L'encéphalopathie épileptique infantile précoce (EEIP), également connue sous le nom de syndrome d'Ohtahara, est une forme rare et sévère d'épilepsie qui se manifeste généralement chez les nourrissons au cours des trois premiers mois de vie. Cette condition neurologique dévastatrice se caractérise par des crises fréquentes et résistantes aux médicaments, un ralentissement du développement psychomoteur et un pronostic souvent sombre.
Manifestations Cliniques de l'EEIP
L'EEIP se manifeste typiquement durant les trois premiers mois de vie, bien que certains cas puissent apparaître dès les premières semaines suivant la naissance. Les nourrissons atteints présentent divers symptômes, notamment :
- Mauvais réflexes de succion : Difficulté à s'alimenter correctement.
- Hypotonie : Diminution du tonus musculaire.
- Spasmes toniques généralisés et symétriques : Contractions musculaires soudaines et involontaires affectant les deux côtés du corps, pouvant durer jusqu'à dix secondes. Ces spasmes peuvent survenir en groupe ou de manière isolée, et se répéter des centaines de fois par jour. Le schéma de ces spasmes reste inchangé au cours de l'éveil et du sommeil.
- Autres types de convulsions : Observées dans environ un tiers des cas, incluant des crises tonico-cloniques généralisées, des crises focales motrices et des hémiconvulsions.
Dans certains cas, l'EEIP peut évoluer vers d'autres syndromes épileptiques plus tard dans l'enfance, tels que le syndrome de West (entre l'âge de deux et six mois) ou le syndrome de Lennox-Gastaut. Certaines formes génétiques peuvent également s'accompagner de signes additionnels, tels que des mouvements dyskinésiques et le phénotype du syndrome de Rett atypique.
Diagnostic de l'EEIP
Le diagnostic de l'EEIP repose sur une évaluation clinique approfondie et des examens complémentaires, notamment :
- Données cliniques : Observation des symptômes et de l'historique du patient.
- Électroencéphalogramme (EEG) : L'EEG caractéristique révèle un tracé de type « suppression-burst » (en lien avec l'apparition des spasmes), comprenant des bouffées de pointes et de pointes multiples de forte amplitude, en alternance avec des périodes de rythme basique de faible voltage (suppression). Ce schéma d'EEG est continu et reste inchangé pendant les phases d'éveil et de sommeil.
- Imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale : Pour rechercher d'éventuelles anomalies structurales cérébrales.
- Analyses de sang : Pour détecter d'éventuelles maladies métaboliques sous-jacentes.
- Tests génétiques : Pour identifier les mutations génétiques associées à l'EEIP.
Causes de l'EEIP
L'EEIP peut être due à diverses étiologies, incluant :
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- Anomalies structurales cérébrales : Malformations cérébrales telles que la porencéphalie ou l'hémimégalencéphalie.
- Troubles métaboliques : Déficit en cytochrome C oxydase, déficit en carnitine palmitoyltransférase II.
- Variants génétiques : Mutations de certains gènes tels que ARX (Xp22.13), CDKL5 (Xp22), SL25A22 (11p15.5) et STXBP1 (9q34.1), entre autres. Dans la majorité des cas, les mutations sont de novo (sporadiques). Un mode de transmission autosomique récessive a été rapporté.
Traitement et Prise en Charge de l'EEIP
L'EEIP est actuellement incurable, et les patients nécessitent une surveillance et une prise en charge constante. Les options de traitement visent principalement à contrôler les crises et à améliorer la qualité de vie des patients.
- Agents antiépileptiques : Les benzodiazépines, le valproate, le lévétiracétam, le zonisamide, le phénobarbital et la pyridoxine sont souvent utilisés, mais leur efficacité est limitée.
- Régime cétogène : Un régime riche en graisses et pauvre en glucides peut être relativement efficace dans le contrôle des crises chez certains patients.
- Traitement des anomalies métaboliques : L'évolution de la maladie peut être améliorée après traitement des anomalies métaboliques chez les patients concernés.
- Le médicament prescrit est le vigabatrin, un antiépileptique homologué pour l'usage dans le traitement de l'épilepsie réfractaire. "Des corticoïdes à haute dose y sont éventuellement ajoutés" précise la Dre Guet.
