Il est crucial de bien distinguer la contraception de l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Bien que les deux soient liées à la santé reproductive, elles interviennent à des moments différents et ont des objectifs distincts. Cet article vise à clarifier cette différence, à explorer le cadre légal de l'IVG, et à déconstruire certaines idées reçues.

Introduction : IVG et contraception, deux notions distinctes

Parfois, une grossesse survient à un moment non désiré. Les raisons qui poussent une femme à envisager une IVG sont multiples : manque d'accès à la contraception, difficulté à imposer l'utilisation du préservatif, oubli de pilule, sentiment que "cela ne peut pas arriver", viol, relation sans lendemain, sentiment d'être trop jeune ou trop âgée, instabilité du couple, etc. Si le droit à l'IVG est un droit fondamental, il est essentiel de comprendre que l'IVG n'est pas et ne doit pas être considérée comme une méthode de contraception.

Contraception : Prévenir la Grossesse

La contraception englobe l'ensemble des méthodes hormonales, mécaniques et naturelles mises à la disposition d'une femme, d'un homme ou d'un couple pour éviter une grossesse non désirée. Ces dispositifs agissent avant le début d'une grossesse. Les moyens de contraception sont variés et peuvent évoluer selon les étapes de la vie d'une femme. Ils dépendent également de facteurs individuels tels que le rapport au corps, la vie scolaire ou professionnelle, la vie affective, amoureuse et sexuelle, et la personnalité.

Les Diverses Méthodes Contraceptives

Il existe une multitude de méthodes contraceptives, chacune ayant ses propres avantages et inconvénients. Parmi les plus courantes, on retrouve :

  • Les méthodes hormonales: Pilules contraceptives, patchs, implants, stérilets hormonaux. Ces méthodes agissent en modifiant le cycle hormonal de la femme pour empêcher l'ovulation ou rendre la nidation de l'œuf difficile.
  • Les méthodes mécaniques: Préservatifs masculins et féminins, diaphragmes, stérilets en cuivre. Ces méthodes créent une barrière physique pour empêcher les spermatozoïdes d'atteindre l'ovule.
  • Les méthodes naturelles: Méthode du calendrier, méthode des températures, méthode de l'observation de la glaire cervicale. Ces méthodes consistent à identifier les périodes fertiles du cycle menstruel pour éviter les rapports sexuels pendant ces périodes.

Il est important de noter que certaines marques de préservatifs internes et externes sont délivrées sans ordonnance en pharmacie et prises en charge à 100% pour les assurés sociaux jusqu’à 26 ans. Cette prise en charge est de 60% sur ordonnance au-delà de 26 ans. De plus, la contraception d'urgence est délivrée sans ordonnance en pharmacie et prise en charge à 100% par l'Assurance maladie pour tous les assurés sociaux quel que soit leur âge et leur genre.

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L'IVG : Interrompre une Grossesse Déjà Existante

L'IVG, contrairement à la contraception, intervient une fois que la grossesse a commencé. Son intervention consiste à stopper cette grossesse par voie médicamenteuse ou chirurgicale. Même si dans la plupart des cas ces interventions se passent bien, l’IVG n’est pas une contraception et doit rester le plus exceptionnel possible dans la vie d’une femme.

Les Deux Méthodes d'IVG

La loi (article L.2212-1 du Code de la santé publique) permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Seule la femme concernée peut en faire la demande. Il existe deux méthodes d'IVG :

  • IVG médicamenteuse: Cette méthode consiste à prendre deux médicaments. Le premier interrompt la grossesse et le second provoque l'expulsion de l'œuf. Elle peut être pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.
  • IVG instrumentale (chirurgicale): Cette méthode consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. Elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie).

La technique d'avortement utilisée dépend du choix de la femme et du terme de sa grossesse. Ce choix peut être effectué avec l'aide du médecin ou de la sage-femme.

