La sexualité est un aspect déterminant dans la construction de la vie d’un individu. Il est donc essentiel de comprendre les différences fondamentales entre l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et la contraception. Ces deux approches concernent la gestion de la grossesse, mais elles interviennent à des moments différents et ont des objectifs distincts.

Contraception : Prévenir une Grossesse

La contraception regroupe tous les moyens hormonaux, mécaniques et naturels à la disposition d’une femme, d’un homme ou d’un couple pour éviter une grossesse non désirée. Ces dispositifs agissent avant qu’une grossesse ne débute. La contraception est largement accessible aux femmes, et depuis janvier 2022, elle est gratuite pour les femmes de moins de 26 ans.

Diversité des Méthodes Contraceptives

Les moyens de contraception sont très divers et ils peuvent varier d’une période à l’autre dans la vie d’une femme. Ils peuvent être aussi différents d’une femme à l’autre, cela va dépendre de beaucoup de choses : du rapport qu’elle a avec son corps, de la vie scolaire ou professionnelle qu’elle mène, de sa vie affective amoureuse et sexuelle, et aussi de sa personnalité.

Voici quelques exemples de méthodes contraceptives :

  • Contraception hormonale : pilule estroprogestative ou progestative, patch, anneau vaginal, implant.
  • Dispositifs intra-utérins (DIU) : au cuivre ou hormonal (parfois appelé « stérilet »).
  • Préservatifs : masculin et féminin.
  • Méthodes naturelles : Elles sont moins fiables et nécessitent une bonne connaissance du cycle menstruel.

La Contraception d'Urgence : La Pilule du Lendemain

La pilule du lendemain est une forme de contraception d'urgence utilisée après un rapport sexuel non protégé ou en cas d'échec de la contraception habituelle. Il est important de souligner que la pilule du lendemain n’est pas une méthode de contraception régulière et ne doit en aucun cas être utilisée de façon régulière.

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Comment ça marche ? La pilule du lendemain agit en retardant l’ovulation. Une fois dans le vagin, les spermatozoïdes traversent le col de l’utérus, puis remontent jusqu’aux trompes de Fallope où ils attendent l’ovulation, c’est-à-dire l’arrivée de l’ovule. Au moment de l’ovulation, l’ovule est libéré par l’un des deux ovaires et passe dans une trompe. Si les deux se rencontrent, alors la fécondation pourra avoir lieu. L’œuf fécondé poursuivra ensuite sa descente vers l’utérus où il s’implantera dans sa paroi : on parle alors d’implantation ou de nidation.

Pas d’ovulation, pas de fécondation. Pas de fécondation signifie pas d’implantation c’est-à-dire pas de début de grossesse. Donc, en retardant l’ovulation, la pilule du lendemain ne provoque pas d’avortement !

Idées reçues sur la pilule du lendemain :

  • "La pilule du lendemain provoque-t-elle un avortement ?" Non. Prendre la pilule du lendemain n’a rien à voir avec un avortement médical (interruption volontaire de grossesse).
  • "La pilule du lendemain rend stérile." FAUX. Elle n’a pas d’incidence sur la fertilité mais peut au contraire être moins efficace et exposer à une grossesse non désirée, si elle est prise trop fréquemment.

IVG : Interrompre une Grossesse Existante

L’IVG, encore appelé avortement, est un droit pour toutes les femmes en France, qu'elles soient mineures ou majeures. Seule la femme enceinte, souhaitant mettre un terme à sa grossesse, peut en faire la demande. L’IVG, à la différence de la contraception, intervient une fois que la grossesse a démarré. Son intervention consiste à stopper cette grossesse par voie médicamenteuse ou chirurgicale.

Délai Légal pour Pratiquer une IVG

En France, l’IVG est pratiquée avant la fin de la quatorzième semaine de grossesse, c’est-à-dire avant la fin de la seizième semaine qui suit le début des dernières règles (semaines d’aménorrhée).

Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes : la méthode médicamenteuse et la méthode chirurgicale. La méthode est choisie par la femme avec le professionnel de santé (médecin ou sage-femme). La technique utilisée dépend du terme de la grossesse, de l’âge de la femme et de son état de santé.

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  • IVG médicamenteuse : L’avortement médicamenteux peut être pratiqué dans un établissement de santé ou dans un cabinet médical par un médecin ou une sage-femme en centre de planification ou centre de santé. Il consiste à prendre deux médicaments différents (le 1er pour interrompre la grossesse, le 2nd pour expulser l’œuf). Le 1er médicament est pris en présence du médecin ou de la sage-femme au cours d’une consultation. Le 2nd est pris 36 à 48h plus tard en consultation ou au domicile.
  • IVG chirurgicale : L'intervention dure environ 20 à 30 minutes. Le procédé est le même que l'aspiration.

Lieux de Pratique de l'IVG

Les IVG médicamenteuses ou chirurgicales, peuvent être pratiquées dans des établissements de santé autorisés, publics ou privés. L’IVG médicamenteuse peut également être réalisée dans des cabinets de sage-femme ou médecins libéraux (gynécologues et certains généralistes), dans un centre de santé, ou encore dans un centre de planification sous certaines conditions.