- L’étude fonctionnelle de mutations des canaux sodiques Nav1.1 a permis d’identifier un nouveau mécanisme impliqué dans les encéphalopathies épileptiques extrêmement sévères du nourrisson : l’équipe de Massimo Mantegazza, DR Inserm à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire (IPMC - UCA/CNRS) a montré un gain de fonction modéré de ces canaux Nav1.1. Ces résultats ont permis aux neurologues l’utilisation de médicaments spécifiques bloqueurs des canaux sodiques qui sont déconseillés pour d’autres formes d’épilepsies causées par les mêmes canaux mais induisant une perte de fonction.
Pronostic de l'EEIP
Le pronostic de l'EEIP est généralement pauvre. La maladie est souvent fatale pendant la petite enfance (avant l'âge de deux ans pour 50% des cas). Les patients qui survivent au-delà de l'âge de deux ans présentent des troubles psychomoteurs sévères.
Le pronostic est d'autant plus favorable que la prise en charge est précoce. "En fonction de la cause du syndrome et de la rapidité de la prise en charge, les enfants peuvent récupérer en intégralité ou présenter par la suite un retard des acquisitions" indique la spécialiste. Généralement, le pronostic est meilleur pour les formes idiopathiques que pour les formes symptomatiques, avec une plus grande probabilité de récupération totale.
Autres formes d'encéphalopathies épileptiques ou de syndromes épileptiques
Il existe d'autres formes d'encéphalopathies épileptiques et de syndromes épileptiques qui peuvent être confondus avec l'EEIP. Il est important de les différencier afin de mettre en place une prise en charge adaptée.
- Syndrome de West : une épilepsie rare du nourrisson. Aussi connu sous le nom de spasmes infantile, le syndrome de West est une forme grave d'épilepsie du nourrisson. Assez spectaculaire, ce syndrome est de pronostic très variable en fonction de son étiologie. Le syndrome de West, ou maladie de West, est une forme grave d'épilepsie du nourrisson qui se déclare pendant les premiers mois de vie, le plus souvent entre 3 et 8 mois. De prévalence à la naissance plutôt faible - entre 1/1 650 et 1/20 000 - elle reste cependant la plus fréquente des causes d'épilepsie chez le nourrisson, bien qu'elle reste mal connue du grand public. Le syndrome de West se manifeste par des spasmes pouvant être assez impressionnants : "le bébé ramène ses bras vers l'avant de façon rythmique, parfois en pleurant , pendant quelques dizaines de secondes voire minutes" décrit la neuro-pédiatre. On parle de contractions brutales du corps en flexion. Ces spasmes peuvent avoir lieu à tout moment de la journée, mais il semblerait qu'ils soient plus fréquents au réveil. Il arrive que les yeux de l'enfant soient révulsés au moment de la crise. La description des crises faite par les parents couplée à l'âge de leur survenue, peut laisser penser qu'il s'agit d'un reflux gastro-oesophagien. "En cas de doute, on recommande aux parents de filmer leur bébé pendant une crise afin de montrer la vidéo à un pédiatre" insiste la spécialiste. Dans 60 à 90% des cas, une lésion cérébrale peut être mise en évidence, on parle alors de syndrome de West symptomatique. "Les causes les plus fréquentes sont alors une maladie neurologique comme la sclérose tubéreuse de Bourneville qui est la principale cause du syndrome de West, une malformation cérébrale ou encore une anomalie génétique" indique la neuro-pédiatre. Il existe de multiples causes, qui ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence et qui peuvent nécessiter des explorations poussées en milieu hospitalier spécialisé. Une ischémie périnatale, une tumeur du nourrisson ou encore une encéphalite herpétiques peuvent également être mis en causes. Le diagnostic de la maladie de West passe en premier lieu par l'examen clinique de l'enfant par un neuro-pédiatre, et l'observation des crises de spasmes. Un électroencéphalogramme (EEG) de veille et de sommeil permet de mettre en évidence l'hypsarythmie pendant la veille. Pendant les périodes de sommeil, on observe une fragmentation de l’activité. "Une IRM (Imagerie par résonance magnétique) cérébrale est ensuite prescrite, pour rechercher d'éventuelles lésions cérébrales qui pourraient révéler une cause de la maladie" indique la Dre Guet. Des analyses de sang sont généralement prescrites, afin de détecter d'éventuelles maladies sous-jacentes. Le médicament prescrit est le vigabatrin, un antiépileptique homologué pour l'usage dans le traitement de l'épilepsie réfractaire. "Des corticoïdes à haute dose y sont éventuellement ajoutés" précise la Dre Guet.
