La fausse couche est une réalité difficile qui touche de nombreuses femmes. L'hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG) joue un rôle crucial dans le suivi de la grossesse, et son taux peut être un indicateur important de la santé de la grossesse. Cet article a pour but d'expliquer en détail le lien entre le taux de HCG et la fausse couche, en s'appuyant sur des informations médicales fiables et des témoignages.
Qu'est-ce que l'HCG ?
L'hormone chorionique gonadotrope humaine, ou gonadotrophine humaine, que l’on synthétise généralement sous le sigle HCG ou bêta-HCG, est une hormone produite uniquement au cours de la grossesse. Elle est d’abord fabriquée par l’embryon dès son implantation, puis par le futur placenta (trophoblaste). L’hormone bêta-HCG est détectable dans le sang dans les 7 jours qui suivent la fécondation. Cette hormone sert principalement à maintenir le corps jaune, résidu de l’ovulation situé dans l’ovaire, qui sécrète progestérone et œstrogènes lors du premier trimestre de la grossesse.
L'hormone HCG est sécrétée par le placenta. Elle est présente dans le sang dès le 9e jour qui suit l’ovulation si l'œuf est fécondé. Le taux moyen d'HCG chez la femme, hors grossesse et avant la ménopause est de moins de 8 UI /l. Si le résultat du dosage est inférieur à 5 UI/l, cela exclut d'emblée une grossesse. Plus élevé, le taux obtenu affirme une grossesse mais ne permet pas de dater précisément la grossesse car les taux obtenus sont variables selon les femmes. C'est l’échographie qui remplit ce rôle. S'il y a eu fécondation, le taux de HCG dépasse les 8UI à la nidation puis se met à doubler tous les deux à trois jours et augmente rapidement entre la 4e et la 8e semaines d'aménorrhée (d'absence de règles). L'HCG disparaît dans les 5 jours qui suivent l'accouchement. Son évolution permet de s'assurer du bon déroulement de la grossesse.
Importance du suivi du taux de HCG
Le dosage de la bêta-HCG plasmatique est prescrit par les professionnels de santé (généraliste, gynécologue ou sage-femme), car il est bien plus précis et se positive plus précocement qu’un test urinaire de grossesse. De plus, il permet de faire un suivi de son taux. Le taux de bêta-HCG est « surveillé » et scruté jusqu’à ce que la grossesse soit visuellement localisable par échographie. Une fois que l’on peut observer le sac gestationnel voire l’embryon à l’échographie, le taux d’HCG n’a plus tellement d’intérêt, hors dépistage de la trisomie 21.
Si en théorie, pour une grossesse normale, le dosage plasmatique de l'hormone bêta-HCG n'est pas utile, la plupart des maternités recommandent de faire un dosage plasmatique de l'hormone bêta-HCG dit qualitatif soit pour confirmer la grossesse, soit pour s'assurer de son bon déroulement. A savoir que ce dosage est bien plus précis et fiable qu'un test de grossesse urinaire (un test de grossesse positif ne confirme pas systématiquement la certitude d'une grossesse, en revanche, si la femme est enceinte, le taux de HCG dépasse les 5UI/L dans le sang à la nidation). Seul le dosage des HCG permet de confirmer ou d'infirmer une grossesse et de dater avec précision le début de la grossesse.
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Comment interpréter le taux de HCG ?
Dès le début de grossesse, le taux de l'hormone bêta-HCG est censé doubler toutes les 48 heures. Il évolue jusqu'à atteindre un pic au 3ème mois de grossesse puis il se stabilise et baisse progressivement jusqu'à l'accouchement.