Idées Reçues sur l'IVG

  • "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" FAUX : L'avortement (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. La fertilité revient rapidement après un avortement, c'est pour cette raison que l'utilisation d'une contraception doit être envisagée dès le premier jour de l'interruption de la grossesse, si besoin.
  • "L’IVG produit un dérèglement hormonal." FAUX : Le système hormonal se régule rapidement après une IVG, et les règles reviennent dans un délai de 4 à 6 semaines.
  • "L'avortement provoque des troubles psychiques" FAUX : Comme le précisent la Haute Autorité de santé, il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG.
  • "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" FAUX : Au contraire, dans un peu plus de deux cas sur trois, les femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné (rupture de préservatif, oubli de pilule, etc.).
  • "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" FAUX : En France, une femme mineure, enceinte et qui souhaite interrompre sa grossesse, peut demander une IVG auprès d'un médecin ou d'une sage-femme. Aucune justification n'est nécessaire et aucun accord d'une autre personne (parent ou conjoint) que la femme elle-même n'est requis.
  • "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" FAUX : Pas pour toutes les femmes. En effet, chacune des méthodes présente des avantages et des inconvénients qui seront à discuter avec le professionnel de santé.
  • « un moyen de contraception à part entière ». Cette idée va de pair avec la rhétorique de « l’avortement de confort », évoquée par la présidente du Front national, Marine Le Pen, lors de la campagne présidentielle de 2012.

Pourquoi Recourir à une IVG ?

Parfois on peut se retrouver enceinte et ne pas souhaiter cette grossesse. Les raisons pour avoir recours à une IVG sont multiples : parce qu’on n’a pas la possibilité de prendre une contraception, parce qu’on n’ose pas imposer le préservatif à son partenaire, parce qu’on a eu un oubli de pilule, parce qu’on pensait que ça ne pouvait pas arriver, parce qu’on a été victime de viol, parce que c’était une aventure sans lendemain, parce qu’on se sent trop jeune, parce qu’on se sent trop âgée, parce notre couple est instable….

Après une IVG : Reprise de la Contraception

Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), la reprise de la fertilité est immédiate. Le sujet de la contraception est donc central. C’est le moment de choisir la contraception la plus adaptée à votre situation.

  • Après une IVG, la reprise de la fertilité est immédiate.
  • Il est possible de débuter une contraception dès le jour de l’IVG.
  • La meilleure contraception est celle qui est adaptée à vous et à votre mode de vie.

Plusieurs situations peuvent être envisagées si une est nécessaire :

  • Si vous ne disposiez pas d’un contraceptif avant l’IVG, prenez le temps de réfléchir et de discuter avec un professionnel de santé et/ou avec votre partenaire pour trouver le contraceptif le mieux adapté à votre mode de vie et à votre état de santé ;
  • Si la grossesse non prévue est liée à un échec de votre contraception, c’est peut-être que le contraceptif choisi n’est plus adapté ;
  • Si vous souhaitez poursuivre la méthode contraceptive que vous aviez choisie avant l’IVG, veillez à comprendre, avec l’aide d’un professionnel de santé, la raison pour laquelle cette méthode a échoué.

La majorité des méthodes contraceptives peuvent être commencées le jour de l’IVG. La pilule combinée ou progestative peut être prise le jour même ou le lendemain de l’IVG. Le patch ou l’anneau vaginal peuvent être débutés le jour de l’IVG. L’implant peut être posé le jour de l’IVG. Le DIU (dispositif intra-utérin appelé parfois « stérilet ») au cuivre ou hormonal peut être posé le jour de l’IVG instrumentale ou lors de la visite de suivi en cas d'IVG médicamenteuse. Bon à savoir : les préservatifs peuvent être utilisés à tout moment.

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Déconstruire les Idées Reçues sur la Grossesse et la Contraception

On ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel : FAUX. Même lors de la toute première fois une grossesse est possible. La virginité n’est pas une contraception.

On ne peut pas tomber enceinte juste avant, juste après et pendant les règles : FAUX. Une ovulation est possible tout au long du cycle peu importe la date d’arrivée des règles.

La méthode du retrait est aussi efficace qu’une contraception hormonale ou que le préservatif : FAUX. La méthode du retrait n’empêche pas la sécrétion du liquide pré-séminal qui peut contenir quelques spermatozoïdes.

L’IVG rend stérile : FAUX mais comme toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe pas. Des complications peuvent, dans de très rares cas, se produire.

La pilule du lendemain rend stérile : FAUX. Elle n’a pas d’incidence sur la fertilité mais peut au contraire être moins efficace et exposer à une grossesse non désirée, si elle est prise trop fréquemment.

L’IVG médicamenteuse est une pilule contraceptive : FAUX. Les comprimés à prendre pour pratiquer une IVG médicamenteuse stoppent le développement d’une grossesse débutante alors que la pilule contraceptive empêche une grossesse de débuter.

Trouver les Personnes à Qui Parler

Quand on démarre sa vie sexuelle ou qu’on est déjà bien installée dedans, on peut avoir besoin de conseils ou d’une écoute attentive. Le premier interlocuteur auquel on peut s’adresser c’est le conjoint, le partenaire, le petit copain. En effet, la contraception (et le risque de grossesse) concerne le couple et il est tout à fait envisageable de partager ses questions, ses doutes, ses craintes avec son partenaire.

Pour obtenir un échange plus objectif et distancié, il existe des professionnels de santé prêts à vous aider. Au sein de l’établissement scolaire, l’infirmière scolaire peut être un interlocuteur de proximité très précieux. Elle est tenue au secret professionnel et à la confidentialité. Elle peut vous renseigner, vous orienter en termes de contraception et de sexualité. Au sein des centres de planification, vous pouvez obtenir de l’information et une contraception ainsi qu’un suivi en échangeant avec des conseillères conjugales et familiales. Enfin, votre médecin traitant ou votre gynéco est également là pour répondre à vos questions, tout comme le site du gouvernement : www.ivg-gouv.fr. Vous pouvez aussi appeler le 0800 235 236 ou contacter par le biais de l’espace Pose tes Questions.

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