Introduction

L'échographie anténatale est un examen d'imagerie médicale essentiel au suivi de la grossesse. Elle permet de suivre le développement du bébé grâce à des ultrasons émis par une sonde et renvoyés par le fœtus, d'obtenir des images en temps réel et de détecter d’éventuelles malformations. Cet article détaille le déroulement de l'échographie diagnostique anténatale, son importance, les différentes étapes et les examens complémentaires possibles.

Importance de l'échographie anténatale

L'échographie anténatale est un examen systématique et non invasif, ce qui explique sa large diffusion et utilisation en pratique médicale. Au cours de la grossesse, 3 échographies de dépistage anténatal sont proposées en cas d’évolution normale : au premier, au deuxième et au troisième trimestre de la grossesse (11-13, 22-24, 32-34 semaines d’aménorrhée). L'échographie permet d'obtenir certaines informations qu'aucun autre examen ne peut fournir.

Informations Clés Fournies par l'Échographie

  • Âge exact de la grossesse: L'échographie permet de déterminer l'âge gestationnel avec précision, exprimé en semaines d'aménorrhée (SA), c'est-à-dire à partir du premier jour des dernières règles.
  • Nombre de fœtus: Elle révèle si la grossesse est unique ou multiple.
  • Localisation du placenta: L'échographie permet de vérifier la position du placenta.
  • Mesure de la clarté nucale: Entre 11 et 13 semaines d’absence de règles, la mesure de la clarté nucale est réalisée pour participer au dépistage de la trisomie 21.
  • Morphologie de l'enfant: L'examen évalue le développement anatomique du fœtus. Au deuxième trimestre, l’analyse portera entre autres sur le crâne et le cerveau, la face, le cœur, les membres, l’abdomen, la colonne vertébrale et les reins du fœtus.
  • Croissance: La bonne croissance du fœtus sera évaluée et une estimation du poids à la date de l’examen vous sera donnée.
  • Échanges entre la mère et le fœtus: L'échographie Doppler permet d’apprécier la qualité des échanges entre la mère et le fœtus.

Déroulement d'une échographie anténatale typique

L'échographie anténatale se déroule en plusieurs étapes, généralement dans un centre de radiologie ou une unité de diagnostic anténatal.

Préparation

Aucune préparation particulière n’est généralement requise, sauf indication spécifique du médecin. Il est toutefois recommandé d’apporter tous les documents médicaux liés à la grossesse (ordonnance, examens antérieurs, carte de suivi). Il n'est pas nécessaire de venir à jeun. Lors de l’échographie du 1er trimestre et dans certains cas pour les suivantes, il peut être demandé d’avoir la vessie pleine au moment de l’examen.

Procédure

  1. Accueil et installation: À votre arrivée, vous êtes accueillie par l'équipe médicale, puis installée confortablement en position allongée.
  2. Application du gel: Le radiologue applique un gel sur votre ventre pour faciliter la transmission des ultrasons.
  3. Examen échographique: Le radiologue explore les différentes zones de l’utérus et du fœtus, en temps réel, sur un écran. L’examen peut être réalisé par voie abdominale ou endovaginale selon le stade de la grossesse et les besoins cliniques. Le Doppler permet de mesurer la vitesse du flux sanguin dans certains vaisseaux du fœtus ou du placenta.
  4. Durée de l'examen: L’examen dure en moyenne 20 à 30 minutes.
  5. Photos: Des photos peuvent être prises au cours de l’examen, mais la meilleure analyse se fait “en temps réel” au cours de l’examen.

Sécurité

L’échographie est un examen essentiel au suivi de la grossesse, sans danger pour la mère ou le bébé. L’échographie est un examen non irradiant, c'est-à-dire qu’elle n’utilise pas de rayons X mais uniquement les propriétés des ultrasons. Ces ultrasons sont dirigés vers le fœtus mais aucun effet négatif à court ou à long terme n’a été associé à l’échographie pour la mère ou l’enfant à naître. Il faut toutefois respecter les indications médicales de l’échographie et limiter l’utilisation de celle-ci dans un but purement « ludique » ou « récréatif ».

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Dépistage et diagnostic prénatal

Le diagnostic prénatal (ou diagnostic anténatal) a pour but de dépister et diagnostiquer des pathologies de gravités variables (malformations, anomalies génétiques, infectieuses …) chez le fœtus in utero (étant encore dans l’utérus). Le dépistage prénatal des anomalies fœtales commence avec la première échographie. Entre la 11e et la 14e semaine de grossesse, une échographie de clarté nucale est effectuée pour mesurer l'épaisseur du pli nucal. Le pli nucal est une zone contenant du liquide, située à l'arrière du cou du fœtus. Cette mesure, ainsi que l'âge de la mère et les niveaux de certaines hormones de grossesse, sont des indicateurs de risque de troubles génétiques.

Dépistage de la trisomie 21

À l’issue de l’échographie du premier trimestre, le médecin ou la sage-femme vous expliquera les modalités du dépistage de la trisomie 21. Ce dépistage non obligatoire a pour objectif de calculer le risque pour le fœtus d’être porteur d’une trisomie 21. Il associe les données d’une prise de sang, de l’échographie du premier trimestre, ainsi que des éléments de vos antécédents. La prise de sang sera réalisée dans votre laboratoire habituel. Si le risque de trisomie 21 est augmenté, une deuxième prise de sang vous sera proposée afin de réaliser une analyse de l’ADN fœtal libre circulant dans le sang de la mère.

Examens complémentaires

Si un doute survenait au cours de l'examen, d'autres examens complémentaires (comme une amniocentèse ou des prélèvements de sang par exemple) et des examens de contrôle vous seraient proposés selon la situation. Certaines situations imposent en effet un avis spécialisé : antécédents personnels ou familiaux, maladies infectieuses contractées pendant la grossesse, résultats d’examens de dépistage ou encore constatations échographiques.

