L'érythromycine est un antibiotique de la famille des macrolides. Elle est utilisée pour traiter diverses infections bactériennes. Chez les nourrissons, elle peut être administrée sous forme de sirop. Cet article vise à fournir des informations détaillées sur la posologie de l'érythromycine en sirop pour les nourrissons, ses indications, sa composition, ainsi que les précautions à prendre lors de son utilisation.

Composition Qualitative et Quantitative

Le sirop d'érythromycine contient de l'éthylsuccinate d'érythromycine, correspondant à de l'érythromycine base pure anhydre. La concentration peut varier selon les marques, il est donc essentiel de vérifier l'étiquette du produit.

Indications Thérapeutiques

L'érythromycine est indiquée dans le traitement de diverses infections bactériennes. Ses indications procèdent de son activité antibactérienne et de ses caractéristiques pharmacocinétiques. Les principales indications comprennent :

  • Sinusites aiguës.
  • Chimioprophylaxie des rechutes du R.A.A. (rhumatisme articulaire aigu).

La prévalence de la résistance acquise peut varier en fonction de la géographie et du temps pour certaines espèces. Il est donc utile de disposer d’informations sur la prévalence de la résistance locale, surtout pour le traitement d’infections sévères.

Posologie et Administration

La posologie usuelle est de 2 g par jour, mais elle peut être augmentée lorsque la sévérité de l'infection le justifie. Pour les infections bénignes à modérées (voie orale compromise), la dose est de 25 mg/kg/jour en doses fractionnées.

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Il est crucial d'aspirer la dose prescrite par le médecin à l'aide de la seringue pour administration orale, graduée en kg.

Contre-indications

L'érythromycine est contre-indiquée dans les cas suivants :

  • Allergie à l'érythromycine ou à d'autres macrolides.
  • Association avec certains médicaments (voir Interactions médicamenteuses).
  • Patients sous lovastatine et simvastatine, qui sont des inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase.
  • L’administration concomitante d’érythromycine et de lomitapide est contre-indiquée en raison du potentiel d’augmentation significative des transaminases.

Sauf avis contraire de votre médecin, vous ne devez pas prendre ce médicament en même temps que l'alfuzosine, la bromocriptine, la cabergoline, le pergolide, le lisuride, l'apixaban, la bédaquiline, la buspirone, la carbamazépine, le délamanid, l'ébastine, la fidaxomicine, les immunosuppresseurs, le grazoprévir/l'elbasvir, la théophylline et l'aminophylline, la toltérodine, l'halofantrine et la luméfantrine, l'axatinib, le bosutinib, le céritinib, le cobimétinib, le dabrafénib, le dasatinib, l'ibrutinib, le nilotinib, l'olaparib, le régorafénib et le sunitinib, l'irinotécan, la lercanidipine, le midazolam par voie orale, la midostaurine, l'oxycodone, le riociguat, la silodosine, le siméprévir, la tamsulosine, le rivaroxaban et le trastuzumab emtansine, les corticoïdes, les vinca-alcaloïdes cytotoxiques, hydroxychloroquine ou chloroquine.

Précautions d'Emploi et Mises en Garde

Plusieurs précautions doivent être prises lors de l'utilisation de l'érythromycine chez les nourrissons :

  • Réactions allergiques : Comme pour les autres macrolides, des réactions allergiques sévères et rares, y compris la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG), ont été rapportées. En cas de réaction allergique, l'administration doit être interrompue et un traitement approprié instauré.
  • Sténose pylorique hypertrophique (IHPS) : Des cas d'IHPS ont été signalés chez des nourrissons traités par l'érythromycine. Le risque est plus élevé après une exposition à l'érythromycine au cours des 14 premiers jours de la vie. Le bénéfice du traitement doit être évalué en fonction du risque potentiel de développer une IHPS.
  • Insuffisance hépatique : L'administration d'érythromycine n'est pas recommandée en cas d'insuffisance hépatique. Des précautions doivent être prises lors de l'administration d'érythromycine à des patients présentant une insuffisance hépatique.
  • Allongement de l'intervalle QT : L’allongement de l’intervalle QT, reflétant les effets sur la repolarisation cardiaque entraînant un risque d’arythmie cardiaque et de torsades de pointes, a été observé chez des patients traités par des macrolides, dont l’érythromycine.
  • Effets cardiovasculaires indésirables : Certaines études observationnelles ont mis en évidence un risque de survenue rare à court terme d’arythmie, d’infarctus du myocarde et de mortalité cardiovasculaire associés aux macrolides, dont l’érythromycine.
  • Interférence avec les dosages urinaires de catécholamines : L’érythromycine, comme d’autres antibiotiques, peut interférer dans les dosages urinaires de catécholamines par fluorescence.
  • Diarrhée associée au Clostridium difficile (DACD) : Des cas de DACD ont été rapportés avec l'utilisation de pratiquement tous les antibiotiques, y compris l'érythromycine. Il est important d'envisager ce diagnostic chez les patients qui développent une diarrhée grave pendant ou après le traitement par érythromycine.

