L’obésité infantile est un problème de santé publique croissant, caractérisé par un excès de masse grasse chez l’enfant. Bien que souvent associée à de mauvaises habitudes alimentaires et à un manque d’activité physique, les causes de l’obésité infantile sont multifactorielles et complexes. Cet article vise à explorer les différentes causes de l’obésité infantile, en mettant en lumière les facteurs génétiques, environnementaux et psychologiques qui peuvent y contribuer.

Prédisposition génétique et obésité infantile

L’obésité infantile est souvent le résultat d’un déséquilibre de la balance énergétique, où l’apport calorique dépasse la dépense énergétique. Cependant, ce déséquilibre interagit avec une prédisposition génétique. Des études menées sur des jumeaux ont révélé que l’héritabilité de l’obésité et de l’adiposité peut atteindre 70 %. De même, l’appétit se transmet de façon génétique, avec une héritabilité de 60 à 80 %.

Dans les populations développant une obésité sévère et précoce (avant l’âge de 6 ans), la forte héritabilité génétique peut atteindre jusqu’à 90 %. Le diagnostic précoce des obésités génétiques est crucial car il permet de proposer une prise en charge spécifique adaptée et, le cas échéant, de nouvelles thérapeutiques médicamenteuses.

Il est important de noter que chacun d’entre nous n’a pas le même métabolisme. Il est essentiel de faire comprendre à l’enfant ou à l’adolescent qu’il doit faire attention, même si son frère ou sa sœur peut manger sans prendre de poids.

Facteurs environnementaux et mode de vie

Le mode de vie joue un rôle prépondérant dans le développement de l’obésité infantile. La société de consommation actuelle favorise un mode de vie sédentaire et une alimentation déséquilibrée.

Lire aussi: Organiser une Chasse au Trésor Inoubliable

Sédentarité et manque d’activité physique

La sédentarité est un facteur de risque majeur de l’obésité infantile. L’utilisation excessive de la voiture et des transports en commun, le temps passé devant les écrans (télévision, jeux vidéo, tablettes) et le manque d’activité physique contribuent à réduire la dépense énergétique.

Alimentation déséquilibrée

L’alimentation moderne, souvent trop riche en calories, en graisses saturées et en sucres ajoutés, favorise la prise de poids. Les repas pris à la hâte, les petits déjeuners sautés, les dîners surchargés et le grignotage entre les repas sont autant de facteurs qui contribuent à un déséquilibre de la balance énergétique. Le grignotage, en particulier, est une catastrophe. Les jeunes qui passent du temps seuls à la maison avant le retour de leurs parents sont souvent tentés de consommer des aliments riches en calories, tels que des glaces et des bonbons.

Lors des consultations pour surcharge pondérale ou obésité d’un enfant, il est parfois surprenant de constater que les parents ont souvent la réponse en eux, mais ne se rendent pas compte qu’ils font tout pour tenter leur enfant : accès aux tablettes, aux jeux tard le soir, confort devant la TV, ascenseur plutôt que l’escalier, pizzas, hamburgers, régime déséquilibré, etc. L’enfant est souvent le reflet de ce qui se passe à la maison.

Le rôle des perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui peuvent interférer avec le système hormonal et favoriser la prise de poids. Ils sont présents dans de nombreux produits de consommation courante, tels que les plastiques, les cosmétiques et les pesticides.

Facteurs psychologiques et sociaux

Les facteurs psychologiques et sociaux peuvent également jouer un rôle dans le développement de l’obésité infantile.

Lire aussi: Tout savoir sur les rollers Oxelo enfant

Stress et troubles émotionnels

Le stress, l’anxiété, la dépression et les troubles émotionnels peuvent conduire à une alimentation émotionnelle, où l’enfant mange pour faire face à ses émotions négatives.

Poids des mots

Les jeunes qui sont taquinés, ridiculisés ou discriminés à propos de leur poids accusent une augmentation de leur masse corporelle qui peut atteindre 33% par an, par rapport aux enfants en surpoids qui ne sont pas mis à l’index pour leur poids. Des résultats qui contredisent l’efficacité de réflexions visant à motiver les jeunes à modifier leur mode de vie pour perdre du poids. Cette étude menée par une équipe du NIH/Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development (NICHD), qui confirme une stratégie d’encouragement plutôt que critique, est à lire dans la revue Pediatric Obesity.

Désordres psychologiques

Ils peuvent s’ajouter : rythme scolaire pas adapté, besoin de performer pour faire plaisir aux parents, familles recomposées, parents séparés, histoires familiales, etc.

Influence de l’environnement familial

L’environnement familial joue un rôle crucial dans le développement des habitudes alimentaires et du niveau d’activité physique de l’enfant. Les parents qui ont de mauvaises habitudes alimentaires ou qui sont eux-mêmes en surpoids ont plus de chances d’avoir des enfants obèses.

