Introduction

La production laitière est un indicateur clé de la santé et du bien-être des vaches laitières, ainsi qu'un facteur déterminant de la rentabilité des exploitations laitières. Les vaches laitières, comme tous les mammifères, produisent du lait pour nourrir leurs petits après la naissance. Les changements hormonaux induits par le vêlage (naissance d'un veau) favorisent la lactogenèse et la mobilisation des réserves adipeuses et musculaires. La production de lait est évolutive, suivant une courbe appelée courbe de lactation.

Comprendre l'évolution des taux (butyreux et protéique) et de la production laitière au cours de la lactation est essentiel pour optimiser la gestion des troupeaux laitiers, ajuster les rations alimentaires et améliorer la rentabilité des exploitations.

Courbe de Lactation: Un Aperçu Général

La courbe de lactation décrit l’évolution de la production laitière de la vache depuis le vêlage jusqu’au tarissement tout en suivant le niveau journalier de la production laitière en fonction du temps écoulé. Cette courbe a la forme d’une parabole. La production laitière d’une vache augmente progressivement du vêlage jusqu’au pic de lactation, puis diminue lentement jusqu’au tarissement. On distingue généralement trois phases :

  • Une phase ascendante qui va du vêlage jusqu’au pic de lactation.
  • Une phase de plateau qui représente la période de production maximale.
  • Une phase descendante qui va du pic de lactation jusqu’au tarissement.

L’évolution de la production laitière au cours de la lactation est physiologique. Pendant la première phase, il y a une augmentation exponentielle du volume de cellules sécrétrices, d’une part pendant la gestation grâce au phénomène d’hyperplasie (prolifération des cellules) et d’autre part entre le vêlage et le pic de lactation par hypertrophie (intensification de leur activité).

Facteurs Influant sur la Production Laitière et les Taux

Plusieurs facteurs peuvent influencer la production laitière et les taux de matières grasses (TB) et de matières protéiques (TP) au cours de la lactation.

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Alimentation

La production laitière et les composants du lait sont des indicateurs précoces de toute modification alimentaire. Les rations distribuées avant et après le vêlage doivent s’inscrire dans le cadre d’une stratégie alimentaire définie pour réaliser les objectifs de reproduction.

  • Taux protéique: Le taux protéique est le reflet de la couverture énergétique et du fonctionnement ruménal. Pour suivre son évolution, il faut appliquer à sa valeur fournie parle contrôle laitier des correctifs en fonction du mois de production et du stade de lactation.
  • Taux butyreux: L’amaigrissement enrichissant le lait en acides gras longs, la vache grasse au vêlage sera repérée par un taux butyreux élevé dans le premier mois de lactation.
  • Taux d’urée: Le taux d’urée est le reflet des apports et de l’utilisation de l’azote dégradable dans la ration.

État Corporel

Le taux protéique minimal est fortement corrélé à l’évolution de l’état corporel dans les trois premiers mois de lactation ; pour des pertes d’état importantes, les performances de reproduction se dégradent. Un rapport TB/TP élevé dans le premier trimestre de lactation, révèle un état subcétosique qui augmente la fréquence d’anoestrus et dégrade la réussite à l’insémination.

Reproduction

En élevage laitier, la gestion de la reproduction conditionne fortement la productivité de l'exploitation. Elle peut donc induire un fort impact économique, sous forme de manque à gagner comme de pertes, et doit faire l'objet d'un compromis selon les objectifs de l'éleveur et son organisation du travail. Dans les élevages laitiers, on considère le plus souvent que l'objectif de fécondité est de 1 veau / vache / an dépendant de la fertilité qui est la capacité d'une vache à se reproduire ou le nombre d'insémination nécessaire à l'obtention ou non d'une gestation. Sachant que la gestation d'une vache a une durée de 275 jours environ, l'insémination fécondante doit donc avoir lieu dans les 3 mois (90 jours) qui suivent la mise bas pour atteindre l'objectif de fécondité énoncé plus haut. Pendant les 30 premiers jours après vêlage a lieu l'involution utérine, c'est à dire la phase durant laquelle l'utérus reprend sa taille normale. Et même si pendant cette période, les premières chaleurs apparaissent, la fécondation est impossible. Il faut donc attendre le cycle suivant (45-50 jours) avant d'espérer pouvoir inséminer pour la première fois la vache. Pour garder un cycle de 365 jours, la fenêtre temporelle de fécondation est donc de 45 jours. C'est dans cette période qu'il faut surveiller les chaleurs des animaux.

