L'échographie de la hanche du nourrisson est un outil diagnostique précieux dans le dépistage et le suivi de la luxation congénitale de hanche (LCH) et d'autres anomalies du développement de la hanche. Cet article explore en profondeur les indications de l'échographie de la hanche chez le nourrisson, le moment opportun pour sa réalisation, les techniques utilisées, l'interprétation des résultats normaux et pathologiques, ainsi que l'importance d'un diagnostic précoce pour un traitement efficace.
Importance du Dépistage Précoce de la Luxation Congénitale de Hanche (LCH)
La luxation congénitale de hanche (LCH) est une pathologie congénitale du développement de la hanche qui se manifeste par une instabilité de l'articulation. Il existe une mobilité anormale entre le cotyle et le fémur, où la tête fémorale sort, ou peut sortir, en partie ou en totalité de la cavité acétabulaire. La LCH a une faible prévalence, estimée entre 6 à 20 cas pour 1000 naissances en France.
Le traitement de la LCH est simple et très efficace si le diagnostic est précoce. Un diagnostic dans les premiers jours de la vie permet un traitement simple et peu coûteux, tandis qu'une découverte au-delà d'un an rend le traitement plus complexe et nécessite de longues hospitalisations. Une LCH non dépistée et donc non corrigée chez le nouveau-né peut entraîner une boiterie à la marche et une atteinte dégénérative précoce de l'articulation. C’est cette précocité diagnostique, qui doit être recherchée par les acteurs de santé précités.
Une étude récente de 2012 menée par la SOFOP (Société Française d’Orthopédie Pédiatrique) a montré que l’incidence des LCH découvertes après l’âge de 1 an était en augmentation en France depuis 2003. Au cours de cette enquête, il a été démontré que l’incidence était plus élevée dans la région Nord Pas-de-Calais. Cette incidence était de 12 pour 100 000 naissances contre 2.9 au niveau national en 2009 et de 9 pour 100 000 naissances contre 4 au niveau national en 2008.
Facteurs de Risque et Signes Cliniques de la LCH
Le dépistage de la LCH s’effectue tout d’abord par l’interrogatoire pour rechercher les facteurs de risque, puis par un examen clinique rigoureux. Ce dernier doit être réalisé avec un enfant calme, sans couche et nu, si possible après un biberon et sur un plan ferme. Il est nécessaire de rechercher les différents signes cliniques de la LCH tel qu’un ressaut, le signe du piston, une limitation de l’abduction, une instabilité de hanche ou une hypertonie des adducteurs.
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Les facteurs étiologiques sont de deux ordres : génétiques et mécaniques. Les facteurs génétiques sont prédisposants, avec une fréquence plus élevée de la maladie chez les filles ayant des antécédents familiaux. Les facteurs mécaniques sont prépondérants, avec une plus forte prévalence de LCH en cas de primiparité, d’accouchement par le siège, de césarienne, d’enfant de gros poids de naissance, de déformation des pieds, genou, crâne et cou, et d’un oligoamnios.
Les 3 facteurs de risque de LCH reconnus sont :
- La présentation par le siège (y compris tardive)
- Antécédent familial de LCH au 1er degré
- Syndrome postural : torticolis, genu recurvatum, déformation sévère des pieds
Les autres facteurs de risque régulièrement évoqués, mais non prouvés statistiquement sont :
- Gros poids de naissance
- Grossesse gémellaire
- Primiparité
- Oligoamnios
- Césarienne
- Sexe (prédominance féminine)
L'examen clinique comporte 3 temps :
- l’inspection du bébé qui apprécie la position spontanée des 2 membres inférieurs avec une possible déviation en coup de vent d’un côté définissant un « bassin asymétrique congénital ». De même, il pourra être utile de rechercher un raccourcissement apparent d’un membre inférieur.
- l’étude de l’abduction est essentielle car elle a une très forte valeur d’orientation, même si elle ne signe pas formellement une luxation. Elle prend d’autant plus d’importance que l’enfant sera plus grand. Il faut rechercher une asymétrie d’abduction ou une limitation de son amplitude. Toute anomalie rend les hanches suspectes et obligera la recherche d’une instabilité ; si la hanche est stable, cette anomalie de l’abduction définit en tout état de cause un « facteur de risque » essentiel.
- l’instabilité de la hanche, définition même de la luxation, doit être recherchée avec soin, par des manœuvres précises et délicates. Une instabilité est d’autant plus facile à percevoir que l’enfant est très jeune.
- Le signe du ressaut ou Ortolani est le plus classique, mais n’est retrouvé que dans un quart des instabilités environ. Le ressaut disparaît habituellement dans les premières semaines de vie. Le craquement, ou « click », n’est pas un signe clinique de LCH.
