Introduction

Le diabète gestationnel est un problème de santé publique actuel en raison de sa prévalence croissante et de ses complications multiples. Il se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang et survient pendant la grossesse. La plupart du temps, cette pathologie disparaît après l’accouchement. Les traitements médicamenteux contre le diabète sont contre-indiqués pendant la grossesse. La prise en charge consiste alors à suivre une alimentation équilibrée associée à une surveillance rigoureuse de la glycémie. Si la femme n’a pas de contre-indication, le fait de rester active permettra d’aider à réguler la glycémie.

Une étude prospective, quantitative, descriptive et monocentrique, menée à l’Institut Européen du Diabète, incluant 25 patientes ayant un diabète gestationnel sous insuline, a révélé un niveau d’activité physique initial très faible au sein de la cohorte : 21/25 patientes inactives, contre 3/8 patientes en cours de grossesse et 16/25 patientes en post-partum. Cette étude souligne l'importance d'une étude future à plus grande échelle pour mieux comprendre l'évolution du niveau d'activité physique chez les femmes atteintes de diabète gestationnel et participant à des séances d'éducation thérapeutique ciblées sur le thème de l'activité physique adaptée.

Cet article vise à explorer le rôle de l'activité physique dans la prévention et la gestion du diabète gestationnel, en fournissant des informations et des recommandations pour les femmes enceintes.

Grossesse et activité physique : démystifier les idées reçues

Beaucoup de femmes et d’hommes pensent que la grossesse doit être un temps où il faut « rester tranquille » pour réduire le risque de fausse couche et de complications néonatales. Or, on sait aujourd’hui qu’une activité physique adaptée à la situation de la femme enceinte ne présente aucun risque pour la santé du fœtus, bien au contraire. C’est l’inactivité physique que les femmes enceintes doivent craindre, et non l’exercice !

La grossesse n’est pas une maladie, mais une étape de la vie qui présente de grands bouleversements hormonaux et mécaniques dans l’organisme. Il est donc essentiel d'adapter l'activité physique à ces changements.

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Voici 8 changements physiologiques liés à la grossesse :

  1. Essoufflement accru : La femme se sent plus facilement essoufflée car les besoins en oxygène de l’organisme augmentent.
  2. Accélération du rythme cardiaque : Le cœur bat plus rapidement : la fréquence cardiaque de repos augmente d’environ 10 à 20 battements par minute. Lors d’un effort, bien souvent le cœur ne peut plus battre aussi vite qu’avant la grossesse.
  3. Compression de la veine cave : À partir de la 24e semaine de grossesse, en position allongée sur le dos, l’utérus peut comprimer la veine cave et limiter ainsi le retour veineux. Il faut donc éviter cette position pendant l'exercice.
  4. Déplacement du centre de gravité : Le centre de gravité du corps de la femme est décalé vers l’avant à cause de l’augmentation du volume de l’abdomen. Ce n’est pas sans conséquence puisqu’il en résulte des troubles au niveau du dos et des abdominaux. Ces phénomènes réduisent la stabilité du tronc, perturbent l’équilibre de la femme et peuvent être à l’origine de douleurs dorsales et pelviennes.
  5. Augmentation du risque de blessures musculo-squelettiques : Le gain de poids lié à la grossesse augmente les contraintes au niveau du squelette, des muscles, des articulations et des ligaments. Les changements hormonaux décuplent la laxité ligamentaire et articulaire.
  6. Augmentation du métabolisme de base : Le métabolisme de base augmente avec une élévation de la température corporelle.
  7. Incontinence urinaire : L’incontinence urinaire est fréquente pendant et après une grossesse. Elle peut être secondaire à des lésions des muscles du périnée, du tissu conjonctif ou des nerfs périphériques, en lien avec la grossesse ou l’accouchement.
  8. Risque de blessures musculo-squelettiques: En effet, le gain de poids lié à la grossesse augmente les contraintes au niveau du squelette, des muscles, des articulations et des ligaments. Les changements hormonaux décuplent la laxité ligamentaire et articulaire.

Les bienfaits de l'activité physique pendant la grossesse

Un mode de vie physiquement actif réduit les risques de problèmes sur la santé maternelle, foetale et néonatale.

