Les nourrissons, en raison de leur système immunitaire et de leurs organes encore en développement, sont particulièrement vulnérables à diverses pathologies. Cet article explore certaines des pathologies les plus courantes chez le nourrisson, leurs causes, leurs symptômes et les traitements disponibles.
Troubles Digestifs
Coliques du Nourrisson
Les coliques du nourrisson se manifestent par des crises de pleurs intenses et soutenues, survenant généralement en fin d'après-midi ou en début de soirée, ou après un repas. Le bébé s'agite, se tortille et hurle pendant de longues minutes, voire des heures. Ces coliques touchent environ 25 % des nourrissons entre leur troisième semaine et leur cinquième mois.
Causes: Les coliques sont encore mal comprises, mais plusieurs hypothèses existent :
- Immaturité du système digestif: Le système digestif et la flore intestinale du nourrisson sont encore en développement.
- Besoin d'évacuer les tensions: Les pleurs peuvent être un moyen pour le bébé d'évacuer les tensions et le stress.
- Anxiété liée à la tombée de la nuit: Le besoin de réconfort peut causer des pleurs inexpliqués.
- Allergie ou intolérance alimentaire: Une allergie ou une intolérance au lait de vache peut être en cause.
Traitements et soulagement:
- Allonger bébé sur le ventre: Après la tétée ou le biberon, allonger bébé sur le ventre peut soulager la pression.
- Masser l'abdomen: Masser doucement l'abdomen de bébé peut aider à expulser les gaz.
- Porter bébé en écharpe: Le portage en écharpe peut apporter un sentiment de sécurité et soulager les douleurs intestinales.
- Adapter l'environnement: Lumière tamisée, musique douce et ambiance calme peuvent apaiser bébé.
- Consulter un pédiatre: Il est important de demander conseil à un professionnel de santé avant de changer l'alimentation de l'enfant ou en cas de pleurs persistants.
Reflux Gastro-Œsophagien (RGO)
La présence de régurgitations peut être un signe évocateur d’un reflux gastro-œsophagien. Une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux et augmenter les réveils nocturnes.
Allergie aux Protéines de Lait de Vache (APLV)
L’allergie aux protéines de lait de vache peut être difficile à diagnostiquer du fait de symptômes peu spécifiques : la nuit, l’enfant est agité et douloureux, et la journée il se montre irritable et inconfortable. Cette intolérance est souvent héréditaire et associée à un eczéma. En cas d'allergie au lait et si l'allaitement n'est pas possible, il existe des alternatives au lait de vache. Il est impératif de demander conseil à votre pédiatre avant de changer l’alimentation de votre enfant.
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Erreurs Alimentaires Ponctuelles
Si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre.
Troubles du Sommeil
Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% des enfants présentent des troubles du sommeil. Les problèmes de sommeil entre la naissance et 3 ans ont une cause médicale dans 15 à 20% des cas seulement.
Causes Médicales Possibles :
- Coliques,
- Poussées dentaires,
- Otites.
Causes Comportementales et Environnementales :
- Troubles de la séparation,
- Opposition,
- Insuffisance de limites,
- Retard du coucher.
Troubles Spécifiques :
- Terreurs nocturnes et cauchemars.
- Comportements moteurs répétitifs. Il s’agit de comportements moteurs répétés impliquant de larges groupes musculaires ; le plus souvent, il s’agit de balancement du haut voire de tout le corps. Ces comportements sont présents au moment de la transition veille-sommeil, c’est-à-dire au moment de l’endormissement et à chaque changement de cycle de sommeil la nuit. Elles débutent généralement autour de 6-9 mois, pour atteindre leur paroxysme à 18 mois.
Solutions et Thérapies :
- Thérapie comportementale. La thérapie comportementale est l’une des techniques possibles pour faciliter cet apprentissage. Elle n’est pas conseillée avant 6 mois car, les premiers mois de vie, le contact physique est indispensable au bébé pour acquérir ce sentiment de sécurité qui lui permettra plus tard d’être autonome dans son sommeil. Elle ne fonctionnera que si les parents sont convaincus de son bien-fondé. Si les parents sont sereins, le bébé le sera aussi ! Se sentant en sécurité, il pourra apprendre à trouver seul son sommeil.
- Phase de préparation : dans la journée, instaurer une promenade deux fois par jour, pour exposer le bébé à la lumière du jour. Y associer des horaires de siestes et de repas réguliers, en évitant toute fin de sieste après 16 h.
