Autrefois commun en pleine campagne, le Merle noir (Turdus merula) s'est adapté à la vie à proximité de nos habitations, où il bénéficie d'une certaine protection, de nourriture et de sites de nidification. Cet article explore en détail la durée de la nidification chez le merle noir, en s'appuyant sur des observations directes et des informations scientifiques.
Un Nid Familier dans le Jardin
La présence du merle noir dans nos jardins est un plaisir pour beaucoup. Ces oiseaux apprécient particulièrement les haies de laurier cerise (Prunus laurocerasus) pour y installer leur nid. L'observation d'un nid en construction à proximité d'une fenêtre offre une opportunité unique de suivre de près le processus de nidification.
La Construction du Nid
La femelle du merle noir est l'architecte du nid. Elle arrive avec le bec chargé de mousse et de boue, qu'elle dépose dans la coupe pour ensuite tasser et façonner l'ensemble à l'aide de son corps, et plus particulièrement en appuyant la poitrine sur les parois intérieures du nid. Le nid est une coupe ouverte et volumineuse faite d’herbes sèches, de paille, de fines brindilles, de mousse et de boue. La femelle arrache de la mousse sur le sol et va la tremper dans l’écuelle d’eau réservée aux oiseaux. Elle la traîne ensuite dans la terre sèche avant d’aller l’ajouter à la construction afin de sceller les différents éléments entre eux. L’intérieur du nid est tapissé d’herbes fines et douces, et il est courant de voir des morceaux de papier ou de cellophane à l’extérieur du nid, pris dans l’enchevêtrement des tiges. La construction du nid dure généralement de 3 à 4 jours.
L'Incubation et le Rôle du Mâle
Les jours suivants la construction, la femelle reste sur le nid en train d’incuber les œufs, probablement pondus autour du 5 avril. Le mâle passe chaque jour quand elle s’absente, regarde attentivement à l’intérieur du nid et repart. A son retour, la femelle inspecte elle aussi le fond de la coupe avant de s’installer et de couver à nouveau. La couvaison est pratiquée soit par la femelle seule, soit alternativement par le mâle et la femelle et parfois par le mâle seul. Les œufs doivent rester la plus grande partie du temps à une température constante voisine de celle du corps de l’oiseau. L’adulte qui couve les retourne régulièrement pour répartir la chaleur à l’intérieur. La partie ventrale de son corps, qui recouvre les œufs, perd alors ses plumes pour garantir la transmission d’un maximum de chaleur. Cette période d’incubation ne débute que lorsque tous les œufs sont pondus. Sa durée varie chez les petits oiseaux entre 10 et 15 jours (13 ou 14 jours chez la Mésange charbonnière et chez les grives).
L'Éclosion et les Premiers Jours des Poussins
Le 19 avril, au lendemain d’un orage bref mais violent accompagné de vent et d’une forte pluie, le mâle arrive et plonge à l’intérieur du nid la tête la première. Juste après son départ, la femelle revient et se remet à couver. Mais un peu plus tard, le mâle revient avec de la nourriture, deux ou trois vers qui gigotent dans son bec. Il y a donc eu au moins une naissance et le poussin est nourri immédiatement. La femelle revient ensuite sur le nid et nous les laissons tranquille. Le 20 avril au matin, la femelle est au nid, bien éveillée et un peu agitée. Elle se soulève, regarde sous elle et s’envole, pour revenir quelques instants plus tard avec le bec plein de vers. Elle donne la nourriture à un petit bec invisible et s’assure que tout se passe bien. Un moment plus tard, c’est le mâle qui apporte une petite proie. Il la donne au poussin en se baissant dans le nid car le petit est tout au fond. Deux jours plus tard, le 22 avril, nous observons la femelle couchée sur le nid, mais quelle n’est pas notre surprise quand nous la voyons brusquement lever la tête car le mâle vient de se poser au-dessus d’elle et lui passe de la nourriture. Nous avons d’abord pensé qu’il la nourrissait pendant qu’elle couvait, comme cela arrive chez de nombreuses espèces. Mais non, ces vers sont pour les poussins. Elle donne donc la becquée sous l’œil attentif du mâle qui repart dès que l’opération est terminée. La femelle se remet sur le nid comme à chaque fois. Un petit moment plus tard, le mâle revient alors que la femelle s’est absentée. Le lendemain 23 avril, le même comportement a été observé et après le passage de nourriture du mâle à la femelle, celle-ci a donné la becquée aux poussins. Après s’être assurée que tout se passait bien, elle repart. Quelques minutes plus tard, le mâle revient, et cette fois, il nourrit lui-même le petit bec affamé. Le 24 avril, alors que le mâle arrive au nid avec des vers, nous avons la joie de voir surgir une seconde tête duveteuse avec un bec grand ouvert. Nous avons donc deux poussins qui réclament leur pitance aux adultes. Nous constatons également que les proies sont plus grandes. L’organisation semble être bien au point !
