. C'est ainsi que l'enfant acquière une conception du genre (masculin ou féminin).

La figure du père est symboliquement, celle de l'inscription dans une lignée, celle de l'origine et la plupart du temps, celle du nom de famille. Au sein de la cellule familiale, le référent paternel joue aussi un rôle « d'interdicteur ». Il vient contrer, limiter et canaliser les pulsions de l'enfant. Il est porteur de la loi aussi bien familiale, que sociale, et notamment, celle de l'interdit de l'inceste. Le père doit parvenir à « unir un désir [celui de l'enfant] à la loi ». Pour cela, il lui impose l'expérience du principe de réalité. L'enfant tente alors d'apprendre à gérer sa frustration. La figure paternelle l'aide et l'accompagne dans cette voie en valorisant la notion « d'inter-dit ». Le langage apparait comme un moyen d'élaboration des pulsions les plus archaïques.

Lire aussi: Plongez dans le monde des biberons d'époque

Si la figure maternelle représente la fonction fondamentale de donner et de protéger la vie, le père a pour « fonction l'émancipation et l'inscription dans le social ». Pour y parvenir, il doit avoir l'envie et le désir de tenir concrètement son rôle de père.

Les Trois Dimensions du Père selon Lacan

La fonction paternelle en psychanalyse ne peut être comprise dans sa complexité que si l'on distingue ce qui relève du symbolique, de l'imaginaire et du réel. Selon Lacan, le père réel introduit la loi primordiale, celle de l'interdit de l'inceste à partir de la castration symbolique. Il est celui par la parole duquel l'interdit s'inscrit dans le rapport mère/enfant. L'attitude de la mère et de l'entourage familial permet ou non, de légitimer sa fonction. Mais, « une fois cette place d'interdicteur prise, le père peut alors frustrer l'enfant de la mère (et la mère de l'enfant, bien évidemment). Il sera vécu […] comme ayant droit à la mère, ce qui marque la valeur symbolique progressivement attribuée à la figure paternelle ».

L'enfant intègre sa parole et l'élève au rang de père symbolique, capable de créer un manque réel. Dès lors, l'enfant substitue au signifiant du désir de la mère, un autre signifiant, le « Nom-du-Père ». Il apprend ainsi, à gérer sa frustration. La troisième dimension du père décrit par Lacan, se situe dans le registre imaginaire. L'enfant fait l'expérience des absences régulières (et réelles) de sa mère. Il ne parvient plus à s'assurer continuellement de sa présence à ses cotés. Il se rend même compte, que sa mère cherche l'objet a auprès de son père. Par conséquent, ce père est imaginé comme celui qui, par le fait d'avoir le phallus (dont la mère et lui-même sont privés), devient la figure préférée de la mère.

Le modèle théorique élaboré par Jacques Lacan permet de mettre en œuvre les différentes fonctions de la figure paternelle. Le père réel est celui qui introduit, le premier, l'altérité dans la relation fusionnelle entre la mère et son enfant. C'est un acte essentiel qui préfigure sans doute, au processus de séparation-individuation. L'enfant se dissocie de sa mère, il s'ouvre peu à peu, à d'autres liens, d'abord familiaux, puis sociaux. Le père symbolique est celui auquel renvoie la Loi. Il fonde même l'interdit (de l'inceste notamment) sur la culpabilité des fils après le meurtre du Père. Cette seconde dimension permet à l'enfant d'initier un véritable travail sur lui-même. Il essaye de transformer ses pulsions en langage. Il assigne aussi l'enfant à « une place prédéterminée par l'ordre de la génération et de la généalogie ». Il s'agit à ce stade, de ses premières assises identitaires (filiation). L'enfant va ensuite, s'appuyer sur la dimension du père imaginaire pour parfaire sa personnalité. En effet, le père dans sa position d'être celui qui est préféré par la mère devient un pôle d'identification attractif.

Le Déclin de l'Image Sociale du Père

Depuis plusieurs dizaines d'années en France, on parle, non sans insistance, du déclin de l'image sociale du père. La déconstruction de l'ordre patriarcal est la conséquence de trois phénomènes : « le déclin de l'autorité paternelle ainsi que la disparition des fonctions unifiées du père dans le social (procréations médicales) et dans le conjugal (démariages) ». Ces trois facteurs étant eux-mêmes, grandement influencés par l'évolution des lois et des mœurs.