Voici 9 effets bénéfiques de l’activité physique pendant la grossesse :

  1. Maintien ou amélioration de la condition physique.
  2. Prévention d’une prise de poids excessive pendant la grossesse et aide à la perte de poids en postpartum. L’activité physique avant et pendant la grossesse peut être considérée comme la meilleure prévention d’une prise de poids excessive. Une étude montre que l’activité physique poursuivie au cours du dernier trimestre a un impact important sur la prise de poids de masse grasse.
  3. Prévention possible du diabète gestationnel. Dempsey montre que l’incidence du diabète gestationnel est inférieure de 50 % chez les femmes ayant pratiqué dans l’année précédant la grossesse une activité modérée (supérieure à 4 heures par semaine) par rapport aux femmes ayant pratiqué une activité faible (inférieure à 4 heures par semaine). Le risque de diabète gestationnel est inversement proportionnel à la perception de la difficulté des exercices réalisés par les femmes dans l’année précédant la grossesse. L’incidence du diabète gestationnel chez les patientes enceintes et de poids normal diminue aussi en cas d’activité physique régulière. Ainsi, l’activité physique pendant les vingt premières semaines de la grossesse permet de diminuer de 60 % l’incidence de survenue d’un diabète gestationnel chez les femmes actives par rapport aux femmes inactives. Les différentes études invoquent la préservation de la masse musculaire par l’activité physique pour expliquer la prévention du diabète gestationnel. Certaines études précisent que les exercices à proposer doivent être prioritairement des exercices d’endurance réalisés à une intensité faible située entre 30 et 55 % de la VO2max.
  4. Prévention de l’hypertension gestationnelle.
  5. Prévention de la prééclampsie. La diminution de l’incidence de la pré-éclampsie chez les patientes ayant une activité physique en cours de grossesse a été démontrée dès la fin des années 80. Les différentes recommandations internationales insistent sur le fait que l’activité physique modérée, avant et pendant la grossesse, prévient la survenue de pré-éclampsie. Une étude montre que l’activité physique en début de grossesse diminue le risque de pré-éclampsie de 35 % (24 % si activité faible, 54 % si activité moyenne). Les mécanismes invoqués sont les suivants : amélioration du développement du placenta et de sa circulation, réduction du stress oxydatif, diminution de l’inflammation et réduction des maladies associées à la dysfonction endothéliale.
  6. Réduction des poids excessifs à la naissance.
  7. Diminution possible du recours nécessaire à la césarienne.
  8. Diminution des douleurs lombaires et pelviennes lors de la grossesse. L’activité physique ne prévient pas l’apparition de ces douleurs, mais elle en diminue l’intensité et améliore la tolérance.
  9. Diminution du risque d’incontinence urinaire lors de la grossesse et en post-partum. Les études sur les effets du renforcement musculaire montrent par exemple que des exercices du plancher pelvien permettent une réduction de 50 % des incontinences urinaires prénatales.

À l'inverse, l'inactivité physique peut entraîner :

  • Détérioration de la condition physique : essoufflement plus marqué, moins de flexibilité, d’agilité et d’équilibre, posture inconfortable

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  • Fatigue plus intense.

  • Gain de poids excessif, particulièrement au troisième trimestre de la grossesse

  • Risque accru de :

    • diabète gestationnel
    • hypertension
    • prééclampsie (état d’hypertension soutenu en période de grossesse)
    • maux de dos
    • plus grande difficulté à se remettre de l’accouchement.

Activités physiques recommandées pendant la grossesse

En dehors de contre-indications médicales et obstétricales, la majorité des femmes enceintes peuvent effectuer des activités physiques en endurance et en renforcement musculaire en toute sécurité pour elles et pour le fœtus. Avant que la femme enceinte ne se mette à l’exercice, il est préférable de toujours demander conseil à son médecin et/ou sage-femme. Même si cela est peu fréquent, il peut y avoir des contre-indications.

Si vous êtes plutôt du genre sédentaire, il n’est pas trop tard pour mettre plus de mouvement dans votre vie. Dans tous les cas, sportive ou non et quelle que soit l’activité, ne dérogez jamais à cette règle : écoutez vous et arrêtez-vous à la moindre gêne. C’est vous qui décidez de ce que vous pouvez faire. L’essentiel est de ne pas rester inactive.

