Les infections pendant la grossesse nécessitent une attention particulière, car certaines, même anodines en temps normal, peuvent avoir des conséquences sérieuses pour la mère et le développement du bébé. Parmi les agents pathogènes à surveiller, Enterococcus faecalis suscite des interrogations. Cet article vise à informer sur les risques potentiels liés à la présence de cette bactérie pendant la grossesse et les mesures de précaution à prendre.

Qu'est-ce qu'Enterococcus faecalis ?

Enterococcus faecalis est une bactérie naturellement présente dans l’organisme humain, notamment dans le tube digestif. Elle fait partie des entérocoques, un groupe de bactéries dites opportunistes. Cela signifie qu'elles coexistent normalement avec l'organisme sans provoquer de maladies, mais peuvent devenir pathogènes lorsque les défenses immunitaires sont affaiblies. E. faecalis est principalement retrouvé dans l’intestin et donc dans les selles.

Les entérocoques sont des bactéries pathogènes fréquentes puisqu’elles sont responsables d’environ 10% des maladies nosocomiales. Les infections à entérocoques sont généralement contractées dans un milieu hospitalier (infections nosocomiales) et concernent plus volontiers les individus immunodéprimés ou âgés. On dénombre plus de 17 espèces différentes d’entérocoques. Cependant, Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium sont les espèces le plus souvent en cause chez l’Homme avec une prédominance pour E.

Enterococcus faecalis et la grossesse

Présence asymptomatique et colonisation

Enterococcus faecalis est une bactérie commensale du tube digestif (présente de manière physiologique dans le microbiote intestinal en quantité significative) qui fait partie des principaux « colonisateurs » du périnée de la femme. Cette caractéristique fait que toutes les femmes sont régulièrement en contact avec ce germe qui « circule » et « se promène » habituellement dans la sphère uro-génitale, voies urinaires incluses, sans causer de troubles particuliers. En effet, il n’est pas rare de le découvrir fortuitement dans les urines, au cours d’un examen de routine (par exemple un ECBU de contrôle durant la grossesse) alors que le sujet ne présente aucun symptôme, ni même une leucocyturie augmentée.

Cet élément nous indique donc que E. faecalis n’est pas à proprement parler une bactérie « uro-pathogène » et c’est d’ailleurs pour cela que les guides de bonnes pratiques en urologie ont fixé un seuil de significativité de sa présence à 104 UFC/ml : en dessous de cette valeur, on considère sa présence dans la vessie comme « non prédictive d’une infection urinaire » et la thérapie antibiotique n’est pas indiquée. Dit plus simplement, en faible quantité et sans symptômes, la présence de E. Dans ces cas de figure, E.

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Risques potentiels

Bien que souvent inoffensive, E. faecalis peut devenir problématique pendant la grossesse si elle prolifère de manière excessive ou atteint des zonesNormally stérile. Les femmes enceintes ne sont pas plus susceptibles de développer une IU que les autres femmes, mais si c’est le cas, elles ont plus de risques que l’infection se propage aux reins.

  • Infections urinaires (IU): Dans 70% des cas, E. faecalis provoque une infection urinaire. Les infections urinaires sont très fréquentes pendant la grossesse. L’augmentation de la production de progestérone rend la vessie paresseuse. L’urine y stagne plus longtemps et les germes s’y développent plus facilement. Une infection urinaire entraîne généralement une modification des mictions. Comme toute autre infection, plus l’infection urinaire reste longtemps sans être traitée, plus les complications peuvent être graves. Les symptômes peuvent inclure des brûlures à la miction, des envies fréquentes d'uriner, et parfois de la fièvre. Les femmes sont plus susceptibles de contracter une IU que les hommes, en raison de la localisation anatomique de leur orifice urétral à proximité de l’anus et de leur urètre plus court.
  • Autres infections: Bien que moins fréquentes, E. faecalis peut être impliqué dans d'autres types d'infections, notamment digestives (diarrhée, nausées, vomissements) ou, plus rarement, des infections plus graves comme l'endocardite (inflammation de la paroi interne du cœur).

Conséquences possibles pour la grossesse

Si une infection à E. faecalis n'est pas traitée, elle peut entraîner des complications pendant la grossesse, telles que:

  • Accouchement prématuré: Le médecin prescrit le plus souvent des antibiotiques pour éviter que l’infection ne se propage ou qu’elle provoque un accouchement prématuré.
  • Infection du nouveau-né: Or, cette bactérie peut contaminer le bébé via le liquide amniotique ou pendant l’accouchement.

Diagnostic

Le diagnostic d'une infection à E. faecalis repose sur un prélèvement et une mise en culture:

  • Analyse d'urine (ECBU): Chez les femmes sans risque antérieur d’infection urinaire : bandelette urinaire (BU) mensuelle à partir du 4e mois de grossesse. C'est l'examen le plus courant pour détecter une infection urinaire.
  • Hémoculture: En cas de suspicion d'infection sanguine.
  • Prélèvement de pus: Si une plaie ou un abcès est présent.

Il est important de noter que la présence de E. faecalis dans les urines ne signifie pas nécessairement une infection. Comme mentionné précédemment, un seuil de significativité de 104 UFC/ml est généralement utilisé pour déterminer si une infection urinaire est présente.

Traitement

Le traitement d'une infection à E. faecalis repose sur l'administration d'antibiotiques. Cependant, il est important de noter que les entérocoques sont naturellement résistants à certains antibiotiques comme la pénicilline ou les céphalosporines. Ce phénomène de résistance inquiète de plus en plus la communauté scientifique car il tend à augmenter au fil du temps. Le traitement repose sur l'administration de benzylpénicilline (pénicilline G) et l'ampicilline.