Cadre Légal de l'IVG en France

Le droit à l’avortement est un acquis majeur des femmes et le fruit d’un long combat pour leur droit à disposer de leur corps. Ce droit est un élément structurant de l’égalité entre les femmes et les hommes. Chaque année en France, environ 220 000 femmes ont recours à l’IVG pour interrompre une grossesse non désirée. Ce droit est garanti par la loi. L’entrave à l’IVG constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Étapes Obligatoires Avant la Réalisation d'une IVG

Deux étapes sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG:

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  1. La consultation d'information: Au cours de cette consultation, la femme fait sa demande d'avortement et reçoit des informations orales et un guide sur l'IVG. Le médecin ou la sage-femme propose également un entretien psycho-social (obligatoire pour les mineures).
  2. Le recueil du consentement: La femme remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement.

Prise en Charge Financière

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital.

Déconstruire les Idées Reçues

Il est important de lutter contre les fausses informations concernant la grossesse et la contraception. Voici quelques idées reçues à déconstruire :

  • On ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel : FAUX. Même lors de la toute première fois, une grossesse est possible. La virginité n’est pas une contraception.
  • On ne peut pas tomber enceinte juste avant, juste après et pendant les règles : FAUX. Une ovulation est possible tout au long du cycle, peu importe la date d’arrivée des règles.
  • La méthode du retrait est aussi efficace qu’une contraception hormonale ou que le préservatif : FAUX. La méthode du retrait n’empêche pas la sécrétion du liquide pré-séminal qui peut contenir quelques spermatozoïdes.
  • L’IVG rend stérile : FAUX, mais comme toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe pas. Des complications peuvent, dans de très rares cas, se produire.
  • La pilule du lendemain rend stérile : FAUX. Elle n’a pas d’incidence sur la fertilité, mais peut au contraire être moins efficace et exposer à une grossesse non désirée si elle est prise trop fréquemment.
  • L’IVG médicamenteuse est une pilule contraceptive : FAUX. Les comprimés à prendre pour pratiquer une IVG médicamenteuse stoppent le développement d’une grossesse débutante, alors que la pilule contraceptive empêche une grossesse de débuter.

Trouver les Personnes à Qui Parler

Quand on démarre sa vie sexuelle ou qu’on est déjà bien installée dedans, on peut avoir besoin de conseils ou d’une écoute attentive. Le premier interlocuteur auquel on peut s’adresser c’est le conjoint, le partenaire, le petit copain. En effet, la contraception (et le risque de grossesse) concerne le couple et il est tout à fait envisageable de partager ses questions, ses doutes, ses craintes avec son partenaire.

Pour obtenir un échange plus objectif et distancié, il existe des professionnels de santé prêts à vous aider. Au sein de l’établissement scolaire, l’infirmière scolaire peut être un interlocuteur de proximité très précieux. Elle est tenue au secret professionnel et à la confidentialité. Elle peut vous renseigner, vous orienter en termes de contraception et de sexualité. Au sein des centres de planification, vous pouvez obtenir de l’information et une contraception ainsi qu’un suivi en échangeant avec des conseillères conjugales et familiales. Enfin, votre médecin traitant ou votre gynéco est également là pour répondre à vos questions, tout comme le site du gouvernement : www.ivg-gouv.fr.

Menaces sur le Droit à l'IVG

Le droit à l’avortement est un droit fondamental, constitutif avec la contraception de l’émancipation des femmes, donc de leur liberté et de la lutte pour l’égalité femmes-hommes. Interdire le droit à l’IVG n’empêche pas les femmes d’avorter, mais les place dans l’illégalité et les conduit à la clandestinité. Depuis quelques années, ce droit fait l’objet de menaces régulières. Les évolutions juridiques constatées en Europe, et outre-Atlantique, doivent nous alerter sur les ambitions des mouvements conservateurs envers le droit à l’avortement.

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En France, 8 personnes sur 10 sont favorables à la constitutionnalisation du droit à l’avortement. Depuis de nombreuses années, la Fondation des Femmes et les associations de défense de droits des femmes travaillent activement auprès du gouvernement pour faire de l’inscription de ce droit dans la Constitution, une réalité.

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