  • IVV (Intervalle Vêlage - Vêlage): On considère qu'il est optimal à 365 jours pour des vaches produisant environ 8 000 L de lait par an.
  • IVIAF (Intervalle Vêlage - Insémination Artificielle fécondante): Pour un IVV de 365 jours l'IVIAF doit idéalement être inférieur à 90 jours.

Race

Les 3 grandes races nationales (Prim'Holstein, Montbéliarde et Normande) représentent 90,6% du total des lactations qualifiées, confirmant la tendance observée les années précédentes. La production laitière varie également en fonction de la race. Par exemple, les races à viande affichent une courbe de lactation plus plate que les races laitières. Les Charolaises produisent 1 840 (± 355) kg de lait pour une lactation moyenne de 266 (± 26) jours et les Limousines, moins bonnes productrices, produisent 1 628 (± 313) kg de lait pour une lactation moyenne de 276 (± 19) jours. Indépendamment de la parité, une Salers produit ainsi en moyenne 8,3 (± 2,1) kg de lait par jour, contre 6,9 (± 1,3) kg pour une Charolaise, et 5,9 (± 1,2) kg pour une Limousine.

Parité

Les productions des contrôles journaliers du lait, des MG et des MP augmentent de la première à la troisième lactation puis diminuent. Les valeurs maximales sont réalisées au cours de cette dernière. Ces résultats s’accordent avec ceux trouvés par Rekik et al. (2003) qui ont situé le pic de ces productions au cours de la troisième lactation. En général, la production des primipares est inférieure à celle des multipares de l’ordre de 11 à 12 %.

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Saison de Vêlage

L’interaction de l’année de vêlage-saison de vêlage modifie d’une manière importante l’indicateur du début de lactation «a». Les moyennes les plus élevées de «a» sont obtenues pour les vêlages d’hiver et de printemps. Ceci s’accorde avec les résultats d’Agabriel et al. (1990) qui ont mentionné que les lactations de début d’été bien qu’ayant le niveau initial le plus élevé, présentent une production totale inférieure à celle des lactations démarrant en fin d’été ou début d’hiver.

Santé de la Mamelle

La mammite est une infection de la mamelle par des bactéries qui pénètrent par le sphincter du trayon. Cette infection déclenche une réaction inflammatoire associée à un afflux de globules blancs (ou leucocytes) dans la mamelle, ce qui augmente le nombre de cellules somatiques dans le lait. Les teneurs en cellules somatiques ne doivent pas dépasser le seuil réglementaire fixé par l’UE (< 400 000 cellules/ml de lait en moyenne).

Modèles Mathématiques pour Ajuster les Courbes de Lactation

Pour ajuster ces courbes, des modèles mathématiques sont généralement utilisés. L’avantage principal de leur utilisation est que l’analyse est basée sur des données réelles, non estimées ou prédites. Le modèle de Wood, que nous avons choisi pour élaborer cette étude, décrit les changements dans la production laitière durant la lactation. La fonction IG de Wood (1967) a été utilisée pour ajuster les courbes du lait, des matières grasses (MG) et des matières protéiques (MP) pour 23 753 vaches dans 4 types de troupeaux. Avec, Yt est la production journalière au jour t,«a», «b» et «c» sont les paramètres liés respectivement à la production au début de la lactation, à la phase ascendante et à la phase descendante.

Gestion de la Reproduction et Impact Économique

Dans les élevages laitiers, on considère le plus souvent que l'objectif de fécondité est de 1 veau / vache / an. La gestion de la reproduction conditionne fortement la productivité de l'exploitation et peut avoir un impact économique important, tant en termes de manque à gagner que de pertes. En Europe, les coûts engendrés par une dérive de la fécondité peuvent osciller entre 15 et 34€/vache/an.

En France, l'insémination des animaux par l'éleveur est une pratique de plus en plus mobilisée, ce qui implique un besoin de formation et d'accompagnement.

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Durée de Lactation et Période de Tarissement

La durée de lactation et la période de tarissement sont des éléments importants à considérer dans la gestion des troupeaux laitiers.

  • Si la mise à la reproduction est retardée, la persistance, donc la durée de lactation, est améliorée, mais la lactation suivante se trouve retardée.
  • La recommandation classique de 60 jours de durée de tarissement résulte d’études rétrospectives anciennes qui montraient que les vaches taries moins longtemps produisaient moins de lait à la lactation suivante.

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