- Phase de thérapie : bien expliquer à l’enfant ce que l’on va faire, et pourquoi : « Tu vas apprendre à dormir tout seul en sécurité dans ton lit. Papa et maman seront toujours là si tu as besoin d’eux, mais nous pensons que le meilleur endroit pour ton sommeil est ton lit, dans ta chambre… ». Coucher l’enfant à son heure de coucher habituelle et se montrer ensuite le moins interventionniste possible. En pratique : retourner voir l’enfant en espaçant progressivement l’intervalle de temps entre deux visites. C’est aux parents de choisir, en fonction de leurs convictions, le temps adapté pour que l’enfant apprenne à mobiliser ses propres ressources. Vous pouvez par exemple faire 2 minutes, puis 4 minutes, puis 6 minutes…. il faut, dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus fréquemment endormi. Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles utilisées pour les enfants ayant des troubles de l’endormissement. Les parents attendent que leur enfant s’endorme sans difficulté.
- Co-sleeping. Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16% des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Appelée co-sleeping par les anglo-saxons, cette pratique est fréquente dans certaines cultures. Pour les parents qui souhaitent favoriser l’autonomie au sommeil, une thérapie comportementale telle que décrite ci-dessus est une bonne alternative.
- Réveils nocturnes. Contrairement à l’endormissement, il est plutôt recommandé de ne faire qu’une seule visite à l’enfant, et ensuite de ne plus y retourner.
- Importance de la consultation. Il est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller, mais aussi vous rassurer sur son évolution.
Troubles Respiratoires
Ronflement et Apnée du Sommeil
Entre 6 mois et 6 ans, 10% des enfants ronflent. L’apnée du sommeil touche entre 2 et 4% de enfants ; celle-ci est plus fréquente chez les 3- 6 ans. Chez le nouveau-né, une respiration irrégulière et un peu bruyante entrecoupée de courtes pauses respiratoires est normale. En revanche, si votre bébé peine pour respirer ou a un rythme rapide qui vous semble anormal, il faut consulter votre médecin.
Causes du Ronflement :
- Obstacle au niveau des voies aériennes supérieures (nez, pharynx, larynx, trachée), entraînant une vibration de la colonne d’air.
Apnées Centrales :
- Chez les bébés nés prématurément ou dans certaines maladies exceptionnelles qui touchent les centres respiratoires du cerveau, l’on peut observer des apnées dites « centrales ». Le bébé s’arrête de respirer car les zones de son cerveau commandant la respiration ne sont pas complètement terminées ou ne fonctionnent pas correctement, et le conduisent à oublier de respirer parfois. Chez quelques bébés, « grands prématurés », ces apnées peuvent être longues et entraîner une diminution de l’oxygène sanguin (le bébé devient bleu).
Apnées Obstructives :
- Les enfants souffrant d’un syndrome d’apnées obstructives n’oublient pas de respirer. Ils font, au contraire, d’intenses efforts pour faire passer l’air dans des voies aériennes supérieures partiellement obstruées. Celui-ci circule avec difficulté et parfois pas du tout.
Types de Ronflement :
- Ronflement simple : Un enfant atteint d’un ronflement dit « simple », ronfle mais son sommeil est calme. Il est dans la journée bien éveillé, calme, et ne présente aucun trouble du comportement.
- Syndrome d’apnées : En cas de syndrome d’apnées, le sommeil de l’enfant est agité. Son ronflement est irrégulier interrompu par des arrêts de la respiration. Il transpire beaucoup pendant son sommeil. Dans la journée, cet enfant est somnolent ou, à l’inverse, hyperactif. Il est irritable. Il a des difficultés à se concentrer. Les enfants porteurs d’un syndrome d’apnées du sommeil respirent fréquemment la bouche ouverte. Ils ont souvent une voix nasillarde ou enrouée du fait de l’obstruction provoquée par l’hypertrophie des végétations ou des amygdales.
Recommandations :
- Si vous avez le moindre doute concernant la respiration de votre enfant dans le sommeil, le plus simple est d’en parler au médecin qui suit votre enfant.
