Les fibromes utérins, également appelés myomes ou léiomyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent dans l'utérus. Cette pathologie gynécologique fréquente touche un grand nombre de femmes en âge de procréer. Cet article a pour but d'informer sur les fibromes utérins, leur impact sur la grossesse et de partager des témoignages de femmes concernées.
Généralités sur les fibromes utérins
Les fibromes utérins sont des excroissances non cancéreuses qui se développent à partir du tissu musculaire de l'utérus. Leur taille peut varier considérablement, allant de la grosseur d'un petit pois à celle d'un pamplemousse. On estime que 40 à 60 % des femmes ont des fibromes à l’âge de 35 ans, et jusqu’à 80 % des femmes en ont à l’âge de 50 ans.
Les fibromes sont liés aux sécrétions hormonales, mais les raisons exactes de leur apparition restent indéterminées. Ils peuvent se développer à différents endroits de l’utérus :
- Fibromes sous-séreux : Ils se développent à l’extérieur de l’utérus, sous la séreuse. Ils peuvent entraîner des symptômes gênants, comme une pression abdominale ou des douleurs pelviennes.
- Fibromes interstitiels ou intra-muraux : Ils se trouvent dans la paroi musculaire de l’utérus.
- Fibromes sous-muqueux ou intra-cavitaires : Ils se développent à l’intérieur de la muqueuse utérine. Ils sont associés à des taux de grossesses, d’implantations et d’accouchements plus faibles chez les femmes bénéficiant d’une fécondation in vitro.
Impact des fibromes utérins sur la grossesse
L’association de fibromes utérins avec la grossesse soulève de nombreuses interrogations auprès des patientes, que ce soit sur le plan de la fertilité, de la prise en charge ou de l’évolution de la grossesse.
Fertilité
Les fibromes utérins peuvent avoir une conséquence sur la fertilité en empêchant la fécondation puis la nidation de l’œuf dans l’utérus. Ils peuvent également être responsables de fausses couches répétitives au premier trimestre de la grossesse. Les fibromes utérins qui déforment la cavité utérine sont principalement responsables.
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Bien heureusement, la plupart des femmes porteuses de fibromes utérins ne rencontrent aucun problème de fertilité. Il n’y a donc pas lieu de proposer systématiquement un traitement des fibromes utérins avant tout projet de grossesse. En revanche, chez les patientes infertiles porteuses de fibromes utérins, un traitement adapté à chaque situation doit se discuter. Les techniques chirurgicales peu invasives sont à privilégier en première intention.
Complications pendant la grossesse
Au cours de la grossesse et de l’accouchement, toutes les complications obstétricales sont clairement plus fréquentes chez les femmes porteuses de fibromes utérins. Les études sur le sujet décrivent davantage de risques d’accouchement prématuré, davantage de naissances de bébés de plus petit poids, davantage d’accouchements par césarienne et également plus de complications dans les suites de couche. Les fibromes utérins sous-muqueux, interstitiels et/ou ceux de plus de 3cm sont principalement incriminés.
Il ne faut pas pour autant dramatiser car le plus souvent il s’agit de complications mineures qui n’empêchent pas de mener une grossesse à son terme avec un nouveau né en bonne santé. Avoir un utérus porteur de fibromes utérins n’implique pas systématiquement un accouchement par césarienne. Le risque de césarienne est plus important mais chaque situation doit être discutée avec l’obstétricien en charge de la grossesse.
Évolution des fibromes pendant la grossesse
Au cours de la grossesse, les fibromes utérins ont souvent tendance à grossir au fur et à mesure que l’utérus grandit. Cette augmentation rapide de taille peut entraîner un syndrome douloureux associé à de la fièvre. Pour autant, le traitement des fibromes utérins avant toute grossesse n’est pas systématique. Il doit se discuter au cas par cas.
Les patientes qui ont déjà bénéficié d’une chirurgie utérine des fibromes ont un utérus fragilisé car cicatriciel. Trop souvent, par crainte de complications, les obstétriciens ont tendance à systématiquement proposer à leurs patientes d’accoucher par césarienne. Le choix de la voie d’accouchement dépend en réalité de la technique chirurgicale utilisée, du nombre et du volume des fibromes utérins retirés ainsi que de la qualité des cicatrices laissées sur l’utérus.
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Douleur et nécrobiose
Le fibrome reste habituellement "sage" pendant la grossesse. Le léiomyome, nom du fibrome en langage médical, et ne doit pas être douloureux. Chez la femme enceinte, la première cause de douleur issue des fibromes est la mort de ceux-ci : on parle alors de nécrobiose aseptique. Ce phénomène est effectivement très douloureux, d'autant qu'il faut plusieurs jours pour que les douleurs se calment.
