Le diabète gestationnel, une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse, est une préoccupation croissante, en particulier pour les femmes ayant recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Bien que devenir maman quand on est diabétique soit possible, il est essentiel de comprendre les risques et de mettre en place une surveillance adéquate pour assurer une grossesse en toute sécurité. Cet article examine en profondeur les liens entre le diabète gestationnel et la PMA, en mettant en évidence les risques potentiels et les stratégies de gestion pour les minimiser.

Grossesse et diabète : un aperçu

Pendant longtemps, les grossesses étaient fortement déconseillées aux femmes diabétiques. Aujourd'hui, le diabète n'empêche pas d'être enceinte, mais il est crucial de considérer la grossesse comme une grossesse à risque nécessitant une surveillance accrue. Une maman diabétique peut influencer positivement l'issue de sa grossesse en étant proactive dans sa surveillance et ses soins.

Contrairement aux idées reçues, la transmission du diabète au bébé n'est pas systématique. Le facteur héréditaire est faible dans le diabète de type 1, et il atteint 30 à 40 % dans le diabète de type 2.

Planification préconceptionnelle : une étape essentielle

Il est vivement conseillé de programmer la conception au moins trois mois avant, afin d’équilibrer son diabète et de réaliser les examens nécessaires. En effet, 90 % des complications qui surviennent dans ce type de grossesses sont dues à une absence de programmation. Un diabète mal équilibré et une grossesse non encadrée exposent le fœtus et la future maman à des risques dès les premiers mois.

Plusieurs facteurs clés doivent être pris en compte lors de la planification préconceptionnelle :

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  • Hémoglobine glyquée (HbA1c) : Ce taux, indicateur de l’équilibre glycémique sur une longue période, doit de préférence être inférieur à 6,8 % au moment de la conception. Un taux élevé d'HbA1c dans les semaines précédant la conception et au cours des premières semaines de grossesse influence directement la formation d’organes majeurs du bébé (cœur, cerveau, reins…), augmentant ainsi le risque de malformation.
  • Fond de l’œil : Il est essentiel de vérifier la présence d’une éventuelle rétinopathie diabétique, une affection qui détériore les vaisseaux sanguins de la rétine et peut provoquer une perte de vision.
  • Passage à l’insuline : Si vous êtes diabétique de type 2, il faut cesser les médicaments et opter pour l’insuline, car les comprimés ne peuvent pas être pris pendant la grossesse.

Il est crucial de ne pas arrêter votre contraception qu’avec l’accord de vos médecins, car votre taux de sucre dans le sang doit être le plus proche possible de la normale (taux d’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, inférieur ou égal à 6,5 %).

Surveillance pendant la grossesse

Pendant la grossesse, la glycémie subit des fluctuations. C’est pourquoi la grossesse d’une diabétique doit être suivie très attentivement. Les contrôles de glycémie quotidiens sont doublés voire triplés (de 7 à 10 par jour). Il faut éviter les fluctuations glycémiques entre l’hypo et l’hyperglycémie.

Le débat autour de la pompe à insuline prend tout son sens lors de la grossesse : certains diabétologues la conseillent aux femmes enceintes, car elle permet d’équilibrer au plus juste son diabète. Mais d’autres avancent le risque de panne, notamment la nuit, pour la déconseiller. L’équilibre glycémique évolue tout au long de la grossesse. Il sera donc nécessaire d’adapter vos doses d’insuline régulièrement. Pour cela, il est nécessaire de réaliser quotidiennement une auto-surveillance d’au moins 6 contrôles du taux de sucre au bout du doigt par jour. Le suivi obstétrical se fait au rythme habituel : une fois par mois. Là encore, la qualité et la régularité du suivi sont déterminants.

Risques associés au diabète gestationnel

Malgré une préparation et un suivi correct, la grossesse sous diabète reste une grossesse qui présente des risques. En raison des hyperglycémies, le bébé est généralement plus gros que la moyenne, ce qui peut conduire à une césarienne. Si le liquide dans lequel le fœtus baigne est trop chargé en sucre, celui-ci peut subir des malformations, notamment cardiaques. Le bébé peut aussi avoir des problèmes respiratoires dus à une naissance prématurée et des chances de se retrouver en hypoglycémie à la naissance. Le diabète peut avoir des conséquences sur le déroulement de la grossesse, aussi bien pour la mère (hypertension artérielle, fausse couche ou accouchement prématuré) que pour l’enfant (malformation, problème à la naissance, hypoglycémie).

