L'âge auquel les femmes choisissent de devenir mères a considérablement augmenté ces dernières décennies, en particulier dans les pays industrialisés. Ce changement sociétal est motivé par divers facteurs, notamment les possibilités d'éducation et de carrière, l'amélioration des techniques de reproduction assistée (TRA) et l'évolution des normes sociales. Bien que reporter la maternité puisse offrir des avantages personnels et professionnels, il est essentiel de comprendre les risques et les avantages potentiels associés à la grossesse à un âge avancé.

Tendances et définitions

Le report des naissances à un âge maternel plus avancé est considéré comme une évolution défavorable car il a une influence négative sur la fertilité et majore les risques pour la mère et l'enfant (prématurité, gémellité, trisomie, complications de pathologies qui peuvent s'aggraver avec l'âge…). L'âge maternel avancé (AMA) est généralement défini comme une grossesse survenant chez une femme âgée de 35 ans ou plus au moment de l'accouchement. Certaines études distinguent les grossesses « très tardives » survenant chez les femmes âgées de 40 ans ou plus. En Espagne, l’Institut national de la statistique (INE) fixe l’âge du premier enfant à 32,2 ans en 2019. Les femmes espagnoles sont ainsi, aux côtés des femmes italiennes, les dernières parmi les européennes à devenir mères.

Fertilité et âge

Il est essentiel de comprendre l'impact de l'âge sur la fertilité lors de l'examen de la grossesse à un âge avancé. La fertilité féminine culmine à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine, diminuant progressivement à partir de 30 ans et plus rapidement après 35 ans. Cette baisse est principalement due à une diminution de la quantité et de la qualité des ovules. Alors qu’une personne sur quatre dans la vingtaine et la trentaine tombera enceinte pour un cycle menstruel donné, seule une personne sur dix tombera enceinte pour un cycle menstruel donné à l’âge de 40 ans. À cet âge, vous avez 44 % de chances d’être enceinte dans un délai d’un an.

Bien qu’il soit possible d’obtenir une gestation naturelle, à partir de 40 ans, le taux de grossesse avec ses propres ovules est réduit à 5 %, selon la Société espagnole de fertilité (SEF).

Risques pour la mère

La grossesse à un âge avancé est associée à un risque accru de diverses complications maternelles, notamment :

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  • Complications obstétricales : Les femmes âgées de 35 ans et plus sont plus susceptibles de développer des complications obstétricales pendant la grossesse.
  • Césarienne : Le risque d'accouchement par césarienne est plus élevé chez les mères plus âgées. Dans une étude, les femmes de 43 ans et plus avaient des taux de césarienne significativement plus élevés que celles de 25 à 35 ans (43,5 % contre 21,7 %).
  • Diabète gestationnel : Le diabète gestationnel, une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse, est plus fréquent chez les femmes plus âgées.
  • Hypertension gestationnelle et prééclampsie : Le risque d'hypertension artérielle et de prééclampsie (une complication grave caractérisée par une pression artérielle élevée et des lésions organiques) est plus élevé chez les mères plus âgées. Dans une étude, les taux d’hypertension artérielle et de prééclampsie étaient significativement supérieurs chez les femmes de 43 ans et plus que dans le groupe témoin (11,1 % contre 3,6 % et 8,3 % contre 3,1 % respectivement).
  • Fausse couche et mortinaissance : Le risque de fausse couche et de mortinaissance augmente avec l'âge maternel.

Risques pour le bébé

Outre les risques maternels, la grossesse à un âge avancé peut également poser des risques accrus pour le bébé :

  • Naissance prématurée : Les mères plus âgées sont plus susceptibles d'accoucher prématurément. Dans une étude, les femmes de 43 ans et plus avaient des taux de prématurité significativement plus élevés que celles de 25 à 35 ans (18,4 % contre 6,5 %).
  • Anomalies chromosomiques : Le risque d'anomalies chromosomiques, telles que le syndrome de Down, augmente avec l'âge maternel. À l’âge de 20 ans, 1 enfant sur 1 480 naîtra avec cette maladie. Mais à 40 ans, ce risque passe à 1 sur 85.
  • Mortalité périnatale : Le risque de mortalité périnatale (mortinaissance ou décès dans les sept premiers jours de vie) est plus élevé chez les grossesses des mères plus âgées. La mortalité périnatale (enfant mort-né ou décédé avant six jours) a été de 1,4% chez les femmes de 45 ans et plus, 1,0% chez les femmes de 40 à 44 ans et 0,5% dans le groupe contrôle. La mortalité néonatale (entre 0 et 28 jours) était également augmentée chez les femmes de 40 à 44 ans, avec un risque relatif de 1,29 par rapport au groupe contrôle.