Cyanose
Lorsqu'un tissu n'est plus suffisamment approvisionné en oxygène, il vire au bleu : on parle alors de cyanose. Elle peut être transitoire et bénigne comme elle peut être le signe d'une pathologie sérieuse. La cyanose est un symptôme clinique, qui peut avoir de nombreuses causes. A moins qu'elle ne soit localisée que sur les lèvres et les ongles en cas d'exposition au froid, il convient de la prendre au sérieux.
Causes:
- Atteinte respiratoire. "Un problème au niveau des poumons par exemple, lorsqu'ils n’arrivent plus à effectuer leur travail d’hématose, c’est-à-dire à oxygéner le sang artériel", détaille le Dr El Harrif.
- Malaise du nourrisson. Lorsqu'un enfant fait un malaise - dit malaise du nourrisson - comme ce peut être le cas lors d'une grosse régurgitation, il peut être privé pendant quelques instants d'oxygène et cela provoque l' apparition de mains et de pieds bleutés.
- Exposition au froid. Il arrive souvent que les lèvres du bébé virent au bleu voire au violet lors d'une exposition au froid ou que bébé reste un peu trop longtemps dans un bain frais.
- Cardiopathies cyanosantes. Lorsque la cyanose touche le nouveau-né, on parle de cyanose néonatale, congénitale ou encore de "maladie bleue". "Certaines malformations font que le sang désoxygéné part totalement ou en partie vers les organes au lieu d’aller aux poumons pour être rechargé en oxygène", détaille le Dr El Harrif. Toutes ces malformations cardiaques sont regroupées sous le terme de cardiopathies cyanosantes. "Elles sont graves et font pour cela l’objet d’un dépistage en maternité de manière systématique.
- Insuffisances respiratoires. "Dans les insuffisances respiratoires, la cyanose s’accompagne d’une gène respiratoire, de sueurs, de troubles de conscience, qui font que la cyanose n’est que le signe de gravité d’une pathologie préexistante", explique le pédiatre.
Problèmes de Peau
Dermatite Atopique (Eczéma)
La dermatite atopique du nourrisson a longtemps été confondue avec de l’allergie alimentaire ou dû à un produit en contact avec la peau. Or, bien que l’allergie soit une composante de cette maladie cutanée, son origine est en réalité due à un dysfonctionnement du rôle protecteur de la peau. En effet, la couche hydrolipidique présente sur la surface externe ne protège plus de façon optimale contre les facteurs environnementaux.
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Prédisposition Génétique :
- Généralement, les bébés qui présentent une dermatite atopique sont prédisposés génétiquement. Si l’un des parents possède un terrain atopique, l’enfant a 50 % de risque de développer à son tour une pathologie cutanée.
Symptômes :
- Les symptômes de l’eczéma atopique du nourrisson sont facilement reconnaissables : la peau atopique est très sèche, parfois suintante, des plaques rouges apparaissent, parfois accompagnées de petites vésicules.
Impact sur la Qualité de Vie :
- Bien que bénigne, la dermatite atopique du nourrisson impacte la qualité de vie de votre bébé et celle de l’ensemble de la famille (fatigue, manque de sommeil, stress…).
Localisation :
- Chez le nourrisson, la dermatite atopique se localise au niveau du visage et des joues, des bras, du ventre et des cuisses.
Complications Possibles :
- En cas d’eczéma la barrière cutanée est fragilisée et des lésions notamment provoquées par des grattages intensifs peuvent apparaître. Cette altération de la barrière de la peau favorise l’exposition à des microorganismes et augmente le risque de surinfection bactérienne. Parmi les autres complications possibles, une surinfection virale peut survenir si les lésions se retrouvent en contact avec le virus de l’herpès. Certains cas voient apparaître un « retard de croissance ».
Traitement :
- À ce jour, il n’existe aucun traitement curatif de la dermatite atopique chez le bébé et le jeune enfant. Les soins ont pour but de rendre la vie de l’enfant et de sa famille plus harmonieuse et aussi de limiter les infections. Éviter de donner un bain quotidien à votre bébé. Vous pouvez les espacer un jour sur deux.
Recommandations :
- Si votre enfant a la peau sèche, pleure sans raison et cherche à se frotter le visage, contre les draps par exemple, ce sont peut-être les signes qu’il souffre de dermatite atopique du nourrisson. Nous vous recommandons de consulter un dermatologue pour établir un diagnostic.
