Le diabète gestationnel, également appelé diabète de grossesse, est un trouble de la tolérance au sucre qui se caractérise par une augmentation de la quantité de sucre dans le sang. Il apparaît pendant la grossesse et disparaît généralement après l’accouchement. Il est important de le distinguer des autres formes de diabète, comme le diabète de type 1 ou de type 2, qui peuvent être préexistantes à la grossesse.

En France, le diabète gestationnel touche environ 7 % des femmes enceintes. Il est crucial de le dépister et de le prendre en charge rapidement pour éviter des complications pour la mère et l’enfant.

Dépistage et Diagnostic

Le dépistage du diabète gestationnel est généralement pratiqué chez les femmes enceintes présentant des facteurs de risque, entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée. Le test de référence est l’HGPO (Hyperglycémie Provoquée par voie Orale). Il consiste à mesurer le taux de glycémie après l’ingestion d’une solution glucosée.

« La femme enceinte boit 75 g de glucose. On mesure son taux de glycémie en réalisant une prise de sang avant qu’elle n’ingère cette solution, puis une autre 1 heure après et une dernière prise de sang 2 heures après.

Si le diabète apparaît au début de la grossesse, il s’agit le plus souvent d’un diabète de type 2 qui était méconnu jusque-là. L’hémoglobine glyquée, c’est-à-dire la moyenne des glycémies sur les trois derniers mois, est alors également plus élevée.

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Causes et Mécanismes

« Le diabète gestationnel est un déséquilibre glycémique lié à la grossesse et à ses hormones. Pendant cette période, la sensibilité à l’insuline change et entraîne une dérégulation des glycémies qui ont tendance à s’élever », déclare Atefeh Nikpeyma, diététicienne à l’hôpital Lariboisière, à Paris.

Pendant la deuxième partie de la grossesse, le placenta produit davantage d’hormones qui vont diminuer la sensibilité à l’insuline. À cela s’ajoute un défaut de sécrétion d’insuline par le pancréas, entraînant une élévation des glycémies et un diabète gestationnel.

Importance de la Surveillance de l'Alimentation

Malgré le fait de développer un diabète gestationnel, il est important de toujours couvrir les besoins en glucides de la future maman et du fœtus. Les recommandations sont d’au minimum 200 g de glucides par jour. Mais d’autres facteurs vont influencer ce chiffre.

En cas de diabète gestationnel, la consommation de glucides doit être surveillée pour couvrir les apports nutritionnels tout en évitant les pics de glycémie. Il est crucial de comprendre que le but n'est pas de maigrir, mais d'éviter les hyperglycémies répétées et de limiter la prise de poids pendant la grossesse.

Activité Physique et Glycémie

La seule manière de faire naturellement baisser la glycémie (en dehors de l’insuline) est l’activité physique. Il est recommandé de marcher au moins une demi-heure par jour, mais on peut également s’adonner à la natation, à la danse… Les muscles vont alors consommer du sucre pour fonctionner et participer à réguler la glycémie sanguine.

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Si vous ne présentez pas de contre-indication obstétricale, commencez ou poursuivez une activité physique adaptée. Il est recommandé de pratiquer cette activité environ 30 minutes de trois à cinq fois par semaine.

Gestion du Poids et Apports en Lipides

En cas de diabète gestationnel, il est important de veiller à ne pas prendre trop de poids pendant sa grossesse et donc à surveiller ses apports en lipides. Toutefois, il ne s’agit pas d’entamer un régime pour perdre du poids pendant la grossesse !

On contrôle leur apport pour ne pas dépasser les besoins. « Ce sont des nutriments qui sont très caloriques et font prendre du poids. C’est important d’y veiller pour prévenir le diabète. Et puis, consommer trop de lipides peut entraîner de l’insulino-résistance et faire monter la glycémie », ajoute Hélène Louvet.

Répartition des Glucides et Besoins Nutritionnels

Avoir du diabète gestationnel ne revient pas non plus à éviter de consommer des glucides. « Les glucides sont l’énergie, le carburant de l’organisme. L’idée c’est d’avoir suffisamment de glucides pour couvrir les besoins liés à la grossesse. Le challenge, ça va être de couvrir ces besoins en les répartissant correctement sur la journée. Les besoins nutritionnels d’une femme enceinte restent identiques, qu’elle ait du diabète gestationnel ou pas. Ce n’est pas parce que les glycémies ont tendance à monter que l’on va réduire les apports en glucides.

Les femmes sont souvent tentées de manger moins de glucides (pain, riz, pâtes…) parce que ça fait monter la glycémie et qu’elles veulent éviter un traitement par insuline. En revanche, gardons à l’esprit que des aliments à faible index glycémique aideront à ne pas faire trop monter la glycémie, même s’ils ne la feront pas baisser.

