L’industrie cosmétique ne cesse d’innover, explorant des ingrédients parfois surprenants. Après la bave d'escargot et l'acide hyaluronique, le placenta fait sensation, promettant une révolution dans le soin anti-âge. Crèmes antirides, soins capillaires redensifiants, sérums réparateurs : le placenta s'impose comme un ingrédient phare. Mais qu'en est-il réellement ? Est-ce un ingrédient miracle ou un simple argument marketing ? Et surtout, est-il sans danger ?
La Placentophagie : Une Tendance Controversée
En France, il est possible d'acheter des gélules de placenta de mouton. Des influenceuses ou jeunes mères partagent leur expérience, vantant une énergie retrouvée, un moral reboosté et une meilleure récupération après l’accouchement. Cette pratique, la placentophagie, consiste à transformer le placenta en gélules, souvent par des entreprises spécialisées qui le déshydratent puis le réduisent en poudre.
Aux États-Unis, la tendance a pris de l’ampleur dès les années 2010, encouragée par des stars comme Kim Kardashian ou January Jones. Plus récemment, le DJ Calvin Harris a relancé le débat en publiant sur les réseaux le placenta de sa femme encapsulé.
Mais derrière l’image séduisante et « naturelle », les experts de santé français alertent : aucun bénéfice médical n’est démontré et les risques sanitaires sont bien réels. En France, le placenta est considéré comme un déchet médical à risque infectieux, ce qui rend sa consommation strictement interdite.
Origines et Croyances
À l’origine, la placentophagie puise dans des croyances anciennes. Le placenta serait riche en nutriments et en hormones, capables de prévenir la dépression post-partum, d’améliorer la lactation ou de redonner de l’énergie à la jeune maman.
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Absence de Preuves Scientifiques
Les études menées jusqu’ici sont formelles : aucun effet médical significatif n’a pu être démontré. Une étude américaine publiée en 2017 a suivi deux groupes de femmes : l’un consommant ses propres gélules de placenta, l’autre un simple placebo. Aucune différence mesurable n’a été observée sur l’humeur, la fatigue ou la prévention de la dépression post-partum.
Des analyses ont montré que les gélules contiennent bien certains nutriments ou hormones, mais en quantité très faible, insuffisante pour avoir un effet biologique notable. Ainsi, si certaines femmes disent se sentir mieux, c’est probablement l’effet placebo qui est en jeu. La Haute Autorité de Santé (HAS) souligne qu’« aucune donnée scientifique robuste ne permet de recommander la consommation du placenta à des fins médicales ».
Les Risques Sanitaires Liés à la Consommation du Placenta
Si les bénéfices sont incertains, les dangers, eux, sont bien réels. Le placenta est un organe filtre qui capte et élimine pendant neuf mois de nombreuses substances potentiellement nocives pour protéger le fœtus. En avaler des morceaux ou des gélules peut donc exposer à des résidus toxiques ou à des bactéries pathogènes.
Un cas a marqué les esprits en 2016, dans l’Oregon (États-Unis) : une mère ayant consommé ses gélules de placenta a transmis une infection bactérienne grave à son nouveau-né via l’allaitement. L’enfant a dû être hospitalisé en urgence pour une septicémie.
La MACSF (Mutuelle d’assurance des professionnels de santé) rappelle que le placenta est considéré comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux (DASRI). Il doit donc être éliminé selon un protocole strict (désinfection ou incinération). La consommation ou la remise du placenta à la patiente est considérée comme une faute sanitaire.
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Selon un avis publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), le placenta peut contenir non seulement des bactéries (comme le streptocoque du groupe B), mais aussi des métaux lourds et des polluants environnementaux accumulés pendant la grossesse. Plusieurs analyses menées en France ont montré que le placenta peut concentrer du plomb, du mercure ou du cadmium, substances potentiellement toxiques pour la mère comme pour le nourrisson.
La Législation Française : Une Interdiction Claire
La législation française ne laisse aucune place au doute. Le Code civil (article 16-1) stipule que le corps humain et ses éléments ne peuvent faire l’objet d’une appropriation. Le ministère de la Santé a rappelé dans une circulaire du 29 août 2012 que le placenta est un déchet médical soumis à une réglementation stricte.
Les hôpitaux et maternités ont l’obligation de l’éliminer, sauf dans des cas très précis de recherche scientifique ou thérapeutique, et toujours avec le consentement écrit de la patiente. Ainsi, en France, aucune patiente ne peut exiger de repartir avec son placenta, encore moins le faire transformer en gélules par une société privée. Toute pratique de ce type est illégale et passible de sanctions.
Pourquoi la Tendance Persiste ?
Malgré les interdictions et les mises en garde, la mode continue de séduire. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela :
- L’idée de « reprendre des forces naturellement » après un accouchement est séduisante. Beaucoup de jeunes mères cherchent des solutions pour contrer la fatigue et le baby blues, et trouvent dans cette pratique une promesse réconfortante.
- Les réseaux sociaux amplifient les témoignages positifs, notamment ceux de célébrités. Les récits personnels frappent plus l’imaginaire que les données scientifiques.
- L’effet placebo joue un rôle majeur : se sentir mieux après avoir avalé des gélules de placenta peut être bien réel, mais sans lien avec leur composition.
Le Placenta en Cosmétique : Une Alternative ?
L'industrie cosmétique s'est emparée du placenta, vantant ses propriétés régénérantes exceptionnelles pour les soins anti-âge. Crèmes antirides, soins capillaires redensifiants, sérums réparateurs : le placenta est présenté comme un ingrédient phare.
