Introduction

Le don de placenta et de cellules souches, notamment celles issues du sang de cordon ombilical, représente un domaine en pleine expansion dans le domaine médical. Ces dons offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques pour un éventail de maladies, allant des cancers du sang aux affections dégénératives. Cet article explore en profondeur les avantages et les inconvénients associés à ces pratiques, en tenant compte des aspects scientifiques, éthiques et logistiques.

Qu'est-ce que le don de sang de cordon ombilical ?

Le sang placentaire est très riche en cellules souches qui, une fois transformées, vont permettre de soigner des maladies et de sauver des vies. Le sang de cordon ombilical, également appelé sang placentaire, est celui qui reste dans le placenta et le cordon ombilical après la naissance du bébé. Ce sang est particulièrement intéressant d’un point de vue médical car il contient des cellules souches hématopoïétiques. Ces cellules sont les précurseurs de toutes les cellules sanguines: les globules rouges transporteurs d’oxygène, les globules blancs pour lutter contre les infections et les plaquettes pour arrêter les saignements.

Le Don de Sang de Cordon : Comment ça Marche ?

Conditions et Procédures

A priori, toute femme enceinte et en bonne santé, sans antécédents particuliers, peut donner son sang de cordon. Toutes les femmes âgées de plus de 18 ans peuvent faire ce don à condition d’être en bonne santé et sans antécédents médicaux graves (maladies génétiques, cancéreuses, auto-immunes). Si vous souhaitez entreprendre cette démarche, parlez-en d’abord à votre gynécologue.

Vous devrez passer un entretien pendant la grossesse, à partir du 4e mois de grossesse, après avoir indiqué votre volonté de faire don du sang du cordon, avec un ou une médecin spécialiste et vous devrez accoucher dans une maternité habilitée. En effet toutes les maternités ne sont pas habilitées à pratiquer ce prélèvement et le stocker. Vous devrez remplir un formulaire de consentement avant votre accouchement. C’est un don gratuit et anonyme.

Le Prélèvement Post-Accouchement

Le prélèvement du sang de cordon est un geste simple et indolore, qui ne présente aucun risque, aussi bien pour la mère que pour l’enfant. Il a lieu dans les minutes qui suivent l’accouchement, une fois que le cordon ombilical est coupé et que le placenta est encore dans l’utérus. La sage-femme ponctionne le sang en introduisant une seringue dans la veine du cordon ombilical. Le prélèvement se fait simplement par une veine du cordon afin de récupérer le sang placentaire. Il ne pourra pas être pratiqué si des gestes médicaux doivent être priorisés sur le don.

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Une fois récupéré, le sang est amené dans les 24 heures à la banque de sang placentaire la plus proche. Le volume de sang et la quantité de cellules souches sont mesurés, et le groupe sanguin ainsi que les caractéristiques HLA (antigènes des leucocytes humains) sont analysés. Le prélèvement sera réalisé seulement si vous accouchez à terme et si aucun problème ne s’est posé lors de l’accouchement.

Banques Publiques vs. Banques Privées

Si vous faites un don à une banque publique, il est anonyme et peut servir à n’importe quelle autre personne. Ce don est gratuit. Il existe cependant des banques privées - contre paiement. Dans ce cas votre don est privé et ne servirait qu’à votre enfant si un jour il en avait besoin. C’est vous-même qui devrez adresser le prélèvement à la banque. Il ne pourra pas être conservé plus de 10 ans.

Contre-indications au don

Oui, le don de sang de cordon est impossible si :

  • La mère présente des antécédents comme certaines maladies génétiques, auto-immunes ou cancéreuses.
  • Des complications apparaissent au moment de la grossesse (complications obstétricales, pathologies infectieuses…).
  • La grossesse fait suite à un don d'ovocytes.
  • La grossesse est multiple.
  • Le père est inconnu ou souffre de maladies génétiques ou anomalies génétiques constitutionnelles.
  • La fratrie présente des pathologies hématologiques, des tumeurs solides ou des maladies génétiques.
  • L’enfant à naître présente une anomalie de développement intra-utérin (retard de croissance, souffrance fœtale).

D’autres contre-indications peuvent exister. Les professionnels de santé habilités à pratiquer ce don en informeront les femmes enceintes le cas échéant. Le don de sang de cordon n’a pas lieu si des complications surviennent au moment de l’accouchement, telles que :

  • Un terme inférieur à 37 semaines.
  • Une température maternelle supérieure à 38°C.
  • Un liquide amniotique qui comporte les premières selles du bébé et dont le bilan infectieux est positif.
  • Une rupture de la poche des eaux 24 heures ou plus avant l’accouchement.
  • Une souffrance fœtale aiguë chez le bébé.