Le déclin progressif de l'institution paternelle s'est fait sous la pression d'un contexte social en mutation. Les femmes se sont progressivement émancipées et disposent aujourd'hui de la possibilité de faire leur choix, sur le plan affectif et professionnel, en toute indépendance. D'autre part, les droits de l'enfant se sont considérablement développés et renforcés au fil des années. C'est pourquoi, l'homme en position de mari, de conjoint ou de père, ne « règne » plus sur sa famille comme il pouvait le faire par le passé. Il doit désormais, davantage écouter et respecter la parole du second parent et/ou de l'enfant (ou des enfants). Cette nouvelle conception des relations intrafamiliales marque le passage d'une vision essentiellement hiérarchique de la famille, à une vision plus démocratique. Dès lors, l'image traditionnelle du père ne fait plus référence.

Au-delà des droits accordés aux différents membres de la famille, c'est la structure même de cette dernière qui a considérablement changée. Le nombre des séparations et des divorces a fortement augmenté à partir des années quatre-vingt. De nouvelles formes de familles ont fait leur apparition comme les familles monoparentales ou encore, les familles recomposées. est venue officiellement ouvrir un droit à l'union (juridique), à l'adoption et à la succession des couples homosexuels. Il s'agit d'un premier pas vers la reconnaissance de l'existence des nombreuses familles homoparentales (parfois avec enfant(s)). Finalement, ces quelques exemples montrent à quel point les structures familiales ce sont à la fois multipliées et diversifiées.

La société contemporaine ne s'organise plus tout à fait comme autrefois. Elle n'est plus « dominée » par une croyance religieuse susceptible de « dicter » un certain ordre moral et une manière de vivre. C'est « l'expert qui remplace l'ex-père. L'autorité n'est plus conférée par la religion et ses fastes, mais par les tenants d'un savoir savant ». Il faut donc apporter la preuve (presque scientifique) de sa légitimité avant d'en faire usage.

La Figure Maternelle dans la Littérature

La figure maternelle est notamment abordée par Eliette Abécassis. « Ecrire sur la maternité est une expérience paradoxale. Qui exige une mise en abîme : écrire sur la création, c'est un peu écrire sur l'écriture. Mais la maternité est une telle expérience de création qu'elle dépasse l'écriture, qu'elle l'enveloppe et la surplombe. Ensuite, un phénomène étrange se produit : on oublie très vite. Maintenant, quand j'y pense, j'y pense comme à un temps merveilleux, glorieux et doux alors que, rationnellement, je sais que ce n'était pas le cas. Intuitivement, et parce que j'en avais besoin pour mettre à distance l'énormité de ce qui était en train de se produire, j'ai procédé ainsi : j'ai écrit sur la maternité en la vivant, au jour le jour. Je me suis prise comme document. Je vivais l'évènement et j'écrivais. C'est la seule chose, je pense, qui m'ait permis de garder une trace. » (Abécassis, 2005b : 117-118).

La maternité et la figure maternelle sont représentées au sein de la littérature. La citation que nous venons de retranscrire aborde la thématique de l'accouchement. Cette expérience est hors du temps et hors de toute compréhension, à tel point que le cerveau oublie, se met en pause. L'accouchement, et la figure maternelle, sont le fondement de la vie. La maternité est depuis quelques années une thématique largement abordée, mais cela n'a pas toujours été le cas.

Pendant plusieurs décennies, la femme était réduite à sa fonction maternelle, et au rôle qu'elle devait jouer au sein du foyer : s'occuper du ménage, des enfants, de la cuisine. S'assurer que le foyer soit bien tenu et bien présenté, en toutes circonstances. S'assurer de la bonne éducation des enfants aussi. Les femmes devaient ainsi bien souvent choisir entre écrire, et donc avoir une activité professionnelle, et enfanter. Malgré quelques exceptions, les femmes étaient dans les romans bien souvent réduites au silence, ou bien décédées. Les mères se retrouvaient ainsi plongées au second plan, occupant un rôle plus que mineur si ce n'est inexistant. Selon la doctrine de Jean Jacques Rousseau, les mères devaient s'effacer au profit de leurs proches. Cette théorie est une cause de l'effacement maternel au sein des écrits littéraires.