- Syndrome de Dravet : Le syndrome de Dravet ou épilepsie myoclonique sévère, est plus rare que le syndrome de West.
- Syndrome de Lennox-Gastaut : Le syndrome de Lennox-Gastaut est une encéphalopathie épileptique rare, sévère et précoce, qui concerne de 3 à 6% des enfants épileptiques. Les crises surviennent le plus souvent aux alentours de 4 ans, soit plus tardivement que le syndrome de West. Le syndrome de Lennox-Gastaut survient chez des patients ayant déjà une histoire d’atteinte neurologique, telle qu’un retard dans le développement présent depuis la naissance, un accident neurologique comme une encéphalite ou une autre forme d’épilepsie alors qu’ils étaient plus jeunes, comme par exemple le syndrome de West. Cette épilepsie est très souvent résistante aux médicaments disponibles à ce jour.
- Syndrome de Rett : Le syndrome de Rett est une encéphalopathie neurodéveloppementale rare, d'origine génétique, et qui touche essentiellement les filles entre 6 et 18 mois de vie. Il provoque un handicap mental important et de sévères atteintes motrices. Le syndrome de Rett est la première cause de polyhandicap d'origine génétique chez les filles. Le syndrome de Rett est une maladie du neurodéveloppement observée chez les filles dont les premiers signes apparaissent vers l’âge de 18 mois après un développement normal depuis la naissance. La maladie débute par une régression rapide avec une perte de l’utilisation volontaire des mains et un trouble de l’interaction sociale. On observe alors une baisse de la croissance du périmètre crânien. L’évolution se fait vers un polyhandicap avec fréquemment une épilepsie. Ce syndrome est lié à une mutation du gène MeCP2.
- Épilepsie focale migrante (EFM) : La prévalence estimative de l'épilepsie focale migrante (EFM) est d'environ 1/900 000 enfants. Les crises apparaissent dans les six premiers mois de vie, généralement pendant la période néonatale. Elles sont initialement peu fréquentes et prennent la forme de crises cloniques ou toniques motrices focales. Chez certains patients, les crises sont difficiles à identifier et se traduisent par un arrêt moteur et de légers signes d'atteinte du systèmes moteur, ainsi que par des signes prédominants d'atteinte du système nerveux autonome. La fréquence des crises augmente rapidement et un état de mal épileptique est couramment observé. Lorsque la maladie se déclare, les crises focales prennent origine de manière indépendante dans les deux hémisphères et peuvent migrer d'une région à une autre. La pharmacorésistance des crises est élevée. Le statut neurologique se détériore progressivement avec une aggravation des crises, entraînant une hypotonie progressive, une perte de contact visuel et un arrêt ou une régression du développement psychomoteur. L'étiologie génétique est inconstante ; elle est identifiée chez 70 % des enfants. La moitié d'entre eux sont porteurs de mutations de type gain de fonction du gène KCNT1 (en 9q34.4). Dans les autres cas, les gènes pathogènes peuvent inclure SCN2A (2q24.3), KCNQ2 (20q13.33), PLCB1 (20p12.3), TBC1D24 (16p13.3), PIGA (Xp22.2), SCN1A (2q24.3), SLC25A22 (11p15.5) et SLC12A5 (20q13.12). Le diagnostic repose sur l'examen clinique et les résultats de l'électroencéphalographie (EEG). L'activité de fond de l'EEG peut être normale en début de maladie, mais un ralentissement diffus de cette activité est observé au fil du temps. En début de maladie, les crises peuvent être difficiles à identifier. Des enregistrements vidéo de l'EEG sont donc nécessaires afin d'identifier les crises et le tracé de l'EEG ictal. On observe des décharges rythmiques (thêta) affectant diverses régions corticales de manière consécutive lors d'un même épisode de crises épileptiques, d'où le terme « migrant » dans le nom de la maladie. Au fil du temps, on observe des décharges multifocales chez tous les patients. Dans de rares cas, une hypsarythmie est rapportée. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale est généralement normale en début de maladie et peut ensuite révéler une atrophie cérébrale diffuse à mesure que la maladie progresse. Un retard de myélinisation avec hypersignal de la substance blanche à l'IRM et une baisse de du N-acétylaspartate observée par spectroscopie par résonance magnétique sont souvent rapportés dans les premiers mois de la maladie. Chez la majorité des patients, les mutations de KCNT1 sont de novo. Dans quelques familles où la mutation de KCNT1 a été identifiée, le mode de transmission est autosomique dominant avec une pénétrance et une expressivité inconstantes. Un conseil génétique est vivement recommandé pour tous les patients dont l'étiologie génétique est connue. Les crises épileptiques sont souvent difficiles à traiter et peuvent persister à l'âge adulte, malgré la prise d'anti-épileptiques. Aucun anti-épileptique ne s'est avéré à ce jour plus efficace pour réduire la fréquence et la durée des crises. Le pronostic est défavorable puisque les patients souffrent de crises récurrentes pharmacorésistantes, de troubles neurologiques sévères, de microcéphalie acquise et ont une espérance de vie réduite, bien qu'une évolution plus lente ait été rapportée chez quelques enfants.