Applications Thérapeutiques des Cellules Souches du Sang de Cordon

Maladies Traitables

On utilise donc le sang placentaire qui serait donné pour le greffer à des patients atteints de maladies de l’hémoglobine ou de cancers du sang (leucémies), de maladies des ganglions (lymphomes) ou qui suivent un traitement détruisant leur moelle osseuse. Toutes ces situations peuvent être traitées par greffe de moelle osseuse, mais il peut être compliqué de trouver un donneur compatible, ce qui est moins le cas avec le sang de cordon qui est donc une solution alternative pertinente. Chaque année en France, environ 2000 personnes atteintes de maladies graves du sang ont besoin d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques - issues de la moelle osseuse ou du sang de cordon - pour espérer guérir.

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Le sang de cordon est utilisé pour traiter des hémopathies malignes comme les leucémies ou des lymphomes, ou encore des maladies génétiques comme l’anémie de Fanconi. Il offre une alternative sérieuse à la greffe de moelle en l’absence de donneur compatible.

Recherche et Perspectives d'Avenir

La recherche est en plein développement et ces cellules vont être utilisées pour réparer un cœur usé, un foie altéré, un rein endommagé, traiter une maladie dégénérative du cerveau, aider les malades atteints de cancers. De plus ces cellules souches s’adaptent beaucoup plus facilement au receveur et on constate beaucoup moins de phénomènes d’incompatibilité. Faire un don de sang de cordon, c’est donc donner à un malade la possibilité de régénérer son sang et de participer à sa guérison.

Ces prélèvements pourraient, à moyen terme, intéresser d’autres affections que celles du tissu hématologique. De telles perspectives thérapeutiques regroupées sous le terme générique de thérapie cellulaire, mobilisent la communauté scientifique et médicale en même temps qu’elles engendrent de nouveaux enjeux économiques susceptibles de modifier à l’avenir, les rapports entre la médecine, l’industrie et la science.

Avantages des Cellules Souches du Sang de Cordon

Le sang de cordon con­tient des cel­lules souch­es hématopoïé­tiques, qui siè­gent habituelle­ment dans la moelle osseuse et pro­duisent toute la vie durant des cel­lules san­guines, ce qui représente un grand intérêt thérapeu­tique. Les cellules souches, plus immatures, peuvent accepter une certaine marge d’incompatibilité HLA. L’éventail des donneurs est donc plus large et il est plus simple de trouver un échantillon de sang de cordon compatible. Lorsque l’on pratique une greffe de moelle, les caractéristiques HLA des deux individus doivent être très proches. Lorsque l’on pratique une greffe de sang de cordon, les caractéristiques HLA doivent aussi être proches, mais l’on peut se permettre quelques différences.

Les cellules issues du sang placentaire et ombilical sont intéressantes pour des raisons qui tiennent autant à leur efficacité thérapeutique qu’à leur facilité et à leur innocuité de recueil. Ces prélèvements de sang placentaire, par rapport aux prélèvements de moelle osseuse, permettent de contourner les enjeux psychiques inhérents au don de moelle intra‑familial, notamment d’éviter la dette psychologique entre donneur et receveur ou encore la culpabilité du donneur en cas d’échec de la greffe. En outre, les prélèvements de moelle osseuse, bien que dénués d’effets secondaires pour le donneur, s’effectuent sous anesthésie générale, laquelle représente toujours un risque opératoire.

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Limites Actuelles

Les avantages du sang placentaire sont donc multiples, mais leurs indications de greffe restent limitées aux enfants de petit poids, compte tenu du faible volume de recueil (environ 100 ml par prélèvement). Parce qu’il con­tient moins de cel­lules souch­es qu’un don de moelle osseuse, la greffe de sang de cor­don était pri­or­i­taire­ment util­isée sur les jeunes enfants, pour lesquels les quan­tités de cel­lules souch­es n’ont pas besoin d’être très impor­tantes.

En dehors des applications dans le domaine des maladies hématologiques, l’efficacité thérapeutique des cellules souches du sang de cordon n’a pas été démontrée jusqu’à présent par des essais cliniques. En dehors des PEC qui sont isolables à partir de chaque sang de cordon et qui peuvent générer, après expansion, un nombre de cellules compatibles avec un usage en thérapie cellulaire, les autres types de cellules souches sont rares et leur présence n’est pas détectée dans tous les sangs de cordons. Le Professeur Jean-Jacques Lataillade, chef du laboratoire de recherche du Centre de Transfusion des Armées à l’hôpital Percy, a déclaré qu’il n’obtenait des cellules souches mésenchymateuses qu’à partir d’un sang de cordon sur trois.

Don de Placenta : une Alternative pour la Cornée

Il est également possible de faire don de son placenta, mais les conditions sont bien plus strictes : un don de placenta ne peut être réalisé qu’au cours d’une césarienne programmée. La membrane amniotique va être greffée, en cas de compatibilité, afin de secourir une cornée, à la suite de brûlures oculaires, de plaies ou de maladies.

