Introduction

Le docteur Emmanuel Bui Quoc est un chirurgien ophtalmique pour enfants exerçant à l’hôpital universitaire Robert-Debré. Son expertise est très recherchée, car il possède des connaissances pointues pour traiter et opérer les maladies de l’œil et de ses annexes chez les enfants.

Un Parcours Dédié à l'Ophtalmologie Pédiatrique

Emmanuel Bui Quoc est chef de service à l'hôpital universitaire Robert-Debré de Paris depuis 2008. Passionné par son métier, il est impliqué dans les opérations de chirurgie ophtalmique pratiquées sur les enfants. Ses activités comprennent les consultations, les interventions chirurgicales et la recherche. Il accorde une grande importance au bien-être des jeunes patients et de leurs familles. Il est conscient du stress que peuvent engendrer les examens ophtalmologiques et s'efforce, avec son équipe, de le minimiser.

Les Troubles Visuels chez l'Enfant : Prévalence et Types

Environ 10 % des enfants de 6 ans ou moins souffrent d’un trouble visuel. Le docteur Bui Quoc souligne que les jeunes enfants peuvent être touchés par trois types de pathologies :

  • Les troubles réfractifs : Ce sont les plus fréquents et les plus simples à traiter. On estime qu’à l’âge d’1 an, 5 % des enfants auraient besoin de lunettes.
  • Les strabismes : Il s'agit d'un mauvais alignement des yeux. Ce défaut visuel touche environ 1 à 2 % des jeunes enfants.
  • Les malformations sévères de l’œil : Elles incluent la cataracte congénitale (500 cas par an en France avant l’âge de 2 ans) et le glaucome congénital (une cinquantaine de cas).

Le docteur Bui Quoc insiste sur l'importance d'un traitement précoce pour maximiser les chances de récupération d'une vision normale. Il explique qu'il existe une période sensible de développement de la vision pendant la première décennie de la vie.

Signes d'Alerte et Dépistage

Il est crucial d'identifier les signes qui peuvent indiquer un problème de vision chez un enfant. Selon le docteur Bui Quoc, les parents doivent être attentifs aux signes suivants :

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  • Mouvements anormaux des yeux
  • Loucher
  • Ne pas suivre des yeux les mouvements des parents
  • Chuter ou se cogner en marchant
  • Se frotter souvent les yeux
  • Se plaindre de gêne oculaire

Cependant, il souligne que se fier uniquement à ces signes ne suffit pas. Un véritable dépistage visuel des enfants est nécessaire. Il estime que le suivi actuellement prescrit dans le carnet de santé est probablement inadapté, car les bilans médicaux complets ne mentionnent pas la réfraction.

Le docteur Bui Quoc et l’Association Francophone de Strabologie et d’Ophtalmologie Pédiatrique (AFSOP) préconisent un dépistage organisé pour tous les enfants. Pour les enfants considérés comme « à risque », un examen visuel complet, avec réfraction sous cycloplégie et fond d’œil, est recommandé dès l’âge de 9 mois/1 an. Pour tous les autres enfants, un dépistage de masse devrait être organisé entre l’âge de 3 et 4 ans, idéalement dans le cadre scolaire. Ce dépistage pourrait être réalisé par des paramédicaux spécialement formés, tels que des orthoptistes. Il comprendrait un examen de la vision, un test de la réfraction et un examen oculomoteur. Le docteur Bui Quoc cite l'exemple des programmes de l’APESAL dans les Hauts-de-France comme un bon modèle de dépistage de la santé visuelle de l'enfant.

Il réitère que les défauts visuels doivent être corrigés avant l'âge de 6 ans pour donner à l'enfant toutes ses chances d'acquérir une bonne vision. Après cet âge, la maturation de l’œil est quasi terminée, et il est presque trop tard pour agir.

La Consultation en Ophtalmologie Pédiatrique

Le docteur Bui Quoc explique que les ophtalmopédiatres sont peu nombreux et souvent spécialisés dans les pathologies ophtalmologiques graves, congénitales ou héréditaires. Il se félicite de la création récente d'une surspécialité d’ophtalmologie pédiatrique et de strabologie par le conseil national des universités, tout en soulignant que tout ophtalmologiste devrait être capable d'examiner un enfant en première intention.