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Index Glycémique et Choix Alimentaires

L’index glycémique est un critère de classement des glucides. Il est essentiel de privilégier les aliments à faible index glycémique pour éviter les pics de glycémie.

Petit-déjeuner

Le petit-déjeuner continental est généralement riche en sucres ou glucides. Les diététiciennes recommandent d’opter pour des céréales au blé complet, du pain noir, de l’avoine ou du muesli. On peut également manger un fruit avec un laitage. « Ce qui compte c’est de prendre un petit-déjeuner pour couper le jeûne de la nuit.

Fruits

Aucun fruit, ni aliment d’une manière générale, ne fait baisser le taux de sucre et la glycémie. Par ailleurs, la glycémie ne dépend pas que de l’aliment consommé, mais aussi de la composition du repas et de l’organisme de chacun.

« Une personne peut manger une pomme et avoir une certaine glycémie. Les diététiciennes suggèrent avant tout de manger des fruits qui font envie, mais en quantité contrôlée, car ils sont tous bénéfiques en raison de leur teneur en fibres et en vitamines. Si le choix du fruit est libre, en revanche, il est préférable de manger le fruit entier, plutôt qu’en jus ou en compote. « Avec un fruit entier, on a toutes les fibres, et donc un index glycémique plutôt bas. Avec une compote, on a déjà écrasé un peu les fibres.

Lipides et Produits Laitiers

En cas de diabète gestationnel, la femme enceinte est également invitée à faire attention à sa consommation de gras, afin de ne pas prendre trop de poids. Dans les yaourts, il est donc recommandé de veiller à la quantité de matière grasse qu’ils contiennent.

« En général, les yaourts ne sont pas très gras, excepté ceux type « Perle de lait » et « Fjord », qui ne sont d’ailleurs pas considérés comme des yaourts mais plutôt comme des spécialités laitières. C’est plus gras, par exemple, qu’une portion de fromage », reconnaît Atefeh Nikpeyma.

Desserts et Plaisirs Sucrés

En fin de repas, en guise de dessert, les nutritionnistes suggèrent de manger un fruit. Attention, toutefois à ne pas consommer ces aliments à chaque repas, mais les limiter à deux fois par semaine en moyenne. Bien sûr ces équivalences ne vont pas apporter les vitamines et les fibres des fruits, mais elles permettent de conserver une notion de plaisir et de tenir sur la durée.

On peut s’octroyer un petit plaisir de temps en temps (gâteaux ou biscuits), mais il vaut mieux les consommer à la fin du repas, après avoir mangé des légumes car cela va permettre de limiter l’élévation de la glycémie. Les aliments sucrés isolés élèvent beaucoup plus la glycémie que s’ils sont intégrés dans un repas.

Objectifs Glycémiques

« En dehors d’une grossesse, 2 heures après les repas, on tolère pour les patients diabétiques jusqu’à 1,6 ou 1,8 g de glycémie. Pour le diabète gestationnel, 2 heures après le repas, on vise 1,2 g de glycémie, c’est donc beaucoup plus strict », prévient Hélène Louvet. Votre objectif sera de garder jusqu’à la fin de votre grossesse une glycémie inférieure à 0,95 g/L à jeun et inférieure à 1,2 g/L deux heures après le début du repas (glycémie post-prandiale).

Composition des Repas

Le régime alimentaire doit permettre de couvrir les besoins nutritionnels en évitant les pics de glycémie. Les légumes, comme les céréales complètes ou les légumineuses, apportent des glucides mais également beaucoup de fibres qui évitent de faire flamber le taux de glycémie dans le sang.

Idéalement, la part de légumes devrait représenter la moitié de l’assiette. Un quart est occupé par les protéines et l’autre quart par les féculents ou par un morceau de pain.

Les aliments ayant un index glycémique élevé sont à limiter, notamment lorsqu’ils sont mangés de manière isolée. Mieux vaut les associer à un aliment riche en fibres pour réduire l’impact sur la glycémie.

Lipides et Insulino-Résistance

Le diabète gestationnel concerne le taux de sucre dans le sang, mais l’attention doit aussi être portée sur la consommation des lipides. On contrôle leur apport pour ne pas dépasser les besoins.

« Ce sont des nutriments qui sont très caloriques et font prendre du poids. C’est important d’y veiller pour prévenir le diabète. Et puis, consommer trop de lipides peut entraîner de l’insulino-résistance et faire monter la glycémie », ajoute Hélène Louvet.

