La grossesse môlaire, également connue sous le nom de môle hydatiforme, est une complication rare de la grossesse résultant d'une anomalie de la fécondation. Cette condition se caractérise par un développement anormal du placenta et, dans certains cas, l'absence de développement embryonnaire. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de la grossesse môlaire, en abordant ses causes, ses symptômes, son diagnostic et ses options de traitement.

Qu'est-ce qu'une grossesse molaire ?

La maladie trophoblastique gestationnelle (MTG) désigne un groupe de pathologies qui se développent à partir de certaines cellules (trophoblastes) qui entourent l’embryon et qui forment ensuite le placenta et la poche amniotique. Le syncytiotrophoblaste, une couche externe multinuclée sans limites cellulaires distinctes, provient de la fusion des cellules dérivées du cytotrophoblaste. Une grossesse môlaire est une forme de MTG causée par une anomalie chromosomique qui se produit au moment de la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde, aboutissant inévitablement à son interruption. Elle se manifeste par le développement anormal du placenta. La grossesse môlaire concerne une à trois grossesses sur 1000. Les jeunes femmes de moins de 20 ans et les femmes âgées entre 45 et 50 ans sont les plus à risque de développer ce type d'anomalie.

Types de Grossesse Molaire

On retrouve 2 types de môles : la môle complète et la môle partielle.

Môle hydatiforme complète

La môle complète dérive de la fécondation d'un ovule anucléé (sans noyau donc sans matériel génétique) par un ou deux spermatozoïdes haploïdes (contenant un seul exemplaire de chaque chromosome). Son caryotype est 46,XX (75 % des cas) ou 46,XY (25 % des cas). La môle complète est caractérisée par une hyperplasie du trophoblaste associée à une dégénérescence généralisée des villosités choriales et à une absence de sac amniotique et de tissu embryonnaire. La grossesse môlaire complète (aussi appelée môle hydatiforme) est provoquée par la fécondation d'un ovule sans noyau, c'est-à-dire sans capital génétique par deux spermatozoïdes, et conduit à une grossesse sans embryon. Seul le placenta se développe et prend alors un aspect multi-kystiques (en grappe de raisin).

Môle hydatiforme partielle

La môle partielle dérive de la fécondation d'un ovule normal par deux spermatozoïdes ou par un spermatozoïde anormal. Elle est caractérisée par une hyperplasie focale du trophoblaste, une dégénérescence localisée des villosités choriales et un tissu embryonnaire identifiable. La grossesse môlaire partielle est quant à elle causée par la fécondation d'un ovocyte par deux spermatozoïdes ou par un spermatozoïde anormal. Un embryon se forme, mais il sera dans tous les cas non viable. Le placenta se développe aussi d'une manière anarchique.

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Causes de la grossesse molaire

Les môles résultent d'une anomalie de la fécondation avec excès de matériel chromosomique paternel.

Symptômes de la grossesse molaire

Il faut savoir que toutes les femmes qui sont concernées, sont toutes différentes face à celles-ci, les symptômes et le diagnostic varient d'une femme à une autre. Les signes de grossesse môlaire peuvent inclure :

  • Saignements vaginaux (métrorragies) : C'est l'un des symptômes les plus courants. Le plus souvent, la découverte d'une môle se fait devant une suspicion de fausse couche au cours du premier trimestre, en présence de saignements et de douleurs pelviennes. Les signes révélateurs sont des métrorragies persistantes inexpliquées ou la ré-ascension, la stagnation, l'absence de normalisation à 6 mois des taux de choriogonadotrophine (hCG) totale sérique après évacuation d'une môle hydatiforme, des métrorragies persistantes inexpliquées après un avortement spontané ou une IVG, occasionnellement des métrorragies inexpliquées dans les semaines ou mois suivant un accouchement normal ou une grossesse ectopique (extra-utérine).
  • Nausées et vomissements : Les femmes peuvent ressentir des nausées et des vomissements excessifs. Les signes cliniques (vomissements, métrorragies, augmentation anormale de la taille de l'utérus et, plus rarement, anémie ou pré-éclampsie) sont plus rarement observés au deuxième trimestre de grossesse grâce à une détection précoce par échographie.
  • Augmentation anormale de la taille de l'utérus : L'utérus peut être plus grand que prévu pour le stade de la grossesse.
  • Autres symptômes : Dans de rares cas, une anémie, une pré-éclampsie ou une hyperthyroïdie peuvent être observées. L'hyperthyroïdie est exceptionnelle. Les signes cliniques de la môle partielle (métrorragies, vomissements, etc.) sont rares.

Il est important de noter que les môles complètes sont asymptomatiques dans 40 % des cas.

Diagnostic de la grossesse molaire

Une grossesse môlaire se manifeste par des signes de grossesse comme des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales, mais dans un tiers des cas, elle est asymptomatique.

  • Échographie : L'échographie est un outil de diagnostic clé. À l'échographie, une môle complète peut montrer un aspect classique en « tempête de neige » (zones solides et hyperéchogènes de formes variées, entrecoupées de zones liquidiennes de tailles différentes) qui occupe la totalité de la cavité utérine. Une échographie plus précoce réalisée avant 9 ou 10 semaines de grossesse peut mettre en évidence l'aspect vésiculaire limité du placenta. L'échographie de la môle partielle peut parfois montrer une atteinte vésiculaire focale. La présence de structures embryonnaires sans augmentation de la taille de l'utérus est fréquente. L'examen clinique révèle alors une augmentation du volume de l'utérus en raison du développement anormal du placenta et des gros ovaires. Le diagnostic est principalement fait grâce à une échographie.
  • Examen histologique : Le diagnostic de la môle repose sur l'examen histologique du produit de conception. La lecture des résultats par un anatomopathologiste est souvent utile.
  • Dosage de l'hormone HCG Le suivi d'une grossesse môlaire repose essentiellement sur le dosage de l'hormone HCG qui doit diminuer progressivement. Ce contrôle doit être fait pendant six mois pour les môles partielles et pendant 6 à 12 mois pour les môles complètes.

Seul l’examen anatomopathologique permet de porter un diagnostic de certitude, car échographiquement, il est difficile de différencier la môle invasive du choriocarcinome.

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Traitement de la grossesse molaire

Quelle que soit sa forme, une grossesse môlaire est non viable et nécessite une évacuation. Le traitement des môles repose sur l'évacuation utérine par aspiration, potentiellement sous contrôle échographique. L'évacuation doit être programmée rapidement en raison du risque de complications qui augmente avec l'âge gestationnel. Il est important de contrôler que l'aspiration est complète et qu'il n'y a pas de rétention en réalisant une échographie dans les 15 jours qui suivent l'aspiration. En raison d'une éventuelle progression vers une tumeur trophoblastique gestationnelle (TTG), les taux plasmatiques d'hCG doivent être contrôlés jusqu'à normalisation.

En fonction de la situation clinique, une deuxième aspiration est nécessaire en cas de rétention (cliché échographique de plus de 17 mm de diamètre antéropostérieur).

Très souvent, le gynécologue propose une contraception afin d'éviter une nouvelle grossesse pendant la durée de la surveillance. Sachez que la reprise de la pilule peut avoir lieu après le traitement et qu'un stérilet peut être posé 6 semaines après l'intervention.

Suivi Post-Traitement

Si le taux HCG augmente de nouveau ou stagne, il faut alors évoquer le diagnostic de tumeur trophoblastique qui survient dans 15% des môles complètes et dans 0,5 à 5% des môles partielles. Le risque, c'est le développement anarchique de la rétention placentaire sous la forme d'une dégénérescence maligne appelée choriocarcinome. Après le curetage et l'évacuation de la môle, des saignements peuvent survenir pendant quelques jours et les règles font leur retour dans la plupart des cas dans les deux mois qui suivent.

Autres Tumeurs Trophoblastiques Gestationnelles

Seul le myomètre est envahi localement par une môle hydatiforme; elle n'envahit pas d'autres organes. Il existe d'autres types de tumeurs trophoblastiques gestationnelles :

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  • Môle invasive : est une tumeur trophoblastique gestationnelle qui fait suite à une grossesse molaire, extra-utérine, une fausse-couche, une interruption volontaire de grossesse (IVG) ou un accouchement. cette tumeur invasive et à forte tendance métastatique est composée de cellules trophoblastiques malignes et sans villosité hydropique.
  • Tumeur trophoblastique du site d'implantation : Il s’agit d’une tumeur rare du placenta qui envahit le myomètre et les vaisseaux utérins, composée principalement de trophoblaste intermédiaire.
  • Tumeur trophoblastique épithélioïde : correspond à une prolifération de trophoblaste intermédiaire avec des cellules plus petites et au polymorphisme nucléaire moindre. Elle peut simuler un carcinome épidermoïde du col utérin. Elle a un comportement clinique superposable aux TTSI avec un développement le plus souvent limité au corps utérin et leur prise en charge n’est pas différente.

Fausse Couche

Le plus souvent, les fausses couches ne nécessitent aucun traitement particulier. Une surveillance de l'expulsion de l'embryon et du placenta est effectuée par échographie. Après une fausse couche précoce, l’embryon, les membranes et le placenta sont expulsés spontanément par le vagin en une à deux semaines (parfois jusqu’à quatre semaines). Lorsque cette expulsion est incomplète, une injection de prostaglandines (misoprostol) est faite pour stimuler les contractions de l’utérus et faciliter l’élimination des débris. Si ce traitement ne suffit pas, il est alors nécessaire de dilater le col de l’utérus et d’aspirer les tissus restants.

Lorsqu’une femme enceinte présente des contractions au cours du deuxième trimestre de grossesse et que le col de son utérus est dilaté sans perte des eaux, le médecin prescrit des médicaments contre les contractions, le repos complet et peut décider de maintenir le col artificiellement fermé à l’aide d’un cerclage posé sous anesthésie.

Lorsqu’une fausse couche se produit après la 13e semaine de grossesse, il est souvent nécessaire d’hospitaliser la mère pour provoquer un accouchement. Le suivi psychologique des femmes qui ont fait une fausse couche tardive est particulièrement important.

Pronostic

Le pronostic est excellent après évacuation. Le risque principal est la rétention par aspiration incomplète (25 % des cas), qui justifie un contrôle échographique dans les semaines suivant l'aspiration.

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