Interactions Médicamenteuses

L'érythromycine est un inhibiteur du CYP3A4 et peut interagir avec de nombreux médicaments. Elle possède la capacité d’inhiber fortement le cytochrome P450-3A4, une enzyme qui intervient dans le métabolisme de nombreux médicaments. Lorsque l’activité de cette enzyme est inhibée, elle n’est plus en mesure de métaboliser le médicament qui va alors s’accumuler.

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  • Corticoïdes : Des précautions doivent être prises en cas d’utilisation concomitante d’érythromycine et de corticoïdes systémiques et inhalés qui sont principalement métabolisés par le CYP3A en raison d’une augmentation potentielle d’exposition systémique aux corticoïdes.
  • Inhibiteurs de l’HMG-CoA réductase : L’érythromycine est contre-indiquée chez les patients sous lovastatine et simvastatine.
  • Ergotamine et dihydroergotamine : Risque de vasoconstriction coronaire ou des extrémités (ergotisme), ou de poussées hypertensives.
  • Colchicine : Risque de majoration des effets indésirables.
  • Lomitapide : L’administration concomitante d’érythromycine et de lomitapide est contre-indiquée en raison du potentiel d’augmentation significative des transaminases.
  • Atorvastatine : Risque majoré d’effets indésirables (concentration-dépendants) à type de rhabdomyolyse.
  • Alfentanil : Augmentation de l’effet dépresseur respiratoire de l’analgésique opiacé par diminution de son métabolisme hépatique.
  • Antagonistes des canaux calciques : Majoration des effets indésirables de l’antagoniste des canaux calciques, le plus souvent à type d’hypotension notamment chez le sujet âgé.
  • Antivitamine K : Augmentation de l’effet de l’Antivitamine K et du risque hémorragique.
  • Digoxine : Augmentation de la digoxinémie par augmentation de son absorption.
  • Inhibiteurs de tyrosine kinase : Risque de majoration des effets indésirables de l’inhibiteur de tyrosine kinase par diminution de son métabolisme.
  • Midazolam : Augmentation des concentrations plasmatiques de midazolam par diminution de son métabolisme hépatique, avec majoration de la sédation.
  • Quinine : Risque de majoration des effets indésirables.
  • Vérapamil : Bradycardie et/ou troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, par diminution du métabolisme hépatique du vérapamil par l’érythromycine.
  • Edoxaban : Augmentation des concentrations plasmatiques de l'édoxaban, avec majoration du risque de saignement.
  • Glibenclamide et Glimépiride : Risque d'hypoglycémie par augmentation de l'absorption et des concentrations plasmatiques de l'antidiabétique.
  • Nintédanib : Augmentation des concentrations plasmatiques du nintédanib par augmentation de son absorption par l'érythromycine.
  • Rélugolix : Risque d'augmentation des concentrations plasmatiques du rélugolix par l'inhibiteur de la glycoprotéine P et du CYP3A4, avec un risque d'apparition d'effets indésirables.

Il est important d'informer votre médecin si vous prenez des anticoagulants : par exemple, warfarine, acénocoumarol et rivaroxaban (utilisés pour fluidifier le sang).

Effets Indésirables Possibles

Comme tous les médicaments, l'érythromycine peut provoquer des effets indésirables, bien que tous ne surviennent pas systématiquement. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont :

  • Nausées, vomissements, diarrhées, douleur à l'estomac.
  • De rares manifestations cutanées allergiques, le plus souvent bénignes.
  • D'exceptionnels cas de colite pseudo-membraneuse ont été rapportés : maladie de l'intestin avec diarrhée et douleurs au ventre.
  • Atteintes hépatiques ***avec parfois des manifestations cliniques (ictère, fièvre) éventuellement associées à des « douleurs abdominales aigues ».
  • Ces manifestations d’ototoxicité sont généralement régressives à l’arrêt du traitement.

Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s'applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Vous pouvez également déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration.

Prenez immédiatement contact avec un médecin si une réaction cutanée sévère survient : éruption squameuse rouge avec masses sous la peau et des cloques (pustulose exanthématique).

Grossesse et Allaitement

Les études épidémiologiques disponibles concernant le risque de malformations congénitales majeures dû à l’utilisation de macrolides, y compris l’érythromycine, pendant la grossesse fournissent des résultats divergents. L'érythromycine passe dans le lait maternel ; une diarrhée, de l'irritabilité ont pu être observées chez l'enfant allaité. Il est préférable, par mesure de précaution, de ne pas utiliser l'azithromycine au cours du premier trimestre de la grossesse. En raison du bénéfice attendu, l'utilisation de l'azithromycine peut être envisagée à partir du second trimestre de la grossesse si besoin. L'azithromycine est excrétée dans le lait maternel. Un risque pour les nouveaux-nés/nourrissons ne peut être exclu.

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Propriétés Pharmacologiques

L’érythromycine agit en inhibant la synthèse des protéines bactériennes en se liant à la partie 50 S de la sous-unité du ribosome des micro-organismes sensibles et en empêchant la translocation peptidique.

Administrée par voie orale, l’érythromycine est absorbée dans la portion supérieure de l’intestin grêle. La demi-vie plasmatique est voisine de 2 heures. Les macrolides pénètrent et s'accumulent dans les phagocytes (polynucléaires neutrophiles, monocytes, macrophages péritonéaux et alvéolaires). Le foie est la principale voie de bio-transformation de l’érythromycine de par N-déméthylation. L'érythromycine traverse la barrière placentaire.

Conservation

Ce médicament ne nécessite pas de précautions particulières de conservation. Toutefois, du point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement. En cas d’utilisation non immédiate, les durées et conditions de conservation après dilution et avant utilisation relèvent de la seule responsabilité de l’utilisateur. Ne jetez aucun médicament au tout-à-l'égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d'éliminer les médicaments que vous n'utilisez plus. Ne pas utiliser ce médicament après la date de péremption indiquée sur la boîte.

Préparation et Administration de la Solution Injectable (si applicable)

Si l'érythromycine est administrée par voie injectable, suivre les instructions suivantes :

  1. Préparer une solution initiale correspondant à 50 mg/mL d'érythromycine base en ajoutant 20 mL d'eau pour préparation injectable dans le flacon d’ERYTHROMYCINE PANPHARMA 1 g.
  2. Secouer longuement jusqu'à dissolution complète.
  3. Pour la solution finale à administrer, on utilisera exclusivement une solution de chlorure de sodium à 0,9 % ou une solution glucosée à 5 %.
    • Pour la perfusion discontinue : la solution est préparée en mélangeant le contenu du flacon reconstitué d’ERYTHROMYCINE PANPHARMA 1 g (20 mL) à 200 mL ou à 500 mL d'un des solvants de dilution.
    • Pour une perfusion continue : la solution est préparée en mélangeant le contenu du flacon reconstitué d’ERYTHROMYCINE PANPHARMA 1 g (20 mL) à 500 mL ou à 1000 mL d'un des solvants de dilution.

Cette solution finale est stable pendant 24 heures à 18°C - 25°C ou 24 heures au réfrigérateur (2°C - 8°C) puis 24 heures à 18°C - 25°C).

Informations Complémentaires

Il est essentiel de suivre scrupuleusement les instructions de votre médecin concernant la posologie et la durée du traitement. L'éventuelle impression de fatigue n'est pas due au traitement antibiotique mais à l'infection elle-même.

Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez pas à d'autres personnes. Les antibiotiques sont efficaces pour combattre les infections dues aux bactéries. Ils ne sont pas efficaces contre les infections dues aux virus. Les bactéries ont la capacité de survivre ou de se reproduire malgré l’action d’un antibiotique. Ce phénomène est appelé résistance : il rend certains traitements antibiotiques inactifs. La résistance s’accroît par l’usage abusif ou inapproprié des antibiotiques.

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