PMA et risque accru de diabète gestationnel

Une analyse du suivi de deux millions de grossesses montre « une augmentation de 53% du risque de diabète gestationnel chez les femmes enceintes par PMA par rapport aux femmes ayant conçu naturellement ». Depuis 1978 et la naissance du premier « bébé-éprouvette », « plus de 8 millions d’enfants sont nés par AMP » dans le monde. Ces grossesses sont associées à davantage de complications obstétricales et périnatales : prééclampsie, anomalies placentaires, césariennes, accouchement précoce et faible poids à la naissance. Cette nouvelle analyse réalisée par une équipe grecque apporte une « évaluation rigoureuse » et montre que les grossesses issues de FIV sont plus à risque de diabète gestationnel que les grossesses naturelles.

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Infertilité et complications de la grossesse

On dispose d’un nombre croissant d’arguments indiquant que l’infertilité est un facteur de risque indépendant de complications obstétricales et d’évolution périnatale défavorable même chez les femmes qui ne bénéficient pas d’une procréation médicalement assistée (PMA). Une nouvelle étude montre aujourd’hui que le devenir de la grossesse dépend également de la cause de l’infertilité du couple.

Après ajustement pour des facteurs potentiellement confondants, il apparaît que le risque d’hospitalisation durant la grossesse est augmenté chez les femmes présentant une pathologie gynécologique et varie selon sa nature. Par rapport au groupe avec fertilité normale, il est de près de deux à plus de trois fois plus important chez les femmes atteintes d’endométriose ayant conçu par PMA (1,97) ou naturellement (3,34). En cas de troubles ovulatoires, le risque est de 2,31 en cas PMA et de 2,56 sans PMA et pour les pathologies d’origine tubaire, le risque est de 1,51. Les auteurs signalent aussi une augmentation du risque de diabète gestationnel chez les femmes ayant des troubles de l’ovulation qu’elles aient ou non eu une PMA (2,17 et 1,94) et d’accouchement prématuré (1,24-1,93) et de petit poids de naissance (1,27-1,60) dans tous les groupes de patientes avec PMA sauf chez celles qui souffrent d’endométriose.

Diabète sucré et fertilité

L’un des problèmes qui préoccupent le plus les jeunes femmes qui commencent avec un diabète sucré (Diabetes Mellitus -DM-) est : pourrais-je avoir des enfants ? Il a été prouvé que le diabète type 1 réduit la période reproductive de la femme, en retardant l’apparition de la première menstruation. Toutefois, ce qui est plus important en termes de fertilité, il anticipe l’âge de la ménopause en raison d’une certain degré de vieillissement ovarien prématuré. Par ailleurs, il semble que la déficience d’insuline et que l’élévation du glucose en sang peuvent altérer le fonctionnement normal du système reproductif. Le Syndrome des Ovaires Polykystiques SOP (cause de troubles ovulatoires) est associé au diabète type 1. Il est estimé qu’entre 7% et 12% des femmes de diabète type 1 ont un Syndrome des Ovaires Polykystiques. Tous ces aspects conditionnent le besoin de recourir à des traitements de fertilité.

Le principal ennemi pour obtenir un bon résultat des traitements de fertilité est l’âge. Le traitement habituellement utilisé pour la stimulation ovarienne ne modifie pas les niveaux de glucose. Il faut prendre en compte que l’organogénèse a lieu dans les premières semaines de gestation, à partir du transfert. Il ne semble n’y avoir aucune différence importante entre le contrôle métabolique obtenu par une pompe à perfusion continue d’insuline ou schéma basal-bolus avec de multiples doses d’insuline.

Dans le cas des femmes ayant un diabète type 2, le contrôle métabolique est plus simple, bien qu’elles tendent à être des femmes d’un âge plus avancé et atteintes d’obésité, du Syndrome des Ovaires Polykystiques et d’autres comorbidités qui vont assombrir le résultat des traitements de fertilité. Concernant le traitement pour le diabète, un traitement oral avec metformine peut être utilisé. Passez une consultation préconceptuelle endocrinienne pour la mise au point de toutes les éventuelles complications du diabète et des comorbidités.Le contrôle métabolique adéquat est indispensable.

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