Subir une fausse couche est une épreuve difficile, tant sur le plan physique qu'émotionnel. Une approche de soins complète est essentielle durant cette période. L'ostéopathie, bien que souvent négligée, peut jouer un rôle fondamental dans la récupération, en aidant à gérer les répercussions physiques et émotionnelles. Parallèlement, la constipation est un problème courant pendant la grossesse et après une fausse couche, souvent lié aux bouleversements hormonaux. Cet article explore les causes de la fausse couche et de la constipation, les traitements disponibles et les solutions pour y remédier.
Fausse couche : définition et idées reçues
Une fausse couche est généralement définie comme la perte d'une grossesse avant la 20e semaine. Le risque de fausse couche diminue chaque semaine que la grossesse avance. Cela est dû en grande partie à une augmentation des anomalies chromosomiques avec l'âge.
Contrairement à une idée reçue largement répandue, les fausses couches sont assez fréquentes et constituent une partie significative de l'expérience de grossesse pour beaucoup. Les statistiques montrent que 10 à 20 % des grossesses confirmées se terminent par une fausse couche. Ce chiffre pourrait être sous-estimé car beaucoup de fausses couches surviennent très tôt, parfois avant même que la grossesse ne soit détectée. Cette méconnaissance contribue à la stigmatisation et au silence autour de ce sujet, laissant de nombreuses femmes et couples se sentir isolés dans leur deuil.
Il est important de noter que l'activité physique pendant la grossesse ne cause pas de fausse couche, ni de complications liées à la grossesse telles que la rupture prématurée des membranes ou le poids faible à la naissance. Les études montrent que le sport pratiqué même au premier trimestre ne présente pas de risque supplémentaire de fausse couche. Cependant, il est recommandé d'éviter les sports à risque de chute ou ceux impliquant des contacts physiques.
Le taux de hCG (gonadotrophine chorionique humaine) est un indicateur important lors de la surveillance d'une grossesse. Des niveaux anormalement bas de hCG peuvent suggérer une fausse couche, surtout si les niveaux n'augmentent pas normalement. Le suivi de ces niveaux permet aux médecins de déterminer si la grossesse évolue bien ou si des complications telles qu'une fausse couche pourraient survenir. En cas de suspicion de fausse couche, des tests répétés de hCG peuvent être réalisés pour surveiller l'état de la grossesse.
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Le traitement de la fausse couche dépend de l'état de la fausse couche.
L'ostéopathie comme soutien après une fausse couche
L'ostéopathie peut s'avérer cruciale pour corriger les déséquilibres musculo-squelettiques résultant d'une fausse couche. En se concentrant sur des régions clés telles que le bassin, le dos, le ventre mais aussi de l'ensemble du corps, elle aide à atténuer la douleur et à restaurer une mobilité normale, facilitant ainsi le retour à un quotidien sans douleur et optimal.
Au-delà des avantages physiques, l'ostéopathie peut jouer un rôle significatif dans la régulation des déséquilibres hormonaux et dans le soutien émotionnel. Les techniques d'ostéopathie contribuent à diminuer le stress, favorisant un équilibre hormonal sain et aidant à gérer le tumulte émotionnel après une fausse couche. De plus, des techniques de relaxation et de respiration peuvent également être conseillées à la patiente qu'elle pourra poursuivre les prochains jours.
Une autre facette importante de l'ostéopathie est sa capacité à stimuler la circulation sanguine et lymphatique. Cette amélioration de la circulation est essentielle pour l'élimination des toxines et soutient le processus de guérison du corps. Elle aide également à diminuer l'inflammation, contribuant à une récupération plus rapide et plus confortable.
L'ostéopathie offre un soutien thérapeutique complet qui aide les femmes à surmonter les défis physiques et émotionnels d'une fausse couche.
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Constipation : un problème courant pendant la grossesse et après une fausse couche
La constipation est un problème courant, on estime qu’elle touche une femme enceinte sur deux, en particulier celles qui souffraient déjà de ce problème avant la grossesse. Les hormones de la grossesse, et en particulier la progestérone, ont un effet relaxant sur les fibres de l’utérus et de l’intestin (les « fibres musculaires lisses »). Pendant la grossesse, la constipation peut provoquer des douleurs du ventre qui inquiètent la femme enceinte. On considère qu’il y a constipation lorsque la fréquence des selles est inférieure à trois par semaine. Mais ce n’est pas une règle absolue ; certaines personnes vont à la selle seulement deux fois par semaine et se sentent parfaitement à l’aise.