- Syndrome d'Ohtahara : Le syndrome d’Ohtahara est aussi appelé encéphalopathie épileptique infantile. Il s’agit d’une épilepsie débutant de la naissance au premier mois de vie (avant 3 mois). On peut observer un ou plusieurs types de crises épileptiques dont des crises toniques, des spasmes épileptiques et des crises focales. Cette épilepsie est également reconnue grâce à un aspect particulier aux enregistrements électroencéphalographiques. On parle de tracé de ‘Suppression-Burst’, c’est à dire qu’il y a une alternance entre un aspect plat du tracé et des décharges anormales appelées ‘Burst’. Malheureusement, il s’agit de formes sévères avec parfois un décès précoce.
Recherche et Perspectives d'Avenir
La recherche sur l'EEIP et les autres encéphalopathies épileptiques infantiles est en constante évolution. Les progrès de la génétique et de la neuro-imagerie permettent de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de ces maladies et d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. L'espoir réside dans le développement de traitements plus efficaces et personnalisés, capables d'améliorer le pronostic et la qualité de vie des enfants atteints de ces conditions dévastatrices. Grace à une collaboration internationale, de nouvelles mutations du gène SCN1A ont été identifiées qui sont responsables d’EED plus graves que le syndrome de Dravet. Les patients sont atteints dès leurs premiers jours de vie avec des crises épileptiques sévères, troubles du mouvement hyperkinétiques, arthrogrypose, retard mental et mortalité élevée. Les chercheurs ont introduit les mutations identifiées dans le clone humain des canaux sodiques Nav1.1 et ils ont étudié leurs effets fonctionnels dans un système d’expression hétérologue. De façon surprenante, ils ont mis en évidence un gain de fonction des canaux sodiques qui est moins important que celui identifié pour les mutations responsables de la migraine hémiplégique de type 3. Cet effet est opposé à celui observé avec les mutations responsables du syndrome de Dravet qui induisent une perte de fonction. Cependant, si aucun traitement efficace n’est disponible pour le syndrome de Dravet, l’étude a permis d’identifier des médicaments bloqueurs des canaux sodiques déjà sur le marché qui ont un effet positif sur les jeunes patients atteints d’EED. Source : Brunklaus A., (…), Mantegazza M. and Cestèle S. (2022) Gain-of-function SCN1A variants cause a spectrum of early onset epileptic encephalopathies that respond to sodium channel blocking therapies. Brain.
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Que faire si bébé fait des crises d'épilepsie ?