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Voici quelques activités conseillées :

  • La marche : La marche est une des activités par excellence pendant la grossesse. À réaliser de préférence sur terrain facile (pour éviter le risque de chute) et sous un climat tempéré. Pratiquez-la si possible dans un endroit bien aéré, afin d’absorber facilement les 25% d’oxygène supplémentaire dont la femme enceinte a besoin.
  • Les activités de renforcement musculaire : Les activités de renforcement musculaire, comme par exemple la gymnastique douce, le yoga et le pilates améliorent la position du corps, préviennent les douleurs du bas du dos, préparent les muscles et articulations du bassin à l’accouchement. Ces activités aident aussi à soutenir la charge en lien avec la prise de poids, favorisent le retour veineux des membres inférieurs tout en améliorant le contrôle de la vessie et préviennent l’incontinence urinaire. Respirez profondément pendant les exercices et évitez au maximum de bloquer votre respiration.
  • L’aquagym et la natation : L’aquagym et la natation sont aussi des activités recommandées sous condition que l’eau ne soit pas trop froide (température idéale entre 22 et 24°C). Elles renforcent les muscles du ventre, du dos, des reins et des cuisses tout en assouplissant le périnée. Vous pouvez nager pendant toute la grossesse si le col n’est pas entrouvert. Préférez la brasse, le dos crawlé et la nage indienne.
  • Le vélo mobile ou stationnaire : En allant à votre rythme, vous pouvez profiter du paysage qui défilent tout en sollicitant les plus gros muscles de votre corps. Le vélo d’appartement, quant à lui, a l’avantage de se pratiquer à la maison, à n’importe quel moment de la journée et sans contrainte de météo. C’est un excellent moyen de transformer une activité dite sédentaire (comme regarder la télé) en une activité physique.
  • Une activité domestique ou de loisir : Ne sous estimez pas la capacité de certaines activités, comme le jardinage ou certaines tâches ménagères, à améliorer votre condition physique.

Activités physiques à éviter pendant la grossesse

De manière générale, ce sont tous les sports violents, qui entraînent des chocs ou des secousses ainsi que les activités à fort risque de chutes.

Voici quelques activités déconseillées :

  • Les sauts sont déconseillés à cause des possibles chutes et du stress supplémentaire sur le périnée.
  • Il faut faire attention à la souplesse de la femme enceinte : les risques de blessure sont plus importants à cause d’une hormone de grossesse qui détend les ligaments : la relaxine.
  • Les exercices en position allongée sur le dos doivent être évités après la 24e semaine d’aménorrhée car l’utérus peut comprimer la veine cave et limiter ainsi le retour veineux.
  • Évitez de travailler les grands droits des abdominaux (ceux qui font les tablettes de chocolats). Pendant la grossesse, ces muscles s’écartent pour laisser la place à l’utérus. Or, si on les sollicite pendant cette période, ils vont mal se contracter, et surtout se contracter asymétriquement. Après l’accouchement, ils risquent de ne pas se remettre ensemble correctement.
  • Certains sports sont à bannir, tels que la plongée, le ski, tous les sports de contact, collectifs et les sports où il y a un risque de chute.
  • Les activités physiques réalisés dans des environnements chauds et humides doivent être si possible évitées. Une hydratation très régulière et le port de vêtements appropriés sont recommandés.
  • Les activités en altitude au-delà de 2 500 mètres.

Intensité, fréquence et durée de l'activité physique

La grossesse peut déjà être considérée en soi comme un sport d’endurance. Il est donc important de doser ses efforts et connaître ses limites. Tout excès peut entraîner des risques d’hypoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygénation chez l’enfant. L’intensité recommandée est de faible à modérée. La femme enceinte doit toujours être capable de parler tout au long des exercices. Il est aussi important de penser à s’hydrater régulièrement avant, pendant et après les séances pour éviter un risque de déshydratation pour la maman et le bébé.

Donc oui, on peut faire du renforcement musculaire et du cardio doux avec un objectif raisonnable et confortable. Ce n’est pas pendant la grossesse que l’on progresse, que l’on s’entraîne dur, que l’on y va à fond. Le sport pendant la grossesse c’est spécifique, et ça ne se prend pas à la légère.

Les scientifiques estiment que la femme enceinte devrait pratiquer au minimum 3 séances d’activités physiques par semaine, même si une pratique journalière est recommandée. En l’absence de complication médicale et obstétricale, la durée recommandée est minimum 150 à 180 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée, réparties régulièrement au cours de la semaine. Une session d’activité physique doit durer, si possible au minimum, 10 à 15 minutes. Pour les femmes inactives, allez-y progressivement en augmentant au fur et à mesure la durée de vos sessions. Cette durée doit être adaptée à l’état de santé, à la condition physique et à l’évolution de la grossesse. Il est recommandé de ne pas dépasser 60-90 minutes par session, pour éviter une hyperthermie.

Activité physique et diabète gestationnel : recommandations spécifiques

Il est recommandé de pratiquer une activité physique avant la grossesse ou bien dès le début de la grossesse chez les femmes qui ont des facteurs de risque connus : antécédents familiaux de diabète, diabète personnel ou gestationnel, surpoids ou obésité. Pour les femmes qui n’ont pas d’antécédent diabétique, il est tout à fait possible et même recommandé de débuter une activité physique adaptée, une fois le diagnostic de diabète gestationnel posé (le plus souvent au second trimestre de la grossesse).

