Avec l'évolution des modes de vie, de plus en plus de femmes envisagent une grossesse après 40 ans. Si ce désir est de plus en plus fréquent, il est essentiel de comprendre les enjeux spécifiques liés à la fertilité à cet âge, notamment en ce qui concerne les chances de succès et l'utilisation des tests d'ovulation. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur la grossesse à 44 ans, en abordant les aspects biologiques, les risques potentiels, les solutions disponibles et les conseils pour optimiser ses chances de concevoir.
Fertilité féminine et âge : une réalité biologique
La fertilité féminine est à son apogée autour de 25 ans, puis commence à décliner progressivement. Cette diminution s'accentue vers 38 ans, et après 42 ans, les chances de grossesse deviennent minimes. À 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles. Cette baisse de fertilité est principalement due à deux facteurs :
- Diminution de la qualité des ovocytes : Avec l'âge, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente.
- Altération du fonctionnement de l'appareil reproducteur : L'âge peut avoir des effets néfastes sur la qualité ovocytaire, la production hormonale, la maturation de l'endomètre, l'immunotolérance et la fonction placentaire.
En conséquence, les femmes de plus de 40 ans ont une fertilité potentielle réduite par rapport aux femmes plus jeunes. Les faibles chances de grossesse chez les femmes âgées de plus de 40 ans sont associées à une altération de la qualité des ovocytes. En effet, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l’âge.
L’âge de la femme ralentit le processus de prolifération cellulaire. Cela est associé à une hausse de la sénescence cellulaire (perte des fonctions des cellules). Ce phénomène est responsable d’une diminution de l’épaisseur de l’endomètre, ce qui va inévitablement impacter la fertilité féminine.
Au-delà des autres impacts sur la fertilité féminine que l’on a mis en évidence, il a été récemment observé que la mise en place de la fonction hormonale (notamment la production d’œstrogènes et de progestérone) est retardée dans les placentas de femmes plus âgées.
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Fertilité masculine et âge
Contrairement aux idées reçues, l'âge de l'homme influence également la fertilité du couple. Chez l’homme, le « pic de fertilité » a lieu entre 30 et 34 ans. Au-delà, la fertilité commence à diminuer, bien que cette chute soit beaucoup moins prononcée que celle observée chez la femme. La fertilité masculine entame une chute significative dès 45 ans.
Au-delà de 40 ans, la production des hormones sexuelles, la quantité de spermatozoïdes produits et le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela peut induire une réduction des chances d’implantation embryonnaire.
Les impacts de l’âge sur la fertilité masculine sont les suivants :
- Production hormonale : Il est observé une dérégulation de la fréquence et des taux de production des hormones LH et FSH libérées par l’hypophyse. Parmi les conséquences, on observe une réduction du nombre de cellules de Leydig dans le testicule, induisant une réduction de la production de testostérone.
- Production de spermatozoïdes : L’âge est associé à une réduction du nombre de cellules de Sertoli qui produisent les spermatozoïdes dans le testicule. Ces effets sont associés à une augmentation de la mort cellulaire et à une diminution de la prolifération des cellules. Chez l’homme de 50 ans, il est donc observé une diminution du nombre de spermatozoïdes produits. Outre ces effets sur la fertilité masculine, il est mis en évidence une réduction de la mobilité et des altérations de la morphologie des spermatozoïdes.
- Fonction de la prostate : Avec l’âge, la prostate augmente de volume, et ceci peut effectivement avoir un impact sur la fertilité masculine. Cela peut être associé à une réduction du volume de sperme. La prostate participe à la production du liquide séminal, le composant principal du sperme.
- Pouvoir fécondant des spermatozoïdes : Chez l’homme âgé de plus de 40 ans, le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela est associé à une réduction du nombre d’embryons atteignant le stade blastocyste. Le taux d’implantation des embryons est lui aussi altéré, les chances de grossesse sont réduites.
Risques liés à une grossesse tardive
Parallèlement à la diminution de la fertilité, le risque que la grossesse n'atteigne pas son terme augmente avec l'âge. En effet, plus l'âge de la mère est élevé, plus le risque de fausse couche augmente.
Les grossesses tardives sont-elles plus risquées ? C'est vrai, mais grâce aux progrès de la médecine et des dépistages, elles sont aujourd’hui bien encadrées.
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Au cours de la grossesse il y a un risque accru d’hypertension artérielle et de diabète. Cette hypertension et ce diabète, dits gestationnels lorsqu’ils surviennent pendant la grossesse, sont systématiquement recherchés par les soignants (médecins ou sage-femmes) chez la femme enceinte. Ce risque est encore augmentée avec l’âge de la femme enceinte.
Par ailleurs, grossesse tardive ou non, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher.
