Le diabète gestationnel est une affection qui touche une part non négligeable des femmes enceintes. Pour le dépister, le test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) est la méthode de référence. Cet article explore en détail le déroulement de ce test, son importance, et les implications d'un diagnostic positif.

Introduction

Le diabète gestationnel, trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie, est diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse. En France, il touche une part significative des femmes enceintes, avec une prévalence de 8% en 2014, atteignant 16,4% en 2021. Le dépistage et la prise en charge de cette condition sont essentiels pour minimiser les risques pour la mère et l'enfant.

Qu'est-ce que le test HGPO ?

HGPO signifie "hyperglycémie provoquée par voie orale". Il s'agit d'un test de dépistage qui permet de contrôler le taux de sucre dans le sang (glycémie) chez la femme enceinte afin de vérifier sa normalité. Ce test consiste en plusieurs prélèvements sanguins, d’abord à jeun, puis après l'absorption d’une certaine quantité de glucose.

Pourquoi le dépistage du diabète gestationnel est-il important ?

Le diabète gestationnel peut entraîner des complications pour la mère et le bébé. Parmi les risques, on retrouve :

  • Macrosomie fœtale : Le fœtus, qui se nourrit des nutriments présents dans le sang de la maman via le placenta, absorbe trop de sucre et grossit de manière excessive. La macrosomie fœtale expose le bébé à des hypoglycémies néonatales, des risques accrus de jaunisse et de détresse respiratoire.
  • Complications à l'accouchement : Liées à la macrosomie fœtale, l'accouchement peut être plus difficile.
  • Risque accru de diabète de type II : Les femmes ayant fait un diabète gestationnel ont un risque plus élevé de développer un diabète de type II par la suite.

Le dépistage permet donc d'identifier les femmes à risque et de mettre en place des mesures pour contrôler la glycémie et prévenir ces complications.

Lire aussi: Diabète gestationnel : dépistage et prise en charge

Quand réaliser le test HGPO ?

Le test HGPO n'est pas un test systématique du suivi de grossesse. Il est généralement proposé aux femmes présentant des facteurs de risque de diabète gestationnel.

  • Premier trimestre : Une glycémie à jeun est proposée aux futures mamans à risque. Si cette glycémie est inférieure à 0,92 g/L, on attend le 6e mois pour faire l’HGPO. Si elle est supérieure à cette valeur, on parle de diabète gestationnel précoce, et il n'est pas utile de faire l'HGPO.
  • Entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée (5e mois de grossesse) : Le test HGPO est réalisé chez les femmes présentant des facteurs de risque.

Facteurs de risque

  • Avoir déjà développé un diabète gestationnel lors d'une grossesse antérieure.
  • Avoir des antécédents familiaux de diabète (père, mère, frères ou sœurs).
  • Souffrir d'obésité ou de surpoids (IMC supérieur ou égal à 25 kg/m2).
  • Avoir plus de 35 ans.
  • Avoir déjà accouché d’un bébé de plus de 4 kg à terme.
  • Être atteinte de certaines maladies, comme le syndrome métabolique ou le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Même en l'absence de facteurs de risque, une recherche de sucre dans les urines est prévue lors de la première consultation gynécologique et lors du suivi mensuel de la grossesse.

Comment se déroule le test HGPO ?

Le test HGPO s'effectue en laboratoire de biologie et dure en totalité deux à trois heures. Voici les étapes :

  1. Prise de sang à jeun : La future maman doit être strictement à jeun depuis au moins 10 heures.
  2. Ingestion d'une solution glucosée : La patiente est invitée à boire une boisson contenant 75 g de glucose. "C'est une boisson très sucrée, assez désagréable à boire, qui contient l'équivalent de 15 morceaux de sucre et qui doit être bu en moins de 10 minutes".
  3. Prises de sang à intervalles réguliers : Après la prise de la dose standard, il est essentiel de ne rien manger ni boire. Deux prises de sang sont effectuées à une heure et à deux heures d'intervalle.
  4. Fin du test : Une fois les deux prélèvements effectués, la patiente peut s'alimenter normalement sans contre-indications.

Préparation au test

La seule recommandation avant le test HGPO est d'être strictement à jeun depuis au moins 10 heures. Il n'y a aucune contre-indication sur le contenu du repas de la veille.

Effets secondaires possibles

Le dépistage du diabète gestationnel est généralement indolore. Cependant, il peut être désagréable de rester à jeun, de se soumettre aux différents prélèvements sanguins, ou de boire la solution très sucrée. Certaines femmes peuvent ressentir des nausées ou une sensation de faiblesse. Il est important d'en informer le personnel médical si cela se produit.

Lire aussi: Diabète gestationnel : dépistage et conseils

Interprétation des résultats du test HGPO

Le diagnostic de diabète gestationnel repose sur des normes très strictes. Les valeurs seuils ont été définies sur des centaines de milliers de personnes, en observant à partir de quels taux de glycémie les complications étaient les plus nombreuses.

Les valeurs de glycémie considérées comme normales sont les suivantes :

  • Glycémie à jeun : inférieure à 0,92 g/L (5.1 mmol/L).
  • Glycémie à 1 heure : inférieure à 1,80 g/L (10 mmol/L).
  • Glycémie à 2 heures : inférieure à 1,53 g/L (8.5 mmol/L).

Si une seule de ces valeurs est dépassée, un diabète gestationnel peut être diagnostiqué.

Test HGPO positif : que faire ?

Si le test HGPO révèle un diabète gestationnel, il est important de ne pas s'alarmer. Des mesures hygiéno-diététiques simples peuvent aider à contrôler la glycémie.

  1. Suivi diététique : La future maman va devoir surveiller son alimentation en limitant au mieux les aliments riches en sucre d'assimilation rapide, afin d'éviter les pics de glycémies. Un régime alimentaire équilibré et varié sera établi par un diététicien.
  2. Auto-surveillance glycémique : La patiente devra surveiller sa glycémie quotidiennement à la maison à l'aide d'un dispositif d'auto-surveillance pour vérifier l'efficacité du régime. Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo autopiqueur pour recueillir une goutte de sang que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Il existe également des dispositifs de mesure du glucose en continu (CGM), de plus en plus utilisés. Ces capteurs placés sous la peau permettent un suivi en continu du taux de glucose.
  3. Activité physique : Sauf contre-indication, une activité physique modérée mais régulière au cours de la grossesse permet également de réguler la glycémie.
  4. Traitement à l'insuline : Si la glycémie n'est pas normalisée avec ces mesures diététiques, un traitement à l'insuline sera proposé par le médecin. L’insuline s’administre par injections sous-cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous a montré comment faire.

Dans la majorité des cas et si le diabète est bien équilibré, l’accouchement se passera normalement. Si le diabète est mal équilibré, l’accouchement pourra être provoqué avant le terme.

Lire aussi: Dépistage du diabète gestationnel : les dernières évolutions

Diabète préexistant méconnu

Il est possible de découvrir, à l’occasion des dépistages effectués chez la femme enceinte, un diabète méconnu qui préexistait à la grossesse. Lorsque les glycémies sont élevées sur le test de dépistage (>1,26 g/L à jeun), ou lors de la surveillance malgré un régime bien conduit, votre médecin peut suspecter un diabète préexistant. Il pourra demander dans ce cas un dosage de l’hémoglobine glyquée (Hba1c, qui correspond à la moyenne de vos glycémies sur les 3 derniers mois).

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