Le diabète, une maladie métabolique chronique, se manifeste sous diverses formes, dont le diabète gestationnel (DG), une condition spécifique aux femmes enceintes. Cet article vise à décrypter le diabète gestationnel, en abordant son dépistage, ses causes, ses risques et ses traitements, tout en explorant les recherches récentes sur l'impact épigénétique du DG et du diabète de type 2 (DT2).
Diabète Gestationnel : Un Problème de Santé Publique
Le diabète gestationnel est un diabète qui apparaît lors d’une grossesse. La prévalence du diabète gestationnel a triplé dans les pays développés depuis 30 ans, touchant environ 10 % des grossesses en Europe. Il s’agit d’un véritable problème de santé publique en termes d’épidémiologie et de conséquences médicales. Ce diabète représente un facteur de risque pour la mère pendant la grossesse et pour l’enfant à l’accouchement. De plus, les enfants nés d’une mère ayant présenté un diabète gestationnel sont plus à risque de développer une obésité et un diabète plus tard dans la vie. Enfin, si le diabète gestationnel de la mère disparaît généralement dès l’accouchement, il est associé à terme à un risque accru de développer un DT2 définitif et doit faire proposer des mesures hygiéno-diététiques préventives.
Dépistage du Diabète Gestationnel
Le diabète gestationnel ne provoque absolument aucun symptôme, si ce n’est une prise de poids qui peut passer inaperçue. Le seul moyen de savoir si vous en faites est de le dépister. Le dépistage est effectué au 2e trimestre de grossesse, entre 24 et 28 SA. Pour cela, vous devez faire un test de glycémie à jeun appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) : vous absorbez une grosse dose de sucre et votre taux de sucre sera mesuré avant l’absorption du sucre, à jeun donc, une heure après la prise puis deux heures en effectuant une prise de sang à chaque fois. Le premier taux doit être en dessous de 0,92 g/l, le deuxième sous 1,80 g/L et le dernier sous 1.53 g/L. Si un de ces taux dépasse la norme, cela veut dire que vous avez du diabète gestationnel. Au-delà de 1,26 g/l à jeun en revanche, cela signifie que vous avez un diabète dit de type 2, c’est-à-dire un diabète qui était présent avant la grossesse et qui perdurera après.
Facteurs de Risque
Il existe des facteurs de risque associés au diabète gestationnel. Ainsi, vous risquez d’avoir du diabète gestationnel :
- Si vous avez plus de 35 ans.
- Si vous avez un IMC ≥ 25 kg/m².
- S’il y a des antécédents de diabète de type 1 dans votre famille.
- Si vous avez déjà eu du diabète gestationnel lors de précédentes grossesses.
- Si vous avez déjà eu un « gros » bébé (plus de 4 kg).
Causes du Diabète Gestationnel
La grossesse entraîne des changements d’ordre physiologique. L’insuline, hormone produite par le pancréas qui sert à réguler le taux de sucre dans le sang, peut ne plus jouer son rôle. En cause ? Certaines hormones produites par le placenta qui entraînent une résistance à l’insuline : ces dernières se retrouvent dans le sang et empêchent l’insuline de jouer son rôle. Résultat, le sucre augmente dans votre sang et peut passer dans le placenta. Ce dysfonctionnement peut apparaître à partir du 2e trimestre de grossesse.
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Risques Associés au Diabète Gestationnel
Le principal risque est que bébé dépasse les 4 kg et que cela complique alors l’accouchement. Il y a d’autres problèmes qui peuvent apparaître que ce soit pour lui (hypoglycémie à la naissance, dystocie des épaules) comme pour vous (risque plus important de césarienne…). Avoir du diabète gestationnel vous expose également à un risque plus élevé de pré-éclampsie.
Traitement du Diabète Gestationnel
Tout dépend de votre glycémie. Des simples précautions diététiques à l’insuline, votre médecin gynécologue saura vous conseiller et, le cas échéant, vous diriger vers un diabétologue ou un diététicien. Généralement, dans un premier temps, vous devrez suivre un régime spécifique. S’il ne donne pas de résultat satisfaisant, alors un traitement à l’insuline pourra être préconisé. Quoi qu’il en soit, vous allez devoir changer votre manière de vous alimenter et équilibrer au mieux vos repas pour éviter les pics de glycémie. Cela ne veut pas dire que vous n’avez plus droit à aucune sucrerie et que vous devez vous nourrir uniquement de légumes à la vapeur ! Un diététicien saura vous donner les conseils nécessaires pour bien manger en vous faisant plaisir.
Recherche Épigénétique et Diabète : Nouvelles Perspectives
La Fondation Francophone pour la Recherche sur le Diabète (FFRD) soutient des projets de recherche sur l'épigénétique et le diabète. Ces projets visent à mieux comprendre le rôle de l'épigénétique dans le risque de complications liées au diabète, tant chez les descendants de mères atteintes de DG que chez les personnes atteintes de DT2 présentant une inflammation chronique de bas grade.
