La dysenterie est une infection intestinale inflammatoire qui provoque une diarrhée sévère, souvent accompagnée de sang et de mucus dans les selles. Bien qu'elle puisse toucher les personnes de tous âges, les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables en raison de leur système immunitaire immature et de leur risque accru de déshydratation. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de la dysenterie chez les nourrissons, en abordant ses causes, ses symptômes, ses traitements et ses mesures préventives.
Causes de la dysenterie chez le nourrisson
La dysenterie est principalement causée par des infections bactériennes ou parasitaires. Les causes les plus courantes sont :
Shigella : Les bactéries du genre Shigella sont une cause fréquente de dysenterie, en particulier chez les enfants. La shigellose, l'infection causée par Shigella, est très contagieuse et se propage par voie féco-orale, souvent en raison d'une mauvaise hygiène. Il existe quatre sérogroupes de Shigella : Shigella dysenteriae, Shigella flexneri, Shigella boydii et Shigella sonnei. En France et dans les pays industrialisés, le sérogroupe le plus fréquent est S. sonnei.
Entamoeba histolytica : Ce parasite est responsable de la dysenterie amibienne, également appelée amibiase intestinale. L'infection se produit généralement par l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par des kystes d'amibes.
Autres bactéries : D'autres bactéries, telles que Campylobacter, Salmonella et certaines souches d'Escherichia coli (E. coli), peuvent également provoquer la dysenterie.
Lire aussi: Conditions de déduction fiscale
La transmission de ces agents pathogènes se produit généralement par :
- Voie féco-orale : C'est la voie de transmission la plus courante, où les bactéries ou les parasites présents dans les selles d'une personne infectée contaminent l'eau, les aliments ou les surfaces, qui sont ensuite ingérés par une autre personne.
- Aliments et eau contaminés : La consommation d'aliments ou d'eau contaminés par des matières fécales contenant des agents pathogènes est une cause fréquente de dysenterie.
- Contact direct : La transmission peut également se produire par contact direct avec une personne infectée, en particulier dans les environnements où l'hygiène est médiocre.
Symptômes de la dysenterie chez le nourrisson
Les symptômes de la dysenterie chez le nourrisson peuvent varier en fonction de la cause de l'infection et de la gravité de la maladie. Les symptômes courants comprennent :
- Diarrhée : Selles fréquentes, liquides et parfois explosives. La diarrhée est souvent accompagnée de sang, de mucus ou de pus. Chez le petit enfant, la diarrhée aiguë se manifeste par une évacuation inhabituellement fréquente de selles liquides de couleur variée. Dans la couche, les selles du bébé présentent un large bord humide, comme une auréole. On y trouve parfois des restes d’aliments, des glaires ou du sang.
- Douleurs abdominales : Crampes et douleurs abdominales, qui peuvent être sévères.
- Fièvre : Une température élevée est fréquente, en particulier dans les infections bactériennes.
- Nausées et vomissements : Ces symptômes peuvent entraîner une déshydratation rapide.
- Déshydratation : La perte excessive de liquides due à la diarrhée et aux vomissements peut entraîner une déshydratation, qui peut être grave chez les nourrissons. Les signes de déshydratation comprennent une diminution de la production d'urine, une bouche sèche, des yeux enfoncés, une léthargie et une fontanelle enfoncée (l'espace mou sur le dessus de la tête du bébé). La déshydratation sévère se manifeste par une grande fatigue, des yeux creux et cernés, une perte de poids et des troubles psychiques (désorientation, torpeur, somnolence anormale, etc.).
- Irritabilité : Les nourrissons atteints de dysenterie peuvent être irritables et difficiles à calmer.
Dans les cas graves, la dysenterie peut entraîner des complications telles que :
- Syndrome hémolytique et urémique (SHU) : Une complication rare mais grave, généralement associée à certaines souches d'E. coli, qui peut entraîner une insuffisance rénale. un syndrome hémolytique et urémique, une insuffisance rénale aiguë de cause complexe, le plus souvent mortelle en l’absence de possibilités rapides de réanimation, peut être observé exceptionnellement après contamination par les très rares souches de Shigella spp.
- Perforation intestinale : Dans les cas d'amibiase sévère, les ulcères dans les intestins peuvent entraîner une perforation intestinale, qui est une urgence médicale.
Diagnostic de la dysenterie chez le nourrisson
Le diagnostic de la dysenterie chez le nourrisson repose sur les symptômes cliniques et les tests de laboratoire. Les tests courants comprennent :
- Examen des selles : Un échantillon de selles est examiné au microscope pour rechercher des bactéries, des parasites ou des globules blancs, qui indiquent une infection.
- Coproculture : Une culture des selles est réalisée pour identifier les bactéries responsables de l'infection. Le diagnostic de la shigellose est confirmé par la détection des bactéries Shigella dans un échantillon de selles du patient que ce soit par culture (coproculture) ou par des tests moléculaires (PCR pour Polymerase Chain Reaction) au sein d’un laboratoire de biologie médicale. Les techniques microbiologiques classiques restent encore les techniques de référence pour la confirmation du sérogroupe et pour la détermination de la susceptibilité aux antibiotiques.
- Tests d'amplification en chaîne par polymérase (PCR) : Ces tests moléculaires peuvent détecter l'ADN de bactéries ou de parasites dans les selles, offrant un diagnostic plus rapide et plus précis.