Du fait de la grossesse, impossible d'avoir recours aux anti-inflammatoires habituellement prescrits dans ces cas-là - sauf cas particulier avant 24 semaines d'aménorrhée, soit 22 semaines de grossesse. Ainsi, il faut adapter les antidouleurs (antalgiques) en fonction de la douleur, et l'usage de la morphine est parfois nécessaire dans ce contexte. En revanche, une opération en cours de grossesse est particulièrement déconseillée, avec un risque de déchirure de l'utérus trop important. Autrement, pas d'inquiétude à avoir pour le bébé. Ce phénomène n'a quasiment jamais aucune incidence sur lui, et les risques de petit poids ou de prématurité restent rares (bien que possibles).
Autres complications potentielles
Les fibromes utérins, en plus d’affecter la fertilité, peuvent avoir des répercussions sur la santé de la mère et du bébé pendant la grossesse. Les complications les plus fréquentes incluent un risque accru d’hypertension gravidique, de saignements excessifs pendant l’accouchement et de retard de croissance intra-utérin. Cependant, ces situations peuvent être gérées efficacement grâce à un suivi obstétrical attentif et personnalisé.
Les fibromes ont été associés au placenta praevia (implantation du placenta sur le col de l’utérus) et au décollement du placenta (séparation prématurée du placenta de l’utérus).
Si les fibromes limitent l’espace dans l’utérus, votre bébé peut se présenter par le siège, c’est-à-dire par le bas au lieu de la tête. Une charge importante de fibromes peut exercer un stress sur l’utérus, entraînant des contractions prématurées ou une rupture prématurée des membranes (lorsque vous perdez les eaux avant 37 semaines) et un accouchement ultérieur.
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Traitements des fibromes utérins
Plusieurs options de traitement sont disponibles pour les fibromes utérins, allant des traitements médicamenteux à la chirurgie. Le choix du traitement dépend de la taille, du nombre et de la localisation des fibromes, ainsi que des symptômes et des désirs de la patiente.
- Traitements médicamenteux : Il n’y a aucun traitement médicamenteux, à ce jour, efficace pour venir à bout de la maladie. Les traitements hormonaux peuvent être prescrits pour réduire les saignements et la taille des fibromes, mais ils ne les éliminent pas.
- Myomectomie : Il s'agit de l'ablation d'un ou de plusieurs fibromes utérins tout en préservant l'utérus. Cette intervention est très différente selon le type de fibrome, sa localisation et sa taille. Elle peut être réalisée par hystéroscopie, cœlioscopie ou laparotomie.
- Embolisation des artères utérines : Cette technique consiste à injecter des billes calibrées dans les artères de l'utérus, en passant par l'artère fémorale. Cela permet de bloquer l'apport sanguin aux fibromes, ce qui entraîne leur diminution de taille.
- Hystérectomie : Il s'agit de l'ablation de l'utérus. Elle est généralement proposée en dernier recours, lorsque les autres traitements ont échoué ou ne sont pas adaptés.
Témoignages de femmes
De nombreuses femmes ont partagé leur expérience avec les fibromes utérins et la grossesse. Voici quelques témoignages :
- Amélie : Sa grossesse a été marquée par d’insupportables douleurs dues à des fibromes présents dans son utérus.
- Camille : Elle a réalisé 5 hystéroscopies opératoires à la suite d’un diagnostic de fibromes utérins. Elle craint que son utérus ne soit trop impacté et que son désir de grossesse soit compromis.
- Romane : Elle avait 5 fibromes sous séreux découverts lors de sa grossesse; au terme de son 7eme mois de grossesse, soit 30 semaines d’aménorrhées, ses fibromes ont atteint la taille de 16 cm pour le plus gros.
- Joëlle : Elle a eu connaissance du traitement des fibromes par ultrasons en faisant des recherches sur internet. Elle est tombée enceinte 3 mois après l'intervention.
Ces témoignages soulignent l'importance d'un diagnostic précoce, d'une prise en charge personnalisée et d'un soutien émotionnel pour les femmes atteintes de fibromes utérins.
Fibrome Info France
Fibrome Info France est la première association française agissant pour l’amélioration de la prise en charge et de la qualité de vie des femmes qui souffrent de fibromes utérins. Fondée en janvier 2011, elle est née du déficit de sensibilisation des femmes et du grand public à cette maladie féminine. Depuis 2021, le mois de juin est dédié à la sensibilisation au fibrome utérin.
L'association a été une mine d’informations que les professionnels de santé « spécialisés dans le domaine » n’ont pas su donner. Les témoignages publiés sur le site de l’association ont été une source d’espoir, tant les femmes sont assaillies de doutes et d’inquiétudes.
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