L'École Maternelle Publique Faidherbe, située au 18 Rue Faidherbe dans le 11e arrondissement de Paris, accueille 112 écoliers. Ouverte depuis le 18 juin 1973, elle propose un enseignement pour le cycle des apprentissages premiers, comprenant la petite, moyenne et grande section d'école maternelle. L'établissement comptait 5 classes pour un total de 107 élèves lors de la rentrée.
Récemment, l'école a été touchée par une série d'événements préoccupants, s'inscrivant dans un contexte plus large d'alertes concernant les violences sexuelles et les violences éducatives ordinaires (VEO) dans les écoles parisiennes.
Suspensions à l'École Maternelle Faidherbe
Dans ce contexte alarmant, l’École Maternelle Faidherbe a été confrontée à la suspension de deux animateurs en novembre. La mère d’une fillette de 3 ans, scolarisée dans l’établissement, a déposé plainte suite à des changements de comportement de l'enfant.
Un animateur a été suspendu à la suite d’un signalement pour des faits d’agression sexuelle. Une animatrice a également été écartée, cette fois pour des violences éducatives ordinaires (VEO).
Réactions et Informations aux Parents
Une réunion a été organisée avec les parents d'élèves de cette école maternelle à la suite de la suspension du premier animateur. Cependant, les informations communiquées aux parents étaient limitées en raison de l'enquête en cours. Les parents ont exprimé leur frustration face au manque d'informations.
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Contrairement aux faits à caractère sexuel, la seconde suspension concerne des VEO, qui incluent des humiliations, des violences verbales, des fessées ou de petites tapes sur les mains. Bousculer un enfant ou le traîner violemment par le bras entre également dans cette catégorie.
Conformément au nouveau protocole de la ville de Paris pour lutter contre les violences faites aux enfants, l’animatrice en question ne devrait pas pouvoir réintégrer les effectifs des animateurs périscolaires. La nouvelle règle prévoit la suspension définitive des agents et ce, peu importe les conclusions des enquêtes administratives et pénales.
Contexte Général des Signalements à Paris
Les incidents survenus à l'École Maternelle Faidherbe s'inscrivent dans une augmentation des signalements d'agressions sexuelles dans les écoles maternelles parisiennes. En 2025, quinze enquêtes ont été ouvertes pour des faits d’agressions sexuelles dans des écoles maternelles parisiennes sur des enfants de moins de cinq ans, dont l’une doit être jugée dans quelques jours. Lisa-Lou Wipf, la procureure spécialisée dans les violences sur mineurs, a constaté une « recrudescence importante du nombre de signalements pour des violences sexuelles » qui concerne « quasi exclusivement des animateurs périscolaires, et non des enseignants ». Cette augmentation est « spécifiquement parisienne ».
Ces dernières semaines, les affaires se sont multipliées dans les écoles de la capitale. Mi-novembre, la mère d’une fillette de quatre ans a déposé plainte pour viol aggravé contre un animateur de l’école Bullourde, dans le XIe arrondissement. Une seconde plainte similaire a été déposée quelques jours plus tard, visant cette fois un animateur de l’école Parmentier, également dans le XIe. Les faits auraient été commis dans les toilettes du centre de loisirs.
À l’école Bullourde, trois animateurs ont été suspendus depuis la rentrée scolaire. Ils sont soupçonnés respectivement de « faits à caractère sexuel », « d’exhibition » et de « faits d’agression sexuelle », selon la municipalité. Un animateur d’une école maternelle parisienne, suspendu depuis début avril, doit ainsi être jugé mardi au tribunal judiciaire de la capitale. Il est soupçonné d’agressions sexuelles sur cinq mineurs et de harcèlement sexuel sur deux collègues, ainsi que d’agression sexuelle sur une collègue.
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Début novembre, il a été révélé que trois enseignants de maternelle avaient été suspendus dans des affaires d’agression sexuelle à Paris. L’un d’eux, exerçant dans l’école Grands-Champs (XXe), est accusé d’avoir fait entrer à plusieurs reprises son compagnon au sein de l’école. Ce dernier, qui aurait participé aux activités avec les élèves, est soupçonné d’avoir agressé sexuellement un enfant.
Plusieurs faits dénoncés auraient été commis dans le 11e arrondissement de la capitale. Le 5 mai 2026, un animateur qui travaillait à l’école élémentaire Titon doit être jugé devant la 15e chambre du tribunal correctionnel. Cet homme de 47 ans est poursuivi pour harcèlement sexuel sur mineur de 15 ans sur neuf jeunes filles, ainsi que pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans sur trois d’entre elles. Un animateur scolaire de l’école Alphonse Baudin doit lui aussi comparaître le 26 mai 2026 devant le tribunal correctionnel. Cet homme de 35 ans est soupçonné d’avoir agressé huit enfants.
Interprétations et Réactions Officielles
Pour Lisa-Lou Wipf, cette explosion des signalements ne signifie pas nécessairement que les enfants « sont plus victimes à Paris qu’ailleurs », ni que « les professionnels soient moins bien intentionnés à Paris qu’ailleurs ». Elle avance que les professionnels « sont mieux formés et plus réceptifs qu’avant à la parole d’un enfant » et que « le regard des parents est plus affûté, et sans doute plus suspicieux que par le passé ». Elle n’écarte cependant pas « dans certains cas, des effets d’entraînement, une forme d’inquiétude contagieuse, qui n’est heureusement pas toujours fondée ».
Face à cette vague de signalements, la Ville de Paris a annoncé un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants dans les écoles. Parmi les mesures phares : la création d’un poste de défenseur des enfants et un renforcement de la formation des animateurs. Le nouveau protocole prévoit également la suspension définitive des agents, peu importe les conclusions des enquêtes administratives et pénales.
En 2025, trente animateurs ont été suspendus, dont seize pour des suspicions de faits à caractère sexuel, un chiffre stable par rapport aux deux années précédentes, selon la mairie. Depuis 2023, 52 animateurs ont été écartés à la suite de signalements pour des faits d’agressions sexuelles dans des écoles et des centres de loisirs parisiens.
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Cette année, à « Paris, à date, il y a eu 36 suspensions d’animateurs, dont 19 pour violences sexuelles sur mineurs », a indiqué Patrick Bloche, le premier adjoint PS chargé de l’éducation et de la petite enfance à la Mairie de Paris.
C’est dans ce contexte noir que ce lundi matin, Emmanuel Grégoire, adjoint sortant d’Anne Hidalgo et candidat socialiste aux élections municipales, a révélé sur France Inter avoir lui-même été victime de violences sexuelles durant son enfance, dans le cadre d’activités périscolaires au sein d’une piscine municipale.
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