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Lors de la prise en charge d’une infection à entérocoques, le médecin prescrit des antibiotiques adaptés et draine les abcès lorsqu’il y en a. Cependant, la mise en place d’un traitement, et plus particulièrement, le choix de l’antibiotique est complexe. Elle nécessite souvent la réalisation d’un antibiogramme afin de déterminer le ou les antibiotiques le plus efficace sur l’infection.

Il est crucial de suivre scrupuleusement les prescriptions médicales et de prendre le traitement dans son intégralité afin d’assurer l’élimination complète de l’infection et de réduire le risque de résistance aux antibiotiques. On recommande toujours aux personnes ayant une IU de boire beaucoup de liquides et d’uriner fréquemment, car cela aide à éliminer les bactéries.

Prévention

La prévention des infections à E. faecalis, et des infections urinaires en général, repose sur des mesures d'hygiène simples:

  • Hygiène des mains: La première des précautions à prendre pour se protéger des infections à entérocoques est l’hygiène des mains. Se laver systématiquement les mains au savon après passage aux toilettes.
  • Hydratation: Buvez abondamment tout au long de votre grossesse, au moins deux litres d’eau par jour.
  • Mictions fréquentes: Uriner régulièrement pour éviter la stagnation de l'urine dans la vessie.
  • Hygiène périnéale: Un randonneur du périnéeEnterococcus faecalis est une bactérie commensale du tube digestif (présente de manière physiologique dans le microbiote intestinal en quantité significative) qui fait partie des principaux « colonisateurs » du périnée de la femme.
  • Alimentation: Pour vous protéger de la listériose, ne laissez pas les aliments trop longtemps hors du réfrigérateur, évitez le poisson et les coquillages crus, le tarama, les fromages non pasteurisés, les charcuteries artisanales (les rillettes, les pâtés, etc.). Faites bien cuire viandes et poissons. La contamination à la Listeria a lieu le plus souvent par l’intermédiaire des fromages au lait cru, des produits de charcuterie et de la mer, les graines germées réfrigérées, la viande crue.

Autres infections à surveiller pendant la grossesse

Outre E. faecalis, d'autres infections peuvent présenter des risques pendant la grossesse:

  • Toxoplasmose: La toxoplasmose est une infection parasitaire causée par le parasite Toxoplasma gondii, présent dans la terre - souillée par les déjections - et dans les muscles de certains ruminants. L’infection est le plus souvent bénigne et asymptomatique. Selon les chiffres de l’Assurance maladie, elle passe inaperçue chez 80 % des individus atteints, y compris les femmes enceintes. Attention toutefois, l’infection peut provoquer des malformations graves, notamment une atteinte de la rétine responsable d’un déficit visuel. Un dépistage systématique est effectué en début de grossesse, puis tous les mois pour celles qui ne sont pas immunisées. Protégez-vous contre la toxoplasmose : ne touchez pas à mains nues la terre ou les fruits et légumes du jardin avant qu’ils n’aient été lavés abondamment, puis essuyez-les avec un papier absorbant. Ne mangez que de la viande bien cuite et, si possible, évitez les contacts avec les chats (en particulier avec leur litière). Le traitement : une femme qui contracte la toxoplasmose au cours de sa grossesse doit prendre un traitement anti-parasitaire.
  • Listériose: Listeria, toxoplasmose ou CMV, pendant la grossesse, certaines infections peuvent être dangereuses pour le fœtus.
  • Cytomégalovirus (CMV): Le CMV est le cytomégalovirus. C’est un virus apparenté à la varicelle, au zona ou l’herpès. La plupart des gens l’attrapent pendant l’enfance. Une petite partie de la population n’est pas immunisée. Parmi elles, des femmes enceintes contractent parfois le CMV. Dans 90 % des cas, cela n’aura aucune conséquence sur le fœtus, et pour 10 %, cela peut entraîner des malformations graves. Les populations exposées en contact avec des jeunes enfants (personnel de crèche, puéricultrices, institutrice…) doivent prendre des mesures pour éviter les contacts avec la salive, les urines et les selles des enfants. Les symptômes du CMV étant peu spécifiques, il peut être très difficile de le distinguer de n’importe quelle autre infection virale bénigne. Le test diagnostic existe mais il n’est pas systématique compte tenu du peu de cas en France chaque année, de l’impossibilité de soigner le fœtus s’il est infecté mais aussi parce qu’il est très difficile de prévoir quelles seront les séquelles pour l’enfant après sa naissance.
  • Mycoses vaginales: Les mycoses sont des champignons qui se développent dans la flore vaginale et entraînent des démangeaisons de la vulve et des pertes blanchâtres. Ces champignons n’ont aucune conséquence sur le fœtus, mais doivent être traités par un antifongique local (ovule).
  • Vaginose bactérienne: Le vagin contient naturellement plusieurs types de bactéries avec lesquelles nous vivons en harmonie. Mais lorsqu’un déséquilibre s’installe entre ces différents micro-organismes, cela peut se traduire par des pertes souvent malodorantes, des démangeaisons, parfois un écoulement inhabituel. Certaines femmes n’auront en revanche aucun symptôme particulier. Faute de traitement, cette vaginose peut provoquer des infections de l’utérus et des trompes de Fallope, particulièrement redoutées chez la femme enceinte, mais aussi une fausse couche ou un accouchement prématuré. Il est donc indispensable de consulter le médecin en cas de doute.
  • Streptocoque B: Il se retrouve dans la flore vaginale de 35 % des femmes environ, sans provoquer d’infections.

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