Dominique Voynet, née le 4 novembre 1958 à Montbéliard, dans le Doubs, est une figure emblématique de l'écologie politique en France. Son parcours, marqué par un engagement constant pour l'environnement et la justice sociale, l'a menée de l'hôpital aux bancs de l'Assemblée nationale, en passant par des responsabilités ministérielles et locales.
Formation et Débuts Militants
Après avoir obtenu son baccalauréat à l'âge de 16 ans, Dominique Voynet entreprend des études de médecine à Besançon. Pendant ses études supérieures à la faculté de médecine de Besançon (1977-1982), Dominique Voynet est infirmière de nuit, syndiquée à la CFDT. Elle fait des remplacements de médecins généralistes, puis spécialistes (1981-1985), se syndique au Syndicat de la médecine générale. Elle achève ses études à l'âge de 27 ans, obtenant un doctorat de médecine et un Certificat d'anesthésie-réanimation. En 1985, elle devient médecin anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital de Dôle.
Parallèlement à ses études, elle s'engage dans le militantisme écologique. Dominique Voynet fait ses premiers pas en politique en intégrant d'abord l'Association belfortaine de protection de la nature. Elle combat les centrales nucléaires de Fessenheim et de Creys-Malville ainsi que la déforestation des Vosges. Constatant l'absence de parti politique représentatif de ses idées, elle participe en 1984, avec Yves Cochet, Guy Hascoët et Antoine Waechter, à la fondation des Verts. Membre d'Amnesty International, de la CFDT, du FLAM (front de lutte antimilitariste) et des Amis de la Terre, elle anime également une radio libre nommée "Radio ondes rouges".
Ascension Politique
En 1985, elle devient chef de file des Verts de Besançon. Son engagement politique s'intensifie avec son élection comme conseillère municipale de Dole en 1989. La même année, elle est élue députée européenne, un mandat qu'elle exerce jusqu'en 1991. En 1991, elle devient porte-parole des Verts, s'opposant à Antoine Waechter et prônant des alliances avec la gauche. En 1992, Dominique Voynet est élue au conseil régional de Franche-Comté.
Dominique Voynet se présente à l'élection présidentielle de 1995 sous l'étiquette des Verts, obtenant 3,32 % des suffrages au premier tour. Lors des élections législatives de 1997, elle est élue députée du Jura.
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Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
En 1997, Dominique Voynet entre dans le gouvernement de Lionel Jospin, dit de la "Gauche plurielle", comprenant les écologistes et des représentants des différentes formations de la gauche parlementaire. Lionel Jospin la choisit comme ministre de l'Aménagement du territoire et de l'environnement.
Son passage au ministère est marqué par plusieurs réalisations importantes. Elle participe aux négociations du protocole de Kyoto, un accord international visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle se bat pour un moratoire européen sur les OGM et amorce le plan national de lutte contre le réchauffement climatique. Elle est l'auteur de la loi portant son nom sur l'aménagement et le développement durable du territoire, ainsi que d'une autre loi sur la chasse. La loi sur la chasse qu’elle fait également voter vise notamment à définir les conditions d’un usage partagé des espaces naturels et ruraux entre les chasseurs et les autres usagers. Elle instaure un « jour de non-chasse » et permet à tout citoyen qui le désire de s’opposer à l’inclusion de ses propriétés dans le territoire d’une association communale de chasse agréée, en raison de ses convictions personnelles.
Cependant, elle rencontre des difficultés à imposer ses vues aux socialistes, notamment sur le contrôle de la qualité de l'eau et la transparence des questions nucléaires. Déçue, elle démissionne du gouvernement en juillet 2001.
Retour au Parti et Engagement Local
En 2002, Dominique Voynet devient secrétaire nationale des Verts et soutient la candidature de Noël Mamère à l'élection présidentielle. Malgré sa défaite lors des élections législatives de 2002, elle parvient à entrer au Sénat deux ans plus tard. Elle est sénatrice de Seine-Saint-Denis de 2004 à 2011. Dès lors, elle met ses convictions au service de la Seine-Saint-Denis, dont elle est sénateur depuis 2004. En 2011, elle a décidé de ne pas se représenter aux élections sénatoriales.
En 2007, elle se représente à l'élection présidentielle, recueillant 1,57 % des suffrages et appelant à voter Ségolène Royal au second tour. L'année suivante, Dominique Voynet brigue la mairie de Montreuil, élection qu'elle remporte face au maire sortant Jean-Pierre Brard. Elle est maire de Montreuil de 2008 à 2014.
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Nouvelles Fonctions et Retour à l'Assemblée Nationale
Dominique Voynet, inspectrice générale des affaires sociales depuis 2014, est nommée à compter du 1er janvier 2020 directrice générale de l'Agence régionale de santé de Mayotte. Le 27 novembre 2019, le Conseil des ministres la nomme à la tête de l'Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte à compter du 1er janvier 2020. Elle quitte ses fonctions en septembre 2021 pour prendre sa retraite.
En 2022, elle reprend du service pour son parti en Franche-Comté, devenant secrétaire régionale des Écologistes de Franche-Comté.
27 ans après son dernier mandat de députée, Dominique Voynet a été élue le 7 juillet 2024, dans la 2e circonscription du Doubs. Ministre de l'Environnement sous Lionel Jospin, cette écologiste a été investie par le Nouveau Front Populaire. "Soulagement." Tout juste élue députée de la 2e circonscription du Doubs, avec près de 60% des suffrages, ce lundi 8 juillet, Dominique Voynet savoure la victoire de son camp.
Vie Privée
Côté vie privée, elle a été en couple avec l'ancien ministre Yves Cochet. Ils se rencontrent au début des années 80, étant tous deux déjà parents d'une petite fille chacun. Ils se disputent l'investiture écologique en 2006.
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