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Les Défis de l'Alimentation
Le 25 avril, c’est une autre observation qui va nous occuper une partie de l’après-midi. Le mâle arrive au nid avec une proie assez grosse, une sorte de larve blanche. Aussitôt, un petit bec se dresse et s’ouvre pour la recevoir, mais elle ne passe pas ! Le mâle repart sans voir ce qui se passe. Fort heureusement, la femelle arrive avec des vers et constate que quelque chose ne va pas. Après avoir nourri l’autre poussin avec la nourriture apportée, elle retire la larve du bec du premier petit. La tenant alors dans le bec, elle semble la « travailler » afin sans doute de l’attendrir. Elle tente alors de la donner à nouveau au poussin sans la pousser au fond de son gosier, mais en la soutenant un peu pour éviter de la coincer. Mais elle la récupère une fois de plus et recommence à la « mastiquer » avec le bout du bec. Elle essaie encore de la donner au petit, toujours en la tenant pour ne pas aller trop vite. Mais il en reste encore un morceau ! Nouvel essai et nouveau rejet. Elle va réessayer plusieurs fois mais à chaque fois, le petit ne peut pas avaler la nourriture. Et pourtant, ils ont faim !
La Fin Abrupte de la Couvée et la Résilience de la Nature
Mais ce dimanche matin 26 avril, une mauvaise surprise nous attendait. Le matin à 10 heures, la femelle était tranquillement sur le nid et couvait. Vers 11 heures, je suis passée voir si tout allait bien, et le mâle est arrivé deux minutes après. Il portait des vers et s’est posé sur le bord du nid comme à l’accoutumée. Il a eu l’air surpris, tout comme moi, car aucun bec ouvert ne l’attendait. Il est revenu un quart d’heure plus tard, toujours avec des vers dans le bec, avant de repartir sans les avoir lâchés. La femelle n’est pas du tout revenue au nid. Nous ne savons absolument pas ce qui a pu se passer entre 10 et 11 heures. Si la femelle couvait à 10 heures, c’est que les poussins étaient vivants. A 11 heures, ou bien ils étaient morts ou ils avaient disparu du nid.
Les Hypothèses sur la Disparition des Poussins
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette disparition soudaine :
- Prédation : La présence de pies dans le secteur suggère une possible prédation. Bien que les parents n'aient pas crié, un prédateur ailé aurait pu se poser sur le bord du nid et prélever les petits sans laisser de traces. Chats et rongeurs auraient dû grimper et s’accrocher au nid, donc avec quelques dégâts. Il n’y a pas de serpents dans cette zone urbanisée, donc, nous excluons aussi cette possibilité. Dans le secteur, nous avons deux espèces de prédateurs, la Pie bavarde et le Geai des chênes, mais surtout des pies.
- Empoisonnement : L'utilisation de pesticides dans les jardins pourrait avoir empoisonné les proies, entraînant la mort des poussins.
- Parasites : Une invasion de parasites, comme les fourmis, pourrait également avoir contribué à leur disparition.