Si vous envisagez de pratiquer une activité physique pendant votre grossesse, consultez, en premier lieu, votre médecin. En l’absence de contre-indications médicales ou obstétricales, choisissez des activités physiques adaptées et régulières (trois à quatre fois par semaine, par exemple), sur des durées courtes (30 à 40 minutes), en commençant par des intensités faibles, puis en les augmentant (les fréquences cardiaques ne doivent pas dépasser 140 battements par minute). La marche, la natation, le vélo d’appartement, la gymnastique douce sont des activités parfaitement adaptées. Outre la détente physique et la sensation de bien-être qu’elles peuvent procurer, ces activités vous aideront à réguler votre glycémie. Attention, au moindre malaise ou à la moindre douleur, stoppez votre activité physique et parlez-en à votre médecin. Evitez les activités présentant un risque de chute (sports de glisse) ou pouvant exposer à des chocs (sports de combat, sports collectifs), de même que les activités à secousses ou à déplacements brusques (sports de raquette, équitation, jogging à partir du 2e trimestre). La plongée sous-marine et les activités en altitude sont proscrites.

Contrôle de la glycémie pendant l'activité physique

Quel que soit le type d’activité physique, prévoyez des pauses toutes les 10 à 15 minutes pour récupérer et vous hydrater. Profitez de ces pauses pour vérifier votre glycémie. Les différentes recommandations précisent que, avant et pendant l’activité physique, la glycémie doit rester dans les limites suivantes : entre 0,90 et 1,40 g/l. Ayez toujours à portée de main de quoi vous resucrer en cas d’hypoglycémie. Le cas échéant, arrêtez toute activité. Chez une femme enceinte diabétique ou atteinte d’un diabète gestationnel, il est logique de surveiller cette glycémie avant l’effort, après 20 à 30 minutes d’exercice, une heure et deux heures après l’arrêt de l’exercice. Poursuivez une surveillance régulière de votre glycémie car les hypoglycémies peuvent survenir à distance de l’effort (plusieurs heures après).

Activités sportives recommandées en cas de diabète

Pratiquer une activité sportive est vivement recommandé à toutes les personnes qui vivent avec un diabète. Les activités sportives les plus conseillées en cas de diabète, surtout si vous n’avez pas été actif depuis un moment, sont celles qui permettent un effort physique progressif et prolongé. Il s’agit de tous les sports dits d’endurance (aussi appelés activités d’aérobie). En revanche, les sports de type anaérobie, qui nécessitent parfois des efforts brutaux et intenses, pourront vous être déconseillés selon votre état de santé. Par ailleurs, certaines activités sportives extrêmes ou celles où les risques de choc sont élevés (parachutisme, escalade…) pourraient mettre en péril la vie d’une personne vivant avec un diabète en cas de malaise (hypoglycémie) et nécessitent une vigilance accrue ainsi que quelques précautions.

En tant que personne qui vit avec un diabète, il est recommandé que votre choix d’activité physique soit fait avec l’aval de votre médecin traitant. Si vous vivez avec un diabète de type 1, un diabète de type 2 ou un diabète gestationnel traité par insuline, votre médecin pourra également vous indiquer de manière précise de combien il vous faudra diminuer vos doses d’insuline lors d'un exercice d'une intensité donnée, prévue pour une durée donnée.

Quelle(s) que soit la ou les pratique(s) sportive(s) que vous choisirez, il est parfois difficile de maintenir la motivation. Or, pour qu’une activité physique soit bénéfique à votre santé et à la gestion de votre diabète, elle doit être pratiquée régulièrement. Autrement dit, il est préférable de marcher 30 minutes par jour, plutôt que de faire une randonnée de trois heures chaque dimanche. De fait, mieux vaut dès le départ choisir un sport qui vous plaît.

Voici quelques exemples d'activités recommandées :

  • La marche ou la course à pied : C'est l'exercice le plus populaire dans le monde. Accessible à tous, la marche permet de travailler tous les muscles de son corps.
  • Le yoga : Il peut nécessiter une certaine rigueur, mais les mouvements et les exercices de respiration contribuent grandement à la détente. Il fait fonctionner tous les muscles et permet d’améliorer la circulation sanguine.
  • La natation ou l'aquagym : Ces sports aquatiques sont excellents pour se tonifier. En plus de la nage en tant que telle, des exercices d’aquagym sont accessibles à tous.

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