Il met en avant le rôle essentiel des orthoptistes dans le dépistage et la réalisation de nombreux tests, tels que la réfraction, la mesure du champ visuel et de l’oculomotricité.

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La consultation d’un enfant requiert du temps et de la patience. La mesure de la réfraction subjective n’est possible qu’à partir du moment où l’enfant verbalise, c’est-à-dire vers 2,5/3 ans. Avant cet âge, on se fie essentiellement à la réfraction objective, mesurée automatiquement par un autorefractomètre. Entre 2,5 et 4 ans, on peut utiliser des optotypes sous forme d’images.

L'imagerie rétinienne (OCT, angiographie) est plus complexe chez l'enfant, car la plupart des appareils sont conçus pour l’adulte. Ce n’est qu’à partir de 4 ou 5 ans que l’enfant peut appuyer sa tête dans la mentonnière. De plus, l'examen doit souvent être réalisé sous cycloplégie, car le cristallin de l’enfant est très souple et sa capacité d’accommodation très forte, ce qui lui permet de « corriger » des troubles réfractifs importants.

L’ophtalmologie pédiatrique est une discipline passionnante et complexe. Dès l’âge de 3 mois, il est possible d'équiper un enfant en lunettes, notamment en cas d’amétropie significative. Les montures sont adaptées à la forme de la tête de l’enfant et à l’absence de racine du nez (lunettes à pont bas ou « nez en silicone »). Les verres sont de taille suffisante pour que l’enfant ne puisse pas regarder au-dessus ou en dessous.

L'Autoréfractomètre PlusoptiX S12C : Un Outil de Dépistage Précoce

L'autoréfractomètre PlusoptiX S12C est un outil utile pour le dépistage des troubles visuels des enfants à partir de 9-12 mois. Cependant, il ne saurait remplacer l’examen des pupilles et de l’oculomotricité. Il est utilisé une fois par an pour tous les patients. Lorsque le test est anormal, les enfants sont adressés à l’ophtalmologue, si possible avec une ordonnance de cyclopentolate pour gagner du temps (si besoin de dilatation). Les ophtalmologues confirment l'utilité de cet outil, et une correction ou une surveillance précoce est mise en place si nécessaire.

3D et Vision chez l'Enfant : L'Avis du Docteur Bui Quoc

Le docteur Emmanuel Bui Quoc a également été interrogé sur l'impact de la 3D sur la vision des enfants, notamment en lien avec l'utilisation de consoles comme la Nintendo 3DS.

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Il explique que la vision en trois dimensions est possible grâce à la disparité de position entre les images perçues par l'œil droit et l'œil gauche. Des cellules binoculaires, situées dans le cortex visuel, reçoivent ces informations et permettent la perception du relief.

Certaines personnes ne perçoivent pas la 3D, que ce soit au cinéma ou sur un écran. Cela peut être dû à une altération précoce de la vision, survenant dans la première année de vie, qui empêche le développement des cellules binoculaires. Le strabisme précoce est un exemple de pathologie pouvant entraîner l'absence de vision binoculaire.

Bien que des altérations de la vue, comme la myopie ou le strabisme, puissent potentiellement affecter la perception de la 3D, ce n'est pas systématique. Les personnes myopes ou hypermétropes peuvent avoir une vision binoculaire normale avec des lunettes correctrices. L'anisométropie (une forte différence de correction entre les deux yeux) peut, dans certains cas, empêcher la vision binoculaire.

Concernant l'âge minimal recommandé par Nintendo pour l'utilisation de la 3D (6 ans), le docteur Bui Quoc estime que cette précaution est probablement prise par le constructeur pour se protéger. Il n'y a pas de raison scientifique ou physiologique claire justifiant cette restriction.

La fatigue visuelle parfois rapportée lors de l'utilisation de la 3D n'est pas nécessairement liée à l'effet 3D lui-même, mais plutôt à la sollicitation accrue des yeux.

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