Impact Épigénétique du Diabète Gestationnel sur le Risque de DT2
L'équipe du Pr Philippe Froguel (Lille) a mené un projet sur l'impact épigénétique du diabète gestationnel sur le risque de DT2 de la mère et sur la santé de l'enfant. Les diabètes gestationnels n’ont aucune particularité génétique différente de celles caractérisant les DT2. Une autre piste physiopathologique est peut-être à trouver dans les mécanismes épigénétiques. Certaines anomalies épigénétiques peuvent perturber le fonctionnement du génome sans que l’ADN ne soit muté. En effet, pour qu’un gène fonctionne correctement, il faut que le brin d’ADN subisse certaines modifications, notamment l’ajout de radicaux méthyls (réaction de méthylation). Ces anomalies épigénétiques peuvent survenir à tout moment de la vie, mais particulièrement pendant la vie fœtale, et subsister toute la vie (voire même être transmises à la génération suivante) en favorisant l’apparition de maladies.
L’équipe du Professeur Froguel a postulé que des modifications de la méthylation du génome pouvaient être présentes à la fois chez la mère qui a fait un diabète gestationnel et chez son enfant. Le risque accru d’obésité de l’enfant puis de diabète pourrait donc s’expliquer par des changements épigénétiques en réponse à l’exposition hyperglycémique maternelle pendant la grossesse.
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Il a été montré que l’exposition a une hyperglycémie pendant la grossesse de ces femmes avait entraîné des modifications majeures directes du méthylome de l’enfant. On pourrait en déduire qu’une bonne prise en charge des diabètes gestationnels, avec un dépistage approprié et une maîtrise aussi parfaite que possible de l’hyperglycémie tout au long de la grossesse, permettrait de limiter le risque de dérèglement des gènes des enfants. Cependant, dans certains cas, il a été remarqué que le diabète gestationnel, en interaction avec le méthylome anormal de la mère, pouvait quand même modifier le méthylome des enfants malgré la prise en charge proposée.
La transmission épigénétique entre les mères atteintes de diabète gestationnel et leur enfant, est probablement déterminée non seulement par l’exposition au diabète gestationnel (limitée à quelques mois), mais aussi par d’autres facteurs potentiellement de longue durée, tels que les antécédents métaboliques maternels et, plus généralement, l’environnement de la fillette devenue femme puis mère.
Signature Épigénétique du Diabète de Type 2 et Inflammation Chronique
Le projet du Dr Nicolas Venteclef (Institut du Diabète, Université Paris Cité) concerne le rôle de l’épigénome dans l’inflammation chronique de bas grade. Cette inflammation a minima est décrite aujourd’hui comme un processus pro-diabétogène, à savoir favorisant le développement d’un DT2, mais également impliquée dans la survenue de la plupart des complications (notamment vasculaires) chez les personnes avec un DT2.
L’équipe du Dr Venteclef a démontré que la modification de cet épigénome provoquait une augmentation atypique et incontrôlée de l’inflammation lors d’une obésité et d’un DT2. Le génome non-codant jouerait ainsi un rôle prépondérant dans le contrôle de l’intensité et la sévérité de l’inflammation chronique chez des personnes atteintes d’un DT2. Une analyse préliminaire des premiers résultats semble démontrer que 15 à 18 % des patients avec DT2 présentent une réponse inflammatoire systémique « atypique et exacerbée », associée à une dérégulation de leur génome non-codant.
Diabète Sucré : Un Aperçu Général
Au sens médical, le mot « diabète » désigne une grande famille de maladies différentes : on distingue ainsi le diabète sucré (le plus courant) dans lequel la glycémie n'est plus régulée, le diabète insipide qui se traduit par une émission d'urine très importante, le diabète rénal qui se traduit par une élimination de glucose dans les urines alors que la glycémie est correctement régulée, le diabète gestationnel qui atteint les femmes enceintes… Nous nous limiterons ici à ce que l'on appelle vulgairement le diabète sucré qui touche la plupart des gens qui avancent en âge (il s'agit d'un état pré-diabétique qui peut évoluer vers un diabète non insulinodépendant, qui peut lui-même évoluer en diabète insulinodépendant).
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Prévalence et Impact du Diabète
Selon les experts, il y aura une augmentation spectaculaire (en particulier du diabète de type II, ou diabète sucré) partout dans le monde d'ici 2025 : une augmentation de 64% en Amérique du Nord, de 120% en Amérique latine, 23% en Europe, 110% en Afrique, 69% en Australie/Pacifique Sud et 85% en Asie. Et cela pour un total de 150 millions de personnes atteintes du diabète, dont 38.5 millions pour la seule Amérique du Nord. Cette hausse pourrait avoir des répercussions très alarmantes puisque le diabète accroît le risque de maladies cardio-vasculaires et que 80% des décès chez les diabétiques sont causés par des problèmes cardiovasculaires.