Voici un tableau récapitulatif des taux de bêta-hCG selon les semaines d’aménorrhée :
- 3 SA : 5 à 50 UI/L
- 4 SA : 5 à 426 UI/L
- 5 SA : 18 à 7 340 UI/L
- 6 SA : 1 080 à 56 500 UI/L
- 7 à 8 SA : 7 650 à 229 000 UI/L
- 9 à 12 SA : 25 700 à 288 000 UI/L
- 13 à 16 SA : 13 300 à 254 000 UI/L
- 17 à 24 SA : 4 060 à 165 400 UI/L
- 25 à 40 SA : 3 640 à 117 000 UI/L
Ces chiffres sont des moyennes et peuvent varier fortement d’une grossesse à l’autre. Ce qui importe, c’est l’évolution du taux plus que sa valeur exacte.
Quand un taux de HCG est-il révélateur d'une fausse couche ?
En cas de fausse couche, son taux s'effondre. Toutefois, le taux ne témoigne pas de la vitalité de l'embryon et il est possible d'avoir un taux assez élevé de HCG lors d'une grossesse arrêtée (avec un embryon mort) ou avec un œuf clair (sans embryon).
Dans le cadre d’une grossesse évolutive et bien située (in utero), le taux de bêta-HCG n’est pas censé baisser puis remonter. Après une fausse couche précoce, un taux négatif, inférieur à 5 ou à 1, ou « indosable » (la norme diffère selon les laboratoires) est signe qu’a priori la totalité de la grossesse a été totalement expulsée, et que l’utérus est vide. En cas de fausse couche spontanée, c’est-à-dire lorsque l’embryon se décroche naturellement et sans intervention médicale ni médicament, le taux d’HCG sera ainsi un indicateur intéressant, bien qu’il ne se substitue pas à l’échographie.
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Un taux de hCG qui diminue continuellement indique que vous avez fait une fausse couche ou que la grossesse ne peut plus se poursuivre.
Autres causes d'un taux de HCG anormal
- Grossesse extra-utérine (GEU) : "En cas de grossesse extra-utérine, les taux de bêta-HCG sont nettement inférieurs aux taux normaux pour la semaine de grossesse correspondante. Dans ce cas, les taux de bêta-HCG sont nettement inférieurs aux taux normaux pour la semaine de grossesse correspondante. Si vous faites une GEU, l’échographie endovaginale devrait permettre de localiser l’embryon : s’il est dans l’utérus c’est une grossesses normale, s’il est ailleurs, il s’agit d’une grossesse extra-utérine (GEU).
- Grossesse môlaire : Un taux de bêta-HCG qui augmente de façon exponentielle (100 000 UI/L, 200 000 UI/L et plus) peut être signe d'une grossesse molaire (cela reste très rare). La môle est une tumeur bénigne et à potentiel malin qui est un surdéveloppement des cellules placentaires : aucun embryon n'est visible car l'utérus est rempli de ces petites cellules. A savoir qu'une échographie est toujours prescrite pour confirmer ou non la grossesse molaire.
- Grossesse multiple : En cas de grossesse multiple, le taux de bêta-HCG est beaucoup plus élevé que pour une grossesse simple. Toutefois, un taux élevé ne confirme pas nécessairement qu'il s'agit d'une grossesse multiple. Seule une échographie permettra de confirmer de manière sûre une grossesse multiple.
Que faire en cas de suspicion de fausse couche ?
Un saignement par voie vaginale en début de grossesse n'annonce pas toujours une fausse couche. Un quart des femmes enceintes présentent un saignement au cours du 1er trimestre et poursuivent leur grossesse normalement.
Il est important d’être à l’écoute de votre corps et de signaler tout ce qui vous paraît inhabituel, lors de vos consultations :
- en début de grossesse, si les nausées ou la tension des seins disparaissent ;
- si vous avez des douleurs abdominales ou pelviennes (dans le bas du ventre) ;
- si vous avez de la fièvre ;
- si vous saignez ;
- si vous perdez du liquide amniotique.
Si vous pensez faire une fausse couche ou si ce sont vos règles, direction le labo de ville pour une prise de sang. S’il est négatif, ce sont vos règles. Attention : entre le rapport fécondant et la détection sanguine de l’hormone de grossesse, il faut attendre 10 jours pour un test sanguin. Si le test est positif, il est probable que vous faisiez une fausse couche ou qu’il s’agisse de saignements de nidation. La nidation du fœtus en début de grossesse peut engendrer des saignements. Ici aussi, seule une prise de sang et une échographie seront en mesure de confirmer le diagnostic de fausse couche.
