Elisabeth Buffet, née le 5 juin 1965 à Toulon, est une figure emblématique de l'humour français. Son parcours, marqué par l'autodérision, la liberté de ton et une introspection sans concession, en fait une artiste à part, capable de toucher un large public.
Débuts et Premières Armes
Après quelques incursions sur le petit écran, Elisabeth Buffet se lance en septembre dans une chronique pour Rire & Chansons baptisée « Le Buffet Show ». Dans un style direct, elle pratique à merveille l'art de l'autodérision. Elle continue à participer à quelques représentations du spectacle « Florence Foresti and Friends » au Théâtre Saint-Denis de Montréal et au Palais des Sports de Paris. Prolongeant son propre show au Théâtre de Dix-Heures pour une nouvelle saison en 2009, Elisabeth Buffet continue à incarner une héroïne dans laquelle toutes les femmes se reconnaissent.
L'Ascension et la Reconnaissance
En 2013, elle est de retour avec son « Nouveau spectacle », mis en scène par son collègue humoriste Jarry qu'elle présente dans toute la France. « Tout est neuf, sauf moi ! ». S’en allant sur toutes les routes de France pour présenter ses derniers sketchs, Elisabeth Buffet voit son one-woman-show diffusé en direct lors d’une date à l’Alhambra le 4 octobre 2014.
Un Style Inimitable : Entre Confessions et Caricatures
Elisabeth Buffet n'est pas du style à faire de la langue de bois. L'humoriste manie l'art de la confession et de la caricature avec une aisance déconcertante. Elle puise son inspiration dans son vécu, qu'elle transforme et exagère pour les besoins de la scène. Ses spectacles sont un mélange de fiction et de réalité, d'histoires vécues et d'anecdotes racontées par ses amies.
« Écrire n’est pas un exercice facile pour moi, mais je l’aime bien quand même, car c’est une période où je suis en face de moi. J’aime farfouiller dans mes entrailles pour voir ce qui sort. Je me suis dit que ça pourrait servir de fil conducteur amusant pour le spectacle. J’ai donc pensé à cette découverte sur scène de ce fameux carnet que je détaille au public, et dans lequel j’ai compilé toutes mes conquêtes. Finalement, ce processus part d’une idée assez simple. Avec ce spectacle, j’avais surtout envie de raconter des histoires. La phase d’écriture est très laborieuse, car c’est important pour moi, ça a toujours été le socle. Je ne “ponds pas facilement”, et je suis impressionnée par certaines personnes qui écrivent comme elles respirent. Je les admire. C’est vraiment un effort mental pour moi, surtout lorsqu’il ne se passe rien pendant certaines séances et que je ne change qu’une virgule. Il ne faut pas avoir peur de l’échec quand on écrit ! C’est ça qui est bien aussi, car on a une liberté que l’on n’a plus après. On peut écrire les calembours les plus foireux, personne ne les voit. Ce n’est pas un exercice facile pour moi, mais je l’aime bien quand même, car c’est une période où je suis en face de moi. Je pense qu’il y a de ça, car on analyse tout le bourbier. On a cette chance d’aller explorer son intérieur, ce qui fait du bien. Je pense qu’on va mieux que la plupart des gens. Elisabeth Buffet.
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Sur scène, elle se décrit comme une version caricaturale d'elle-même, une bourgeoise trash qui assume son côté potache. Elle joue avec les contrastes, mélangeant l'élégance et l'argot, la littérature et le langage populaire. Ce double sens, cette capacité à manier l'humour et l'autodérision, séduisent un public de plus en plus large.
"Mes Histoires de Cœur" : Un Spectacle Thérapeutique et Libérateur
Dans "Mes histoires de cœur", Élisabeth Buffet replonge dans les pages de son carnet intime, celui dans lequel l’humoriste a compilé le nom de ses conquêtes amoureuses et sexuelles. Face au public, l’artiste dévoile aventures sans lendemain et coups de cœur dans des anecdotes croustillantes et hilarantes. Elle se remémore ainsi son expérience dans un restaurant dans le noir, sa rencontre avec des nudistes nostalgiques du IIIe Reich, tout comme sa première fois embarrassante. En une heure de spectacle, Élisabeth Buffet revient sans tabou sur ses échecs sentimentaux dans un stand-up surprenant. Lancée à 1 000 à l’heure, elle affiche une liberté artistique contagieuse et inspirante qui a su conquérir Le Grand Point Virgule, à Paris, avant sa tournée hexagonale.
