La récitation des Téhilim, ou Psaumes, occupe une place importante dans la tradition juive, offrant réconfort, espoir et un lien spirituel avec le divin. Dans le contexte particulier de la grossesse et de l'accouchement, les Téhilim sont une source de soutien émotionnel et spirituel pour les femmes et leurs familles. Cet article explore les usages et les perspectives entourant la lecture des Téhilim pendant la grossesse et l'accouchement, en s'appuyant sur diverses sources rabbiniques et coutumes populaires.

La lecture des Téhilim la nuit: Perspectives kabbalistiques et halakhiques

Une question fréquemment posée est celle de la permission de lire les Téhilim ou d'autres textes du Tanakh (Torah, Prophètes et Écrits) la nuit, compte tenu des restrictions potentielles de la Kabbale. Le H’YDA (Rabbi Haïm Yossef David Azoulay), dans son livre Chou’t Yossef Omets, cite le ARI Zal (Rabbi Isaac Louria) qui déconseille la lecture de versets du Tanakh la nuit pour des raisons mystiques.

Cependant, le H’YDA note qu'à Jérusalem et à Hébron, bien qu'on évite généralement de lire le Tanakh la nuit, la coutume de lire les Téhilim chaque nuit avant l'aube est une pratique ancienne. Il rapporte également avoir entendu du RACHACH (Rabbi Chalom Charabi), un éminent kabbaliste, que les Téhilim ne sont pas inclus dans la mise en garde de l'ARI Zal. Cette opinion est soutenue par le Midrash, qui rapporte que Ya'akov Avinou lisait les Téhilim la nuit, et par le fait que le roi David a composé et chanté la plupart de ses louanges pendant la nuit.

Le H’YDA conclut qu'il considère que la lecture des Téhilim la nuit a un fondement halakhique, mais qu'il s'abstient personnellement de le faire, sauf le vendredi soir. Rabbénou Yossef H’AÏM de Bavel, dans son livre Chou’t Rav Pé’alim, partage cet avis, mais ne réprimande pas ceux qui lisent les Téhilim la nuit avant l'aube.

Le Kabbaliste Rabbi Ya’akov NINYO, dans son livre Emet Lé-Ya’akov, souligne que la coutume s’est répandue de lire les Téhilim la nuit après Hatsot (le milieu de la nuit), moment où l'interdiction perd de sa force selon de nombreux avis. Selon le Gaon auteur du Chou’t Yaskil ‘Avdi, le H’YDA serait revenu sur son avis précédent, autorisant ainsi la lecture des Téhilim après Hatsot. Le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l. conclut également qu'il est permis de lire les Téhilim après Hatsot, car le H’YDA a certainement changé d'avis.

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En résumé, la lecture des Téhilim la nuit fait l'objet de différents avis. Bien que certaines autorités kabbalistiques déconseillent la lecture du Tanakh la nuit pour des raisons mystiques, la coutume de lire les Téhilim, en particulier après Hatsot, est largement acceptée et considérée comme ayant un fondement halakhique.

Téhilim pour la guérison et l'accouchement: Une permission accrue

Une distinction importante est faite entre la lecture des Téhilim à des fins d'étude et la lecture des Téhilim comme prière et supplication pour la guérison d'un malade ou pour une femme sur le point d'accoucher. Dans ce dernier cas, de nombreuses autorités rabbiniques sont plus enclines à autoriser la lecture des Téhilim la nuit, même avant Hatsot.

Le Gaon auteur du livre Chou’t Mé Yéhouda soutient qu'il n'y a pas de lien entre l'interdiction de lire le Tanakh la nuit et une lecture à des fins de prière et de supplication. Cette opinion est renforcée par le fait que des versets des Téhilim sont récités lors de la lecture du Chéma avant de dormir.

Ainsi, de nombreux décisionnaires, dont le Gaon de KLOÏZENBOURG, l’Admor de Tsanz, le Gaon auteur du livre Chou’t Bétsel Ha-H’oh’ma et le Gaon auteur du livre Chou’t Béera Moché, tranchent dans le sens de la permission de lire les Téhilim la nuit pour la guérison d'un malade ou pour une femme sur le point d'accoucher.

En conclusion, bien qu'il soit généralement préférable de lire les Téhilim après Hatsot, la lecture des Téhilim à des fins de prière et de supplication pour la guérison ou l'accouchement est considérée comme permissible même avant Hatsot.

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Pratiques et coutumes spécifiques

Plusieurs coutumes et pratiques spécifiques sont associées à la lecture des Téhilim pendant la grossesse et l'accouchement:

  • Pendant la grossesse: Il est conseillé au futur papa de réciter chaque soir, après la lecture du Chéma du soir, le Téhilim n°20, en répétant le second verset.
  • Pendant l'accouchement:
    • Lire 12 fois le Téhilim n°20 est une Ségoula (pratique spirituelle bénéfique) reconnue.
    • Rav 'Haim Kanievsky conseille de lire les psaumes suivants : n°1, n°2, n°3, n°4, n°21, n°22, n°23, n°24, n°33 à 47, n°72 à 86 et n°90.
    • Le Ben Ich 'Hai recommande de lire le psaume n°20 puis de prier Hachem (Dieu) d'avoir un bon accouchement.
    • Le 'Hida demande de lire 12 fois le verset « Ya'anékha Hachem Béyom Tsara » (dans le Téhilim 20) et de se concentrer sur les lettres Youd Beth Kouf initiales de « Ya'anénou Béyom Korénou ».
    • Rabbi Na'hman de Breslev recommande de dire trois fois les mots « Mizmor Létoda » du Téhilim 100.
    • Le Zohar conseille de réciter le psaume n°22.
  • Il est permis à une femme de réciter des Téhilim pendant l'accouchement.
  • Au moment de l’accouchement, on a l’habitude de réciter le Téhilim 22 : « Au chef des chantres. D’après l’Ayelet Hacha’har. Psaume de David. Mon D.ieu, mon D.ieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? »

Le Téhilim 22: Un psaume de détresse et d'espoir

Le Téhilim 22, en particulier, occupe une place spéciale dans les prières pour l'accouchement. Ce psaume, qui commence par le cri de détresse "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?", est associé à la reine Esther, qui l'a récité lorsqu'elle a mis sa vie en danger en se rendant chez le roi A'hachvéroch.

Le Midrach compare la situation de la reine Esther au verset de Mikha (7, 8) : « Car je suis tombé et je me suis relevé, car même lorsque je suis assis dans les ténèbres, Hachem est ma lumière ». La reine Esther est surnommée « Ayelet Hacha’har », « la biche de l’aurore », car elle a mérité la délivrance après avoir vécu dans les ténèbres.

De même, la femme qui accouche est comparée à la « biche de l’aurore ». Au moment de l'accouchement, elle peut se sentir abandonnée et impuissante, mais c'est précisément à cet instant que la délivrance se produit. Le fait de savoir que le moment de la crise annonce la fin de l’accouchement donne des forces exceptionnelles.

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