Le dépistage génétique préimplantatoire (PGS), également connu sous le nom de criblage génétique préimplantatoire, est une technique de dépistage génétique réalisée sur des embryons avant leur implantation dans l'utérus. Cette méthode vise à identifier les embryons porteurs d'anomalies chromosomiques, notamment les aneuploïdies, où le nombre de chromosomes est incorrect. Seuls les embryons euploïdes, c'est-à-dire ceux ayant un nombre correct de chromosomes, sont alors sélectionnés pour le transfert.

Bien que le PGS soit autorisé dans certains centres étrangers et associé à des tentatives de fécondation in vitro (FIV), sa pratique est interdite en France. En revanche, le diagnostic préimplantatoire (DPI) est autorisé sous certaines conditions spécifiques.

Micro-injection Intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) : Une étape clé de la FIV

La micro-injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) est une technique de fécondation assistée qui consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans un ovocyte mature afin d'obtenir sa fécondation. Avec des taux de succès élevés et constants (70 à 80 %), l'ICSI est devenue une technique courante dans les protocoles de FIV.

L'ICSI nécessite un équipement spécifique, comprenant un microscope inversé doté d'une optique adaptée et d'une plaque chauffante maintenue à 37 °C. Ce microscope est relié à des micromanipulateurs qui permettent de contrôler avec précision les micropipettes utilisées pour maintenir l'ovocyte et injecter le spermatozoïde.

Les indications pour la réalisation d'une ICSI sont basées sur une étude approfondie de la fertilité du couple. Parmi ces indications, on retrouve :

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  1. Anomalies spermatiques sévères :
    • Oligozoospermie ou cryptozoospermie : diminution importante du nombre de spermatozoïdes.
    • Asthénozoospermie : diminution importante de la mobilité des spermatozoïdes, voire une absence totale de mobilité.
    • Teratozoospermie : nombre élevé de spermatozoïdes anormaux.
    • Azoospermie obstructive : absence complète de spermatozoïdes dans l'éjaculat due à une obstruction.
  2. Faible nombre d'ovocytes obtenus lors de la ponction folliculaire.

Distinction entre PGS et DPI

Il est essentiel de différencier le PGS du DPI. Bien que les deux techniques impliquent une biopsie embryonnaire pour analyser le matériel génétique, leurs objectifs sont distincts.

  • DPI (Diagnostic Préimplantatoire) : Le DPI vise à détecter la présence de maladies génétiques connues dans la famille du couple. Il permet d'éviter la transmission de ces maladies à l'enfant.
  • PGS (Dépistage Génétique Préimplantatoire) : Le PGS est une méthode de dépistage qui recherche des anomalies chromosomiques au niveau de l'embryon, et non une maladie spécifique. Il vise à sélectionner les embryons ayant un nombre correct de chromosomes (embryons euploïdes) pour le transfert.

En France, seul le DPI est autorisé, tandis que le PGS est interdit en raison de considérations éthiques liées à la sélection d'embryons sur la base de critères génétiques.

Pourquoi le PGS est-il réalisé ?

Le PGS est utilisé pour identifier les embryons avec le bon nombre de chromosomes, ce qui peut augmenter les chances de succès de la FIV et réduire le risque de fausse couche. Il est souvent proposé aux couples présentant un risque accru d'anomalies chromosomiques, tels que :

  • Femmes d'âge maternel avancé : Le risque d'aneuploïdie embryonnaire augmente avec l'âge de la femme.
  • Antécédents de fausses couches à répétition : Les anomalies chromosomiques sont une cause fréquente de fausses couches.
  • Échecs répétés de FIV : Le PGS peut aider à identifier les embryons ayant le plus de chances de s'implanter.

Aux États-Unis, le PGS est fréquemment proposé aux couples dès leur première tentative de FIV, sans attendre les résultats initiaux.

Le déroulement du DPI

Le DPI nécessite un traitement de FIV. Les étapes clés sont :

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  1. Stimulation ovarienne : La femme reçoit des médicaments pour stimuler la production de plusieurs ovules.
  2. Ponction ovarienne : Les ovules sont prélevés des ovaires par une intervention chirurgicale mineure.
  3. Fécondation in vitro (FIV) ou ICSI : Les ovules sont fécondés en laboratoire avec les spermatozoïdes du partenaire ou d'un donneur.
  4. Biopsie embryonnaire : Une ou plusieurs cellules sont prélevées de l'embryon, généralement au stade de blastocyste (5 jours après la fécondation).
  5. Analyse génétique : Le matériel génétique des cellules prélevées est analysé pour détecter des anomalies chromosomiques ou des maladies génétiques spécifiques.
  6. Transfert embryonnaire : Seuls les embryons considérés comme sains sont transférés dans l'utérus de la femme.
  7. Cryoconservation : Les embryons restants considérés comme sains peuvent être congelés pour une utilisation ultérieure.

