L'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes est un sujet de débat complexe en France, suscitant des opinions divergentes au sein de la société. Si, d’après les sondages, une majorité de Français sont favorables à l’accès à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, des failles culturelles parcourent toujours la société. Cet article vise à explorer les arguments clés avancés par les partisans et les opposants à cette pratique, tout en examinant les enjeux éthiques, sociaux et juridiques qui y sont associés.

Arguments en faveur de la PMA pour toutes

Fin de la discrimination et égalité des droits

Un argument central en faveur de la PMA pour toutes est la lutte contre la discrimination. Jusqu’à présent, les femmes seules et les lesbiennes ne pouvaient bénéficier d’une aide financière pour la procréation médicalement assistée. Macron entend mettre fin à cette discrimination. Seuls les couples stériles, mariés ou non, qui vivaient ensemble depuis deux ans avaient droit à la prise en charge de ce traitement, et ce depuis 1994. Les partisans de la réforme estiment que toutes les femmes devraient avoir le droit de fonder une famille, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur situation matrimoniale. L’ouverture de la PMA permettra de mettre fin à une inégalité entre celles qui ont les moyens financiers de se rendre à l’étranger et les autres. Cette situation, comme l’interdiction d’IVG par le passé, créatrice d’inégalité et de risques sanitaires, est intolérable.

Sécurité sanitaire et juridique

La légalisation de la PMA pour toutes permettrait également de mieux encadrer les pratiques et de garantir la sécurité sanitaire des femmes et des enfants. Aujourd'hui en France, seuls les couples hétérosexuels ont accès à la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Les couples de femmes et les célibataires sont exclus de toute assistance médicale, bien qu'elles cotisent comme toutes citoyennes. Certaines ont dès lors recours à des inséminations artificielles artisanales qui ne sont pas sans risques. Réalisées sans aucun contrôle médical et sans possibilité de vérifier l'origine du sperme lorsqu’il est acheté via internet, elles s’exposent à des risques sanitaires, d’infections sexuellement transmissibles notamment, mais aussi juridiques.

De plus, elle assurerait la sécurité juridique des enfants et de toutes les mères. Aujourd’hui en France, la reconnaissance de parentalité pour le conjoint de la femme qui accouche n’est valable que pour les couples de sexe opposé, que les parents soient mariés ou non, que le père soit le géniteur ou non. Au sein d’un couple de femmes, et seulement à condition d’être mariées, la mère qui n’a pas porté son enfant doit faire une demande d’adoption intraconjugale : les procédures sont longues (6 à 12 mois) et coûteuses (de 400€ à 2 000€). Cette inégalité crée une réelle insécurité juridique qui met en danger les enfants. Tant que l’adoption n’est pas prononcée, la mère qui ne l'a pas porté n’a aucune autorité parentale. Elle ne peut pas prendre de décision médicale, ni réaliser aucune démarche administrative. En cas de séparation ou de décès de la mère biologique, l'enfant peut être privé de sa mère dite sociale, et ce, sans aucun recours pour elle.

Réalité sociale et évolution des familles

La société française évolue, et les modèles familiaux se diversifient. On est en train de voir se concrétiser une conception élargie de la famille qui prend en compte les réalités. La PMA pour toutes prend en compte cette réalité en reconnaissant et en soutenant les familles monoparentales et homoparentales. La nouvelle loi permettra aux enfants de grandir dans un environnement légal plus stable et une situation familiale plus sereine.

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Arguments contre la PMA pour toutes

Absence de père et filiation

L’un des principaux arguments contre la PMA pour toutes est l’absence de père dans ces familles. La PMA (procréation médicalement assistée) en l’absence de père conduirait à concevoir des enfants volontairement privés de père et de filiation paternelle. Ces enfants ne connaîtraient jamais leur père et seraient élevés en son absence totale. Les opposants craignent que cela ne porte atteinte à l’équilibre et au développement de l’enfant.

Risque de marchandisation du corps et dérives

Certains opposants à la PMA pour toutes craignent une marchandisation du corps et des dérives éthiques. Les adversaires de cette ouverture craignent une marchandisation du corps. Ils estiment que cela pourrait conduire à une instrumentalisation de la femme et de l’enfant. Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat, souligne que cette réforme serait un nouveau pas dans la fabrique d’enfant, la marchandisation n’est pas loin. La marche vers la GPA [gestation pour autrui] est au bout du chemin.

Détournement de la médecine et revendication sociétale

Un autre argument avancé est que la PMA sans père ne saurait se justifier par un problème d’ordre médical : si une femme seule, ou deux femmes en couple, ne peuvent concevoir d’enfant, ce n’est pas en raison d’une pathologie de la fertilité. Autrement dit, autoriser la PMA sans père, ce serait détourner la médecine au profit d’une revendication sociétale, ce serait détourner la médecine de sa finalité.

Positions politiques et débats

La question de la PMA pour toutes suscite des débats passionnés au sein de la classe politique française. Très mobilisés contre le mariage pour tous, LR et le RN s’opposeront aussi à une extension de la PMA envisagée par Macron. Le parti Les Républicains (LR) comme le Rassemblement national (RN, ex-Front national) ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient à un éventuel projet de loi en la matière. Laurence Sailliet, porte-parole de LR, affirme que leur parti est contre l’extension de la “PMA sans père”, et reprend à son compte l’expression utilisée par La Manif pour tous.

Cependant, d'autres voix politiques, comme Aurore Bergé, députée des Yvelines (membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation) et porte-parole de LREM, soutiennent l'ouverture de ce droit. "À partir du moment où nous ouvrons ce nouveau droit, il faut qu'il soit effectif, assure la députée. Pour qu'il le soit, il faut qu'il puisse être remboursé sinon on va recréer de la discrimination entre les couples hétérosexuels pour lesquels ce sera remboursé et les autres."

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Enjeux éthiques et réflexions

La PMA pour toutes soulève des questions éthiques complexes. Marie-Jean Sauret souligne que la science ne dit pas ce qu’il faut faire de ces avancées. Une loi qui touche à l’humain ouvre toujours sur un nouvel espace d’incertitude : là est l’éthique. Il est essentiel de mener une réflexion approfondie sur les conséquences de cette pratique sur l’enfant, la famille et la société dans son ensemble.

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