En langage médical, l’absence de règles, ou aménorrhée, est un sujet de préoccupation pour de nombreuses femmes. Ce n’est pas forcément le signe d’un début de grossesse et peut avoir de nombreuses causes, certaines bénignes et d'autres plus graves. Il est donc important de comprendre ce qui se passe dans votre cycle menstruel.
Qu'est-ce que l'aménorrhée ?
L'aménorrhée désigne l'absence de règles (menstruations) chez une femme en âge de procréer. C'est-à-dire, chez une femme qui a atteint la puberté et qui n'est pas ménopausée. L'aménorrhée est un symptôme qui peut avoir de nombreuses causes. Chez la plupart des femmes atteintes d’aménorrhée, les ovaires ne libèrent pas d’ovule, ce qui peut entraîner des difficultés à concevoir.
L'aménorrhée est considérée comme normale dans les cas suivants :
- Avant la puberté
- Pendant la grossesse
- Pendant l’allaitement
- Après la ménopause
En dehors de ces périodes, elle peut être le premier symptôme d’un trouble grave et nécessite une consultation médicale.
Les différents types d'aménorrhée
Il existe deux principaux types d’aménorrhée :
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Aménorrhée primaire (ou essentielle) : Les règles n’apparaissent pas. On parle d’aménorrhée primaire lorsqu’une adolescente n’a pas eu ses premières règles après l’âge de 15 ans, ou dans les 5 ans suivant l’apparition du développement des seins quand ceux-ci se sont développés avant l’âge de 10 ans. Les règles apparaissent le plus souvent entre 10 et 15 ans. Si les règles n’apparaissent pas, les jeunes filles n’entrent pas en puberté et donc, les caractères sexuels secondaires (seins et poils pubiens) ne se développent pas normalement.
Aménorrhée secondaire : Les règles ne sont pas survenues pendant plus de 3 mois chez une femme jusque-là bien réglée, ou 6 mois si les cycles étaient irréguliers. C’est la situation la plus fréquente.
Causes de l'aménorrhée
Les causes de l’aménorrhée dépendent du type (primaire ou secondaire), mais elles sont souvent liées à des déséquilibres hormonaux ou à des facteurs physiologiques.
Causes de l’aménorrhée primaire
Les troubles qui provoquent une aménorrhée primaire sont peu courants, mais les plus fréquents sont :
- Maladies génétiques : Syndrome de Turner (anomalie chromosomique), syndrome de Kallmann (maladie génétique caractérisée par une absence d’hormones sexuelles et un déficit de la perception des odeurs), surproduction d’hormones masculines par les glandes surrénales, troubles génitaux (hermaphrodisme).
- Malformations congénitales : Les organes reproducteurs sont mal formés, ce qui bloque le flux menstruel.
Il est important de noter que les maladies génétiques et les anomalies congénitales à l’origine d’une aménorrhée primaire passent souvent inaperçues jusqu’à la puberté. Parfois, la puberté est retardée chez des jeunes filles qui ne présentent aucun trouble, et les règles normales apparaissent tout simplement à un âge plus avancé.
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Causes de l’aménorrhée secondaire
Les causes les plus courantes de l’aménorrhée secondaire sont :
- Grossesse : La première explication à envisager reste un début de grossesse.
- Allaitement : Après un accouchement, c’est normal d’avoir une absence de règles pendant quelques temps. La tétée du bébé entraîne la production de prolactine, une hormone qui bloque l’ovulation.
- Contraception hormonale : Si vous prenez la pilule, les saignements que vous avez après chaque plaquette ne sont pas des vraies règles car l’ovulation est bloquée par les hormones. Ils sont donc rarement abondants et parfois ils n’ont tout simplement pas lieu, notamment si vous prenez une pilule micro progestative. Après l’arrêt de la pilule, vous pouvez avoir une absence de règles pendant quelques mois. Si vous portez un stérilet hormonal, l’absence totale de règles est logique puisque le stérilet bloque l’ovulation.
- Dysfonctionnement de l’hypothalamus : Dû au stress, à une activité physique intense, à une mauvaise nutrition, à des troubles mentaux (dépression, trouble obsessionnel compulsif), à une radiothérapie du cerveau ou une lésion cérébrale.
- Dysfonctionnement de l’hypophyse ou de la glande thyroïde : Dû à un trouble tel qu’une tumeur ou un traumatisme crânien, ou à un taux de prolactine élevé.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Ce syndrome est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer.
- Ménopause prématurée : La préménopause se traduit par des règles d’abord espacées puis qui disparaissent au moment de la ménopause.
- Utilisation de certains médicaments : Contraceptifs oraux, antidépresseurs, médicaments antipsychotiques.
- Facteurs ponctuels : Le stress agit souvent sur la régularité du cycle menstruel. Un événement douloureux, comme un deuil, un licenciement, un divorce, peut perturber les règles.
Bien que moins courantes, certaines causes de l’aménorrhée secondaire sont également énoncées :
- Maladies chroniques (des poumons, de l’appareil digestif, du sang, des reins ou du foie).
- Certaines maladies auto-immunes.
- Cancer.
- Infection par le VIH.
- Radiothérapie.