Les principaux risques pour l’enfant dans le cas d’une grossesse tardive sont l’augmentation des fausses couches et celui des anomalies chromosomiques. Ces informations peuvent être stressantes mais sont à relativiser car si le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans (environ 20%), il reste très peu élevé chez les femmes de 25 à 29 ans (environ 10 %).
Les risques d’avoir un enfant trisomique sont de 1 sur 1 500 à 20 ans, et de 1 sur 100 à 40 ans. En cas de réponse positive, une IMG (Interruption Médicale de Grossesse) pourra être envisagée. Point positif : contrairement aux idées reçues, les autres risques de malformation augmentent très peu avec l’âge.
Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge. Ces complications incluent un risque de déchirure des tissus du périnée, moins élastiques avec l’âge, un accouchement déclenché ou par césarienne, ou encore d’autres interventions.
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Tests d'ovulation : un outil pour optimiser ses chances
Si vous essayez de concevoir après l’âge de 35 ans ou plus, vous pouvez optimiser vos chances de conception en connaissant le moment de votre ovulation, c’est-à-dire quand un ovule est libéré. L’une des raisons qui expliquent pourquoi de nombreux couples ont du mal à concevoir est qu’un couple sur deux essaie peut-être de concevoir à la mauvaise période du mois.
Il n’y a que quelques jours par cycle menstruel où il est possible de concevoir et vos jours fertiles peuvent varier d’un cycle à l’autre. Si vous savez quand sont vos jours fertiles, cela vous aidera à concevoir plus rapidement.
Les tests d’ovulation détectent le pic d’une hormone appelée hormone lutéinisante (LH) qui survient 24 à 36 heures avant l’ovulation et identifient vos 2 jours les plus fertiles. Puisque les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours, votre fenêtre de fertilité est en fait de 6 jours, vous pouvez donc investir dans un test qui détecte également une augmentation de votre taux d’œstrogène.
Pour les femmes, comprendre quand elles ovulent est l’un des facteurs les plus simples à appréhender pour décoder leur fertilité, et les tests d’ovulation constituent pour elles la manière la plus facile de prévoir précisément le moment de leur ovulation. Votre cycle personnel est contrôlé par des taux hormonaux qui vous sont propres.
Il existe d’autres méthodes pour identifier le moment de votre ovulation, comme la prise de votre température corporelle basale ou la méthode du calendrier. Cependant, de nombreuses méthodes ne vous informent qu’après avoir ovulé, de sorte qu’il faut du temps pour établir un schéma de votre fertilité et comme de nombreuses femmes ont des cycles menstruels qui varient, ce n’est pas la façon la plus efficace d’identifier vos jours fertiles.
Que faire si j’ai du mal à tomber enceinte ?
L’aide et les traitements que vous proposera votre médecin dépendront de la cause de la réduction de votre fertilité. Beaucoup de facteurs peuvent contribuer à des problèmes de conception, d’une ovulation irrégulière à une mauvaise qualité des spermatozoïdes, en passant par des difficultés de pénétration.
Les affections telles que l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont d’autres facteurs qui peuvent jouer un rôle, à l’instar des troubles de l’alimentation. Dans certains cas, faciliter l’accès des spermatozoïdes à l’utérus suffit, et dans d’autres il faut se tourner vers la fécondation in vitro (FIV). Il est possible d’identifier la cause responsable de l’infertilité dans environ 70 % des cas. Plusieurs facteurs peuvent nuire à l’efficacité du traitement entrepris, mais dans la grande majorité des cas la procréation médicalement assistée est un succès.
Les différents traitements disponibles dépendent de votre âge, de votre condition physique, mais également de la région où vous résidez. Consultez un médecin généraliste ou un gynécologue pour qu’il vous présente les options qui s’offrent à vous.
Techniques de procréation médicalement assistée (PMA)
Les techniques médicales de procréation médicalement assistée - fécondation in vitro, don d’ovocytes… - ont des taux de réussite encourageants. Ces traitements sont lourds aussi bien physiquement que psychologiquement, mais ils ont largement fait leur preuve.
- Fécondation in vitro (FIV) : Cette technique de PMA (Procréation Médicalement Assistée) consiste en la mise en contact d’un ovocyte et d’un spermatozoïde in vitro, en laboratoire, avant d’être transplanté dans l’utérus.
- Don d’ovocytes : Dans certains cas, notamment après 40 ans, le recours à un don d’ovocytes peut être envisagé.
- Diagnostic préimplantatoire (DPI) : Un diagnostic préimplantatoire (DPI) peut être effectué pour tester la normalité chromosomique des embryons (euploïdie) avant leur transfert dans l’utérus.
