L'infertilité est un problème de santé publique qui touche de nombreux couples. En France, environ 3,3 millions de personnes sont concernées, soit un couple sur quatre. La difficulté à concevoir un enfant peut avoir des conséquences personnelles et sociétales importantes. Cet article aborde les causes de l'expulsion d'un ovule non fécondé, les méthodes de diagnostic et les solutions possibles.

Comprendre l'infertilité

L'infertilité est définie comme l'incapacité d'un couple hétérosexuel à concevoir après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Dans environ 75 % des cas, l'infertilité est d'origine féminine, masculine ou les deux à la fois.

Facteurs influençant la fertilité

Plusieurs facteurs peuvent affecter la fertilité, tant chez les hommes que chez les femmes.

  • Âge : Le recul de l'âge de la maternité est un facteur important. En France, l'âge moyen au premier bébé est de 31 ans. La fertilité féminine diminue naturellement à partir de 30 ans, et la fertilité masculine à partir de 40 ans. Les chances de grossesse sont évaluées à 25 % par cycle entre 25 et 30 ans, mais seulement à 12 % à 35 ans et 6 % au-delà de 40 ans. Chaque femme dispose d'une réserve d'ovocytes personnelle, qui diminue notablement à partir de 38 ans avant d'être épuisée à la ménopause. Chez les hommes, les effets de l'âge sur la fertilité existent également et sont de mieux en mieux connus.
  • Environnement : L'exposome, c'est-à-dire l'ensemble des expositions environnementales non génétiques auxquelles chaque individu est soumis, joue un rôle important. Cela inclut les pollutions de tous ordres (air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides), les perturbateurs endocriniens, ainsi que le mode de vie (mauvaise alimentation, surpoids ou maigreur excessive, tabac, drogues).
  • Déséquilibres hormonaux : Certains déséquilibres hormonaux, dus à un mauvais fonctionnement de l'hypothalamus et de l'hypophyse, peuvent expliquer des cas d'infertilité masculine et féminine. Les troubles de la testostérone peuvent entraîner un déficit de production de spermatozoïdes chez l'homme, et l'excès de prolactine peut provoquer une absence d'ovulation chez la femme.
  • Cancers et traitements anti-cancéreux : Certains cancers et traitements anti-cancéreux, comme la chimiothérapie, peuvent également causer l'infertilité féminine et masculine.

Infertilité masculine

L'infertilité masculine est majoritairement liée à une altération de la production des spermatozoïdes, appelée spermatogenèse. Les spermatozoïdes peuvent être trop peu nombreux, de mauvaise qualité ou totalement absents du sperme (azoospermie). Les causes peuvent être génétiques, consécutives à une maladie, un accident avec traumatisme des testicules. Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent être acheminés normalement dans les voies génitales à cause d'une obstruction. Il faut aussi explorer les autres perturbations potentielles de la fonction sexuelle, comme les troubles de l'érection et de l'éjaculation.

Infertilité féminine

Les causes d'infertilité féminine sont nombreuses. On distingue les troubles du cycle et les causes mécaniques d'infertilité féminine.

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  • Troubles du cycle :
    • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : C'est la première cause d'infertilité féminine. Un taux de testostérone élevé perturbe le cycle, empêche le développement des follicules et l'ovulation.
    • Troubles endocriniens : Ils induisent un déséquilibre hormonal, perturbent le cycle et l'ovulation.
    • Insuffisance ovarienne prématurée ou baisse de la réserve ovarienne : Elle est la première cause d'infertilité féminine après 35 ans.
  • Causes mécaniques :
    • Pathologies tubaires : Elles se traduisent par une obstruction des trompes qui relient les ovaires à l'utérus.
    • Endométriose : Cette maladie chronique se caractérise par un développement de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, notamment sur les ovaires et le péritoine.
    • Anomalies utérines : Elles peuvent être responsables d'une infertilité, comme l'absence d'utérus, des malformations, des polypes de l'endomètre.
    • Anomalies de la glaire cervicale : Elles peuvent empêcher le passage des spermatozoïdes.

Anovulation

L'anovulation désigne l'absence d'ovulation. Les causes à l'origine de l'anovulation sont nombreuses. De même, les symptômes permettant de l'identifier sont très variés. Dans certains cas, l'anovulation peut être traitée avec des médicaments, dans d'autres, une modification du style de vie sera suffisante pour y remédier et malheureusement dans quelques cas, elle ne peut être traitée et la grossesse ne peut être obtenue qu'avec l'aide d'un don d'ovocytes.

Les cas d'anovulation pouvant être traités sont les suivants :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : il s'agit là de la cause la plus commune de dérèglement de l'ovulation et une cause très importante d'infertilité. Les ovaires des femmes souffrant de ce syndrome renferment de trop nombreux follicules ayant démarré leur maturation, sans jamais l'achever.
  • L'anovulation d'origine hypothalamique, due à un excès d'exercice, à un fort stress et/ou à une perte de poids trop importante ou trop rapide.
  • L'hyperprolactinémie : il s'agit de la sécrétion excessive de prolactine, qui est une hormone sécrétée par l'hypophyse dans le cerveau et autrement appelé « hormone de lactation » car elle agit sur la glande mammaire pour préparer et stimuler la lactation. Lorsqu'elle est en trop grande quantité, la prolactine des troubles dans le cycle menstruel et parfois une absence d'ovulation.

Diagnostic de l'infertilité

La première étape du diagnostic de l'infertilité est un entretien approfondi avec le médecin traitant, le gynécologue ou une sage-femme. Cet entretien vise à identifier d'éventuelles causes simples et explicables d'infertilité. Le médecin pourra ensuite proposer une première série d'explorations pour l'homme et la femme.

Examens pour la femme

  • Analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels : Elle permet d'évaluer la qualité de l'ovulation.
  • Prise de sang : Elle permet de mesurer les taux hormonaux.
  • Échographie pelvienne : Elle est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide.
  • Analyse des trompes : Elle permet de savoir si les trompes sont bien perméables.

Examens pour l'homme

  • Spermogramme : Il est généralement prescrit dès le début du bilan. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire. Au préalable, deux à cinq jours d'abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d'épisodes de fièvre ou de prises de médicaments. Si des anomalies sont détectées, un deuxième spermogramme est demandé deux à trois mois après le premier test.
  • Spermoculture : Elle permet de rechercher une éventuelle infection du sperme.
  • Test de migration et de survie des spermatozoïdes : Il complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l'assistance médicale à la procréation.

Le bilan de fertilité est essentiel et sera analysé par une équipe pluridisciplinaire.

Solutions et traitements

Selon la situation, le médecin pourra prescrire des traitements pour stimuler l'ovulation de la femme ou adresser le couple à un centre pluridisciplinaire d'Assistance Médicale à la Procréation (AMP).

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Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

L'AMP regroupe un ensemble de techniques médicales visant à aider les couples infertiles à concevoir un enfant. Les principales techniques d'AMP sont :

  • Insémination artificielle (IA) : Elle consiste à introduire directement les spermatozoïdes dans l'utérus de la femme.
  • Fécondation in vitro (FIV) : Elle consiste à féconder les ovocytes de la femme avec les spermatozoïdes de l'homme en laboratoire, puis à transférer l'embryon obtenu dans l'utérus de la femme.
  • ICSI (Intracytoplasmic Sperm Injection) : C'est une variante de la FIV qui consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte.

Autres approches

  • Prise en charge des causes identifiées : Lorsqu'une cause d'infertilité est identifiée, il est important de la traiter, quand c'est possible. Par exemple, si l'anovulation résulte d'une anorexie mentale, la prise en charge de ce trouble du comportement alimentaire pourra aider le corps à ovuler de nouveau régulièrement. Si un kyste endométriosique est en cause, l'ablation du kyste peut aboutir à la reprise de l'ovulation. Si un trouble de la thyroïde est identifié, un traitement de cette pathologie peut aider à régulariser le cycle.
  • Stimulation ovarienne : En cas de troubles de l'ovulation, l'approche consiste à stimuler les ovaires via un inducteur de l'ovulation. Une nouvelle approche consiste en la prise de létrozole, médicament qui diminue le taux d'œstrogènes en inhibant une enzyme impliquée dans la synthèse d'œstrogènes, ce qui augmente la sécrétion de FSH, stimulant ainsi le développement des follicules ovariens. En cas d'anorexie mentale, on préférera aux inducteurs de l'ovulation la pose d'une pompe à GnRH, par voie sous-cutanée, pour induire une ovulation.
  • Approches complémentaires : Certaines plantes sont connues et recommandées pour réguler les niveaux des hormones du cycle féminin, notamment la progestérone. On peut les prendre en tisane, en gélules ou encore en teinture mère diluée dans l'eau. Il est conseillé de consulter un gynécologue ou une sage-femme ainsi qu'un naturopathe certifié, afin de ne pas risquer des erreurs de dosage et de posologie.

Facteurs psychologiques

Les blocages psychologiques peuvent être à l'origine de l'infertilité chez les couples. Il est important d'examiner les facteurs émotionnels et psychologiques qui pourraient être à l'origine du problème. Les blocages inconscients peuvent être un obstacle à la conception. Dans certains cas, les patientes ayant des problèmes de fertilité, sans avoir reçu de diagnostic, peuvent même déclencher un processus de deuil, nommé le deuil maternel. Renoncer à l'idée d'avoir un enfant biologique est très douloureux, ce qui peut participer à des blocages inconscients. Une femme peut également être stressée avant même d'essayer de tomber enceinte, car elle a peur d'être infertile. Le conjoint a également toute sa place lors du projet bébé : il ne doit pas simplement accompagner sa partenaire, il est préférable qu'il s'investisse et qu'il participe pleinement aux étapes du projet. L'amour, la complicité et la tendresse sont les éléments d'un couple désireux d'avoir un bébé. Pour se défaire des blocages psychologiques, il est conseillé d'en parler afin de lâcher-prise. En pratique, l'idée est d'éviter de se focaliser sur les causes psychologiques, mais plutôt de faire des activités de loisirs, des sorties permettant de se libérer l'esprit. La méditation et la sophrologie aident les patientes à mieux gérer leur stress de manière autonome au quotidien, mais aussi à réduire la charge mentale. Il est aussi important de ne pas se laisser envahir par les pressions sociales, mais d'avancer à son rythme. Communiquer est primordial, tout comme garder des instants de complicité, sans que le désir d'enfant soit toujours en cœur du sujet.

Infertilité inexpliquée

Concernant les couples hétérosexuels, il peut arriver que le bilan ne révèle aucune cause évidente d'infertilité compte tenu des connaissances actuelles. On parle d'infertilité inexpliquée. Dans cette proposition, le médecin intègre des éléments relatifs à l'âge et la durée de l'infertilité. Il peut arriver qu'il n'y ait pas de proposition thérapeutique évidente, ou qu'elle ne vous convienne pas. Dans ce cas, votre médecin examine avec vous les solutions alternatives.

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