Elle est née durant le confinement. Je trouvais que nous vivions une période pesante. Par ailleurs, mon précédent spectacle avait des aspects plus sombres, car c’était un constat dépité de ma vieillesse. J’avais donc envie d’un retour à la légèreté, de rire sans message, sans arrière pensée, ce qui m’a forcé à replonger dans mon vécu. Elisabeth Buffet. Tout d’abord, c’est un mélange de fiction et de vécu. Bien sûr, la partie vécu est transformée et exagérée pour les besoins de la scène. Ce sont aussi des histoires que des amies m’ont racontées. C’est donc un mélange de choses piochées à droite et à gauche, mais également inspirées de ma vie. À partir de là, je suis partie d’un petit bout de fil que j’ai déroulé - car ça part dans tous les sens, au début. Puis, on essaie de tirer le suc de tout ça.
Avec ce spectacle, Elisabeth Buffet offre une forme de thérapie collective, où le public se reconnaît dans ses mésaventures et ses questionnements. Elle aborde des thématiques universelles comme la sexualité, l'amour, la solitude et l'échec, avec une liberté de ton qui décomplexe et encourage à l'acceptation de soi.
L'Importance de l'Interprétation et de la Mise en Scène
Elisabeth Buffet accorde une importance capitale à l'interprétation et à la mise en scène de ses spectacles. Elle considère que les humoristes qui réussissent à se démarquer sont ceux qui incarnent leurs personnages et qui racontent des histoires.
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« Sur scène, c’est moi, mais de façon caricaturale. Je faisais ça au début de ma carrière, mais plus maintenant. Ce qui revient souvent, c’est la bourgeoise trash. C’est ce dosage entre les restes d’une éducation versaillaise, un vernis élégant, un vocabulaire assez large et recherché, aussi bien dans l’argot et dans la littérature, et puis le côté potache. C’est ce double sens qui fonctionne, et plus je prends de l’âge, plus ça marche ! « Ceux qui ont réussi à se démarquer dans le stand-up sont ceux qui interprètent. C’est une dimension qui est absolument nécessaire. Finalement, une dame mûre qui dit des choses horribles, ça passe mieux qu’une jeune femme ou qu’un jeune homme [rires]. Sur scène, c’est moi, mais de façon caricaturale. C’est quand même proche de moi, mais je suis plus pondérée dans la vie. Il y a, avant tout, cette envie de faire rire et d’offrir un divertissement par-dessus tout, donc il faut toujours pousser tous les curseurs assez loin, selon moi. Quand on voit Mes histoires de cœur, on ne peut s’empêcher de voir une forme théâtrale grâce à tous ces personnages. C’était une volonté de votre part ? Oui, car on part d’une situation. Chaque sketch est construit comme un petit conte, le but étant de les interpréter. Souvent, ce qui différencie le stand-up du théâtre - et malheureusement ça ne bénéficie pas aux stand-uppeurs -, c’est que les humoristes n’interprètent pas. Ceux qui ont réussi à se démarquer dans le stand-up sont ceux qui interprètent. C’est une dimension qui est absolument nécessaire. J’essaye d’incarner tous mes personnages. Quand je fais un dialogue sur scène, j’imagine la personne en face de moi. Avec votre spectacle, on a le sentiment de revenir à la tradition du stand-up selon laquelle il est important d’incarner des personnages. Il y a une grammaire qui est incarnée. La notion du sketch, c’est en principe une situation ; un début, une évolution et une chute. Aujourd’hui, on est souvent dans du stand-up sans fil rouge, durant lequel on lance des vannes. L’ossature traditionnelle manque de nos jours, car j’aime que l’on me raconte des choses. Par exemple, je peux citer Sellig qui sait nous raconter ses péripéties. Il nous emmène avec ses enfants à la montagne, avec sa femme au restaurant… J’aime bien cela, car je le vois.
Elle considère que le stand-up doit être plus qu'une simple succession de vannes, mais une véritable performance théâtrale, où l'humoriste incarne des personnages et raconte des histoires qui captivent le public.
L'Humour Féminin : Une Évolution Constante
Elisabeth Buffet a été marquée par l'évolution de l'humour féminin en France. Elle salue le travail de Muriel Robin, qui a su apporter une nouvelle dimension à l'humour féminin, en osant aborder des thèmes plus raides et en brisant les codes. Elle cite également Florence Foresti comme une autre figure importante de l'humour féminin.
J’ai été fortement marquée par Muriel Robin qui a amené l’humour féminin à quelque chose de drôle, car avant, l’humour féminin avait une mauvaise presse et c’était mérité, car ce n’était pas terrible. Les femmes n’osaient pas aller sur des terrains raides. C’était compliqué. Puis, Muriel Robin est arrivée avec cette énergie, et ses ruptures. J’ai pris une claque. Ensuite, dans la même lignée, ça a été Florence Foresti.
