Dominique Simonnet est une figure marquante du paysage intellectuel français, reconnu pour son travail d'écrivain, de journaliste et d'éditeur. Son parcours est jalonné d'engagements, notamment dans le domaine de l'écologie, où il est considéré comme l'un des fondateurs du mouvement en France.
Un Engagement Précoce pour l'Écologie
L'engagement de Dominique Simonnet pour l'écologie se manifeste dès la fin des années 1970. Il préside l'association Les Amis de la Terre de 1978 à 1979, une période cruciale pour la structuration du mouvement écologiste en France. Son ouvrage intitulé L'Écologisme, publié en 1979, témoigne de sa réflexion sur les enjeux environnementaux et de sa volonté de sensibiliser le public à ces questions.
Carrière dans le Journalisme
Parallèlement à son engagement écologiste, Dominique Simonnet mène une carrière de journaliste. Il occupe le poste de rédacteur en chef à l'hebdomadaire L'Express jusqu'en 2007. Son expérience dans la presse lui permet de développer une expertise dans la vulgarisation scientifique, un domaine qui lui tient particulièrement à cœur. Il est l'auteur et l'animateur du magazine hebdomadaire Drôle de planète, diffusé sur France 2 et destiné aux adolescents. Cette émission, qui lui vaut le prix Roberval télévision, témoigne de sa capacité à rendre les sciences accessibles et attrayantes pour un jeune public. Il crée également Tranches de science sur France 3 et produit la série Aventures sans gravité diffusée sur France Culture.
L'Anthropologie de l'Amour : Une Quête des Origines des Sentiments
Un journaliste l'avait surnommé "l'anthropologue de l'amour", et il en avait été flatté. Cela faisait des années qu'il sillonnait la planète pour tenter d'établir l'origine des sentiments. Les Néandertal connaissaient-ils déjà la palette des émotions ? Comment était-on passé du rut simiesque à une étreinte plus subtile ? Qui, le premier, était sorti de sa gangue animale ? Qui avait tenté un geste tendre, une caresse inédite, un baiser, avant de découvrir l'empathie, l'affection, l'attachement ? Qui avait inventé l'amour ? C'est un beau sujet de recherche !
Longtemps, la chair fut péché. Pendant des millénaires, les rois, les prêtres, les maris ont obstinément contrôlé les corps et la sexualité. Aujourd’hui, nous pouvons enfin faire l’amour sans procréer, procréer sans faire l’amour, et donner libre cours à notre désir. Pourtant, comme les hommes et les femmes d’antan, nous recherchons fébrilement le Graal, le grand amour, vrai, intense, et si possible durable.
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A l'origine, le plaisir, c'est l'appât, une ruse de l'évolution qui incite les mammifères à procréer à certains moments favorables pour perpétuer l'espèce. Chez nous, les humains, le désir est permanent. C'est ce qui nous a fait progresser : comme ils ne pouvaient sauter les uns sur les autres en continuation, nos ancêtres Homo sapiens ont bien été obligés de refréner leur pulsion, de la transcender en somme. Ils ont mis le corps convoité à distance, ils l'ont magnifié, érotisé… Le sentiment amoureux est sans doute né de ce désir contenu et pacifié. Peut-être aussi l'art, la culture… En quelque sorte, nous sommes les enfants du désir.
La Plus Belle Histoire du Monde : Un Succès de Vulgarisation Scientifique
En 1996, Dominique Simonnet publie aux éditions du Seuil La Plus Belle histoire du monde. Cet ouvrage, qui prend la forme d'une longue conversation avec Hubert Reeves, Joël de Rosnay et Yves Coppens, connaît un immense succès, avec plus de 300 000 exemplaires vendus et des traductions dans une trentaine de pays. Ce livre illustre la capacité de Dominique Simonnet à rendre les connaissances scientifiques accessibles à un large public, en les intégrant dans un récit captivant et porteur de sens.
Un Acteur de la Culture Scientifique
Dominique Simonnet est un acteur engagé dans la promotion de la culture scientifique. Il enseigne le journalisme à l'Université Paris V et participe à des initiatives visant à rapprocher les mondes littéraire, artistique et scientifique. Son parcours témoigne de sa conviction que la science est un élément essentiel de la culture et qu'il est important de la partager avec le plus grand nombre.
Réflexions sur l'engagement politique et l'aveuglement idéologique
Bart s’étonne de l’aveuglement fanatique dont avait fait preuve une petite partie de sa génération, contaminée par un mauvais virus qui paralysait les cerveaux et anesthésiait la pensée. Le vent frais de 1968 avait tourné à l’orage, les idées neuves avaient cédé aux dogmes grossiers, les libertaires avaient été balayés au profit des doctrinaires.
Sartre aligne les mêmes clichés, il chante le même refrain, ces phrases d’évangile que Bart a entendues tant de fois de la bouche des étudiants maoïstes. On dirait la litanie d’un curé. Il « croit » à la lutte des classes. Il « croit » au pouvoir du peuple. Il « croit » à la résistance contre le capitalisme et la bourgeoisie. Assis à ses côtés, Alain Geismar, le leader de 68, arbore sur son pull-over un badge à l’effigie du président Mao. De temps en temps, l’assistance tend le poing en réponse à un slogan, comme les fidèles se lèvent pendant la messe. « Le pouvoir au peuple. Le pouvoir au peuple. Le pouvoir au peuple. Sartre ! Sartre, nom d’un chien ! Bart a presque honte de le penser, le philosophe lui apparaît ridicule. Le peuple ! Quel alibi commode ! Staline, qu’ils ont renié, se réclamait du peuple. Trostksy, qu’ils ont décrié, se réclamait du peuple. Maintenant, ce serait Mao qui représenterait le peuple ? Le président Mao a dit Comme le dit le président Mao Ils ânonnent ça tels des enfants. « Jacques a dit », « Jacques a dit » On dirait une secte d’illuminés. Sont-ils fous ? Aveugles ? Comment le philosophe, qu’il admirait quand il était adolescent, ne voit-il pas ce qu’il voit, lui, Bart : que tout cela est une farce sinistre, que leur grand Timonier est un guignol meurtrier ? Sartre peut-il avoir tort à ce point ? Et s’ils savaient parfaitement de quoi ils retournent ? Et s’ils étaient tous de fieffés menteurs ? Un moment, Bart se prend à douter. Et si c’était lui, Bart, le petit provincial, si ignorant en politique, si novice, qui ne comprenait rien ?
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La permanence des tendances et des croyances
Regarde, chaque vague suit toujours le même chemin, elle remplit les mêmes creux, les mêmes fissures, et, ce faisant, elle les creuse davantage. Il y a donc une sorte d’inclination immuable qui renforce de manière inéluctable les petites tendances. En temps de paix, ce sont les bonnes vieilles croyances religieuses que l'on va chercher. Voiles-moi ces jambes, ce ventre, ces seins, ce visage, enveloppez-moi ce beau corps de femme, ma propriété, pour que je puisse en jouir en exclusivité ! Ce n'est pas moi qui l'exige, mais Lui, là-haut (gloire à Lui !), dans Son infinie sagesse…
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