L'encéphalite est une inflammation de l'encéphale, généralement causée par un virus, mais elle peut aussi être d'origine bactérienne, fongique ou parasitaire. Elle peut survenir lorsqu'un agent infectieux affecte directement le cerveau. Cette affection se traduit par de la fièvre, des maux de tête, voire des convulsions, une somnolence et une confusion. Dans certains cas, l'encéphalite peut être associée à une méningite (infection des méninges), on parle alors de méningo-encéphalite.

Méningite et méningo-encéphalite: Définitions et causes

Le terme de méningite désigne l'inflammation des enveloppes méningées (arachnoïde et pie-mère). La majorité des méningites et méningo-encéphalites aiguës sont infectieuses par contamination du LCS par un agent infectieux (le plus souvent une bactérie ou un virus). La contamination peut se faire par voie hématogène (le plus fréquemment), par contiguïté à partir des cavités ORL, ou plus rarement par inoculation directe (traumatisme, chirurgie).

Les abcès cérébraux sont rares (incidence de 1/100000/an). Ils sont constitués d'une cavité purulente au sein du parenchyme cérébral entourée d'une importante zone d'œdème, réalisant un processus expansif.

Syndrome méningé et encéphalite: Manifestations cliniques

Un syndrome méningé est défini comme une symptomatologie en rapport avec une irritation des enveloppes méningées (arachnoïde et pie-mère), quelle qu'en soit l'origine.

L'encéphalite correspond aux manifestations cliniques en lien avec l'inflammation de l'encéphale et peut être présente de manière isolée (encéphalite) ou, le plus souvent, associée au syndrome méningé (méningo-encéphalite).

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Un purpura vasculaire doit faire évoquer une méningite à méningocoque et représente une urgence vitale.

Un abcès cérébral doit être suspecté devant un tableau subaigu s'installant sur 1 à 2 semaines associant à divers degrés un syndrome d'hypertension intracrânienne, une atteinte neurologique focale dépendant de la localisation, de la taille et du nombre de lésions (hémiparésie, troubles sensitifs, aphasie, hémianopsie latérale homonyme, troubles neurocognitifs en particulier sous-cortico-frontaux), et des crises épileptiques focales ou généralisées.

Symptômes chez le nourrisson

Le tableau diagnostique clinique est plus difficile chez le nourrisson. Il doit être évoqué devant un enfant geignard, présentant des cris à la mobilisation (hyperesthésie cutanée), des modifications du comportement, une somnolence inhabituelle entrecoupée de périodes d'agitation, un refus répété du biberon, des convulsions fébriles même brèves et apparemment isolées. Une hypotonie axiale remplace souvent la raideur de nuque.

Les signes cliniques peuvent être plus frustes, avec un syndrome infectieux souvent au second plan. D'autres symptômes peuvent inclure des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou des douleurs abdominales, des spasmes d’un ou plusieurs muscles (convulsions) et des contractions rapides et brutales d’un muscle ou d’un groupe musculaire (myoclonies).

Diagnostic de l'encéphalite

Une encéphalite est suspectée par le médecin devant la présence des symptômes caractéristiques, a fortiori en cas d’épidémie en cours. Le diagnostic de l’encéphalite nécessite une IRM (imagerie par résonnance magnétique) et une ponction lombaire.

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Ponction lombaire

La ponction lombaire sert à prélever un échantillon du liquide céphalo-rachidien afin de l’analyser. Elle consiste en un prélèvement de liquide céphalo-rachidien (LCR). Cette intervention se pratique sur le bas du dos. Lorsque le cerveau est inflammé, le nombre de globules blancs présents dans le liquide céphalo-rachidien est augmenté.

La PL est réalisée en conditions d'asepsie stricte à l'aide d'une aiguille au niveau du cul-de-sac lombaire au niveau de l'espace intervertébral L4-L5 ou de l'espace immédiatement sus ou sous-jacent, le malade étant en position assise, courbé en avant, ou bien couché sur le côté. Il faut privilégier l'usage d'aiguille atraumatique, afin de réduire le risque de syndrome post-PL.