Dans la journée, nous avons revu le couple qui ne semble pas affecté par la perte des petits. Le mâle a chanté comme d’habitude en fin de matinée et en fin d’après-midi. Quant à la femelle, elle est venue picorer dans l’herbe comme si de rien n’était, à côté de la terrasse où nous étions assis. Les oiseaux suivent en principe un programme saisonnier. Ils doivent se reproduire et le font envers et contre tout. Si une couvée échoue pour une raison ou pour une autre, ils vont en produire une ou plusieurs de remplacement, jusqu’à la fin de la saison. C’est ainsi, surtout pour des oiseaux résidents et sédentaires. Et c’est ce qui va se passer avec nos deux adultes. En revanche, ils utilisent rarement le même nid et vont donc en construire un autre tout neuf. La Nature est ainsi faite. Souhaitons-leur bonne chance !
La Construction d'un Nouveau Nid
Aujourd’hui, mardi 28 avril, soit 48 heures après la disparition des poussins, je viens de voir la femelle avec une grande moustache de brindilles et d’herbes dans le bec, au pied de la haie. Je l’ai observée, et elle est allée jusqu’en haut d’un arbre de taille moyenne (car taillé tous les ans) sur lequel le lierre pousse bien. Au niveau de la fourche, le lierre forme une sorte de « coussin » et je suppose que c’est là qu’elle va poser le nid, un lieu déjà utilisé à plusieurs reprises par d’autres merles depuis des années, juste en face de notre porche. Nous ne la suivrons pas car là, c’est impossible sans les déranger. Si les petits sortent du nid, nous pourrons sans doute les voir dans le jardin, mais nous ne ferons pas plus. Les oiseaux suivent en principe un programme saisonnier. Ils doivent se reproduire et le font envers et contre tout. Si une couvée échoue pour une raison ou pour une autre, ils vont en produire une ou plusieurs de remplacement, jusqu’à la fin de la saison. En revanche, ils utilisent rarement le même nid et vont donc en construire un autre tout neuf.
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Le Cycle de Reproduction du Merle Noir
Le Merle noir se reproduit au printemps, et il peut y avoir jusqu’à trois couvées. La formation des couples dans les zones tempérées se déroule au printemps. L’accouplement est précédé d’un ensemble de manifestations particulières : la parade nuptiale. Le mâle, paré d’un nouveau plumage, souvent spécial (plumage de noce), cherche à captiver la femelle par l’étalage de sa parure, des danses, des combats avec d’autres mâles et, le plus souvent, par son chant dont toutes les qualités sont développées à ce moment-là. Souvent également, le mâle fait de petits cadeaux à sa belle. Lorsque le couple est constitué, celui-ci pourra durer jusqu’à la fin de l’été, mais rarement au-delà.
Nidification
La femelle construit un nid solide et volumineux dans la végétation, à faible hauteur mais bien caché, calé dans une fourche constituée de trois branches ou posé sur une branche. De même, c’est elle qui se réserve la construction du nid qui le plus souvent dure de 3 à 4 jours. Celui-ci est généralement situé entre 1 et 3 mètres de hauteur et placé sur une fourche d’arbre ou d’arbuste, par exemple dans une haie épaisse où les branchages sont entremêlés. Les conifères des jardins sont appréciés pour dissimuler le nid. Le nid peut aussi se situer sur un recoin de maison, une poutre… Il est constitué de tiges, racines, feuilles, mousses entremêlés auxquels l’oiseau peut ajouter de la boue en guise de ciment. L’ouvrage fini se présente sous la forme d’une demi-coupe de 9 à 10 cm (diamètre interne). La femelle dépose en moyenne 4 à 5 œufs de couleur verte piquetés de mouchetures brunes.
