L'accouchement, un événement unique et transformateur dans la vie d'une femme, est souvent associé à la douleur. Comprendre pourquoi l'accouchement est douloureux et comment cette douleur est vécue est essentiel, même si une péridurale est envisagée. Cet article explore les causes de la douleur pendant l'accouchement, les facteurs qui influencent son intensité et les moyens de la gérer.

Les Contractions : Moteur de l'Accouchement

Les contractions utérines sont le principal moteur de l'accouchement. Elles permettent d'engager le bébé vers la sortie et de dilater complètement le col de l'utérus. Ces "ondes de choc" aplatissent la partie supérieure du col pour pousser le bébé vers celui-ci. Pour une première naissance, l'effort est généralement plus long, ce qui peut amplifier la douleur.

Le Rôle du Cerveau et des Muscles

En recevant une information douloureuse, le cerveau commande aux muscles de se crisper pour se protéger d’une nouvelle attaque. Cette tension musculaire peut contribuer à la sensation de douleur.

La Dilatation du Col de l'Utérus : Une Zone Sensible

Le col utérin est une zone très dense en terminaisons nerveuses nociceptives, c'est-à-dire des récepteurs de la douleur. En se dilatant, il ajoute une part de souffrance et envoie au cerveau un maximum d’informations négatives, signalant la douleur. En l’espace de quelques heures, l'utérus doit parvenir à faire se dilater le col, jusqu’ici fermé. Les contractions représentent sa seule « arme » et il y met donc toutes ses forces. Le col de l’utérus se raccourcit puis se dilate jusqu’à atteindre 10 centimètres (au moins), des transformations douloureuses également car il est très innervé.

Facteurs Influencant la Perception de la Douleur

La douleur est une sensation subjective qui varie énormément selon les individus. Plusieurs facteurs peuvent influencer la perception de la douleur pendant l'accouchement.

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Physiologie Individuelle

Certaines femmes possèdent peu de fibres nociceptives et sont donc moins sensibles aux informations douloureuses. De plus, certaines futures mamans sécrètent davantage d’endomorphines, des substances proches de la morphine qui permettent de lutter naturellement contre la douleur.

Préparation et Approche Mentale

Les jeunes femmes préparées à l’idée d’accoucher et averties de ce qui les attend, supportent souvent mieux les sensations désagréables qui y sont liées. La douleur est une sensation qui n’est ni quantifiable ni objective.

Peur et Anxiété

La crainte de la douleur peut avoir un impact négatif. Elle met le corps sur la défensive, entraînant des crispations et une accélération du rythme cardiaque. L’hyperventilation qui en résulte provoque une chute de calcium et de magnésium dans le sang, qui elle-même entraîne la sécrétion de l’ocytocine (l’hormone qui favorise les contractions). La peur fait également sécréter de l’adrénaline, qui non seulement empêche la production d’endomorphines, mais surtout retarde le travail. Le muscle utérin stimulé d’une part, freiné de l’autre, travaille de façon incohérente, sans efficacité. Les futures mamans angoissées, sous l’action du stress et de la peur, vont sécréter de l’adrénaline, empêchant la production d’endomorphines.

La Position du Bébé et la Douleur

La position du bébé peut également influencer la douleur. La position idéale est son visage vers le bas, son crâne contre le pubis de la mère. Si le bébé appuie sur le nerf sciatique, la douleur peut se situer dans la fesse ou à l’arrière de la cuisse. Cette sensation est également liée à l’appui du bébé. La douleur peut aussi se porter sur les jambes. Cette localisation de la douleur est souvent liée à la position du bébé.

Les Différentes Phases de l'Accouchement et la Douleur

La douleur peut varier en intensité selon les différentes phases de l'accouchement.

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Le Prétravail

Théoriquement, les contractions sont moins fortes et donc moins douloureuses pendant le prétravail.

Le Travail Actif

Comme les contractions utérines sont de plus en plus intenses et rapprochées, elles ont tendance à être de plus en plus désagréables. En début de travail, une contraction dure environ quinze secondes et revient toutes les dix minutes. La fréquence courte et la longue durée des contractions n’augurent malheureusement pas de la fin imminente de l’effort.

La Phase de Poussée

Curieusement, et alors que les contractions n’ont jamais été aussi violentes, les accouchées ont souvent moins mal lorsqu’elles « poussent ». Quand la sage-femme demande de pousser, le bébé est au niveau de la vulve et appuie sur le périnée. Il y a là une raison physiologique : quand vous « poussez », l’enfant est déjà bien engagé dans votre bassin et fait pression sur votre périnée. L'épisiotomie, si elle est nécessaire, se pratique au moment d’une contraction, lorsque vous êtes en pleine « poussée ». Comme à cet instant-là, la tête du futur enfant appuie fortement sur le périnée, il y a anesthésie des terminaisons nociceptives.

Après la Naissance

Dès que l'enfant a sorti sa tête, les contractions deviennent moins pénibles.

Gérer la Douleur de l'Accouchement

Il existe différentes approches pour gérer la douleur de l'accouchement, allant des méthodes naturelles aux interventions médicales.

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Méthodes Non Médicamenteuses

La préparation à l'accouchement, les techniques de relaxation, la respiration, le massage et l'utilisation de la chaleur ou du froid peuvent aider à soulager la douleur.

Analgésie Médicamenteuse

La péridurale est une méthode d'analgésie régionale qui permet de soulager significativement la douleur pendant l'accouchement.

Mythes et Réalités sur la Douleur de l'Accouchement

Contrairement à une idée reçue, la douleur n'est pas maximale au moment de pousser, même si les contractions sont alors plus violentes. Il est très rare d’être totalement insensible aux contractions. Un ventre qui durcit et qui fait mal ne signifie pas que l’accouchement est proche. Certaines femmes ont des contractions douloureuses dès le sixième mois de grossesse et parfois même avant. Ces contractions précoces sont toutefois préoccupantes, car elles montrent que le muscle utérin est stimulé. Si elles se répètent trop souvent, il est important de consulter un médecin. A proximité du terme, les choses sont différentes, mais la douleur, pas plus qu’avant, ne peut servir d’instrument de mesure pour apprécier le délai qui sépare de l’accouchement. Ce sont, en fait, la régularité et la fréquence des contractions qui comptent. Si les contractions apparaissent régulièrement et, « montre en main », toutes les dix minutes depuis deux heures…

Expériences Variées

Chaque femme ressent la douleur et la qualifie selon sa propre physiologie et son histoire personnelle. Avec l’expérience du premier, vous serez moins prise au dépourvu. Il n’y a néanmoins pas de norme car tout dépend, là encore, des circonstances et de votre état. Il n’est pas forcément vrai que l’accouchement de jumeaux est plus douloureux. « J’ai accouché de jumeaux et curieusement, alors que je m’attendais au pire pour l’accouchement, j’ai trouvé leur naissance moins douloureuse que celle de mon aîné. Comme ils étaient deux, ils étaient de petite taille. Leur expulsion s’est donc faite très vite. Quelques « poussées », et le tour était joué ! Evidemment, une fois le premier bébé sorti, il a fallu repartir pour le second… et j’étais bien fatiguée. Mais lorsque les contractions sont réapparues, le plaisir de voir mon premier bébé m’a donné l’énergie de pousser comme il faut. »

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