Introduction

Le diabète, une maladie chronique qui touche plus de 4 millions de personnes en France et dont la prévalence est appelée à croître dans les années à venir, affecte non seulement l’organisme mais aussi le bien-être de celles et ceux qui en souffrent. Le diabète gestationnel (DG), en particulier, est un type de diabète qui se manifeste pendant la grossesse. Cette condition peut avoir des répercussions significatives sur la santé mentale des femmes concernées. Cet article explore l'impact psychologique du diabète gestationnel, en mettant en lumière les troubles psychologiques associés, les facteurs de risque, et les stratégies pour améliorer le bien-être des patientes.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel se caractérise par une hausse de la concentration de glucose dans le sang durant la grossesse, une condition appelée hyperglycémie. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un diabète déclaré, il nécessite une surveillance attentive pour éviter des complications pendant et après l'accouchement. Le diabète gestationnel provient d’une hausse de la concentration de glucose dans le sang durant une grossesse. On appelle cela l’hyperglycémie. Il n’est pas encore question de diabète, mais c’est un phénomène à surveiller afin d’éviter de déclencher la maladie pendant ou à la suite de l’accouchement.

Impact psychologique du diabète gestationnel

Troubles psychologiques courants

Une personne diagnostiquée diabétique peut ressentir une multitude de sentiments dont la peur de la maladie et des conséquences qui y sont liées. Ce qui peut déclencher plusieurs troubles psychologiques ou augmenter ceux déjà présents chez le patient. Le diabète, étant lié aux facteurs psychologiques, est une maladie qui a besoin d’être encadrée physiquement avec la prise de médicaments et de traitements adéquats mais aussi psychologiquement pour éviter au patient de sombrer dans l’anxiété ou la dépression par exemple.

  • Anxiété : La gestion quotidienne du diabète, avec le suivi rigoureux de la glycémie, la prise de médicaments et les préoccupations liées aux complications potentielles, peut engendrer une anxiété importante. Cette anxiété, souvent exacerbée par la charge mentale et le fardeau de la maladie, peut compliquer davantage une prise en charge optimale du diabète. L’anxiété est souvent liée à l’angoisse de souffrir d’hypoglycémie ou des douleurs provoquées par la maladie, le diabète est souvent synonyme d’angoisse et de stress.
  • Dépression : Vivre avec un diabète peut augmenter le risque de dépression, une condition souvent sous-estimée mais aux répercussions importantes. La dépression peut se manifester par une tristesse persistante, une perte d’intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles, des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), des variations de l’appétit (perte ou augmentation marquée), une fatigue inexpliquée et parfois des pensées négatives ou des idées noires. La dysphorie, qui se manifeste sous forme de sentiment d’insatisfaction, de perte de motivation ou de tristesse de façon temporaire ou sur le long terme, peut également amener à une dépression.
  • Culpabilité et stress : Les patientes peuvent éprouver de la culpabilité si elles ont du mal à maintenir leur glycémie dans les objectifs fixés, ou si elles craignent de nuire à la santé de leur bébé. Cependant, elles n arrivent pas toujours à exprimer leurs émotions vis-à-vis du DG ce qui peut entrainer un stress supplémentaire ou de la culpabilité. Le stress psychologique est très fréquent au cours du diabète et aussi pendant la grossesse. Il peut avoir des effets négatifs sur le déroulement et l’issu de la grossesse diabétique notamment le déséquilibre glycémique, la prise de poids et le petit poids de naissance.
  • Troubles du sommeil : Les problèmes de sommeil sont fréquents chez les personnes touchées par un diabète ; ils sont souvent liés au stress et à l’anxiété.
  • Irritabilité : L’humeur d’une personne diabétique peut varier selon son taux de glycémie (exemple : impatience, irritabilité, mauvaise humeur, …). De plus, les traitements médicamenteux liés au diabète peuvent être source d’exaspération.

Étude de cas : vécu de la pathologie et de la prise en charge au CHU de Caen

Une étude prospective, descriptive et monocentrique réalisée au CHU de Caen par l'intermédiaire du protocole Satisfy DG a interrogé 100 patientes à 36 semaines d'aménorrhée et 96 patientes après l'accouchement. Les résultats ont montré que les patientes comprennent bien les informations données sur le DG et sa surveillance, et se sentent réellement intégrées dans leur prise en charge, ce qui facilite la communication avec les professionnels de santé. Cependant, elles n'arrivent pas toujours à exprimer leurs émotions vis-à-vis du DG, ce qui peut entraîner un stress supplémentaire ou de la culpabilité. Les patientes sous-estiment également le risque de développer un DG lors d'une grossesse ultérieure et de développer un diabète de type 2 à long terme.

La conclusion de cette étude souligne que les patientes sont globalement satisfaites de leur prise en charge en éducation thérapeutique (ETP). Dans un but d'amélioration, une prise en charge psychologique pourrait être proposée aux patientes. Il semble également important de divulguer les avantages de combiner l'alimentation avec une activité physique régulière et d'insister sur les risques à long terme en post-partum.

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Impact de l’hémoglobine glyquée sur la mortalité des patients ayant une infection sévère au COVID-19

Des études ont également examiné l'impact de l'hémoglobine glyquée sur le pronostic des patients admis en réanimation, soulignant l'importance de la gestion glycémique dans des contextes de santé complexes.