Chez bébé, une crise d’épilepsie ne signifie pas forcément qu’il souffrira plus tard d’une forme chronique de la maladie. Dans environ 65 % des cas, cette crise n’est qu’un évènement épileptique isolé sans gravité qui ne se reproduira plus jamais. Ce n’est que lorsque les crises se multiplient qu’une véritable épilepsie est à craindre. La plupart du temps, chez le tout-petit, les crises ressemblent à un banal malaise. Son regard devient fixe pendant quelques secondes. Il « perd le contact » avec vous. Parfois, à l’éveil, ou même durant le sommeil, il mâchonne, a des gestes involontaires, automatiques… Outre ces absences « bizarres », les crises peuvent aussi se traduire par un spasme du visage qui dure quelques secondes, un rejet de la tête en arrière, des yeux révulsés, un fléchissement des bras, avant que l’enfant ne se mette à pleurer. Votre enfant peut aussi perdre connaissance, pendant moins de 15 minutes en général. Malgré ces épisodes inquiétants, il faut noter que 5 % des enfants de moins de 5 ans vont avoir « un événement épileptique », qui, dans les deux-tiers des cas, ne se reproduira pas et ne donnera pas lieu une « véritable maladie épileptique ». Les crises épileptiques sont dues à des troubles temporaires de l’activité électrique cérébrale. Cette altération de l’activité électrique peut avoir de nombreuses causes. Quand il ne s’agit que d’un évènement épileptique isolé, l’origine est rarement inquiétante. Par contre, lorsqu’il s’agit d’une épilepsie chronique, une lésion au cerveau est souvent à craindre. Elle peut être due à un choc à la tête, une tumeur, une infection… L’épilepsie est aussi parfois héréditaire (moins de 10 % des cas). Si la maman en souffre, il faut être particulièrement vigilant durant la grossesse. Il est primordial de dépister au plus tôt la maladie de bébé. Cela limite les risques de complications de l’épilepsie chez l’enfant comme les atteintes des zones cérébrales liées au langage ou aux mouvements. La difficulté étant bien sûr que les crises puissent se manifester très différemment d’un enfant à l’autre… Certaines crises sont ainsi quasiment invisibles : bébé a juste une absence passagère, son regard est fixe, absent. C’est souvent le cas pour l’épilepsie néonatale, touchant les bébés de moins d’un mois. L’épilepsie est l’expression d’un dysfonctionnement temporaire de l’activité électrique du cerveau qui se traduit par des crises épileptiques, dites aussi « comitiales ». Lorsqu’elles se répètent pendant un certain temps de la vie de l’enfant, elle devient une maladie chronique. Dans 5 à 10 % de ces cas, celle-ci est due à des prédispositions familiales, héréditaires. Il faut différencier les crises épileptiques convulsives, des autres variétés de crises cérébrales, parmi lesquelles les brusques et irrépressibles accès de sommeil - avec une chute potentielle (la narcolepsie) et les épisodes de somnambulisme. De plus, ne confondons pas les diverses manifestations physiques d'un malaise passager avec des crises épileptiques. Parmi les signes qui doivent d'emblée alerter, notons les fortes fièvres accompagnées de convulsions. Même si la très grande majorité d’entre elles ne récidivent pas, ne laissent aucune séquelle et sont dues à la fièvre, quelques-unes peuvent être le signe d’une maladie épileptique débutante. Par ailleurs, soyons vigilants aux brusques chutes et absences, aux yeux qui tournent, aux mouvements en saccades, convulsifs, aux automatismes, aux bruits "étranges" émis pendant la nuit et qui ne correspondent manifestement pas à des cauchemars. Dans tous les cas : consultez votre médecin. Dans le cerveau d’un petit enfant, en pleine production, la « surchauffe » est vite atteinte. D’où sa fragilité neurologique, transitoire. Les risques de crises sont plus accrus. Si elles se répètent, s’aggravent, elles peuvent affecter les facultés cognitives, le langage, la motricité, les perceptions sensitives et donc léser des zones fonctionnelles qui ne sont pas encore stabilisées. Le médecin va tout d’abord vous interroger sur les symptômes constatés durant la crise d’épilepsie de bébé et sur d’éventuels antécédents familiaux. Dans un second temps, il demande généralement une électro-encéphalographie (EEG). De petites électrodes sont positionnées sur le crâne de l’enfant afin d’évaluer son activité électrique cérébrale. Repérer un dysfonctionnement peut prendre du temps. Bébé peut ainsi être gardé plusieurs heures en observation à l’hôpital, où le personnel médical effectuera plusieurs EEG. Afin de confirmer le diagnostic, il est courant de pratiquer ensuite une IRM. Cette technique d’imagerie médicale, parfaitement indolore, permet d’obtenir une image du cerveau de bébé. Il existe plusieurs façons d’enrayer l’épilepsie de bébé. Le traitement dépend essentiellement de la cause de la maladie. Si elle est due à une tumeur par exemple, une ablation chirurgicale de la tumeur peut suffire à faire cesser les crises. La plupart du temps, il s’agira toutefois d’un traitement médicamenteux à base d’antiépileptiques. Ce traitement peut durer de nombreuses années mais s’avère très efficace : les 3/4 des enfants environ verront leurs crises disparaître totalement. Lorsque le traitement médicamenteux ne donne aucun résultat, une stimulation électrique du nerf vague peut être envisagée. Un petit générateur et des électrodes sont installés respectivement dans la poitrine et le cou de l’enfant, sous anesthésie générale le plus souvent.
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