La question du devenir du placenta après l'accouchement est une préoccupation courante chez les musulmans, notamment en France où les pratiques hospitalières peuvent différer des traditions religieuses. Cet article examine les recommandations islamiques concernant le placenta, les pratiques culturelles associées et les considérations modernes liées à la gestion de cet organe.
Recommandations islamiques concernant le placenta
Selon l'islam, le placenta et le cordon ombilical sont considérés comme des parties du corps humain et doivent être traités avec respect. La pratique la plus courante et recommandée est l'enterrement de ces organes. Cette recommandation découle de l'enseignement islamique selon lequel l'être humain est créé à partir de la terre et doit y retourner après sa mort, avant la résurrection.
Une sœur de La Courneuve (93) a soulevé cette question, soulignant que de nombreuses femmes musulmanes en France ne se soucient pas du placenta et du cordon ombilical après l'accouchement. Elle a entendu dire qu'il fallait les enterrer, ce qui est tout à fait exact selon les préceptes islamiques.
L'islam préconise l'enterrement non seulement du corps humain après le décès, mais aussi de toute partie du corps humain issue du vivant de la personne, comme à la suite d'opérations. Il en est de même pour le morceau de nombril séché qui tombe quelques semaines après la naissance.
Pratiques culturelles autour de l'enterrement du placenta
L'enterrement du placenta est une pratique ancrée dans de nombreuses cultures musulmanes. Au Niger, par exemple, le placenta et le cordon ombilical sont enterrés dans la concession des grands-parents maternels ou paternels. Cet acte symbolique confère au nouveau-né une identité et lui permet de jouir de tous les droits comme tout autre habitant de la localité. Il n'est pas étonnant d'entendre des gens dire lors d'une dispute : « C'est ici qu'on a enterré son nombril », pour prouver leur appartenance à la localité.
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Dans le monde musulman, certaines croyances populaires attribuent au placenta un rôle protecteur, voire mystique. Ainsi, il arrive que soient pratiqués des rites de protection, censés prémunir l'enfant contre le mauvais œil ou attirer chance et bien-être durant sa vie future.
L'une des pratiques les plus répandues dans le monde musulman consiste à procéder à l'enterrement du placenta après l'accouchement. Cette coutume s'enracine dans le souci accordé à la propreté (tahâra) et au respect du corps même une fois sa mission accomplie. Certains érudits estiment ainsi que l'enterrement du placenta permet d'éviter qu'il soit exposé aux regards ou jeté sans égard parmi les déchets hospitaliers, rejoignant ainsi le principe d'honorer ce qui a servi à donner la vie.
L'enterrement du placenta requiert quelques précautions afin de respecter la pureté et d'éviter la prolifération de bactéries. Plutôt que de le jeter parmi les détritus, certains choisissent de placer le placenta dans un linge propre avant de l'enterrer dans un lieu sain. L'emplacement peut varier, mais il est souvent choisi à l'écart des lieux de passage et loin de points d'eau potable, conformément aux règles de salubrité ordinairement suivies.
Gestion du placenta en milieu hospitalier moderne
Selon les pays, les hôpitaux ou cliniques ne permettent pas toujours aux gens de disposer de ces organes, par mesure d'hygiène. Les musulmans soucieux peuvent toujours en faire la demande en vue de les enterrer.
Aujourd'hui, d'importantes variations existent d'un pays à l'autre ou même d'une région à l'autre quant à la gestion du placenta. Là où certains perpétuent un rituel ancestral, d'autres choisissent une solution conforme aux réalités hospitalières modernes. L'aspect symbolique du geste demeure néanmoins central. Beaucoup y voient un signe de reconnaissance vis-à-vis de la maternité et une manière de sceller la venue au monde d'un enfant sous de bons auspices.
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À l'hôpital, le sort réservé au placenta dépend souvent de la législation locale et des politiques internes. Dans la majorité des établissements, faute de demande spécifique, il est collecté comme déchet hospitalier assimilé à un produit biologique, puis détruit selon les normes sanitaires en vigueur. Néanmoins, les services hospitaliers peuvent répondre à la demande des familles souhaitant récupérer le placenta pour procéder à son enterrement.
Parfois, le placenta peut être proposé au don, notamment dans le cadre de recherches médicales ou de banques de tissus. Le don du cordon ombilical, riche en cellules souches, fait l'objet d'encouragements de la part des instances médicales pour traiter diverses pathologies sanguines.
Considérations particulières
Une question spécifique a été soulevée concernant les situations où l'hôpital prescrit des médicaments pour expulser le fœtus, ce qui entraîne une perte de sang liquide. Dans ce cas, il est difficile d'enterrer le placenta de manière traditionnelle. Il est conseillé de consulter un érudit religieux pour obtenir des conseils spécifiques sur la manière de procéder dans cette situation particulière.
Alternatives et pratiques contemporaines
En dehors des aspects médicaux et symboliques, la mode de la consommation du placenta, appelée placentophagie, suscite des débats. Du point de vue des principes islamiques, consommer le placenta pose question sur le plan de la propreté et de l'impureté.
Aujourd'hui, certaines maternités proposent le don du sang de cordon ombilical, riche en cellules souches, qui peut être utilisé pour traiter des maladies graves. Cette pratique est considérée comme halal (licite) par de nombreux érudits musulmans, car elle peut sauver des vies.
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Recommandations et précautions
Quelle que soit la décision prise, manipuler le placenta exige une approche attentive aux règles de sécurité sanitaire. Avant tout transport ou enterrement, il convient également de s'assurer que le placenta n'a pas été conservé trop longtemps à température ambiante, au risque de favoriser le développement bactérien.
Après la naissance, l'attention se porte naturellement sur la mère et l'enfant, mais réfléchir au sort du placenta fait désormais partie intégrante des soins post-accouchement pour de nombreux foyers musulmans. Recueillir l'avis de professionnels de santé tout en adoptant les gestes recommandés répond non seulement aux impératifs d'hygiène, mais aussi au respect des convictions religieuses et familiales.
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