- Analyses sanguines : Des analyses sanguines peuvent être effectuées pour évaluer la déshydratation, les déséquilibres électrolytiques et la fonction rénale.
Traitement de la dysenterie chez le nourrisson
Le traitement de la dysenterie chez le nourrisson vise à :
Lire aussi: Symptômes de la rougeole
- Réhydrater l'enfant : La réhydratation est la priorité absolue, car la déshydratation peut être mortelle chez les nourrissons. Des solutions de réhydratation orale (SRO) contenant des électrolytes et du glucose sont utilisées pour remplacer les liquides et les sels perdus. Les SRO sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Pour limiter les risques de déshydratation, pensez à bien réhydrater votre bébé. Votre médecin pourra vous recommander l’utilisation d’un soluté de réhydratation orale (SRO), disponible en pharmacie, qui contient un mélange équilibré d’eau, sels minéraux et sucre, favorisant une meilleure absorption. Il est conseillé, dans l’idéal, d’administrer de petites quantités régulièrement (environ 5 ml toutes les 5 minutes), aussi souvent que possible. Si votre bébé est allaité, poursuivez l’allaitement normalement ; avec un lait infantile, reprenez l’alimentation lactée quelques heures après le début de la réhydratation.
- Traiter l'infection : Des antibiotiques ou des antiparasitaires peuvent être prescrits pour traiter l'infection sous-jacente. Le choix du médicament dépend de la cause de la dysenterie. A la différence des autres maladies diarrhéiques, la shigellose ne peut être traitée par la seule réhydratation. En effet, la bactérie envahit la muqueuse du colon et provoque une réaction inflammatoire qui conduit à la destruction des tissus infectés voire à des complications à distance. Les antibiotiques permettent généralement une guérison rapide et sans séquelles. Cependant, le traitement est compliqué par l’émergence de souches multi-résistantes, particulièrement chez S. sonnei et de S. flexneri qui apparaissent fréquemment résistantes à tous les antibiotiques dits de première ligne (ampicilline, tétracycline, sulfaméthoxazole-triméthoprime, chloramphénicol, acide nalidixique), obligeant à l’usage d’antibiotiques d’accès plus restreint et bien plus chers (fluoroquinolones, céphalosporines de 3ème génération et azithromycine). Les premières souches résistantes à l’ensemble de ces molécules commencent à être détectées dans plusieurs pays.
- Gérer les symptômes : Des médicaments peuvent être prescrits pour soulager les douleurs abdominales et les vomissements. Les médicaments anti-diarrhéiques sans ordonnance sont déconseillés aux enfants car ils peuvent provoquer des lésions aux intestins.
- Fournir un soutien nutritionnel : Une alimentation appropriée est importante pour la récupération. Pour les bébés déjà diversifiés, certains aliments contribuent à améliorer le transit intestinal et réduire la diarrhée :Les aliments riches en amidon comme le riz, les pâtes, le pain blanc (éviter le complet), et l’eau de cuisson du rizLes fruits riches en pectines, comme la compote de pommes, de coings ou la banane bien mûreLes légumes cuits et doux comme la purée de carottesLes viandes maigres, telles que le poulet ou la dindeÀ l’inverse, il est préférable d’éviter les aliments riches en fibres comme les légumes verts crus, les crudités, les fruits acides et les céréales complètes, qui peuvent aggraver le transit.
Dans les cas graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour une réhydratation intraveineuse et une surveillance étroite.
Prévention de la dysenterie chez le nourrisson
La prévention de la dysenterie chez le nourrisson repose sur l'amélioration de l'hygiène et des conditions sanitaires. Les mesures préventives comprennent :
- Lavage fréquent des mains : Se laver les mains soigneusement avec du savon et de l'eau, en particulier après être allé aux toilettes, après avoir changé les couches et avant de préparer ou de manger des aliments.Se laver souvent les mains, avant et après le change de bébé
- Assainissement de l'eau et des aliments : Boire de l'eau potable provenant d'une source sûre et cuire les aliments à des températures sûres. Ne manger aucun aliment cuit dans des conditions non hygiéniques. Manger seulement des aliments cuits à haute température. Ne pas manger de légumes crus et éviter les fruits sans pelure. Boire uniquement de l'eau bouillie ou embouteillée commercialement.
- Hygiène personnelle : Enseigner aux enfants les bonnes pratiques d'hygiène, telles que se couvrir la bouche et le nez lorsqu'ils toussent ou éternuent, et éviter de partager des objets personnels tels que des serviettes et des ustensiles.
- Vaccination : Une vaccination contre les rotavirus est également recommandée chez les nourrissons de 6 semaines à 6 mois. Cette vaccination constitue une prévention efficace contre les gastro-entérites sévères et leurs complications.
- Assainissement de l'environnement : Améliorer les conditions sanitaires, telles que l'élimination appropriée des déchets et l'accès à des toilettes propres.
- Allaitement maternel : L'allaitement maternel peut aider à protéger les nourrissons contre les infections, y compris la dysenterie.
- Nettoyer et désinfecter régulièrement les objets et surfaces
- Aérer les pièces fréquemment
- Utiliser du matériel de repas individuel (verres, couverts)
Lire aussi: Protection du nourrisson contre le pneumocoque
tags: #dysenterie #nourrisson #causes #symptômes #traitement