La constipation est un effet secondaire intervenant au cours de la grossesse, au même titre que les nausées matinales et l’hypersensibilité aux odeurs par exemple. Dans la très grande majorité des cas, vous n’avez aucune inquiétude à avoir : les causes de la constipation durant la grossesse sont tout à fait naturelles et sans gravité. Ce trouble digestif reste toutefois très désagréable. Pour le corriger, il est essentiel de savoir pourquoi la constipation intervient dans la grossesse et quels sont ses effets.
Environ 40% des femmes enceintes seraient touchées par la constipation. Elle peut apparaître dès le début de la grossesse, même chez des femmes n’ayant habituellement aucun problème de transit. Ce n’est pas très surprenant quand on sait que la grossesse est marquée par d’importants bouleversements physiologiques et hormonaux. Certains d’entre eux permettent à l’embryon puis au fœtus de se développer correctement, tandis que d’autres préparent le corps en vue de l’accouchement.
Les causes de la constipation pendant la grossesse
Plusieurs facteurs contribuent à la constipation pendant la grossesse :
Augmentation du taux de progestérone : la progestérone, une hormone stéroïdienne sécrétée par l’ovaire et le placenta, réduit les contractions des muscles lisses. Au cours de la grossesse, la progestérone tiendrait un rôle très important car, en bloquant les contractions utérines, elle limiterait les risques de fausse-couche et d’accouchement prématuré. Une conséquence négative de son action est son influence sur les muscles lisses du côlon : le transit serait ralenti et cela entraînerait souvent une constipation durant la grossesse.
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Développement du fœtus et de l’utérus : vers la fin de la période de grossesse, l’utérus qui a pris du volume peut comprimer le côlon. Cela peut avoir pour effet mécanique d’empêcher l’expulsion des selles.
Sédentarité et ralentissement de l’activité physique : pendant la grossesse, les futures mamans ont naturellement tendance à être moins actives physiquement. En faisant peu d’exercice, l’organisme devient paresseux et stimule moins les muscles qui aident à l’expulsion des selles. Le transit en devient ralenti. Sachant que le ralentissement de l’activité intestinale est déjà impacté par la sécrétion des hormones, le manque d’activité physique se fera d’autant plus ressentir sur le phénomène de constipation.
Suppléments en fer : les suppléments en fer, souvent prescrits à une femme enceinte pour prévenir d’une carence, peuvent également contribuer à la constipation.
La constipation peut intervenir dès le début de la grossesse avec l’augmentation de taux de progestérone. Elle est souvent plus importante à partir du deuxième trimestre, puis vers la fin de la grossesse lorsque l’utérus s’est développé. Après l’accouchement, il est possible qu’elle dure quelques semaines, mais elle disparaîtra progressivement avec la reprise d’une alimentation adaptée, et d’une activité physique plus régulière.
Les effets de la constipation pendant la grossesse
Si vous êtes constipée en étant enceinte, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Les effets de la constipation fonctionnelle n’ont pas de répercussions sur le développement du futur bébé. Elle ne met pas non plus votre santé en péril.
En revanche, elle peut s’accompagner de divers désagréments comme:
- Une sensation de ballonnement
- Des gaz
- Un manque d’appétit
- Des douleurs au ventre durant la grossesse
- L’apparition d’hémorroïdes
Tous ces effets ne sont pas agréables au quotidien et la tentation d’avoir recours à des médicaments dits laxatifs peut être grande. Chez la femme enceinte l’automédication est à éviter et de nombreux médicaments laxatifs sont déconseillés. Avant de commencer un traitement anti-constipation, toujours en discuter avec votre médecin ou votre pharmacien. Votre professionnel de santé saura vous recommander un traitement compatible avec votre grossesse et des conseils pratiques. Différentes solutions naturelles peuvent aussi être envisagées.
Solutions anti-constipation pour une femme enceinte
Si vous êtes constipée au cours de votre grossesse, suivez ces quelques conseils:
- Adaptez votre alimentation en consommant des aliments variés et riches en fibres (légumes, fruits, féculents complets). Pensez aux cinq fruits et légumes par jour ! Attention, l’ajout de son de céréales dans les aliments peut provoquer des symptômes de colite douloureux. De plus, le son peut contribuer à la déminéralisation de la femme enceinte.
