Jacques Mesrine, né le 28 décembre 1936 à Clichy et mort le 2 novembre 1979 à Paris, est un criminel français dont la vie a été marquée par des braquages audacieux, des évasions spectaculaires et une forte présence médiatique. Surnommé « l'homme aux mille visages » ou, à tort selon lui, « le Robin des Bois français », Mesrine a opéré principalement en France, mais aussi au Québec, en Espagne, en Suisse, en Italie et en Belgique. Sa capacité à se placer au centre d’une intense production textuelle, à laquelle il a lui-même contribué en faisant paraître en 1977 son autobiographie, L’Instinct de mort, explique en partie sa postérité. Déclaré « ennemi public numéro un » au début des années 1970, il est surtout connu pour ses vols à main armée, ses enlèvements, ses évasions et son charisme médiatique. Il meurt abattu par les forces de l'ordre lors d’une intervention menée à la porte de Clignancourt, après un an et demi de cavale.

Jeunesse et Débuts dans la Criminalité

Originaire de la banlieue parisienne, Jacques Mesrine passe son adolescence dans le 18e arrondissement de Paris, où il commet ses premiers délits dans les années 1950. Fils d'honnêtes commerçants, il grandit à Clichy et fréquente les quartiers populaires de la capitale. Engagé volontaire dans la guerre d’Algérie, il revient en France en 1959, profondément marqué par cette expérience militaire.

Dès lors, Mesrine multiplie les vols à main armée, cambriolages et autres escroqueries. En avril 1957, il devient gérant de l’auberge Mont Saint Mard, située à Vieux-Moulins, près de Compiègne, au cœur de la forêt de Compiègne. Cependant, l'auberge devient rapidement un repaire de malfrats en raison d'activités non conventionnelles. La mauvaise réputation de l’établissement et une plainte de la propriétaire pour détournement de fonds mettent fin à cette aventure.

Sa première condamnation date d'avril 1961 pour détention d’un couteau à cran d’arrêt. En mars 1962, il écope d'un an de prison pour cambriolage et de dix-huit mois pour détention d’armes. En août 1967, il est condamné à deux ans de prison pour vol chez son employeur qui l’a licencié.

Exil au Canada et Premières Évasions

Mesrine fuit au Canada, où il rencontre Jean-Paul Mercier, qui devient son complice. C'est pendant cet exil qu'il rencontre son nouveau complice, Jean-Paul Mercier, avec lequel il s’évade une première fois d'un pénitencier québécois. Avec cette première cavale médiatisée, le statut de Mesrine passe de simple voyou à celui de dangereux criminel. En juin 1969, Mesrine et sa nouvelle compagne, Jeanne Schneider, enlèvent un industriel, Georges Deslauriers, qui les a employés, et réclament une rançon de 200 000 dollars. Le captif parvient à s’échapper. En juillet 1969, ils sont interpellés au Texas et extradés au Canada, où ils sont accusés du rapt de Deslauriers et du meurtre d’Evelyne Le Bouthillier, une logeuse, crime duquel ils furent finalement acquittés.

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En août 1972, Mesrine est condamné à dix ans de détention pour l’affaire Deslauriers. Le 21 août 1972, il s’évade du bloc de haute sécurité du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, à Laval (Canada), avec cinq autres détenus. Avec Jean-Paul Mercier, il commet une série de braquages. En septembre 1972, les deux hommes abattent deux gardes forestiers dans une forêt au nord de Montréal. Dans la foulée, ils attaquent une banque, deux fois la même en trois jours. Mercier est arrêté et écope de la perpétuité, tandis que Mesrine s’échappe, séjourne en Amérique du Sud et rentre en France.

Retour en France et "Ennemi Public Numéro 1"

À son retour en France en 1973, après de nouveaux coups d'éclat retentissants, il devient "l'Ennemi public numéro 1" dont le visage s'affiche à la une de tous les journaux et alimentant leur rubrique faits divers. En mars 1973, alors qu’il a commis une douzaine de hold-up au cours des deux premiers mois de l’année, et grièvement blessé un policier dans un bar parisien, Mesrine est arrêté à Boulogne-Billancourt. « Vous voulez parier que dans trois mois je serai dehors ? » lance-t-il au commissaire Alain Tourre. En juin 1973, il s’évade du palais de justice de Compiègne (Oise) en prenant en otage le président Guérin, qui dirige son procès. Il s’ensuit une autre série d’attaques à main armée. Il est arrêté en septembre, à Paris, par le commissaire Broussard. C'est dans un appartement de la rue Vergniaud que Jacques Mesrine, alors en cavale, est arrêté par le commissaire Broussard le 28 septembre 1973. Lors de cette arrestation, Jacques Mesrine invite le commissaire à trinquer une coupe de champagne, cigare aux lèvres. Sa compagne canadienne, Jocelyne Deraiche, est également arrêtée.