Elisabeth Buffet estime qu'il y a eu une forme de discrimination positive qui a permis aux femmes humoristes de se faire une place dans le milieu, mais elle souligne également l'importance de travailler le jeu, l'écriture et le propos pour se démarquer.
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La Ménopause : Un Tabou à Brisér
Élisabeth Buffet aborde également le thème de la ménopause avec son humour caractéristique. Elle démonte l'idée reçue selon laquelle la ménopause marque le début du vieillissement de la femme et affirme que la société masculine a tendance à réduire la femme à son statut de génitrice.
De la ménopause, on parle souvent des symptômes et des désagréments qui l'accompagnent. Sur le plan psychologique, cette transition peut être vécue comme une période difficile. Bouffées de chaleur, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil… l’arrivée de la ménopause perturbe souvent le quotidien des femmes entre 45 et 55 ans. Dans certains esprits, la ménopause marque le début du vieillissement de la femme. Élisabeth Buffet, humoriste, démonte cette idée reçue et explique pourquoi la ménopause ne doit pas être perçue comme un symbole du déclin de la féminité.Sa ménopause, Élisabeth Buffet, l’a vécu en un clin d’oeil. Elle la décrit même comme "assez furtive" à tel point que ses copines ne l’ont pas vue "se ménopauser". Bien entendu, l'humoriste a quand même vécu des changements corporels et hormonaux avec des bouffées de chaleur ou de l'acné."La ménopause, c’est la fin de la fonction de génitrice"L’association du vieillissement de la femme et de la ménopause est ce qui gêne le plus Élisabeth Buffet : "C’est la fin de la fonction de génitrice, mais je pense que la société masculine, le patriarcat en tout cas, ne veut pas voir la femme qui n’enfante pas. Je trouve ça un peu gênant de réduire la femme à son statut. Car pour l’humoriste, être mère est loin d'être la seule mission dans la vie d'une femme. "J’ai l’impression de servir à quelque chose, puisque je fais rire. C’est vrai que j’ai cette chance-là, mais les femmes à 50 ans, elles bossent. Je crois même qu’elles en font plus qu’à 30 ans ".
Elle insiste sur le fait qu'être mère n'est pas la seule mission dans la vie d'une femme et que les femmes de 50 ans ont encore beaucoup à apporter à la société.
Un Combat Contre la Peur et l'Alcoolisme
Elisabeth Buffet a également évoqué son combat contre la peur et l'alcoolisme. Elle a décidé de bannir la peur, qu'elle considérait comme paralysante et destructrice, et elle a suivi une thérapie pour vaincre son alcoolisme.
J’ai décidé de bannir la peur, car elle était vraiment paralysante et destructrice, elle m’empêchait de bien jouer, de bien profiter, et de partager. Ça été un long travail. Maintenant, je n’ai plus peur, car je me dis qu’au pire si je me vautre, ce n’est pas grave.
Elisabeth Buffet n'a pas sa langue dans sa poche… Pour une interview donnée à Jordan de Luxe sur Non Stop People le 3 novembre, l'humoriste de 55 ans est revenue sur ses amitiés dans le métier. Très proche de Jarry, actuellement juré de l'émission Mask Singer, qui a fait la direction artistique de son spectacle Obsolescence programmée, l'actrice a dévoilé qu'elle ne le fréquentait plus. La comédienne a également évoqué un autre sujet, bien plus privé. Elisabeth Buffet a confié qu'elle était alcoolique depuis quelques années : "Ça fait trois ans maintenant (…) Je suis vraiment tombée dedans à un moment. Je me suis un petit peu abîmée physiquement.
Elle considère que la scène est un moment suspendu, un endroit où elle se sent bien et où elle peut être elle-même. Elle apprécie la solitude et elle estime que c'est dans la solitude ou sur scène qu'elle est vraiment elle.
Les Réseaux Sociaux : Un Outil Indispensable
Elisabeth Buffet reconnaît l'importance des réseaux sociaux pour promouvoir ses spectacles et rajeunir son public. Elle estime que c'est un outil indispensable pour se connecter avec les spectateurs et pour créer du contenu original.
C’est un outil indispensable, il ne faut pas faire l’impasse dessus. J’ai eu du mal à m’y mettre, parce que ce ne sont pas des outils que j’apprécie, mais j’ai trouvé comment trouver du plaisir avec. Effectivement, c’est un outil incroyable, car c’est ça qui me remplit des salles. Ça a aussi rajeuni mon public, et ça c’est super. Ce sont des gens qui viennent souvent pour la première fois au spectacle vivant, c’est génial. Les réseaux sociaux, c’est aussi un autre format, une autre écriture, des personnages un peu différents, bien que je me serve tout de même de certaines choses qui ont fini dans le spectacle.
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