Avantages de la maternité tardive

Bien que la grossesse à un âge avancé soit associée à certains risques, il est également important de reconnaître les avantages potentiels :

  • Maturité émotionnelle et stabilité financière : Les mères plus âgées sont souvent plus stables sur le plan émotionnel et financier, ce qui peut créer un environnement plus stimulant pour l'enfant. À ce stade, la femme a une plus grande maturité et un plus grand degré de responsabilité. La grossesse est souhaitée, la dépression post-partum est moins fréquente et la mère dispose de nombreuses informations qui ont une répercussion sur ses soins personnels et ceux de sa future famille. En outre, elle bénéficie généralement d’une meilleure situation économique et professionnelle qui lui donne une plus grande stabilité pour éduquer son enfant.
  • Carrière établie : Les femmes qui reportent la maternité ont souvent eu le temps d'établir leur carrière, ce qui peut leur procurer un sentiment de sécurité et de satisfaction. Selon lui, l'âge idéal pour accoucher est de 34 ans. D'une part, il est conscient qu'un corps jeune se régénère plus facilement après l'accouchement, mais d'autre part, une femme plus mature peut mieux évaluer ses capacités. Il est également supposé qu'à cet âge, le couple est stable et le soutien du partenaire est présent, la carrière est déjà établie, de sorte que la mère n'aura pas à repartir de zéro à son retour au travail, et il y a aussi une stabilité financière.
  • Relations stables : Les mères plus âgées sont plus susceptibles d'être dans des relations stables, ce qui peut procurer un sentiment de sécurité et de soutien à l'enfant.

Assistance médicale à la procréation (AMP)

Les techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP), telles que la fécondation in vitro (FIV), sont devenues de plus en plus courantes chez les femmes qui reportent la maternité. Bien que l'AMP puisse aider les femmes plus âgées à concevoir, il est important de noter que ces techniques sont également associées à des risques accrus, tels que les grossesses multiples et certaines complications.

Par conséquent, l’une des options pour préserver la fertilité est la congélation des ovocytes au stade fertile. Grâce à cette technique, la femme prend le contrôle de sa vie reproductive, pouvant décider dans le futur de son moment idéal pour devenir mère. De nos jours, les techniques sophistiquées de cryoconservation des ovocytes offrent une possibilité que choisissent de plus en plus de jeunes femmes qui ne veulent pas renoncer à leur projet de reproduction. Et, lorsque le moment est venu, grâce à un traitement de fécondation in vitro (soit avec le sperme du partenaire, soit avec du sperme provenant d’une banque de donneurs), on utilise les propres ovocytes de la patiente, qui ont conservé la même qualité et les mêmes caractéristiques qu’avant la congélation.

Si une mère « âgée » souhaite avoir un enfant, il est conseillé de ne pas perdre de temps. En fonction de votre réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation pharmacologique, de vos marqueurs génétiques et même de votre indice de masse corporelle, différentes marches à suivre sont établies pour optimiser le résultat. de gamètes pour obtenir une grossesse. C’est pourquoi il est conseillé d’effectuer le diagnostic ou test génétique préimplantatoire (DPI, également appelé PGT). Le DPI est effectué sur l’embryon avant que celui-ci ne soit transféré dans l’utérus de la mère. Il consiste en son analyse à partir d’une petite biopsie. Son objectif est de détecter les anomalies génétiques et/ou chromosomiques.

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Dépistage prénatal et soins

Les femmes qui envisagent une grossesse à un âge avancé devraient discuter de leurs options et des risques potentiels avec leur fournisseur de soins de santé. Un dépistage prénatal peut être recommandé pour dépister certaines anomalies chromosomiques et autres problèmes de santé chez le bébé.

Pendant cette période, la femme enceinte peut choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations. Nous disposons du test d’ADN fœtal dans le sang maternel pour détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes qui peuvent être identifiées grâce à l’échantillon de sang de la mère. L’amniocentèse consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine. Grâce à la biopsie choriale ou chorionique, on obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine. La cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.

Il est essentiel de suivre une alimentation variée, riche en fruits et légumes et en aliments contenant de l’acide folique comme les légumineuses, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs ou les céréales. À l’Instituto Bernabeu, nous disposons d’une unité spécifique pour l’endocrinologie et la nutrition pendant la grossesse. Deuxièmement, il est important de faire de l’exercice, de maintenir un poids adéquat et de garder un esprit alerte. Enfin, vous devez éviter les substances nocives telles que l’alcool, le tabac et les excitants comme le café. La planification de la grossesse devrait commencer par une consultation avant la conception. Une recommandation qui devient plus nécessaire encore lorsqu’on envisage la maternité à un âge avancé.

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