L'Appareil reproducteur
Chez la femelle l’ovaire apparaît comme une grappe constituée de cellules reproductrices qui arrivent à maturité successivement. Chez le mâle, l’organe d’accouplement, ou pénis, est absent sauf exception. Dans la majorité des cas, lors de l’accouplement, les spermatozoïdes arrivent dans le cloaque du mâle par les canaux déférents et sont émis dans le cloaque de la femelle. Ils remontent ensuite dans l’oviducte à la rencontre de l’ovule. La fécondation est donc interne. Le couple se mettra ensuite à la recherche d’un endroit caché, ou inaccessible, où la femelle pourra pondre ses œufs. La plupart des oiseaux construisent un nid sur une fourche de branche dans un arbre ou un arbuste, mais certains déposent leurs œufs dans un trou d’arbre (Mésange charbonnière), de mur d’immeuble ou sous un toit (Moineau domestique, Martinet noir). Enfin les hirondelles élaborent des coupes en boue sous un plafond ou un rebord de fenêtre.
La Couvaison et l'Éclosion
La femelle dépose en moyenne 4 à 5 œufs de couleur verte piquetés de mouchetures brunes. La couvaison dure entre 10 et 15 jours. La couvaison est pratiquée soit par la femelle seule, soit alternativement par le mâle et la femelle et parfois par le mâle seul. Les œufs doivent rester la plus grande partie du temps à une température constante voisine de celle du corps de l’oiseau. L’adulte qui couve les retourne régulièrement pour répartir la chaleur à l’intérieur. La partie ventrale de son corps, qui recouvre les œufs, perd alors ses plumes pour garantir la transmission d’un maximum de chaleur. Cette période d’incubation ne débute que lorsque tous les œufs sont pondus. Sa durée varie chez les petits oiseaux entre 10 et 15 jours (13 ou 14 jours chez la Mésange charbonnière et chez les grives). Il existe deux sortes de comportement des jeunes après l’éclosion : Les espèces nidifuges dont les petits naissent avec un duvet et peuvent quitter le nid et s’alimenter seuls dès l’éclosion comme la Caille des prés. Les espèces nidicoles dont les oisillons naissent nus et aveugles et sont dépendants de leurs parents pendant un certain temps. Les parents n’ont alors de cesse de les nourrir. Par exemple, chez la Mésange charbonnière, la durée de nourrissage est de 17 heures par jour au cours desquelles les parents apportent 30 à 50 insectes par heure à leurs petits.
Le Merle Noir : Plus Qu'un Simple Oiseau de Jardin
Le merle noir (Turdus merula) est un passereau appartenant à la famille des turdidés, comme les grives et les solitaires. Les turdidés sont des oiseaux de taille moyenne à grande qui possèdent généralement un bec assez long et fort, et des pattes robustes. Leur régime est insectivore et frugivore. L’Europe abrite l’espèce de merle holotype, c’est-à-dire dire qui a servi à l’identification de l’espèce. Turdus merula comprend 15 sous-espèces suivant la répartition géographique.
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Description
Le merle noir est le plus grand turdidé commun de l'ouest du domaine paléarctique. Il mesure 24 à 25 cm de longueur (dont 9 à 11 cm de queue), 36 cm d’envergure pour un poids de 85 g en été et de 110 g en hiver. Le mâle adulte possède des pattes d’un brun sombre, un plumage noir geai sur l’ensemble du corps, du cou et de la tête. Ses yeux sont bordés d’un anneau oculaire qui peut être jaune-orangé ou jaune vif. Quant à son bec, il tranche sur la livrée noire puisqu’il est jaune-orangé bien brillant. ou merlette adulte revêt des plumes de couleur brun-roux plus ou moins noirâtre selon les individus sur la totalité du corps, à l’exception de la gorge qui est pommelée, et de son poitrail brun clair. La merlette possède un cercle oculaire brun très pâle. arborent un plumage plus ou moins foncé, souvent moucheté, plus proche de celui de la mère, et leur anneau oculaire est peu apparent. Les tonalités des plumes sont extrêmement variables d’un jeune à l’autre et c’est entre août et octobre qu’a lieu la première mue au cours de laquelle chaque oisillon perd son plumage juvénile. Les plus sombres sont généralement des mâles. Leur bec ne prend sa couleur jaune définitive que lorsque le passereau atteint l’âge de 1 an et il en est de même pour la couleur bien noire du plumage. On constate parfois des anomalies en termes de couleur de plumage chez les merles. Le phénomène est peu courant mais reste plus fréquent que chez d’autres espèces d’oiseaux. On peut ainsi trouver des merles blancs, totalement ou partiellement décolorés. Une autre cause à la déficience pigmentaire est le leucisme. À sa naissance, le merle revêt des zones blanches, souvent limitées aux extrémités des ailes, aux pattes ou au cou et à la tête. Le turdidé peut aussi être atteint de schizochromie (ou schizochroïsme).