Il faut réagir à temps. Les parents doivent adopter la bonne conduite qui aidera l’enfant. Servir d’exemple et là tout se complique. Renoncer à sa propre bière le soir devant la TV ? Aller au travail à pied ? Réduire les portions le soir ? Peu sont disposés à le faire et la plupart du temps, soit le père, soit la mère sont à peu près convaincus, mais pas toujours les deux en même temps. Mais ça ne marche pas si la règle n’est pas la même pour tout le monde.

Lire aussi: Reconnaître et traiter l'appendicite chez l'enfant

Complications et risques associés à l’obésité infantile

L’obésité infantile est associée à de nombreuses complications et risques pour la santé, tant à court terme qu’à long terme.

Complications physiques

L’obésité infantile peut entraîner des difficultés respiratoires, des troubles musculosquelettiques, un risque accru de fractures et une hypertension artérielle. Elle peut également augmenter le risque de développer des maladies cardiovasculaires, un diabète de type 2, une stéatose hépatique non alcoolique (NASH) et certains cancers à l’âge adulte.

Ce serait une erreur de penser que l'accumulation de graisse dans le foie s'observe uniquement chez l'adulte, en particulier en surpoids et/ou diabétique. Les enfants souffrent aussi de cette maladie du foie que l'on appelle stéatose hépatique.

Complications psychologiques et sociales

Les enfants et adolescents en situation de surpoids ou d’obésité sont généralement moins épanouis, ont une moins bonne image de leur corps, sont plus souvent harcelés et peuvent avoir de moins bons résultats scolaires.

Prise en charge et prévention de l’obésité infantile

La prise en charge de l’obésité infantile doit être globale et multidimensionnelle, impliquant une approche coordonnée, graduée et inscrite dans la durée.

Dépistage et diagnostic précoces

La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle l’importance de la mesure de l’indice de masse corporelle (IMC), point de départ du dépistage du surpoids et de l’obésité. Tant que l’IMC se situe dans la courbe de corpulence (entre le 3ème et le 97ème percentile), on considère que le poids est normal. Au-delà du 97ème percentile sur la courbe de corpulence de référence pour le sexe de l’enfant, on parle de surpoids, voire d’obésité.

Devant toute obésité sévère (IMC > 35) et/ou précoce (avant 6 ans), l’enfant doit être envoyé pour évaluation dans l’un des 37 centres spécialisés obésité (CSO). De même, en cas d’IMC > 30 avec une problématique psychosociale ou une comorbidité, l’adressage d’emblée est aussi recommandé.

Accompagnement et interventions

L’accompagnement doit être fait de manière optimale, avec les bonnes personnes. Il ne faut jamais gronder l’enfant, ni supprimer inutilement des aliments. Il faut peu à peu qu’il adhère au projet. Pour les pédiatres, cela implique souvent de le revoir de manière rapprochée, de lui parler le même langage, de s’intéresser à ce qu’il fait, même les jeux. Il ne faut pas le culpabiliser. Pour l’entourage, c’est pareil, au sein de la famille, montrer qu’on s’intéresse à lui, qu’on va partager des activités avec lui, même des jeux vidéos.

Il faut établir un petit programme avec des objectifs simples, progressifs. La conduite à tenir n’est naturellement pas la même à tenir chez un garçon de 8 ans que chez une fille de 12 ans. Il faut adapter. Éviter les forums. Remontrer le jeune en surpoids de manière régulière au professionnel de santé, seul s’il le faut. Qu’il y ait un contrat de confiance entre lui et SON docteur.

Médicaments

Dans l’obésité non liée à une maladie rare, seuls deux médicaments sont actuellement disponibles, pour les plus de 12 ans (liraglutide, sémaglutide) ; leur prescription est réservée aux pédiatres et médecins nutritionnistes endocrinologues.

Prévention

La prévention de l’obésité infantile est essentielle. Elle passe par l’adoption de bonnes habitudes alimentaires et la pratique d’une activité physique régulière dès le plus jeune âge. Les parents jouent un rôle central dans cette démarche, en proposant une alimentation variée, en limitant les excès de matières grasses et de sucres, et en encourageant la pratique d’une activité physique adaptée à l’âge de l’enfant.

Il faut dédramatiser. Si le jeune commence à être convaincu que perdre du poids est un bon objectif, lui donner des pistes : prendre des assiettes de plus petites tailles (le simple fait de réduire la taille de l’assiette réduit le seuil de satiété), diminuer les portions, surtout le soir, ne pas se resservir, éviter les desserts qui n’apportent pas grand-chose. Mieux vaut sortir de table le soir en ayant un peu faim, quitte à boire en famille une tasse de thé un peu plus tard (tisane) autour d’un jeu.

L’aider à cibler ses habitudes de vie pour les modifier avec lui : durée canapé, durée jeux, durée effort, faire une partie du trajet-école à pied, etc. Augmenter les rations de viandes blanches, de poissons maigres (pas de saumon, pas de thon). En clair, pour chaque jeune, adapter ce qui doit être fait. Le pédiatre l’aidera.

tags: #enfant #pas #toujours #gras #causes

Articles populaires: