La fausse couche, également appelée avortement spontané, est une complication fréquente de la grossesse. Cet article se propose de définir la fausse couche, d'en exposer les causes et les symptômes, et de présenter les différentes options de prise en charge.

Définition de la fausse couche

On parle de fausse couche ou d'avortement spontané lorsque l'embryon ou le fœtus est expulsé spontanément avant qu'il ne soit viable, c'est-à-dire avant 22 semaines d'aménorrhée. Si l'avortement spontané survient avant 12 semaines d'aménorrhée, il s'agit d'une fausse couche précoce. Passé le premier trimestre de grossesse et jusqu'au seuil de viabilité (22-24 semaines d'aménorrhée), on parle de fausse couche tardive.

Aujourd'hui encore, 15 à 20 % des grossesses s'interrompent spontanément au cours du premier trimestre. D'après les estimations, seulement 30 % des grossesses sont menées jusqu'au terme. Le plus souvent, la grossesse passe inaperçue en raison d'une fausse couche survenue très précocement.

Causes et facteurs de risque

Les causes d'une fausse couche sont multiples et peuvent être liées à des facteurs maternels, fœtaux ou environnementaux.

  • Facteurs liés à l'embryon ou au fœtus : Les anomalies chromosomiques sont la cause la plus fréquente de fausse couche précoce. Elles empêchent le développement normal de l'embryon.
  • Facteurs liés à la mère :
    • Âge maternel : Le risque de fausse couche augmente avec l'âge de la mère, surtout après 35 ans.
    • Antécédents de fausses couches : Les femmes ayant déjà vécu une ou plusieurs fausses couches ont un risque accru de récidive.
    • Problèmes de santé : Certaines maladies chroniques comme le diabète non contrôlé, l'hypertension artérielle, les troubles de la thyroïde ou les maladies auto-immunes peuvent augmenter le risque de fausse couche.
    • Anomalies utérines : Les malformations de l'utérus, comme l'utérus bicorne, cloisonné ou unicorne, peuvent également être en cause. Il est important de noter que l'anatomie varie et que cela ne signifie pas forcément qu'il y aura des problèmes gynécologiques. Un utérus antéversé, où le haut de l’utérus se rapproche du ventre, est tout à fait normal dans la majorité des cas. Le contraire, un utérus rétroversé, concerne 10 à 20% des femmes et n'empêche pas l'utilisation de protections hygiéniques.
    • Infections : Certaines infections, comme la listériose, peuvent provoquer une fausse couche. La listériose est due à la bactérie Listeria monocytogenes, que l'on peut retrouver dans l'eau, le sol, les végétaux en décomposition et chez de nombreux animaux. La contamination humaine se fait principalement par l'ingestion d'aliments contaminés. Chez la femme enceinte, l'infection peut passer inaperçue ou se traduire par une fièvre isolée, mais elle peut provoquer un avortement spontané, un accouchement prématuré ou une mort fœtale.
  • Facteurs environnementaux :
    • Tabac, alcool et drogues : La consommation de ces substances pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche.
    • Exposition à des substances toxiques : L'exposition à certains produits chimiques ou à des radiations peut également être en cause.

En dehors des facteurs liés à la mère ou à l'enfant, des éléments extérieurs peuvent être à l'origine de certaines fausses couches.

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Symptômes et diagnostic

Les symptômes d'une fausse couche peuvent varier d'une femme à l'autre. Les plus courants sont :

  • Saignements vaginaux : Ils peuvent être légers ou abondants, et accompagnés ou non de douleurs.
  • Douleurs abdominales : Elles peuvent être de type crampes ou contractions.
  • Disparition des symptômes de grossesse : Nausées, vomissements, tension mammaire peuvent diminuer ou disparaître.

Le diagnostic de fausse couche repose sur :

  • Examen clinique : Le médecin évalue les symptômes et effectue un examen gynécologique.
  • Échographie : Elle permet de visualiser l'utérus et de vérifier si l'embryon ou le fœtus est toujours présent et s'il est vivant. Le médecin va constater l’interruption de la grossesse grâce à une échographie.
  • Dosage des hormones de grossesse (HCG) : Une diminution du taux de HCG dans le sang peut indiquer une fausse couche.