Répartition et Habitat
La distribution du merle noir englobe tout l'ouest du domaine paléarctique. Le turdidé se rencontre en Europe, de l'Atlantique et certaines de ses îles (Açores, Madère, Canaries) jusqu'à la Volga à l'est. Au nord, sa répartition s’étend à mi-hauteur de la Scandinavie et au sud, elle déborde sur le Maghreb, l'Asie mineure, le Caucase et le nord de l'Iran. Le merle noir a également été introduit en Nouvelle Zélande et en Australie. Selon la zone géographique où il vit, le turdidé est migrateur ou sédentaire, tel le cas des populations françaises. Le merle noir est une espèce forestière qui, du fait de sa plasticité écologique, est capable d'occuper pratiquement tous les milieux arborés, depuis les forêts profondes jusqu'au cœur des grandes villes. La facilité avec laquelle il colonise les milieux anthropisés indique que le merle noir est depuis l'origine une espèce de lisière et d'écotone (plus que de futaie profonde). Le passereau montre une préférence pour les feuillus mais fréquente également les forêts mixtes et dans une certaine mesure, les formations de conifères. Dans ces dernières, en montagne comme aux hautes latitudes, le merle noir cède la place à une espèce vicariante, le merle à plastron (Turdus torquatus), un migrateur mieux adapté aux conditions extrêmes, avec lequel il cohabite sur une frange étroite, mais sans s'hybrider avec lui.
Régime Alimentaire
Le merle noir est une espèce omnivore dont le menu suit les saisons, l’oiseau se montrant davantage carnivore en période de reproduction (d’avril à juin). Quand le sol est humide, il raffole des vers de terre, et ne dédaigne pas les escargots et les limaces. Le turdidé consomme également de nombreux insectes et leurs larves, en particulier les lépidoptères (chenilles), ainsi que des araignées. Le merle noir est très friand de baies sauvages comme les mûres, le sureau, l’aubépine, l’églantier et l’if. Le passereau se délecte également de fruits d’été comme les cerises. En hiver, quand le sol est gelé ou couvert de neige, il picore les fruits de plantes épineuses et s’approche des mangeoires. Pour chercher de la nourriture au sol, il n’hésite pas à écarter sur le côté les feuilles et débris végétaux avec ses griffes. Tenace, il peut passer des heures à fouiller. Sa façon de se nourrir est très particulière puisqu’il sautille sur ses 2 pattes en même temps.
Comportement
En période inter-nuptiale, le merle noir est sociable mais sans pour autant former de structures sociales organisées avec ses congénères. Même en migration, ses déplacements s’accomplissent en solitaire ou en petits groupes lâches. En saison de reproduction, l’oiseau devient territorial. Sur des perchoirs bien en vue, les mâles émettent de puissantes vocalises, marquées par un chant flûté qui ne passe pas inaperçu. Dès la fin du mois de février, le merle fait résonner son chant mélodieux dans le but de séduire une merlette, puis mâle et femelle s’accouplent au début du printemps. La belle construit seule le nid avec des brindilles, des plumes, des débris végétaux et tout ce qu’elle peut trouver. Elle installe ce nid dans un buisson, un arbre bien touffu ou au milieu d’une haie ou d’un rosier haut. La merlette pond entre 3 et 5 œufs à chaque couvée. Elle peut produire jusqu’à 3 nichées par an. L’éclosion intervient après une quinzaine de jours de couvaison. Chaque oisillon est nourri soigneusement par ses 2 parents qui se relaient pendant environ 5 semaines. Si les jeunes merles commencent à voler à l’âge de 15 jours, ils restent choyés au nid pendant une vingtaine de jours supplémentaires.