Enjeux et Défis du Don de Sang Placentaire

Aspects Organisationnels et Logistiques

Dans le recueil de sang placentaire, en particulier au niveau du recrutement des femmes donneuses puis du suivi médical spécifique dont elles sont l’objet en cas de don, la participation des obstétriciens à une procédure dont les retombées médicales concernent les hématologistes ne va pas sans résistances. Sur le terrain, l’engagement des obstétriciens présente des disparités allant du désintérêt total pour ce type de thérapeutique, à l’intérêt modéré. Ils soulignent surtout leur manque de disponibilité au sein d’un exercice professionnel déjà menacé dans son fonctionnement, et parfois osent évoquer l’appropriation de leurs efforts, voire les résultats thérapeutiques par une autre corporation que la leur : les hématologistes.

Les sages-femmes sont apparues d’emblée comme étant des personnes ressources indispensables à l’optimisation de la collecte. Agents de la motivation des parturientes, leur adhésion à cette nouvelle activité se révèle primordiale pour la suite de la procédure et, en contrechamp, la reconnaissance de leur savoir‑faire, garante de leur activisme.

Considérations Éthiques et Juridiques

Dans la mesure où le cordon ombilical et le placenta peuvent être assimilés à un « déchet opératoire », leur utilisation dans un but scientifique ne devrait pas susciter de questions éthiques spécifiques. Même si la finalité est uniquement scientifique, la collecte et la conservation des cellules du cordon et du placenta ne devraient être réalisées qu’avec le consentement écrit de la mère, et éventuellement de son conjoint. Il serait souhaitable qu’un consentement explicite soit obtenu après qu’une information précise et aussi complète que possible, sur les conditions de conservation et sur l’utilisation scientifique des cellules du cordon et du placenta, a été donnée.

Sécurité Sanitaire et Traçabilité

Les éléments du corps humain destinés à des fins thérapeuti­ques sont aujourd’hui soumis à des règles de précautions sanitaires dûment codifiées et validées par différentes procédures. Les résul­tats de ces dispositions, au nombre desquelles figurent les antécé­dents médicaux du donneur, ainsi que les résultats sérologi­ques et bactériologiques des greffons prélevés, sont consignés sur des documents et permettent de retrouver les informations nécessaires au suivi et à la traçabilité des éléments prélevés.

Thérapie Cellulaire : un Traitement "One Shot"

Un traitement unique pour un coût qui paraît raisonnable : c’est ce qui semble se dessiner avec la thérapie cellulaire. Les coûts de production des cellules thérapeutiques sont en effet amenés à diminuer avec l’automatisation des processus. Actuellement, le coût d’un médicament de thérapie cellulaire est estimé entre 10 000 à 20 000 euros. Et contrairement aux médicaments courants, une administration unique suffit pour traiter le patient.

Le Problème de la Compatibilité Donneur-Receveur

Le prélèvement des cellules souches utilisées en thérapie cellulaire peut être réalisé sur le patient lui-même. Il est alors dit autologue et les cellules thérapeutiques seront parfaitement tolérées par le patient sur le plan immunitaire. L’utilisation de cellules autologues est possible lorsqu’on a recours à des cellules souches multipotentes ou à des cellules IPS. Point faible de cette solution, elle allonge les délais de traitement par rapport à l’utilisation de cellules thérapeutiques prêtes à l’emploi issue de banques. Des rejets de greffe peuvent donc théoriquement avoir lieu. En cas de greffe de moelle, par exemple, le patient receveur doit suivre un traitement immunosuppresseur pour éviter ce rejet.

Cellules Souches Mésenchymateuses (CSM)

Les Cellules Souches Mésenchymateuses (CSM) sont les cellules souches post-natales, d’origine mésodermique. Elles sont issues notamment de la moelle osseuse et donnent naissance aux différentes composantes du tissu conjonctif, les ostéoblastes, les chondrocytes, les adipocytes et les cellules musculaires lisses. Elles génèrent également la composante stromale de la niche hématopoïétique permettant le maintien d’une population de cellules souches hématopoïétiques, qui fournit l’ensemble des cellules sanguines pendant toute la vie [13]. Enfin, les CSM présentent une capacité d’immunosuppression par diminution de prolifération des lymphocytes T et inhibition de différenciation des cellules dendritiques.

Avantages des CSM

Le premier avantage est que le cordon et le placenta génèrent une quantité importante de CSM. Le professeur Zhong-Chao Han affirme qu’un seul prélèvement génère environ 100 doses thérapeutiques. Le deuxième avantage est que toutes les publications dans le domaine indiquent que les CSM du cordon ont des propriétés au moins équivalentes à celle des CSM de moelle, qui servent de référence. En première analyse, ces cellules ont donc les mêmes applications que les CSM de la moelle : réparation osseuse, réparation des brûlures graves, immunomodulation dans les maladies inflammatoires ou dans les réactions du greffon contre l’hôte et réparation cardiovasculaire. Le troisième avantage, qui serait considérable s’il était définitivement confirmé, est que ces cellules souches sont bien tolérées d’un point de vue immunologique.

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