- L’autre signe, essentiel, est représenté par le test de Barlow. Cet examen de la hanche, selon un mouvement en va-et-vient d’avant en arrière (d’où le terme de signe du piston) apprécie un déplacement de la tête fémorale, même en l’absence de ressaut. La réalisation de cette manœuvre, sur chaque hanche séparément, doit être très précise ; son apprentissage, un peu délicat, justifie pleinement l’entraînement sur un mannequin.
Il est recommandé d’examiner les hanches des enfants jusqu’à l’acquisition de la marche. L’HAS a édité une fiche mémo pour favoriser les conditions d’un dépistage précoce de la LCH, insistant sur les messages clés, l’examen clinique de la hanche, l’échographie et surtout la stratégie de dépistage de la LCH.
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Indications de l'Échographie de la Hanche chez le Nourrisson
L'échographie de la hanche est un examen d'imagerie médicale qui utilise des ondes sonores pour créer des images en temps réel de la région de la hanche. Ces images permettent aux professionnels de la santé de visualiser les structures internes de la hanche, telles que les os, les articulations, les tendons et les muscles.
L'échographie à 1 mois de vie est complémentaire de l’examen clinique dans le dépistage de la LCH. Les indications de l'échographie de la hanche chez le nourrisson sont les suivantes :
- Dépistage de la dysplasie de la hanche : Chez les nourrissons, les échographies de la hanche sont utilisées pour dépister et surveiller les anomalies de développement, comme la dysplasie de la hanche. La dysplasie développementale de la hanche (DDH) peut varier d’une cupule peu profonde (dysplasie acétabulaire osseuse) à une luxation complète avec la tête fémorale entièrement sortie de l’acétabulum. Des facteurs de risque et/ou une anomalie clinique détectés lors de l'examen clinique imposent une échographie en période néonatale.
- Surveillance de la croissance : L'échographie permet de surveiller la croissance et le développement normal de la hanche chez les nourrissons à risque.
- Diagnostic de douleurs ou de problèmes de hanche : Chez les enfants plus âgés, l'échographie peut être utilisée pour diagnostiquer la cause de douleurs, de boiteries ou d'autres problèmes de hanche.
- Visualisation de lésions ou de tumeurs : Dans certains cas, une injection intraveineuse de gadolinium est réalisée pour mieux visualiser certaines lésions ou tumeurs.
Techniques d'Échographie de la Hanche
Les techniques les plus fréquemment utilisées en France sont la technique de Graf, également la plus répandue dans le monde, et la technique de mesure du fond cotyloïdien (FC), décrite par Couture, plus simple à réaliser et peut-être moins opérateur-dépendante.
La technique la plus fiable et reproductible est celle décrite par Couture. Elle permet la mesure du fond cotyloïdien (FC) et la mesure du pourcentage de couverture osseuse (CO). Le FC est mesuré entre le bord médial de l’épiphyse du fémur et le noyau osseux du pubis. Le seuil de normalité ou «cut-off point», définissant l’instabilité de la hanche pathologique, est une mesure de FC inférieure à 6mm. La mesure de couverture osseuse a été longtemps la seule retenue par les radiologues, au détriment de la mesure de FC. La mesure de FC apparaît donc préférable à celle de CO si l’on souhaite diffuser largement une méthode reproductible.
Une technique rigoureuse est essentielle, avec l'utilisation d'une sonde de haute fréquence. La hanche doit être en posture luxante de flexion adduction, l'os iliaque parallèle au plan cutané, et il faut une visualisation du pubis et du cotyle bien déroulé.
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Réalisation de l'Échographie de la Hanche
Avant de subir une échographie de la hanche, il y a quelques étapes de préparation à suivre. Le technicien appliquera un gel d’échographie sur la peau de la hanche. Les images échographiques de la hanche sont immédiatement visibles et interprétées par un radiologue ou un médecin.
Interprétation des Résultats de l'Échographie
Il est important de savoir apprécier les variantes de la normale, en tenant compte des critères de maturation et de la laxité ligamentaire. L'échographie permet de connaître les données pathologiques qui vont d’un minime élargissement de l’interligne jusqu’à la luxation irréductible.
Radiographie de Bassin
La radiographie de bassin a sa place si aucune échographie n’a été réalisée dans les 3 premiers mois de vie. Elle a perdu sa place prépondérante dans le domaine du dépistage mais elle conserve une place irremplaçable pour le diagnostic et l’analyse des lésions, chez l’enfant de plus de 4 mois. Les noyaux épiphysaires fémoraux ne devenant radio-opaques que vers l’âge de 4 mois, la radiographie n’est pas fiable pour le dépistage de la LCH avant cet âge et ne doit plus être pratiquée.
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