- Hydratez-vous suffisamment en buvant environ 6 à 8 verres d’eau quotidiennement entre les repas. La déshydratation favorise la constipation, l’eau des selles étant absorbée en trop grande quantité par le gros intestin. Les selles deviennent sèches et dures ce qui nuit au transit. Certaines eaux riches en magnésium peuvent être privilégiées.
- Maintenez une activité physique régulière compatible avec la grossesse. Jusqu’à l’accouchement, veillez à maintenir une activité physique régulière compatible avec la grossesse.
- Adoptez une bonne position aux toilettes : afin de réduire au maximum les efforts de défécation en allant à la selle, il est essentiel d'adopter une position dite physiologique. "On recommande à la future maman de s’installer sur les toilettes avec un petit tabouret sous les pieds de sorte à avoir les genoux un peu plus haut que les hanches", détaille la sage-femme.
- En cas de constipation, plusieurs actions peuvent faire office de remèdes instantanés : se rendre à la selle si besoin et ne surtout pas se retenir. Enfin, réaliser un massage dans le sens des aiguilles d’une montre sur le ventre peut être utile pour soulager la constipation enceinte.
Les laxatifs :
- Les laxatifs « de lest » sont efficaces.
- Les laxatifs lubrifiants (huile de paraffine), lubrifient le contenu de l’intestin pour les ramollir et faciliter leur passage.
- Bon à savoir : les laxatifs stimulants (bourdaine, séné, aloès…) sont impérativement à écarter.
Alimentation :
- En temps normal, une alimentation équilibrée en quantité raisonnable est déjà très importante, mais enceinte, elle l’est d’autant plus. En cas de constipation, elle peut là encore aider à rétablir un transit normal.
- Fruits secs (pruneaux ou jus de pruneaux).
Toute constipation récente inexpliquée par le changement du mode de vie, toute constipation accompagnée de douleurs, de fièvre, de gonflement du ventre doit faire demander l'avis du médecin. En cas de doute ou de persistance des symptômes au-delà de 7 jours, demandez l’avis d’un professionnel de santé. Chez l’enfant, la prise en charge de la constipation demande impérativement un avis médical.
Constipation après une fausse couche
Après une fausse couche, de nombreuses femmes font face à divers symptômes physiques, dont des troubles digestifs parfois inconfortables. Les bouleversements hormonaux qui suivent une fausse couche affectent l’ensemble du corps, y compris le système digestif. La constipation représente l’un des troubles les plus fréquents. Les hormones de grossesse, notamment la progestérone, ralentissent naturellement le transit intestinal.
Solutions pour soulager la constipation après une fausse couche
Face à ces symptômes digestifs, il peut être difficile de déterminer ce qui relève du processus normal de récupération et ce qui devrait inquiéter. L’alimentation joue un rôle central dans la gestion des symptômes digestifs après une fausse couche.
- Hydratation : boire au moins 1,5 à 2 litres d’eau quotidiennement aide à prévenir la constipation et facilite l’élimination des hormones excédentaires.
- Fibres alimentaires : si la constipation prédomine, augmentez progressivement votre consommation de fibres solubles présentes dans l’avoine, les fruits et certains légumes cuits.
- Petits repas fréquents : ils s’avèrent souvent plus faciles à digérer que trois repas copieux.
- Limitez certains aliments : notamment ceux connus pour leur potentiel fermentescible élevé : choux, oignons crus, légumineuses, ou aliments très épicés.
- Activité physique : la marche quotidienne, même brève, stimule naturellement le péristaltisme intestinal et contribue à réduire la constipation.
- Yoga : certaines postures de yoga, particulièrement celles qui impliquent une légère torsion de l’abdomen, peuvent favoriser le transit intestinal et réduire les ballonnements.
- Respiration abdominale profonde : elle détend les muscles abdominaux, réduit le stress et améliore indirectement la fonction digestive.
Votre médecin traitant pourra évaluer la situation globale et vous orienter si nécessaire vers un gastro-entérologue. Un accompagnement psychologique peut également s’avérer bénéfique, le stress émotionnel lié à la fausse couche pouvant aggraver considérablement les symptômes digestifs.
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