Il ne faut surtout pas supprimer les acides gras insaturés, mono-insaturés et poly-insaturés qui contribuent à faire baisser le taux de triglycérides dans le sang et à prévenir l’apparition de maladies cardiovasculaires. Parmi eux, les Oméga 3, 6 et 9 que l’on trouve dans l’huile d’olive, l’huile de colza, l’avocat, les petits poissons gras (sardine, maquereau, hareng) mais aussi les oléagineux (noix, noisette, amande) qui seront à consommer quotidiennement.

Fractionnement des Repas

Si on n’arrive pas à atteindre les glycémies requises en trois repas, on peut être amené à fractionner les prises alimentaires. Cela permet parfois d’obtenir les bonnes glycémies. Ce fractionnement consiste, par exemple, à manger son fruit 2 heures après le repas, plutôt qu’au dessert.

Au cours de la journée : Favoriser les repas en petite quantité et y intégrer des collations : par exemple, 3 repas légers et 2 collations par jour.

Traitement par Insuline

Malgré toutes ces recommandations alimentaires et ces repas fractionnés, si l’infirmière constate qu’à deux ou trois reprises après le déjeuner, la glycémie est au-delà des objectifs, un traitement par insuline sera mis en place. Il s’agit d’injections sous-cutanées d’insuline réalisées souvent dans le ventre, comme lors d’un diabète classique.

Prévention du Diabète de Type 2 Post-Grossesse

Une femme qui développe un diabète gestationnel court 50 % de risques supplémentaires d’avoir un diabète de type 2 dans les dix ans qui suivent. Plusieurs consignes peuvent aider à prévenir cette pathologie : contrôler ses apports caloriques pour maîtriser son poids, consommer suffisamment de fibres, faire de l’activité physique, et allaiter si possible.

« Les études démontrent que l’allaitement diminue le risque ultérieur de diabète de type 2. Cette diminution est proportionnelle à la durée de l’allaitement, allant de -25 % (< 6 mois), jusqu’à -47 % (> 6 mois) au-delà », révèlent Hélène Louvet et Atefeh Nikpeyma.

Aliments Recommandés

Pour aider à contrôler la glycémie, il est important de contrôler la quantité, le type et la fréquence de consommation des glucides. Il est préférable de consommer des glucides complexes plutôt que des glucides simples. Il est recommandé de manger trois fois par jour en portions petites ou modérées. Essayez d’éviter les glucides complexes riches en fibres et combinez ces produits avec des protéines ou des graisses saines.

  • Agrumes : mandarines, pamplemousses, oranges, kiwis.
  • Légumes et légumes à feuilles : épinards, blettes, crucifères, céleri, mâche, diverses variétés de laitues, carottes. Ils fournissent peu d’énergie, mais sont riches en minéraux et en nombreuses substances bénéfiques.
  • Grains entiers : riz brun, flocons d’avoine, pâtes au blé entier.
  • Fruits rouges : cerises, fraises et framboises.

Les aliments à faible indice glycémique doivent être prioritaires sur la liste de course. Ce sont ces aliments :

  • qui auront le moins d’effet sur la glycémie durant les deux heures suivant leur ingestion ;
  • qui se décomposent le plus lentement (évitant d’avoir à nouveau faim trop vite).

En cas de diabète gestationnel, ce sont les aliments avec une charge glycémique faible et moyenne qui sont recommandés comme :

  • les céréales : le pain aux céréales, le quinoa, les flocons d’avoine, le blé
  • la majorité des légumes secs : les haricots rouges/ blancs, les fèves, les lentilles, les pois
  • la plupart des fruits et légumes frais.

Boissons

Il faut éviter les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, sirops, thé et café sucrés, eaux aromatisées sucrées). Vous pouvez les remplacer par de l’eau (plate, gazeuse ou aromatisée sans sucre ajouté), thé et café sans sucre.

Suivi Médical et Accouchement

Il est souhaitable qu’une équipe pluridisciplinaire de professionnels de santé (médecin généraliste, gynécologue, nutritionniste, diabétologue…) suive votre grossesse et votre diabète. D’un point de vue obstétrical, avec un diabète bien équilibré, le suivi de votre grossesse ne sera pas très différent de celui d'une femme non diabétique. Une échographie supplémentaire pourra être faite en fin de grossesse pour évaluer la taille de votre bébé.

Une femme atteinte de diabète gestationnel peut accoucher dans une maternité de proximité (niveau 1), sauf en cas de prématurité, de malformation grave ou de troubles importants de la croissance fœtale.

Après la Naissance

Durant le post-partum, votre glycémie sera surveillée afin de vérifier que le diabète disparaît. Les risques de diabète de type 2 Si vous avez eu un diabète gestationnel, vous avez 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2 dans les années à venir et un dépistage de celui-ci est fortement conseillé, lors de la consultation post-natale, puis tous les 1 à 3 ans, pendant au moins 25 ans.

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