En novembre 1975, il envoie une lettre de menaces de mort à un journaliste de L’Express et crève le tympan d’un de ses gardiens de prison. En mai 1977, Mesrine est condamné à vingt ans de réclusion par la cour d’assises de Paris.

Évasion de la Santé et Cavale Médiatisée

Le 8 mai 1978, Jacques Mesrine et François Besse s’évadent de la prison de la Santé. Leur complice est abattu. Les conditions de son évasion restent à ce jour non élucidées, mais il paraît évident que Mesrine aurait bénéficié d'une aide interne. Dans la foulée, il cambriole une armurerie, file à Deauville, braque le casino, prend des otages pour couvrir sa fuite et parvient à échapper à toutes les polices de France.

En août 1978, il défie l’État et ses forces de sécurité en accordant un entretien à Isabelle de Wangen pour Paris-Match. Sur une photo, il pose le colt à la ceinture. En juin 1978, il commet un braquage et une prise d’otages à la Société générale du Raincy, une vengeance car la banque avait reçu une compensation prélevée sur le montant des droits d’auteur que Mesrine aurait dû tirer de son livre, L’Instinct de mort, publié en mars 1977.

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Le 10 novembre 1978, Mesrine essaie d'enlever le juge Petit, celui qui l'avait condamné à 20 ans de prison en 1977, mais l'opération est un échec. En juin 1979, il enlève Henri Lelièvre, un riche milliardaire, qu’il échangera un mois plus tard contre 6 millions de francs. En septembre 1979, avec son complice Charlie Bauer, Jacques Mesrine attire dans un guet-apens Jacques Tillier, ex-inspecteur à la Direction de la surveillance du territoire (DST), devenu journaliste de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute. Il le torture dans une grotte de l’Oise, le blesse grièvement de trois balles et envoie des photos de sa victime dénudée à Libération.

Mort Porte de Clignancourt

Fin octobre 1979, le commissaire Broussard finit par repérer l'appartement du truand rue Bélliard, dans le 18ème arrondissement de Paris, que Mesrine loue sous un faux nom avec sa compagne Sylvie Jeanjaquot. Le 2 novembre 1979, Mesrine et sa compagne Sylvia Jeanjacquot montent à bord de leur BMW 528i. Près de la porte de Clignancourt, le malfaiteur laisse un camion le doubler. Des policiers sont dissimulés à l’intérieur, derrière une bâche. Ils la relèvent, Mesrine fait un geste, c’est la fusillade.

Selon des témoins, la voiture de Mesrine était arrêtée au rond-point pour tourner à gauche vers le boulevard Ney lorsqu’une Peugeot 305 beige l’a doublée par la droite. Un homme est descendu et a tiré sur la BMW de Mesrine. D’autres hommes sont descendus par l’arrière d’un camion bleu bâché qui se trouvait devant la voiture de Mesrine. Mesrine n’a pas pu tirer et est tombé sur son volant.

Jacques Mesrine est abattu par 19 balles. Son amie, Sylvia Jeanjacqot, est très grièvement blessée. Sur le pare-brise avant de la berline, on compte 18 impacts de balles, trois autres sur la carrosserie.

Trois jours plus tard, une cassette est découverte à son appartement. Adressée à Sylvie Jeanjacquot, elle contient un message d’adieu dans lequel Mesrine explique que les flics finiront par l’avoir, qu’il a mené la vie qu’il souhaitait, qu’il ne regrette rien et qu’il est résolu à vendre chèrement sa peau : « Ma mort n’est pas plus stupide que si j’étais mort au volant d’une voiture, ou chez Usinor.

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Le patron de la police judiciaire, Maurice Bouvier, justifie l’embuscade lors d’une conférence de presse, affirmant que Mesrine était armé et qu’il possédait notamment deux grenades défensives, ce qui ne permettait pas de prendre le risque de le laisser tirer sur la foule ou sur les policiers.

Dix jours plus tard, la famille de Jacques Mesrine dépose une plainte contre X pour « assassinat ».

Sa mort est un premier cas de remise en cause de la légitime défense vis-à-vis de la police, qui aurait ouvert le feu délibérément et sans mise en garde.

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