Le Merle Noir : Un Allié du Jardinier
Certains oiseaux pâtissent d’une mauvaise réputation qui leur colle aux plumes depuis des décennies, tel est le cas du merle. Nombreux sont ceux qui n’aiment pas ce passereau en raison de sa gourmandise pour les fruits. Les jardiniers craignent pour leurs récoltes, notamment de raisin, de cerises et autres fruits d’été. On pourrait toutefois se montrer un peu partageur en acceptant que le merle vienne grappiller quelques douceurs pour le remercier des services rendus. En effet, le turdidé consomme beaucoup d’escargots, de limaces, de chenilles et de nombreux insectes dont il régule les populations. de type anti-limaces. Quelques spécimens suffisent pour assainir son extérieur et préserver ses plantations de l’assaut des indésirables.
Menaces et Conservation
En milieu anthropique, le merle connait une mortalité élevée lors des mois de nidification. Les études montrent en effet que la moitié des décès se produisent entre mars et juin. Les principaux prédateurs du turdidé sont les chats domestiques et les corvidés (pour les œufs) suivis du renard, de la fouine, de l'hermine et des rapaces, comme les éperviers et les autours. Les collisions avec les voitures constituent aussi une cause de mortalité. Le manque de nourriture représente un risque important pour les oisillons, lors des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents. Oiseau commun et abondant, le merle noir n’est toutefois pas considéré comme menacé. Il est classé en “préoccupation mineure” par L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En France, l’espèce ne bénéficie pas de protection et est considéré comme gibier chassable relevant de la catégorie "oiseaux de passage".
Conseils pour Aider les Merles Noirs dans Votre Jardin
- Évitez les produits chimiques : L'utilisation de pesticides et d'herbicides peut réduire la disponibilité de nourriture pour les merles noirs et empoisonner les oiseaux directement. Vous pouvez aider le merle noir chez vous en évitant l’emploi de produits chimiques et en plantant des buissons épais qui fourniront chenilles et baies à profusion.
- Plantez des buissons épais : Les buissons offrent un abri sûr pour les nids et fournissent des insectes et des baies pour se nourrir.
- Fournissez de l'eau : Un abreuvoir propre et peu profond peut aider les merles noirs à s'hydrater, surtout pendant les périodes chaudes et sèches. Toutefois, il ne faut pas installer un abreuvoir sans réfléchir, sous peine de rendre les oiseaux vulnérables aux prédateurs. La quantité d’eau dont a besoin un oiseau dépend de la nature de son alimentation. Les insectivores et les fructivores ont moins besoin d’apport en eau car leur nourriture en contient déjà. Les granivores ont, par contre, de plus gros besoins en eau. Il faut aussi intégrer le fait que toutes les espèces ne se désaltèrent pas de la même façon et en tenir compte pour l’aménagement de l’abreuvoir. Une baignoire-abreuvoir pour oiseaux doit être peu profonde (pas plus de 3-4 cm) et équipée de bords en pente pour que les oiseaux puissent s’y baigner progressivement. Le matériau doit être rugueux pour les empêcher de glisser. Quelques gros cailloux, ainsi qu’une branche, pourront les aider à accéder à l’eau. Prévoyez un minimum de 30 cm de large. Des perchoirs disposés à proximité leur permettront de sécher leurs plumes tout en étant à l’abri des prédateurs. Le récipient doit impérativement être placé de telle façon à empêcher les chats d’y accéder ou, au moins, de se cacher pour se tenir une embuscade sans que les oiseaux les aient repérés.
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