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Origines et Utilisation
Contrairement aux idées reçues, l'utilisation du placenta en cosmétique ne date pas d'hier. Dès les années 1950, les laboratoires lyonnais comme Mérieux ont exploité les résidus d'extraction des gammaglobulines placentaires humaines. En 1959, Bernard Guillot a créé la crème "Placentor", initialement destinée au traitement des grands brûlés à l'hôpital Saint-Luc de Lyon.
Les cultures asiatiques, particulièrement la médecine traditionnelle chinoise, utilisent depuis des siècles des extraits placentaires d'origine animale (brebis, porcs) dans leurs préparations cosmétiques.
Propriétés et Bienfaits
Les propriétés régénérantes du placenta reposent sur sa composition biochimique exceptionnelle. Les études cliniques démontrent que les extraits placentaires activent la prolifération des fibroblastes en culture, ces cellules responsables de la production de collagène et d'élastine. Pour les cheveux, les extraits placentaires renforcent la structure capillaire, réduisent la chute et stimulent la repousse. Le placenta est riche en protéines et il a d’incroyables effets hydratants. Il cicatrice les inflammations et l’eczéma, et aide à lutter contre les rides.
Les Contraintes et Controverses
Malgré ses propriétés remarquables, l'utilisation cosmétique du placenta soulève des questions légitimes. La crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle) dans les années 1990 a remis en question l'utilisation des extraits d'origine animale. Aujourd'hui, la réglementation européenne encadre strictement l'utilisation de ces ingrédients. Certains pays comme la Suisse continuent d'utiliser des extraits placentaires animaux pour des cures de rajeunissement spécialisées, en s'approvisionnant auprès de sources garanties sans risque sanitaire.
Le Placenta Végétal : Une Alternative Sûre ?
Face aux controverses, le placenta végétal représente une révolution dans l'univers cosmétique. Formulé à partir d'extraits végétaux soigneusement sélectionnés, le placenta végétal concentre des acides aminés essentiels, vitamines, oligo-éléments et peptides bioactifs. Le sérum demeure la forme galénique la plus concentrée et efficace pour bénéficier des bienfaits du placenta végétal.
Les études cliniques montrent que le placenta végétal offre des résultats comparables au placenta animal en matière de régénération cellulaire et d'hydratation. Les produits à base de placenta végétal sont généralement sûrs pendant la grossesse. Les soins au placenta végétal conviennent dès l'apparition des premiers signes de vieillissement cutané, généralement vers 25-30 ans. Les effets hydratants apparaissent dès les premières applications, tandis que les bénéfices anti-âge et régénérants nécessitent 4 à 6 semaines d'utilisation régulière. Le placenta végétal présente un risque allergique minime grâce à sa formulation naturelle.
Les Rouges à Lèvres : Une Composition à Surveiller
La composition des rouges à lèvres se révèle problématique puisqu’ils peuvent être ingérés et absorbés par les muqueuses. Il est légitime de se demander si les ingrédients qui constituent un rouge à lèvres sont nuisibles à la santé.
Les Composants Essentiels et Leurs Rôles
Les corps gras sont les composants principaux des rouges à lèvres. Ils existent sous trois formes : liquide, épaisse ou solide. Leur mélange permet au bâton de se maintenir, même lorsqu’il fait chaud, tout en étant facilement étalé. Un pourcentage plus important d’huile apporte de la transparence et du brillant, tandis que davantage de beurre donne un aspect mat.
La couleur prend naissance dans différents pigments synthétiques, minéraux, animaux ou végétaux. Des fragrances sont ajoutées pour cacher l’odeur des autres constituants ou pour susciter l’envie. Des conservateurs et des antioxydants empêchent la détérioration du produit.
L'Ingestion Inévitable et Ses Conséquences
Outre l’absorption par la peau, une partie du rouge à lèvres est avalée en mangeant ou en passant la langue sur les lèvres. On estime à environ 30% la matière ingurgitée, ce qui représente en moyenne 4 kg par femme dans une vie.
Les Ingrédients Préoccupants
Les cires et huiles des rouges à lèvres conventionnels proviennent souvent d’hydrocarbures, comme les esters gras et la paraffine. Ces ingrédients sont potentiellement cancérigènes et issus de l’industrie pétrochimique. Des substances synthétiques créées à partir de minéraux ou de métaux peuvent provoquer des réactions allergiques, des perturbations endocriniennes, des irritations, voire des cancers. Des métaux lourds comme le plomb, le cadmium ou le manganèse sont détectés dans certains rouges à lèvres, présentant des risques pour les reins et le système nerveux. Certaines graisses animales, comme l’huile de foie de requin, peuvent également être présentes.
Alternatives et Solutions
Heureusement, il est possible de trouver des rouges à lèvres non nocifs pour la santé. Les rouges à lèvres bio sont formés d’éléments naturels, peu transformés, et certifiés par des labels comme Ecocert, Cosmébio ou Nature et Progrès. Ces labels garantissent l’absence de corps et de procédés toxiques. Il est important de noter que biologique ne signifie pas végane ou non testé sur les animaux. Des applications comme Yuka, QuelCosmetic ou Clean Beauty aident à identifier les produits sains.
Pour développer des rouges à lèvres vertueux et écoresponsables, certaines marques reviennent à la source de la coloration par le biais des pigments végétaux. Elles utilisent des plantes tinctoriales adaptées, extraient leurs pigments et stabilisent les teintes. La matière première est issue de récoltes françaises, européennes et non européennes, provenant de l’agriculture biologique. Les cires utilisées sont exclusivement végétales, comme les cires de riz, de candelilla et de carnauba.
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