Prenez immédiatement rendez-vous avec votre sage femme, votre gynécologue obstétricien, votre médecin traitant ou le professionnel de santé qui suit votre grossesse.
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Les différents types de fausses couches
- La fausse couche précoce : jusqu’à 5 mois de grossesse.
- La fausse couche tardive : après 5 mois de grossesse.
- La fausse couche incomplète : le col est ouvert mais tout ou partie du fœtus reste dans l’utérus.
- La fausse couche septique : une infection de l’utérus cause la fausse couche.
- La fausse couche par mort in utero : le fœtus meurt dans l’utérus de la maman. C’est une fausse couche tardive (après 20 semaines de grossesse).
- La fausse couche biochimique ou fausse couche silencieuse : la grossesse biochimique est une grossesse détectée très tôt par test urinaire ou par prise de sang (beta hCG) mais qui n’est pas visible à l’échographie.
- La fausse couche œuf clair ou grossesse anembryonnaire : cette grossesse n’est pas viable car il n’y a pas d’embryon dans le sac gestationnel (appelé œuf). Ce type de grossesse est généralement découvert au moment de la première échographie de grossesse : il n’y a pas d’embryon ni de battement cardiaque.
- La fausse couche liée au groupe sanguin : une incompatibilité de rhésus entre la mère de rhésus négatif (O-, A-…) et le fœtus de rhésus positif (O+,A+…).
- La fausse couche sous contraception : généralement, il s’agit d’une fausse couche de type biochimique. La femme enceinte se rend compte par un test de grossesse qu’elle était enceinte, tout en prenant la pilule ou en ayant un stérilet.
Prise en charge après une fausse couche
En fonction de l’évolution de votre fausse couche (si elle est incomplète ou sceptique), il est parfois nécessaire d’avoir recours à un traitement médicamenteux (Cytotec) ou à une opération (curetage / aspiration) pour évacuer les tissus embryonnaires qui n’ont pas été évacués.
Le retour des règles après une fausse couche peut prendre 4-6 semaines après que l’utérus ait expulsé tous les tissus. Le flux des premières règles après une fausse couche peut être plus abondant que d’habitude. Idem pour les crampes qui peuvent être très fortes si vous avez subi un curetage ou une aspiration pour fausse couche incomplète. Consultez votre médecin si vos règles ne reviennent pas dans les 8 semaines après une fausse couche, si vous saignez de manière hémorragique (avec fièvre, douleurs intenses, nausées…).
Après une fausse couche, le corps met souvent du temps à retrouver son équilibre hormonal et à relancer son cycle menstruel habituel. Les hormones en jeu sont l’HCG (hormone chorionique gonadotrope) et la progestérone. En fait, lorsque la grossesse démarre, l’HCG et la progestérone augmentent pour mettre le cycle menstruel en pause et préparer le corps à soutenir la grossesse. Ces hormones bloquent l’ovulation et maintiennent la muqueuse utérine en place pour créer un environnement favorable au développement du fœtus. Cependant, quand la grossesse s’interrompt, ce système est perturbé. La production d’HCG s’arrête, et les niveaux de progestérone chutent, initiant le processus d’expulsion (puis, peu à peu, la reprise du cycle menstruel). L’HCG met généralement plusieurs semaines à disparaître complètement, tandis que la progestérone baisse plus rapidement. C’est ce délai qui peut influencer le moment du retour des règles car tant que l’HCG est présente dans l’organisme, le cycle menstruel ne peut pas se relancer de manière habituelle.
Soutien psychologique
Une fausse couche est un événement traumatisant, car il s’agit d’un deuil (le deuil périnatal) qui a des conséquences physiques (douleurs) mais aussi psychologiques pour la femme qui le vit.
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