Ictère du Nouveau-né (Jaunisse)
L’ictère, plus communément appelé jaunisse, est une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux fréquente chez le nouveau-né. Dans la plupart des cas, il est bénin, mais il ne faut pas le négliger car il existe des ictères pathologiques. L’ictère néonatal survient chez 65 à 70% des nouveau-nés.
Causes :
- La bilirubine: La bilirubine est un pigment jaune produit lors de la décomposition normale des globules rouges.
- Ictère physiologique: Le nouveau-né peut présenter de façon physiologique une augmentation de la bilirubine sanguine liée à une production accrue de bilirubine (2 à 3 fois supérieure à celle de l’adulte) ou à l’immaturité de son foie. C’est l’ictère le plus fréquent.
- Ictère de l’allaitement: Il est dû à une consommation insuffisante de lait maternel. Le transit du nouveau-né est ralenti et il a donc tendance à éliminer moins de bilirubine.
- Ictère au lait maternel: Il est moins fréquent et dû à la présence dans le sang maternel de forts taux d’une substance non identifiée ralentissant l’excrétion de bilirubine.
- Autres causes rares.
Complication Grave :
- Ictère nucléaire: L’ictère nucléaire est une complication grave mais rare en raison des efforts de dépistage et du traitement précoce. Il est associé à un taux très élevé de bilirubine, qui se dépose dans le cerveau, ce qui entraîne des lésions cérébrales. Le risque d’ictère nucléaire est plus élevé chez les nouveau-nés prématurés, gravement malades ou recevant certains médicaments. Non traité, il peut aboutir à une absence de réaction ou une léthargie, une perte du tonus musculaire, des pleurs, des problèmes d’alimentation et des crises convulsives.
Dépistage :
- Le dépistage de l’ictère en maternité est assuré par un bilirubinomètre transcutané. L’appareil est appliqué sur le front et le sternum du nouveau-né. Il évalue par mesure optique la concentration en bilirubine totale.
Traitement :
- Ictère de l’allaitement: Il peut être réduit en augmentant la fréquence de l’allaitement jusqu’à 8 à 12 tétées par jour au moins.
- Ictère au lait maternel: Dans certains cas, il peut être conseillé à la mère d’arrêter d’allaiter son enfant pendant 1 ou 2 jours et de reprendre l’allaitement lorsque le taux de bilirubine décroît.
- Photothérapie: Le traitement de l’ictère associé à un taux élevé de bilirubine fait appel à la photothérapie. La photothérapie est le traitement le plus courant. L’exposition à la lumière bleue permet de convertir la bilirubine en produits de dégradation hydrosolubles éliminables dans l’urine. Les nouveau-nés sont dévêtus afin d’exposer autant de peau que possible. Une protection oculaire est nécessaire pour protéger leurs yeux de la lumière intense. Les nouveau-nés sont retournés fréquemment et laissés sous photothérapie jusqu’à ce que le taux de bilirubine baisse. Le traitement peut durer 2 jours à une semaine.
- Transfusion: Rarement, si le taux de bilirubine continue à augmenter malgré une photothérapie intense, une transfusion peut être pratiquée.
Autres Pathologies et Risques
Syndrome de la Mort Subite du Nourrisson (SMSN)
Le syndrome de la mort subite du nourrisson touche de 0,03 à 0,09% de bébés de la naissance à 1 an. Il se produit généralement durant le sommeil du bébé : un tout-petit apparemment en bonne santé s’endort et cesse de respirer, sans cause médicale apparente. Bien que les causes exactes soient inconnues, certains facteurs de risque sont bien identifiés.
Risques liés à la consommation de lait infantile contaminé
Pour les 11 cas d'hospitalisation identifiés, les investigations ont révélé que cinq avaient consommé "avec certitude" du lait concerné par un rappel. Le principal risque chez le nourrisson est la déshydratation aiguë. Le DGS-Urgent détaille la conduite à tenir en cas de symptômes évocateurs chez des nourrissons ayant consommé du lait concerné par un retrait du marché (cf. "Ce nouveau seuil permet d'aller encore plus loin dans la protection des nourrissons, étant fondé sur les normes méthodologiques les plus récentes et intégrant un facteur de sécurité supplémentaire pour ceux-ci", précise le ministère de l'agriculture. Le ministère appelle l'ensemble des fabricants de laits infantiles en France à "se conformer à ce nouveau seuil", et prévient que l'application de cette nouvelle mesure est donc "susceptible d'entraîner de nouveaux retraits et rappels dans les jours à venir".
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