Une citation de Nancy Huston explique les deux opposés de l'image de la femme, qui sont restés très présents dans les esprits pendant de nombreuses années, « L'essentiel, l'éternel, le sempiternel, l'éminemment agaçant à mon sens, c'est la scission radicale des deux images du féminin : la maman et la putain. […] Aujourd'hui encore, il semblerait que nous tenions coûte que coûte (dans nos artefacts culturels sinon dans notre vie quotidienne) à garder étanche la paroi séparant les deux domaines. » (2004). Cette vision très binaire soulève la question d'un regard très manichéen : la femme ne peut pas, selon ces dires, être femme, mère, désirée et désirable. A partir de 1980 cependant, le regard sur les femmes et les mères, notamment dans l'espace public, a commencé à changer. Ann E. Kaplan (1992), Marianne Hirsch (1989), Lori Saint-Martin (1999), sont des chercheures spécialisées dans la présence de la figure maternelle dans la littérature, et ont noté une présence plus accrue de la figure maternelle à travers la littérature.

A la suite de nombreux rebondissements, le Mouvement de Libération des Femmes, ou MLF,a vu le jour, à la suite des lois Neuwirth et Veil. Le dessein de ce mouvement féministe était d'améliorer les conditions de vie des femmes, et leur place dans la société. Toutes les difficultés auxquelles les mères et les femmes sont confrontées sont retranscrites à travers le personnage de « La femme gelée » d'Annie Ernaux « [L]e coup de la femme totale je suis tombée dedans, fière à la fin, de tout concilier, tenir à bout de bras la subsistance, un enfant et trois classes de français, gardienne au foyer et dispensatrice de savoir, supernana, pas qu'intellectuelle, bref harmonieuse » (Ernaux, 1981). Cette mutualisation des tâches et des exécutions de ces dernières semble faire éprouver une certaine fierté à Annie Ernaux et à son personnage. Une nouvelle fois, nous pouvons par le biais de cette citation mettre en avant les multiples tâches, et finalement les multiples vies parallèles, que les femmes sont en charge de mener : vie de femme, vie de mère, vie professionnelle, et vie de « putain » comme le mentionnait Nancy Huston quelques lignes plus haut.

Les Changements Face à la Maternité

Seulement, « [m]ême les surfemmes dont on ne cesse de vanter l'assurance et l'endurance, en viennent à craquer, mais en cachette, devant quelques amies ou quelques rares élues qu'elles craignent, d'ailleurs de lasser » (Kristeva, 2007). Ainsi, malgré leurs dons pour mener de multiples vies de front, les femmes sont amenées à craquer, à avoir des coups de mou. En effet, les multiples rôles qu'elles endossent mènent bien souvent à un surmenage.

La parution de cet ouvrage s'inscrit dans « la révolution silencieuse », nommée de la sorte par Elisabeth Badinter. Cette révolution silencieuse s'inscrit dans la période entre 1980 et 2010, replaçant la féminité au centre de la vie des femmes, avant la maternité. A partir de cette triple décennie, les femmes ne sont plus rapprochées de la maternité systématiquement. Seulement, ces nouvelles positions sont à prendre avec précaution et à nuancer. « Au demeurant, cette nouvelle liberté s'est révélée source d'une forme de contradiction. D'une part, elle a sensiblement modifié le statut de la maternité en impliquant des devoirs accrus à l'égard de l'enfant que l'on choisit de faire naître. De l'autre, mettant fin aux anciennes notions de destin et de nécessité naturelle, elle place au premier plan la notion d'épanouissement personnel. » (Badinter, 2010). En effet, la maternité est ici replacée comme étant un choix, ou non, réalisé par les femmes. Ainsi, les mère sont tenues de s'investir dans l'éducation de leurs enfants, tout en continuant de penser à leur propre personne et à leur féminité.

De nos jours, les femmes doivent également rester élégantes en toutes circonstances. La maternité étant désirée, il faut pouvoir prendre soin du corps de la femme enceinte, la mettre en valeur. En 2010, Badinter a d'ailleurs affirmé que « [l]es responsabilités maternelles commencent dès la conception de l'enfant. ». En effet, les femmes enceintes doivent faire attention à leur alimentation, ne plus prendre de tabac ou boire d'alcool.

tags: #figure #maternelle #définition

Articles populaires: