Après l'accouchement, de nombreuses femmes se plaignent de douleurs, notamment de douleurs rénales. Ces douleurs peuvent être liées à diverses causes, allant des contractions utérines post-partum aux infections urinaires, en passant par des problèmes musculo-squelettiques. Comprendre les causes potentielles de ces douleurs est essentiel pour une prise en charge appropriée.

Causes des douleurs rénales après l'accouchement

Contractions utérines (tranchées)

Après la naissance, l'utérus se contracte pour reprendre sa taille normale et refermer les vaisseaux sanguins. Ces contractions, appelées tranchées, peuvent être douloureuses et sont parfois ressenties comme des douleurs lombaires. Elles durent généralement de 2 à 10 jours après l'accouchement et sont un signe que l'utérus se remet en place.

Douleurs musculo-squelettiques

La grossesse et l'accouchement sollicitent fortement les muscles et les articulations du dos. Les douleurs lombaires sont fréquentes après l'accouchement et peuvent être dues à des efforts excessifs, de faux mouvements, le port de charges lourdes ou des secousses. La plupart de ces douleurs sont aiguës et disparaissent en quelques semaines avec des soins appropriés.

Infections urinaires (pyélonéphrite)

Les infections urinaires, en particulier la pyélonéphrite (infection des reins), peuvent provoquer des douleurs lombaires unilatérales qui irradient vers le ventre et les organes génitaux. La pyélonéphrite est souvent associée à de la fièvre et des symptômes urinaires tels que des brûlures en urinant et la présence de sang dans les urines.

Colique néphrétique

La colique néphrétique est une douleur intense causée par un calcul rénal qui bloque les voies urinaires. Cette obstruction empêche l'urine de s'écouler correctement, entraînant une distension douloureuse des voies urinaires. La douleur est souvent décrite comme étant semblable à celle des contractions pendant l'accouchement et peut irradier vers le ventre, l'aine et l'intérieur de la cuisse.

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Sciatique et cruralgie

La sciatique (sciatalgie) et la cruralgie sont des douleurs nerveuses qui peuvent irradier dans le bas du dos et les jambes. Elles sont souvent causées par une compression ou une irritation des nerfs sciatique ou crural. La sciatique provoque des douleurs le long du trajet du nerf sciatique, tandis que la cruralgie provoque des douleurs le long du trajet du nerf crural. Les femmes enceintes sont particulièrement sujettes à ces problèmes en raison de la pression exercée par l'utérus sur les nerfs.

Autres causes

Bien que moins fréquentes, d'autres causes peuvent être à l'origine de douleurs rénales après l'accouchement, notamment :

  • Hématomes et constipation : Les problèmes dans la zone anale peuvent également être une source de douleur après l'accouchement. Bébé a pris beaucoup de place dans le ventre et les intestins sont écrasés. Aussi, après l’accouchement, le système digestif peut encore être en désordre. L’anus et le rectum ont, eux-aussi, été écrasés durant l’accouchement. Cela peut notamment provoquer des constipations. La femme post-accouchement et allaitante fait également fréquemment face à des problèmes de thromboses hémorroïdaires, ou hémorroïdes. En effet, la poussée de l’accouchement favorise l’extériorisation des hémorroïdes ordinaires.
  • Troubles rénaux préexistants : Une insuffisance rénale aiguë peut survenir en cas de prééclampsie sévère. L’aspect histologique correspond à une nécrose tubulaire aiguë associée à des lésions d’endothéliose glomérulaire. Cette insuffisance rénale aiguë se complique fréquemment d’œdème pulmonaire. Passé le stade aigu, la récupération de la fonction rénale est habituellement totale. L’insuffisance rénale aiguë au cours de la grossesse peut éventuellement être secondaire à une néphropathie préexistante brutalement aggravée par la prééclampsie. Le risque de mise en dialyse définitive est alors élevé chez ces patientes.
  • Syndrome hémolytique et urémique post-partum : Le syndrome hémolytique et urémique du post-partum est une circonstance rare mais particulièrement grave survenant au décours de l’accouchement et qui nécessite un diagnostic précoce (hémolyse intravasculaire, hypertension artérielle, insuffisance rénale aiguë) requérant la mise en œuvre rapide d’un traitement symptomatique et éventuellement spécifique (échanges plasmatiques).
  • Effets secondaires de médicaments : Certains médicaments utilisés pendant la grossesse ou après l'accouchement peuvent avoir des effets secondaires sur les reins.
  • Complications liées à l'accouchement : Dans de rares cas, des complications survenant pendant l'accouchement peuvent entraîner des lésions rénales ou des douleurs.

Diagnostic des douleurs rénales après l'accouchement

Examen clinique et anamnèse

Le médecin interrogera la patiente sur ses symptômes, notamment la localisation, l'intensité et la durée de la douleur. Il recherchera également d'autres symptômes tels que la présence de sang dans les urines, des nausées ou une diminution du volume urinaire. L'examen clinique permettra de repérer les zones douloureuses et d'évaluer l'état général de la patiente.

Analyses d'urine et prise de sang

Les analyses d'urine sont essentielles pour rechercher la présence de sang (hématurie) et détecter une infection. Une prise de sang permet de vérifier la fonction rénale (taux de créatinine) et de rechercher des signes d'inflammation ou d'infection (élévation des globules blancs).

Imagerie médicale

  • Échographie rénale : L'échographie rénale est souvent utilisée chez les femmes enceintes ou pour un diagnostic rapide. Elle permet de visualiser les reins et de détecter une dilatation (hydronéphrose) causée par un blocage des voies urinaires.
  • Scanner sans injection (TDM) : Le scanner sans injection est l'examen de référence pour diagnostiquer une colique néphrétique. Il permet de localiser précisément le calcul, de mesurer sa taille et d'évaluer le degré d'obstruction dans l'uretère.
  • IRM : Le recours à l’IRM ou au scanner (avec des doses faibles) est réservé aux cas complexes.
  • Autres examens : D'autres examens, comme la radiographie de l'abdomen ou l'urographie intraveineuse (UIV), peuvent être indiqués dans certains cas spécifiques.

Prise en charge des douleurs rénales après l'accouchement

La prise en charge des douleurs rénales après l'accouchement dépend de la cause sous-jacente.

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Traitement médical

  • Antalgiques : Les antalgiques, comme le paracétamol, peuvent être utilisés pour soulager la douleur légère à modérée. En cas de douleur intense, des opioïdes peuvent être nécessaires.
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Les AINS, comme l'ibuprofène, peuvent être efficaces pour réduire la douleur, mais leur utilisation doit être surveillée en raison des effets secondaires potentiels.
  • Antibiotiques : En cas d'infection urinaire, des antibiotiques seront prescrits. Les antibiotiques autorisés sont alors le plus souvent une céphalosporine de 3ème génération, remplacée par les pénicillines, furanes ou macrolides en cas d’allergie.
  • Alphabloquants : Les alphabloquants peuvent être utilisés pour détendre les muscles de l'uretère et faciliter le passage d'un calcul rénal.

Traitement chirurgical

Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour traiter la cause de la douleur rénale. Les options chirurgicales comprennent :

  • Sonde double J : La mise en place d’une sonde urétérale dite double J qui permettra à l’urine de contourner l’obstacle, déchargera le rein et évitera le risque de septicémie.
  • Urétéroscopie : Une approche endoscopique pour retirer les calculs
  • Lithotritie extracorporelle par ondes de choc (LEC) : La lithotritie extracorporelle par ondes de choc (LEC) est une méthode non invasive qui utilise des ondes de choc pour fragmenter les calculs rénaux.
  • Néphrolithotomie percutanée : Une intervention pour les gros calculs.
  • Chirurgie ouverte : Cas rares et complexes.

Autres mesures

  • Hydratation : Il est important de boire suffisamment d'eau pour favoriser l'élimination des calculs rénaux et prévenir les infections urinaires.
  • Chaleur : L'application de chaleur sur le dos peut aider à détendre les muscles et à soulager la douleur.
  • Repos : Le repos peut aider à réduire la douleur et à favoriser la guérison.
  • Kinésithérapie et ostéopathie : Le kinésithérapeute intervient sur prescription médicale. C’est le professionnel de la rééducation. Il permettra de renforcer les muscles soutenant le dos, de travailler la souplesse des jambes et du bassin. Il peut aussi utiliser des ondes ou masser pour détendre les muscles contracturés. L’ostéopathe peut être consulté en première intention, c'est-à-dire sans prescription. Il effectue des tests pour vérifier que votre lombalgie ou sciatique relève de son champ de compétence. Il vous auscultera pour identifier les tensions anormales ou les dysfonctionnements articulaires. Par différentes techniques, il rétablira la mobilité et favorisera l’équilibre interne de votre corps.

Prévention des douleurs rénales après l'accouchement

  • Hydratation adéquate : Boire au moins 2 litres d'eau par jour.
  • Alimentation équilibrée : Adopter une alimentation riche en fruits, légumes et fibres, et limiter la consommation de sel, de protéines animales et de sucre raffiné.
  • Exercice physique régulier : Pratiquer une activité physique régulière pour renforcer les muscles du dos et du ventre.
  • Ergonomie : Adopter une bonne posture au travail et à la maison, et utiliser un soutien lombaire si nécessaire.
  • Gestion du poids : Maintenir un poids de forme pour réduire les contraintes mécaniques sur le dos.
  • Suivi médical : Consulter un médecin régulièrement pour surveiller la fonction rénale et détecter d'éventuels problèmes.

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