Prise en charge

La prise en charge d'une fausse couche dépend du terme de la grossesse, de l'état de la patiente et de ses préférences. Plusieurs options sont possibles :

  • Attente spontanée : Si la fausse couche survient de façon très précoce (avant 8 semaines d'aménorrhée), l'expulsion complète de l'œuf se fait généralement de façon naturelle.
  • Traitement médicamenteux : Des médicaments peuvent être prescrits pour provoquer l'expulsion de l'œuf.
  • Curetage : Le curetage est une intervention chirurgicale pratiquée par un gynécologue-obstétricien qui consiste à retirer par aspiration le contenu de l'utérus après une fausse couche ou un œuf clair. Généralement réalisée en ambulatoire et sous anesthésie générale, l'opération dure en moyenne 30 minutes. Toutefois, un curetage peut provoquer des lésions de l’endomètre.

Du point de vue technique, une grossesse est tout à fait possible après un avortement spontané.

Soutien psychologique

Une fausse couche est une épreuve difficile sur le plan émotionnel. Il est important de se faire accompagner par des professionnels de santé (médecin, sage-femme, psychologue) et de ne pas hésiter à parler de son vécu avec son entourage.

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Selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on parle de deuil périnatal lorsque des parents perdent leur bébé entre 22 semaines d'aménorrhée et le 7e jour après sa naissance (mort fœtale, décès néonatal, interruption médicale de la grossesse). Cela concernerait, en France, plus de 7 000 familles par an sur les 14 000 décès d'enfants.

Toute perte d’un enfant même au-delà du 7ème jour (décès plus tardif d’un prématuré ou mort subite du nourrisson dans sa première année de vie) tout comme les arrêts naturels de grossesse (fausses-couches) à des termes parfois très précoces confrontent la femme et le couple à une situation de deuil (de la grossesse, de l’enfant projeté, de la vie de famille déjà imaginée dès le test de grossesse positivé, …). L’interruption même volontaire de la grossesse peut aussi amener une femme ou un couple dans un sentiment ambivalent de deuil surtout quand la décision est prise par l’environnement ou la situation de vie actuelle.

Prévention

Il n'est pas toujours possible de prévenir une fausse couche, mais certaines mesures peuvent contribuer à réduire le risque :

  • Adopter une bonne hygiène de vie : Alimentation équilibrée, activité physique régulière, sommeil suffisant.
  • Éviter le tabac, l'alcool et les drogues.
  • Gérer le stress.
  • Consulter un médecin en cas de problème de santé.
  • Afin d’éviter les contaminations croisées (d’un aliment à l’autre), les aliments crus et cuits doivent être conservés séparément.

Déni de grossesse

Il est important de distinguer la fausse couche du déni de grossesse. D'après une étude menée en 2017, le déni de grossesse est un trouble qui toucherait entre 1 500 et 3 000 femmes chaque année en France. Le déni de grossesse désigne le fait de porter la vie, de manière inconsciente, de ne pas être dans la transparence psychique et de ne pas ressentir la grossesse physiquement. On parle de déni de grossesse lorsque la femme apprend qu’elle est enceinte à partir de la quatorzième semaine d’aménorrhée. Certaines continuent de prendre une contraception orale, d’où les saignements réguliers. Pour beaucoup de femmes, elles ne sentent pas le fœtus se mouvoir.

Lorsqu’un déni de grossesse est total, la femme accouche sans savoir qu’elle accouche, c’est-à-dire qu’elle pense avoir quelque chose comme une gastro-entérite, un mal de ventre, etc. Il faut également noter que le déni de grossesse est un déni collectif. Quand un déni de grossesse est découvert, une multitude d’examens est réalisée afin de rattraper le retard des derniers mois qui sont passés sous silence.

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Un déni de grossesse, par conséquent sans suivi médical adapté, peut engendrer une grossesse à risque aussi bien pour la mère que pour le fœtus. Cela peut engendrer des répercussions physiques sur la femme et sur l’enfant sur le domaine médical et psychologique, allant d’une normalité à une pathologie gravissime.

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