Conseils pour augmenter ses chances de tomber enceinte après 40 ans
Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :
- Arrêter de fumer ;
- Réduire sa consommation d’alcool ;
- Faire du sport et manger équilibré ;
- Réduire la caféine : l’excès de caféine diminue les chances de tomber enceinte et peut augmenter le risque de fausse-couche, il est donc préférable de réduire votre consommation.
- Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte.
Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général peut aussi valoir la peine. Il pourra vérifier votre fonction thyroïdienne car un déséquilibre à ce niveau peut affecter vos chances de conception, or c’est une affection qui se traite facilement.
Mais le plus important est de vous ménager : recevoir des leçons ou lire des recommandations peut augmenter votre stress et nuire à vos chances de conception. Il faut avant tout prendre soin de vous.
Suivi médical et examens pendant la grossesse
Les grossesses tardives sont-elles plus risquées ? C'est vrai, mais grâce aux progrès de la médecine et des dépistages, elles sont aujourd’hui bien encadrées. L'essentiel est de s'écouter davantage et surtout d'éviter le surmenage. Votre priorité, c'est votre grossesse.
Grâce aux progrès de la médecine, et aux différents examens qui rythment votre grossesse, votre bébé sera totalement "sous contrôle", et il naîtra comme une fleur !
Pour se prémunir de tout risque, au-delà de 38 ans, une amniocentèse est systématiquement proposée aux femmes enceintes. Objectif : détecter une éventuelle trisomie 21 ou une autre anomalie chromosomique.
Les femmes enceintes de plus de 40 ans peuvent choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations.
- Test d’ADN fœtal dans le sang maternel : Ce test permet de détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes grâce à l’échantillon de sang de la mère.
- Amniocentèse : Elle consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine.
- Biopsie choriale ou chorionique : Grâce à la biopsie choriale ou chorionique, on obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine.
- Cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical : La cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.
Difficulté à tomber enceinte : quand s’inquiéter ?
À moins d’être une femme très fertile et d’avoir un compagnon qui ne présente aucun problème pour concevoir des enfants, on ne tombe pas enceinte du jour au lendemain et ce, même si l’on a des rapports sexuels fréquents.
En premier lieu, chaque cycle d’ovulation ne présente que 20 % de chances d’aboutir à une grossesse. Il est donc normal de ne pas tomber enceinte rapidement. Après l’arrêt de la pilule, il faut attendre un certain temps avant que l’ovulation ne soit de nouveau optimale. Si certaines femmes tombent enceintes facilement après l’arrêt de la pilule, d’autres mettent plus de temps. En moyenne, on tombe enceinte 7 mois après l’arrêt d’une contraception hormonale.
Si cela fait plusieurs années que l’on ne parvient pas à tomber enceinte, il peut y avoir des causes plus complexes et plus compliquées à traiter. Si c’est votre cas, vous pouvez dans un premier temps prendre rendez-vous avec un gynécologue en téléconsultation pour vous renseigner et obtenir des conseils.
Quand consulter un spécialiste en fertilité ?
Une consultation est recommandée au bout de deux ans de relations sexuelles régulières et non protégées chez des adultes de moins de 30 ans, au bout d’un an entre 30 et 35 ans et au bout de six mois si la femme a plus de 35 ans. D’autres éléments, en plus de l’âge, peuvent expliquer l’infertilité chez les hommes et chez les femmes.
On note par exemple des anomalies au niveau des organes reproducteurs, des troubles hormonaux, des infections, des maladies chroniques, des facteurs génétiques ou environnementaux peuvent. Il est recommandé de prendre rendez-vous avec un gynécologue et d’y être accompagnée de son conjoint.
Examens à faire
Tout comme il existe de nombreuses causes compromettant le fait de tomber enceinte, il existe un grand nombre d’examens à réaliser pour diagnostiquer un éventuel problème de fertilité. En premier lieu, vous pourrez réaliser avec votre gynécologue un interrogatoire médical (pour savoir s’il y a des symptômes) et un examen gynécologique (pour vérifier qu’il n’y ait pas de problème apparent).
Vous pourrez être amené(e) à faire une échographie gynécologique, technique non invasive pour vérifier s’il y a des anomalies au niveau des organes reproducteurs. L’IRM peut parfois être utilisé pour examiner les tissus (en cas d’endométriose par exemple). Une radio de l’utérus (ou hystérographie) peut être effectuée pour vérifier s’il y a une malformation utérine.
Dans certains cas, lorsque l’on ne comprend pas d’où vient le problème, il est demandé aux deux partenaires de faire un bilan d’infertilité :
- Chez la femme, cela consiste en un bilan de la réserve ovarienne, une échographie pelvienne, une exploration de la cavité utérine et des trompes de Fallope, une pelviscopie ainsi qu’une hystéroscopie.
- Chez l’homme, cela consiste en un spermogramme pour évaluer la vitalité et le nombre de spermatozoïdes.
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