- Traumatismes crâniens.
- Môle hydatiforme (excroissance du tissu du placenta).
- Syndrome de Cushing.
- Dysfonctionnement des glandes surrénales.
- Polypes.
- Fibromes.
Symptômes associés à l'aménorrhée
Le principal symptôme de l’aménorrhée est l’absence de règles. D’autres symptômes peuvent s’ajouter et orienter vers une cause :
- Retard de puberté.
- Développement de caractères masculins tels qu’une pilosité corporelle excessive, une réduction du timbre de la voix et une augmentation de la masse musculaire.
- Troubles de la vision.
- Altération de l’odorat (qui peut faire penser au syndrome de Kallmann).
- Écoulement laiteux des mamelons pouvant survenir spontanément.
- Variation importante du poids.
Si l’aménorrhée dure longtemps, la jeune fille ou la femme peut également ressentir des symptômes ressemblant à ceux de la ménopause, tels que :
- Bouffées de chaleur.
- Sécheresse vaginale.
- Réduction de la densité osseuse (ostéoporose).
Le risque de troubles cardiaques et vasculaires est aussi accru chez ces femmes.
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Diagnostic de l'aménorrhée
Pour poser le diagnostic de l’aménorrhée, le médecin procède à une consultation médicale au cours de laquelle il pose des questions à la patiente sur ses antécédents médicaux, plus précisément sur l’historique de ses menstruations. Un examen clinique est ensuite réalisé pour déterminer si les caractères sexuels secondaires sont bien développés.
Les observations faites pendant le relevé des antécédents et l’examen clinique aident le professionnel de santé à mettre en évidence la cause de l’aménorrhée. Des examens complémentaires peuvent être prescrits, à savoir :
- Test de grossesse (il peut être effectué même chez les filles qui n’ont pas eu de règles ou qui n’ont aucune activité sexuelle).
- Analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones (FSH, LH, estradiol, testostérone, prolactine, TSH).
- Examens d’imagerie permettant d’examiner le système reproducteur (échographie pelvienne, hystéroscopie, IRM hypophysaire ou pelvienne).
- Radiographie de la main pour évaluer l'âge osseux.
Dans certains cas, le médecin peut prescrire des médicaments hormonaux pour vérifier s’ils peuvent déclencher les règles.
Traitements de l'aménorrhée
Le traitement de l’aménorrhée dépend de sa cause :
- Surveillance de la puberté : Si la jeune fille n’a pas encore eu des règles et que tous les examens cliniques sont normaux, une surveillance de sa puberté est réalisée tous les 3 à 6 mois.
- Stimulation de la puberté : Des progestatifs ou des œstrogènes peuvent être prescrits afin de déclencher les premières règles ainsi que l’apparition des caractères sexuels secondaires, tels que les seins.
- Chirurgie : Si l’aménorrhée est due à une anomalie congénitale qui affecte l’appareil génital, une chirurgie peut être envisagée pour rétablir l’écoulement du flux menstruel.
- Prise en charge oncologique : Si une tumeur est à l’origine de l’aménorrhée, une prise en charge oncologique est nécessaire.
- Prise en charge psychothérapeutique : Si l’aménorrhée est provoquée par un choc, un traumatisme ou des troubles d’ordre psychologique, une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire.
- Arrêt de certains médicaments : Si l’aménorrhée est causée par la prise de certains médicaments, leur arrêt peut permettre le retour des règles.
- Traitement de la maladie sous-jacente : Dans la plupart des cas, aucun traitement médical n’est requis, et les thérapies reposent essentiellement sur le traitement de la maladie sous-jacente.
Complications possibles de l'aménorrhée
Même si l’aménorrhée en elle-même n’apparaît pas grave, sa cause, elle, peut être sérieuse et doit être prise en charge. Les possibles conséquences à moyen et long terme sur la santé des femmes atteintes sont :
- Difficultés à devenir enceinte (infertilité).
- Diminution de la densité osseuse (ostéoporose).
- Sécheresse vaginale.
- Risque accru de maladies cardiaques et vasculaires.
- Pilosité corporelle excessive.
L’aménorrhée peut également avoir un grand impact psychologique (stress, anxiété, dépression) sur les femmes, lié à l'absence de menstruations et aux implications sur la fertilité.
Quand consulter ?
Il est conseillé aux jeunes filles de consulter un médecin si :
- Elles n’ont pas de signes de puberté avant l’âge de 13 ans.
- Les règles n’ont pas commencé 3 ans après le début du développement des seins.
- Les règles n’ont pas commencé avant l’âge de 15 ans chez les filles qui grandissent normalement et ont développé des caractères sexuels secondaires.
Dans le cas où la femme ou la fille en âge de procréer a eu des règles qui se sont arrêtées, elle doit consulter un médecin si :
- Ses règles sont absentes depuis trois cycles.
- Elle a moins de neuf règles par an.
- Le schéma de ses règles change brusquement.
Si vous constatez une absence de règles prolongée, consultez un gynécologue. Celui-ci pourra effectuer un examen clinique et prescrire des examens complémentaires pour déterminer la cause de votre aménorrhée et mettre en place un traitement adapté.
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