Avantages et inconvénients du DPI

Avantages

  • Meilleure sélection d'embryons : Le DPI permet d'identifier les embryons génétiquement sains, augmentant ainsi les chances de succès de la FIV.
  • Réduction du risque de fausse couche : Le DPI permet d'éviter le transfert d'embryons porteurs d'anomalies chromosomiques susceptibles de provoquer une fausse couche.
  • Taux de grossesse plus élevé : En sélectionnant les embryons ayant le plus grand potentiel d'implantation, le DPI peut augmenter les taux de grossesse.
  • Diminution du nombre de cycles de FIV nécessaires : Le DPI peut réduire le temps nécessaire pour obtenir une grossesse en sélectionnant les embryons les plus viables.
  • Tranquillité d'esprit accrue pour les patients : Le DPI peut réduire l'incertitude quant à la qualité de l'embryon et au risque de fausse couche.

Inconvénients

  • Manipulation de l'embryon : La biopsie embryonnaire est une procédure invasive qui peut endommager l'embryon.
  • Annulation du cycle : Si aucun embryon sain n'est identifié, le cycle de FIV peut être annulé.
  • Mosaïcisme : Certains embryons présentent un mélange de cellules normales et anormales, ce qui peut rendre l'interprétation des résultats du DPI difficile.
  • Controverses éthiques : Le DPI soulève des questions éthiques concernant la sélection d'embryons et le statut moral de l'embryon.

Controverses éthiques

Le PGS, en particulier, suscite des débats éthiques importants. La possibilité de sélectionner des embryons en fonction de leurs caractéristiques génétiques soulève des questions fondamentales sur la valeur de la vie humaine et les limites de l'intervention humaine dans la procréation.

Certains s'opposent à la destruction d'embryons considérés comme "anormaux", arguant que la vie commence dès la fécondation et que tous les embryons ont le droit de se développer. D'autres craignent que le PGS n'ouvre la voie à une "eugénisme" moderne, où les parents choisissent les caractéristiques de leurs enfants, conduisant à une société moins inclusive envers les personnes handicapées.

Ces préoccupations éthiques sont au cœur de l'interdiction du PGS en France. La loi française autorise le DPI uniquement dans des situations spécifiques où il existe un risque élevé de transmission d'une maladie génétique grave et incurable.

Le DPI en France : Cadre légal

En France, le diagnostic préimplantatoire (DPI) est encadré par des restrictions légales strictes. Son application est autorisée à titre exceptionnel, dans les conditions suivantes :

  • Un médecin exerçant dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal doit attester que le couple présente une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
  • Le DPI ne peut être réalisé que si le couple a déjà donné naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique entraînant la mort précoce ou dont le pronostic vital peut être amélioré de manière décisive par l'application du DPI.
  • Le DPI a pour seuls objectifs de rechercher la maladie génétique, de prévenir et de traiter cette maladie, et de permettre l'application de la thérapie génique.

Coût du DPI en France

Le coût du DPI en France varie généralement entre 3000 et 4000 euros, en plus du coût du processus de FIV-ICSI. Ce coût supplémentaire dépend du type d'analyse chromosomique effectuée (analyse des chromosomes basiques, analyse étendue, etc.). L'âge de la femme et la technique d'analyse utilisée peuvent également influencer le prix.

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En incluant le processus de FIV-ICSI, le coût total d'un traitement avec DPI peut s'élever à environ 9000-10 000 euros.

Indications du DPI

De manière générale, la réalisation d’un test génétique préimplantatoire (PGT, auparavant appelé DPI) est recommandée dans des situations telles que:

  • Risque de transmettre une maladie génétique au bébé, soit parce qu’un des parents est atteint d’une maladie génétique à héritabilité dominante, soit parce que les deux parents sont porteurs de mutations responsables d’une maladie génétique récessive.
  • Caryotype altéré chez l’un ou les deux parents.
  • Fausses couches à répétition.
  • Échecs antérieurs lors de cycles de FIV.
  • Âge maternel supérieur à 38-40 ans, en raison d’un risque accru d’anomalies chromosomiques (anéuploïdies).
  • Facteur masculin sévère, FISH des spermatozoïdes altéré ou utilisation de spermatozoïdes obtenus au niveau du testicule ou de l’épididyme.

Dans tous les cas, l’équipe médicale en charge du traitement de procréation médicalement assistée évaluera chaque situation particulière afin de déterminer si la réalisation d’un PGT est indiquée ou non.

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