Le Rôle du Pancréas et de l'Insuline
Le diabète est provoqué par une insuffisance de sécrétion d'insuline par le pancréas et donc par une mauvaise régulation du sucre dans le corps. Or le glucose doit impérativement être régulé et contrôlé car il est l'élément nutritionnel indispensable au fonctionnement du système nerveux, l'organe noble et premier du corps. A ce titre, on pourrait dire que le pancréas, en tant qu'instrument essentiel de la gestion des sucres par l'organisme est un organe du système nerveux puisqu'il joue un rôle complémentaire essentiel à son activité. Et par extension encore, on pourrait dire que le diabète et, plus généralement, les troubles de la glycémie sont des maladies du système nerveux.
Sucres Rapides vs Sucres Lents
Les sucres, ou hydrates de carbone, sont d'origine alimentaire. On en distingue deux sortes : les sucres rapides et les sucres lents. Ces derniers sont des chaînes carbonées longues qui demandent un travail d'assimilation important de la part du système digestif. La digestion se traduit par une activité enzymatique qui consiste à casser ces chaînes longues pour obtenir des molécules de très petite taille, qu'on appelle sucres rapides, car rapidement assimilés.
Stress et Diabète
Les états de stress favorisent le déclenchement du diabète. Sur le plan psychologique, le pancréas est le siège de l'agressivité. Si elle est trop régulièrement sollicitée ou s'il n'y en a pas assez (laxisme), c'est le fonctionnement du pancréas qui peut être altéré. Une ambiance épouvantable au travail peut ainsi par exemple être la cause du déclenchement du diabète. Les spécialistes du décodage biologique voient l'origine de certains diabètes dans un conflit de résistance ou de répugnance. Le sucre apporte la douceur, synonyme d'affection, pour faire face à l'autorité, à une situation à laquelle on voudrait résister. Et puisque l'on souhaite résister, il faut alors se préparer à agir et donc, stocker du sucre dans le sang afin de le rendre disponible pour les muscles lorsqu'il sera temps de passer à l'acte : c'est l'hyperglycémie.
Mémoire Alimentaire et Consommation de Sucre
Lors d'une prise alimentaire sucrée, notre organisme se retrouve donc d'abord en présence de sucres rapides. La quantité détectée au début d'une prise alimentaire lui permet d'anticiper la quantité globale de sucres absorbés. Notre mémoire alimentaire s'est construite à la Préhistoire. Or ces aliments « préhistoriques » contenaient tout sauf des sucres rapides raffinés qui sont aujourd'hui présents partout dans notre alimentation.
Un verre de soda, un café sucré, une pâtisserie, et hop ! Le message est lancé au pancréas, disant en quelque sorte qu'une grosse quantité de sucres lents ne va pas tarder à être convertie en sucres rapides et qu'il faut donc réagir en produisant une bonne dose d'insuline… L'insuline ainsi produite en quantité trop importante entraîne alors une baisse incontrôlable de la glycémie : et c'est alors que survient l'hypoglycémie.
Spirale Infernale de l'Hypoglycémie et Épuisement du Pancréas
Pour l'individu qui en souffre, cela se traduit d'abord par une fringale violente. On pourrait manger n'importe quoi, et surtout du sucre et si l'on cède à la tentation, le cycle se déclenche à nouveau : trop d'insuline, hypoglycémie, prise de sucre… Si rien n'est fait pour régler le problème, le phénomène va en s'aggravant avec le temps, les crises d'hypoglycémie s'accompagnent peu à peu de somnolence, puis de vertiges, de syncopes, d'angoisses, de sueurs… Le pancréas s'emballe, et finalement ne parvient plus à produire la quantité d'insuline juste nécessaire. La consommation moderne, riche en sucre, mène inéluctablement à l'épuisement du pancréas qui s'obstine à lutter contre le trop plein de glucose qu'il détecte en permanence dans le sang. Le diabète non insulinodépendant est déjà là, le diabète insulinodépendant n'est pas loin.
Approches Naturelles pour Gérer la Glycémie
Devant une situation de pré-diabète ou de diabète non-insulinodépendant, le premier réflexe doit être de se tourner vers les plantes qui aideront l'organisme à gérer, sans paniquer, son taux de glycémie. Il ne s'agit pas là d'un simple traitement d'appoint mais d'une véritable alternative thérapeutique aux sulfamides et autres biguanides (antidiabétiques) habituellement prescrits.
Il existe de nombreuses plantes dites «antidiabétiques» : celles qui ont pour propriété d'aider l'organisme à gérer les pics ou les chutes de glycémie sans pour autant mobiliser systématiquement le pancréas. Les deux plus connues sont sans aucun doute l'ail et l'oignon. En consommer sous forme alimentaire est la forme la plus simple et la plus logique qui soit. Une autre plante fort appréciée en phytothérapie est la myrtille. En effet, on trouve dans la feuille de myrtille une intéressante proportion de chrome. Cet oligoélément est indispensable dans les chaînes enzymatiques du pancréas et sa carence peut favoriser, compliquer ou accélérer une fragilité du pancréas.
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