Le diclofénac est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) utilisé pour traiter la douleur et l'inflammation. Cependant, son utilisation pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre, suscite des préoccupations en raison des risques potentiels pour le fœtus. Cet article examine les risques associés à l'utilisation du diclofénac pendant la grossesse, en particulier au cours du premier trimestre.

Qu'est-ce que le Diclofénac?

Le diclofénac est un médicament de la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il agit en luttant contre l'inflammation et la douleur, en abaissant la fièvre et en fluidifiant le sang. Il est utilisé chez l'adulte pour le traitement symptomatique des rhumatismes inflammatoires chroniques, des douleurs aiguës d'arthrose, des arthrites, des tendinites, des bursites, des lombalgies, des sciatiques, des cruralgies et des règles douloureuses. Chez l'enfant de plus de 35 kg (environ 12 ans), il est utilisé dans le traitement des rhumatismes inflammatoires.

Attention : Depuis le 19 mai 2025, ce médicament est en arrêt de commercialisation et n'est plus disponible en pharmacie. Si vous devez prendre ce médicament, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien qui pourront vous conseiller un autre traitement.

Risques du Diclofénac Pendant la Grossesse

La prise d'AINS, y compris le diclofénac, pendant la grossesse expose l'enfant à naître à des effets néfastes qui peuvent avoir des conséquences graves, voire fatales. Les risques varient en fonction du stade de la grossesse.

Premier Trimestre (Jusqu'à 24 Semaines d'Aménorrhée)

Avant le début du 6ème mois de grossesse (jusqu’à la 24ème semaine d’aménorrhée), vous ne devez pas prendre ce médicament, sauf en cas d’absolue nécessité déterminée par votre médecin, en raison du risque potentiel de fausses couches ou de malformations. En effet, certaines études ont suggéré que la prise d’AINS en début de grossesse pourrait légèrement augmenter le risque de fausses-couches, de malformations au niveau du cœur et de la paroi abdominale (gastroschisis). Le risque absolu de malformation cardiovasculaire fœtale est passé de moins de 1% à approximativement 1,5% en cas d’exposition au 1er trimestre. Le risque paraît augmenter en fonction de la dose et de la durée du traitement.

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Les données des études épidémiologiques suggèrent une augmentation du risque de fausse-couche, de malformations cardiaques et de gastroschisis, après traitement par un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines en début de grossesse. Chez l'animal, il a été montré que l'administration d'un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines provoquait une perte pré et post-implantatoire accrue et une augmentation de la létalité embryo-fœtale. De plus, une incidence supérieure de certaines malformations, y compris cardiovasculaires, a été rapportée chez des animaux ayant reçu un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines au cours de la phase d'organogénèse de la gestation.

Deuxième et Troisième Trimestres (Après 24 Semaines d'Aménorrhée)

À partir du début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée), toute prise de diclofénac, même ponctuelle, est contre-indiquée. Une prise même unique à partir de 24 semaines d’aménorrhée justifie un contrôle échographique cardiaque et rénal du fœtus et/ou du nouveau-né.

L'utilisation du diclofénac pendant les 4 derniers mois de la grossesse peut entraîner des problèmes rénaux et cardiaques graves chez le fœtus. En provoquant une fermeture prématurée du canal artériel (un vaisseau qui va de l'artère pulmonaire à l'aorte), ce qui peut entraîner une pression artérielle élevée dans les poumons du fœtus (hypertension pulmonaire), voire la mort du fœtus, même après une seule prise.

  • Atteinte rénale fœtale : Un oligoamnios (diminution de la quantité de liquide amniotique) peut survenir peu de temps après le début du traitement, en raison de la mise en route de la diurèse fœtale. Celui-ci est généralement réversible à l'arrêt du traitement, mais peut se compliquer d’un anamnios en particulier lors d'une exposition prolongée à un AINS. À la naissance, une insuffisance rénale (réversible ou non) peut être observée voire persister surtout en cas d'exposition tardive et prolongée avec un risque d'hyperkaliémie sévère retardée.
  • Toxicité cardio-pulmonaire : En plus de l’atteinte fonctionnelle rénale, la prise maternelle d’un AINS expose le fœtus à un risque de constriction du canal artériel (le plus souvent réversible à l’arrêt du traitement). Le risque de toxicité cardio-pulmonaire (fermeture prématurée du canal artériel et hypertension artérielle pulmonaire) devient plus important et peut conduire à une insuffisance cardiaque droite fœtale ou néonatale voire à une mort fœtale in utero. Ce risque est d'autant plus important et moins réversible que la prise est proche du terme.

Fertilité et Grossesse

Comme tous les AINS, l'utilisation de ce médicament peut temporairement altérer la fertilité féminine en agissant sur l’ovulation ; il est donc déconseillé chez les femmes souhaitant concevoir un enfant.

Recommandations et Précautions

  • Avant le 6ème mois de grossesse (jusqu’à la 24ème semaine d’aménorrhée) : Le diclofénac ne doit être utilisé qu'en cas de nécessité absolue et sur prescription médicale. La dose devra être la plus faible possible et la durée du traitement la plus courte possible.
  • À partir du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée) : Toute prise de diclofénac, même ponctuelle, est strictement contre-indiquée.
  • Si vous êtes enceinte et que vous avez pris un AINS par erreur, informez-en rapidement votre médecin. Il pourra alors mettre en place une surveillance cardiaque et rénale, de votre fœtus ou de votre nouveau-né selon le terme d'exposition.

Il est essentiel de discuter avec votre médecin des alternatives plus sûres si vous avez besoin de soulager la douleur ou l'inflammation pendant la grossesse.

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Alternatives au Diclofénac Pendant la Grossesse

Si vous êtes enceinte et que vous souffrez de douleurs ou d'inflammation, il est important de consulter votre médecin pour discuter des options de traitement alternatives. Certaines alternatives plus sûres peuvent inclure :

  • Paracétamol : Le paracétamol est généralement considéré comme sûr pendant la grossesse, mais il est important de respecter la dose recommandée.
  • Thérapies non médicamenteuses : Des approches telles que la physiothérapie, l'ostéopathie, l'acupuncture ou les massages peuvent aider à soulager la douleur sans recourir à des médicaments.

Informations Complémentaires

Il est crucial de lire attentivement la notice du médicament et de suivre les recommandations de votre médecin ou pharmacien. Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou pharmacien.

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