Facteurs de risque et populations vulnérables

Les personnes atteintes de diabète de type 1 sont particulièrement exposées aux problèmes de santé mentale (traitement systématique par insuline plusieurs fois par jour, peur des hypoglycémies, survenue précoce de la maladie, etc). En effet, 42 % des DT1 se sentent souvent ou très souvent anxieux, soit 11 points de plus que les DT2. Les femmes sont davantage touchées que les hommes : 30 % des femmes se sentent (souvent ou très souvent) déprimées, versus 14 % des hommes, et 40 % d’entre elles se sentent anxieuses versus 25 % des hommes. De plus, 54 % des femmes interrogées souffrent de troubles du sommeil versus 34 % des hommes.

Plusieurs facteurs peuvent influencer la santé mentale des femmes atteintes de diabète gestationnel :

  • Antécédents de troubles psychologiques : Les femmes ayant déjà souffert de dépression ou d'anxiété sont plus susceptibles de développer des troubles similaires pendant la grossesse.
  • Grossesse non désirée : Les femmes rapportant une grossesse non désirée peuvent éprouver un stress accru.
  • Isolement social : Le manque de soutien social peut exacerber les sentiments de stress et de solitude.
  • Complications médicales : Les complications liées au diabète gestationnel, telles que les problèmes de glycémie ou les inquiétudes concernant la santé du bébé, peuvent augmenter l'anxiété.

Stratégies pour améliorer le bien-être psychologique

Prise en charge multidisciplinaire

Une approche globale est essentielle pour prendre en charge les aspects physiques et psychologiques du diabète gestationnel. Cela inclut :

  • Soutien psychologique : Un suivi psychologique adapté offrira un espace d’écoute, en particulier dans les moments difficiles de diagnostic ou de mise en place du traitement. Il sera également l’occasion de se réapproprier son vécu, d’identifier ce qui est douloureux, de travailler sur les émotions et sur ce qui fait ressource. Il est essentiel de ne pas hésiter à demander un soutien psychologique pour apprendre à gérer ces émotions et retrouver un équilibre dans la prise en charge.
  • Éducation thérapeutique (ETP) : Les programmes d'ETP aident les patientes à comprendre leur condition, à gérer leur glycémie, et à adopter des habitudes de vie saines. Dans un but d'amélioration, une prise en charge psychologique pourrait être proposée aux patientes.
  • Activité physique régulière : L’activité physique peut constituer un soutien, au même titre que d’autres activités qu’il est intéressant de savoir identifier. Plus les patients exercent une activité physique, plus leurs ressentis de dépression, d’anxiété ou de troubles du sommeil diminuent.
  • Soutien des proches : L'entourage joue un rôle crucial dans le bien-être émotionnel des patientes. Le soutien des proches, des soignants, des pairs ou des associations ainsi qu'un suivi psychologique adapté sont essentiels pour aider les patients sur le long terme.

Techniques de relaxation

Pour évacuer l’anxiété liée à la maladie et pouvant entraîner des complications psychologiques, il est nécessaire de trouver des solutions pour aider l’organisme à libérer les hormones en cause notamment du stress chronique, et pouvant augmenter le risque de maladies psychiatriques.

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  • Techniques de respiration : Les techniques de respiration sont de très bonnes méthodes pour diminuer le stress. La respiration profonde par exemple est une technique facile et rapide à pratiquer pour évacuer l’anxiété. Elle va permettre de libérer l’esprit et de donner un rythme apaisant et régulier à l’organisme.
  • Méditation : La méditation est une également un excellent exercice pour se détendre et faire le point sur soi. Le travail du corps et de l’esprit pourra aider à canaliser les peurs et les angoisses chez les patients.
  • Flottaison en isolation sensorielle : La flottaison en isolation sensorielle est une pratique aujourd’hui reconnue pour ses bienfaits anti-stress. Le patient s’installe alors dans un caisson d’isolation sensorielle, qui permet d’entrer dans un instant de calme et de sérénité absolue.

Importance du dépistage et de l'intervention précoce

Il est important d’être vigilant car la dépression risque d’aggraver le pronostic de la maladie. Des signes d'alerte comme les troubles du sommeil, les troubles de l'alimentation, la perte d'envie, le stress, les attaques de panique ou la difficulté à suivre son traitement peuvent indiquer un besoin d'aide de la part du patient. Les professionnels de santé de proximité, notamment les pharmaciens et les médecins généralistes, doivent être attentifs à ces signaux, et proposer aux patients un soutien approprié lorsqu’ils sont détectés.

Roche Diabetes Care France : un acteur engagé

Consciente des freins et difficultés que peut engendrer cette maladie chronique, Roche Diabetes Care France s'engage à sensibiliser largement aux impacts du diabète sur la vie quotidienne. Depuis avril, Roche Diabetes Care France propose notamment une collection de supports d'informations dédiés aux personnes diabétiques sous le label « Bien Vivre mon diabète ». Elle rassemble des ressources personnalisées et gratuites pour aider les patients diabétiques (DT2 et diabète gestationnel) à vivre plus sereinement.

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