Amniocentèse

Votre médecin vous a proposé la réalisation d'une amniocentèse. Il s'agit d'un prélèvement d’une petite quantité du liquide qui entoure le fœtus dans l'utérus (le liquide amniotique) par ponction à l'aide d'une aiguille à travers le ventre de la mère. Cet examen est réalisé le plus souvent pour étudier les chromosomes du fœtus (par exemple pour la recherche de trisomie), ainsi que pour la recherche d’autres pathologies fœtales d’origine génétique, infectieuses (virales ou parasitaires : par exemple la toxoplasmose), etc. L'examen est habituellement effectué à partir de 15-16 semaines d'aménorrhée (début du 4e mois de grossesse) et reste possible jusqu’à la fin de la grossesse. Le but de l’amniocentèse est de répondre à des questions précises grâce aux examens faits sur le liquide amniotique. Cet examen ne peut cependant pas dépister toutes les anomalies ou malformations. Le prélèvement est réalisé stérilement sous échographie après désinfection du ventre. Une aspiration de liquide amniotique est réalisée avec une seringue à l'aide d'une aiguille très fine, à travers le ventre de la mère. La ponction elle-même n'est pas plus douloureuse qu'une prise de sang. Vous pourrez rentrer chez vous rapidement après l'amniocentèse. Il est souhaitable de rester au repos le jour même de l'examen, mais il n'est pas nécessaire de rester alitée. Les résultats de l’amniocentèse seront envoyés par le laboratoire à votre médecin qui vous les communiquera.

Biopsie de trophoblaste

Votre médecin vous a proposé la réalisation d'une biopsie de trophoblaste. L'examen est habituellement effectué entre 11 et 14 semaines d'aménorrhée (environ 2 mois et demi de grossesse). Cet examen peut être réalisé pour l'étude des chromosomes du fœtus (caryotype ou analyse chromosomique par puce à ADN (ACPA) ou pour la recherche de certaines anomalies génétiques. Une échographie réalisée avant le prélèvement permet de vérifier si les conditions de réalisation de l’examen sont réunies et de déterminer la technique la mieux adaptée à votre cas. soit par une ponction à l’aide d’une aiguille fine à travers le ventre de la mère. Une anesthésie locale peut être proposée. Vous pourrez rentrer chez vous rapidement après la biopsie de trophoblaste. Il est souhaitable de rester au repos le jour même de l'examen mais il n'est pas nécessaire de rester alitée. La réalisation d'une biopsie de trophoblaste, même conduite dans des conditions de compétence et de sécurité maximales, comporte un risque de fausse couche inférieur à 0,5 %. Ce risque de fausse couche est maximum dans les 8 à 10 jours suivant la biopsie. Elle peut se manifester par des douleurs, des saignements ou un écoulement de liquide. La survenue de l'un de ces signes doit vous faire consulter rapidement votre médecin. Dans certains cas, les conditions techniques ou la localisation du trophoblaste ne sont pas favorables à la réalisation d'une biopsie de trophoblaste, et il peut être nécessaire de surseoir à la réalisation de la biopsie et de reporter l'examen de 8 à 10 jours, ou encore de programmer une amniocentèse quelques semaines plus tard pour ne pas augmenter le risque de complications. Les résultats des examens seront envoyés par le laboratoire à votre médecin qui vous contactera.

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Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN)

Si l’enfant à naître souffre d'une affection grave, la patiente est adressée à un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Des examens complémentaires peuvent être nécessaires. Avant que les différents membres de l'équipe ne formulent leur avis, la femme enceinte (seule ou avec le père) peut demander à être entendue par certains d’entre eux ou par toute l’équipe. Les membres de l’équipe du CPDPN se concertent et rendent leur avis sur la malformation ou la pathologie fœtale qui motive la demande d'IMG. Lorsque l'affection est grave, voire incurable, l'équipe pluridisciplinaire peut proposer aux parents l’interruption de grossesse pour motif médical.

Interruption Médicalisée de Grossesse (IMG)

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG) est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus ou la mère, sans restriction de délai. Les parents amenés à formuler une demande d’IMG le font, le plus souvent, dans le cadre d’une anomalie grave détectée sur le fœtus. Il est très important que des informations complètes sur les problèmes de santé du fœtus ou de la mère, sur leurs conséquences et sur l’IMG soient clairement expliquées. Lorsque la décision de pratiquer une IMG a été prise et que les attestations légales ont été délivrées, la femme enceinte (seule ou en couple) est revue en entretien préalable par un médecin. Il informe aussi le couple (ou la mère) sur la prise en charge psychologique dont il peut bénéficier. Au-delà de 14SA, l’interruption médicalisée de grossesse est réalisée en déclenchant médicalement l’accouchement par les voies naturelles. Les médicaments utilisés déclenchent des contractions et la procédure peut être assez douloureuse. Selon l’âge de la grossesse, une anesthésie, le plus souvent péridurale, peut donc être programmée. Lorsque la grossesse a plus de 22 SA, un geste d’arrêt de vie du foetus est recommandée avant le déclenchement de l'accouchement, au vu des connaissances sur la douleur chez le fœtus. Jusqu’à 16SA, la technique chirurgicale d'IMG est proposée sous anesthésie générale : curetage par aspiration, évacuation du contenu utérin après dilatation du col de l'utérus. Une consultation post-IMG est effectuée une fois connus les résultats des examens pratiqués sur le fœtus. Elle a lieu préférentiellement avec le médecin ayant réalisé l’intervention.

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