La fermeture de la maternité des Franciscaines à Versailles, effective depuis le 1er juillet 2025, marque un tournant dans l'histoire de la ville. Cette décision, prise par le groupe Ramsay Santé, propriétaire de l'hôpital privé des Franciscaines, suscite de vives réactions et soulève des questions quant à l'accès aux soins et à l'avenir de la ville en tant que lieu de naissance.
Contexte de la Fermeture
Le groupe Ramsay Santé a justifié cette fermeture par plusieurs facteurs, notamment la baisse de la démographie et, par conséquent, du nombre de naissances enregistrées à la maternité des Franciscaines. En 2024, l'établissement a comptabilisé 769 naissances, contre 843 à la clinique de Parly 2 au Chesnay-Rocquencourt, également propriété de Ramsay Santé.
Cette baisse de la natalité s'inscrit dans un contexte national de diminution du nombre de naissances, impactant directement l'organisation des maternités. Le groupe Ramsay Santé met également en avant des enjeux de sécurité pour les patientes et les nouveau-nés, arguant qu'un volume d'accouchements trop faible peut compromettre la qualité des soins.
Les Raisons Invoquées par Ramsay Santé
Dans un communiqué de presse publié le 27 mars 2025, Ramsay Santé a exposé les raisons de cette décision :
- Baisse de la démographie : Le groupe souligne la diminution du nombre de naissances à Versailles, rendant l'activité de la maternité moins rentable.
- Regroupement des services : Ramsay Santé souhaite regrouper les services de maternité sur le site de l'hôpital privé de Parly 2 au Chesnay-Rocquencourt, où le nombre de naissances est équivalent à celui de Versailles.
- Investissement : Le groupe prévoit d'investir 700 000 euros pour moderniser le service post-partum de Parly 2.
- Sécurité : Ramsay Santé met en avant des enjeux de sécurité pour les patientes et les nouveau-nés, arguant qu'un volume d'accouchements trop faible peut compromettre la qualité des soins. La maternité et les urgences sont des services sous-financés et les contraintes réglementaires y sont lourdes.
Réactions et Inquiétudes
L'annonce de la fermeture de la maternité des Franciscaines a suscité une vive opposition, tant au niveau local que national.
Lire aussi: Pourquoi Baby & Cie ferme ses portes ?
- Élus locaux : François de Mazières, maire de Versailles, a exprimé son étonnement et sa préoccupation face à ce projet, soulignant qu'il est impensable de ne plus avoir de maternité dans la ville préfecture des Yvelines. Il a également saisi le préfet des Yvelines pour tenter d'empêcher cette fermeture. Anne Bergantz, députée MoDem, rappelle ainsi qu'« aucune politique de santé ne peut réussir si elle est perçue comme un désengagement des territoires ». Charles Rodwell, député EPR, parle de son côté, selon BFM TV, d’un « coup de poignard dans le dos ».
- Population : Les habitants de Versailles, attachés à leur maternité, ont exprimé leur désarroi face à cette décision. Une pétition en ligne a recueilli plus d'un millier de signatures, témoignant de l'importance de cet établissement pour la communauté. Marie-Laurence, mère de quatre enfants nés à la maternité, confie ainsi avec émotion, à Boulevard Voltaire : « C’était une très bonne maternité. C’est dommage que ce service obstétrical de proximité et de qualité disparaisse. On ne passait pas sans émotion devant cette institution qui nous avait aidées à devenir mère et à fonder nos familles.
- Professionnels de santé : Le personnel de la maternité a également exprimé son inquiétude quant à l'avenir de leur emploi et à la qualité des soins qui seront prodigués à Parly 2.
Les principales inquiétudes soulevées par cette fermeture concernent :
- L'accès aux soins : Les habitants du sud de Versailles pourraient rencontrer des difficultés d'accès aux soins, étant obligés de traverser la ville pour se rendre au Chesnay.
- La qualité des soins : La fusion des deux maternités pourrait entraîner une surcharge de travail pour le personnel de Parly 2, compromettant la qualité des soins.
- La perte d'une identité : La fermeture de la maternité des Franciscaines marque la fin d'une époque pour Versailles, ville historiquement associée aux naissances illustres.
Alternatives et Solutions
Face à cette situation, plusieurs alternatives et solutions ont été envisagées :
- Maintien de la maternité des Franciscaines : Le maire de Versailles a plaidé pour le maintien de l'activité aux Franciscaines, arguant que le nombre de naissances reste suffisamment élevé pour justifier son existence.
- Rééquilibrage de la répartition des naissances : Il serait souhaitable de garantir un équilibre plus juste entre la répartition des naissances, en tenant compte des besoins des populations locales.
- Soutien aux maternités existantes : Les pouvoirs publics pourraient soutenir financièrement les maternités existantes, afin de garantir leur pérennité et la qualité des soins.
Impact sur l'Hôpital Public et Cliniques Privées
La fermeture de la maternité des Franciscaines s'inscrit dans un contexte plus large de difficultés financières rencontrées par les cliniques privées. La fédération de l’hospitalisation privée (FHP) est vent debout contre la nouvelle tarification 2024 annoncée par le ministère de la Santé. Dans le Gard, le groupe Elsan se mobilise et annonce que la grève sera suivie dans ses cinq cliniques : la polyclinique Grand Sud (PGS), Valdegour, l’ICG et les Franciscaines, à Nîmes, Et Bonnefon, à Alès.
Les risques de ce "sous-financement" sont multiples, expliquent-ils. Sur les salariés d’abord alors que les inégalités de salaire avec le public se creusent. "Une infirmière dans le public est payée 400 € de plus par mois". Et structurellement, de nombreuses cliniques déjà en déficit vont se trouver en grande difficulté. Avec des risques de fermeture de certains services. Et le Gard ne fait pas exception. À Bonnefon, le budget prévisionnel 2024 qui tablait sur une hausse des tarifs de l’Assurance maladie de 3% aurait déjà affiché un résultat net de moins 900000€. "Mais finalement avec 0,3 %, le déficit sera de 480 000 € supplémentaires", déplore Floriane Nambert. À la PGS, les pertes s’affichent à 1,20 M€, aux Franciscaines et à Valdegour autour de 500 000 €.
Cette situation pourrait avoir un impact sur l'hôpital public, qui devra absorber une partie de l'activité des cliniques privées. "On n’est pas en concurrence avec l’hôpital public, insiste Floriane Nambert. Les deux sont complémentaires mais quand on affaiblit le privé, c’est tout le système de santé qui est impacté. "Nous avons une offre complète de soins et nous travaillons vraiment en lien avec le CHU, complète Valérie Bazin. À la maternité de la PGS, il nous envoie des bébés quand leur service de néonatalogie est complet, par exemple.
Lire aussi: Fermetures de crèches : comprendre les enjeux
Conséquences à Long Terme
La fermeture de la maternité des Franciscaines pourrait avoir des conséquences à long terme pour la ville de Versailles :
- Perte d'attractivité : L'absence de maternité pourrait rendre la ville moins attractive pour les jeunes couples souhaitant fonder une famille.
- Vieillissement de la population : Le manque de naissances pourrait entraîner un vieillissement de la population versaillaise.
- Remise en question de l'identité de la ville : La fermeture de la maternité marque la fin d'une époque pour Versailles, ville historiquement associée aux naissances illustres.
Lire aussi: Impact Fermeture Crèches
tags: #fermeture #maternité #franciscaines #raisons