Il existe des contre-indications à la ponction lombaire: Anomalie de l'hémostase (spontanée ou induite par anticoagulants) ou thrombopénie.

Imagerie médicale

IRM cérébrale: Elle peut montrer des lésions parenchymateuses en hypersignal T2 et T2-FLAIR, touchant volontiers les régions temporales et frontales, avec prise de contraste. Une méningite peut être visible sous forme d'hypersignaux diffus en séquences FLAIR au sein des sillons corticaux avec prise de contraste des leptoméninges en séquence T1 gadolinium. D'autres lésions peuvent être retrouvées en fonction du micro-organisme en cause. Néanmoins, une IRM normale n'élimine pas le diagnostic d'encéphalite ou de méningite.

À la recherche d'un abcès cérébral en cas de situation clinique évocatrice : le scanner cérébral avec injection de produit de contraste révèle une image en cocarde au stade d'abcès encapsulé (hypodensité arrondie entourée d'une prise de contraste annulaire avec œdème péri-lésionnel et effet de masse). En IRM la lésion comporte un centre en hyposignal en séquence T1, hypersignal en séquences T2, FLAIR et diffusion (avec coefficient apparent de diffusion [ADC] abaissé, en faveur d'une nécrose), entouré d'une capsule hyperintense en T2 et iso - ou hypo-intense en T1 prenant le contraste de façon marquée après injection de gadolinium.

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Analyse du LCS

Le diagnostic étiologique des méningites ou méningo-encéphalites est guidé par les résultats du LCS.

Dans le cas d'une encéphalite virale, le LCS est typiquement clair (parfois trouble) avec pléiocytose à prédominance lymphocytaire, hyperprotéinorachie dépassant souvent 1 g/l, hypoglycorachie constante sauf au début de l'évolution. La recherche dans le LCS d'une réplication virale de HSV par technique PCR est systématique.

Dans le cas d'une primo-infection par le VIH, le LCS est clair avec pléiocytose à prédominance lymphocytaire, hyperprotéinorachie modérée (< 1 g/l), normoglycorachie.

Les agents infectieux impliqués dans les abcès cérébraux dépendent de la porte d'entrée.

  • en cas de porte d'entrée ORL et dentaire : streptocoques oraux et du groupe milleri (S. anginosus, S. constellatus et S. intermedius), anaérobies.
  • en cas de porte d'entrée hématogène : S.
  • en post-traumatique et post-neurochirurgical : S. aureus, entérobactéries, P. aeruginosa.

Traitement de l'encéphalite

Le traitement d’une encéphalite dépend de la sévérité de l’affection. Dans la majorité des cas, le traitement est symptomatique et vise à soulager les symptômes jusqu’à la guérison. Parfois, le traitement symptomatique ne suffit pas. Il est d’abord recommandé de prendre du repos et de conserver une bonne hydratation. Les traitements sont variables en fonction du stade de gravité.

L'antibiothérapie est guidée par les résultats initiaux de l'analyse du LCS. L'adaptation et la durée totale du traitement sont définies après documentation micro- biologique.

Le traitement de la méningo-encéphalite herpétique est une urgence. Il doit être commencé avant d'obtenir les résultats de la recherche PCR. Il repose sur l'aciclovir IV (10 mg/kg toutes les 8 heures) pendant 21 jours.

Des corticostéroïdes peuvent être prescrits afin de réduire l’inflammation de l’encéphale (et la pression intracrânienne).

Prévention

Se protéger contre les moustiques et les tiques :

  • En portant des vêtements couvrants (manches et pantalons longs) ;
  • En appliquant un anti-moustique sur la peau (contenant un agent actif reconnu comme la picardine) ;
  • En pulvérisant un insecticide sur les tissus et les vêtements (telle que la perméthrine) ;
  • En évitant les sources d’eau et de lumière à l’intérieur comme aux alentours du domicile ;
  • En fermant les fenêtres et en utilisant des moustiquaires.

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