L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et encadrée médicalement. Après une IVG, il est normal de s'interroger sur les changements que le corps peut subir. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur l'endomètre épais après une IVG, les causes possibles, les traitements envisageables, ainsi que d'autres aspects importants tels que les conséquences psychologiques et le choix d'une contraception adaptée.
Examens Médicaux Post-IVG : Un Suivi Essentiel
Après une IVG, des examens médicaux sont systématiquement proposés afin de s'assurer que la grossesse est bien interrompue et de prévenir d'éventuelles complications. Ces examens sont pris en charge à 100% par l'Assurance maladie, sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.
Ces examens peuvent inclure :
- Examen clinique : Réalisé lors d'une consultation en présentiel, il permet au médecin ou à la sage-femme d'évaluer l'état général de la patiente.
- Prise de sang (dosage des β-hCG) : Elle permet de mesurer le taux d'hormones de grossesse et de s'assurer qu'il diminue progressivement, signe que l'IVG a été complète. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
- Échographie : Elle peut être réalisée pour visualiser l'utérus et vérifier qu'il ne reste pas de tissus résiduels.
Saignements Post-IVG : Ce Qu'il Faut Savoir
Les saignements après une IVG sont normaux et peuvent durer de quelques jours à trois semaines. Ils peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours.
Si des saignements prolongés ou abondants se produisent dans la période qui suit un avortement, cela est généralement dû à la présence dans l’utérus de tissus restés en place malgré l’intervention ou l’IVG médicamenteuse. Si ces tissus résiduels ne sont pas expulsés spontanément, une nouvelle intervention devra être réalisée afin de les éliminer. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
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Retour des Règles Après IVG
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception choisi et du moment où elle a été débutée. Avec une pilule oestro-progestative, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Endomètre Épais : Causes Possibles Après IVG
Un endomètre épais après une IVG peut être dû à plusieurs facteurs :
- Rétention de tissus : La cause la plus fréquente est la présence de tissus résiduels dans l'utérus après l'IVG. Ces tissus peuvent stimuler la croissance de l'endomètre. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
- Déséquilibre hormonal : Les hormones jouent un rôle crucial dans le cycle menstruel et la croissance de l'endomètre. Après une IVG, les niveaux hormonaux peuvent être perturbés, ce qui peut entraîner un épaississement de l'endomètre.
- Hyperplasie Endométriale : Bien que rare chez les jeunes patientes, l'hyperplasie endométriale est une prolifération excessive des cellules de l'endomètre. Le diagnostic d’hyperplasie endométriale est posé par analyse histopathologique de l’endomètre. Par conséquent, une biopsie de l’endomètre est nécessaire.
- Endométrite : Une endométrite est une inflammation de l’endomètre qui est la muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus. Elle peut être chronique ou aiguë, et plusieurs germes peuvent l’engendrer. En général, le traitement de l’endométrite nécessite la prescription d’antibiotiques par voie vaginale durant plusieurs jours voire semaines.
Traitements de l'Endomètre Épais
Le traitement d'un endomètre épais après une IVG dépend de la cause sous-jacente :
- Traitement médicamenteux : Dans le cas de rétention de tissus, des médicaments peuvent être prescrits pour aider à l'expulsion des tissus restants.
- Aspiration : Si le traitement médicamenteux ne suffit pas, une aspiration peut être nécessaire pour retirer les tissus résiduels.
- Progestatifs : En cas d'hyperplasie endométriale sans atypies, un traitement à base de progestatifs peut être prescrit pour réguler la croissance de l'endomètre. Les jeunes patientes qui souhaitent préserver leur fertilité, n’acceptent pas la chirurgie et qui ont des conditions particulières (jeunes, cycles réguliers, sans besoin d’un traitement d’œstrogènes pendant la grossesse et qui ne présentent aucun autre facteur de risque clinique ou génétique de cancer de l’endomètre), elles peuvent être traitées de manière conservatrice avec des progestatifs pendant 6 mois, en effectuant des biopsies de l’endomètre tous les 3 mois, en reconsidérant la chirurgie si 12 mois plus tard il n’y a pas eu de guérison.
- Antibiotiques : En cas d’endométrite, le traitement de l’endométrite nécessite la prescription d’antibiotiques par voie vaginale durant plusieurs jours voire semaines.
Conséquences Psychologiques Après une IVG
De nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.
Il est important de se rappeler que l'IVG est une expérience personnelle et que les émotions ressenties peuvent varier considérablement d'une femme à l'autre. Si vous ressentez le besoin d'un soutien psychologique, n'hésitez pas à vous tourner vers un professionnel ou vers des associations comme le Planning familial. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
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Contraception Après IVG : Un Choix Essentiel
Après une IVG, il est crucial de choisir une méthode contraceptive adaptée pour éviter une nouvelle grossesse non désirée. Il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles). Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.
Quand Débuter la Contraception ?
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG.
- Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.
- Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
- le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
- Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
Contraception Remboursée
Sont remboursables par l'Assurance maladie :
- certaines pilules contraceptives ;
- les implants contraceptifs hormonaux ;
- les progestatifs injectables ;
- les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ;
- les diaphragmes ;
- certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
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Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
Fertilité Après IVG
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.
Complications Possibles Après IVG
Bien que les IVG soient généralement des interventions sécurisées, des complications peuvent survenir dans de rares cas. Les complications possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :
- Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention
- Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention)
- Infections
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle
Pour éviter toute infection, vous ne devez rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention, c’est-à-dire :
- ne pas utiliser de tampons
- ne pas avoir de rapports sexuels
- ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée)
- ne pas faire de douche vaginale
Si, après l’intervention, vous avez de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut nous en informer immédiatement ou contacter votre médecin traitant au plus vite. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Curetage Après IVG
Un curetage est une intervention médicale qui consiste à insérer dans l’utérus, en passant par la voie vaginale et par le col de l’utérus, un petit instrument en métal en forme de cuillère, appelé curette (d'où le nom « curetage »). Le curetage est un geste médical qui est parfois réalisé après une aspiration. Celle-ci consiste à aspirer le contenu utérin avec un petit tube relié à un système d’aspiration. Elle peut être effectuée en cas de fausse couche incomplète ou d’interruption de grossesse. Le curetage permet, après l’aspiration, de nettoyer les débris qui peuvent éventuellement rester dans la cavité utérine.
Après un curetage, des saignements semblables aux règles peuvent survenir pendant quelques jours. Ces derniers peuvent être accompagnés de douleurs dans le bas-ventre. Cependant, si les saignements sont anormaux, abondants et malodorants et / ou si de la fièvre ou des douleurs pelviennes intenses apparaissent, cela peut alors être le signe d’une infection gynécologique. Après cette intervention, mieux vaut ne pas utiliser de protections hygiéniques internes (tampon ou coupe menstruelle) qui pourraient irriter la muqueuse vaginale et favoriser une infection.
En général, les menstruations reviennent autour d’une trentaine de jours après un curetage, mais cela dépend des taux hormonaux. Souvent, les premières règles qui arrivent 3 à 6 semaines après un curetage sont plus abondantes que d’habitude. Le flux peut rester abondant lors des deux à trois cycles suivants. Par ailleurs, il n’est pas rare que des caillots de sang soient évacués par les règles après un curetage.
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