Khaled Hadj Brahim, plus connu sous le nom de Khaled, et anciennement Cheb Khaled, est un chanteur de raï algérien, auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste, né le 29 février 1960 à Oran. Son parcours musical, depuis les quartiers modestes d'Oran jusqu'aux scènes internationales, est une véritable épopée.

Les jeunes années et les premières influences

Khaled grandit dans le quartier Eckmühl à Oran, dans un milieu modeste. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour la musique, influencé par des artistes marocains, mais aussi par des figures occidentales comme Elvis Presley et Johnny Hallyday. Malgré l'opposition de son père, qui désapprouve ses aspirations musicales, Khaled continue de chanter en secret. Il fréquente Cheikh Fethi, un ami d'enfance qui deviendra également un célèbre chanteur de raï. Trop souvent absent, il finit par se faire renvoyer du lycée.

L'ascension fulgurante dans le monde du raï

Le raï connaît un essor important auprès de la jeunesse algérienne, et Khaled en devient rapidement l'une des figures emblématiques. Il fait ses premiers enregistrements sur des cassettes souvent piratées. En 1985, il remporte le premier prix au Festival de Raï d'Oran, un événement qui marque un tournant dans sa carrière.

La conquête de la France et la reconnaissance internationale

Un producteur français le remarque et, en 1986, Khaled s'installe en France. Il se produit au Festival de Bobigny, où sa voix et son talent sont salués. En 1988, il sort son premier album enregistré en France, Kutché, en collaboration avec le compositeur algérien Safy Boutella, qui va lancer le raï à l'international. Le succès est mitigé, mais cela lui permet de faire une tournée en Europe et de se faire connaître.

L'album Khaled et le phénomène "Didi"

C'est en 1992, avec l'album Khaled, que sa carrière explose. Produit à Los Angeles par Don Was, cet opus contient plusieurs tubes, dont "Didi", qui propulse les ventes à plus d'un million d'exemplaires dans le monde. "Didi" devient le premier grand succès du raï, ouvrant les portes du marché occidental à Khaled.

Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso

Les années de succès et les collaborations prestigieuses

Devenu une valeur sûre du raï, Khaled poursuit une carrière brillante. En 1993 sort l'album N'ssi, N'ssi. Il compose également la bande originale du film Un, deux, trois, soleil de Bertrand Blier, ce qui lui vaut le César de la meilleure musique de film en 1994. En 1995, il reçoit le prix de l'artiste interprète francophone aux Victoires de la musique.

En 1996, il enregistre l'album Sahra, en collaboration avec Jean-Jacques Goldman, qui contient le tube "Aïcha". La même année, il chante en duo avec Mylène Farmer, "La poupée qui fait non", lors d'un concert de la chanteuse.

L'évolution musicale et les critiques

Par la suite, les critiques sont moins élogieuses, certains reprochant à Khaled de s'éloigner du raï originel. En 2009, il sort l'album Liberté, un retour aux sources qui reçoit des critiques positives, tout comme son opus suivant, C'est la vie (2012). En 2012, Khaled revient avec un tout nouveau single « C’est la vie » produit par RedOne ! Le producteur qui a collaboré avec Lady Gaga, Jennifer Lopez et d’autres stars.

Les ennuis judiciaires et la vie privée

Le chanteur connaît plusieurs démêlés avec la justice au cours de sa carrière. En mai 2001, il est condamné pour non-paiement de pension alimentaire pour son fils naturel Anyss, et en 2004, il est de nouveau mis en examen pour abandon de famille. En avril 2015, il est condamné pour plagiat pour sa chanson "Didi".

Côté vie privée, Khaled a une relation avec Karima Benkaima, rencontrée en 1986. Ils se séparent en 1994, et la jeune femme donne naissance à Anyss en juin 1995. Le chanteur refuse de reconnaître l'enfant, mais la justice conclut qu'il est le père d'Anyss, qui peut porter son nom. Marié depuis 1994 à une franco-algérienne (Samira Diabi), Khaled réside pendant des années en France. En 1997, son épouse dépose plainte contre lui pour violences conjugales, avant de se rétracter. En 2013, le roi du Maroc lui offre la nationalité marocaine du fait de leur amitié.

Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition

L'héritage musical de Khaled

Khaled est surnommé « Cheb » au Festival d'Oran en 1985, dont il gagne le premier prix. En 1986, il rencontre le compositeur algérien Safy Boutella avec lequel il produit et compose l’album Kutché qui va lancer le raï à l’international. Khaled a contribué à l'évolution du raï en intégrant des instruments occidentaux tels que la guitare, la basse, le synthétiseur et le saxophone. En 1993 sort l'album N'ssi, N'ssi. En 1994, Khaled reçoit le César de la meilleure musique de film pour Un, deux, trois, soleil de Bertrand Blier. En 1996, il enregistre l'album Sahra, qui contient deux collaborations avec Jean-Jacques Goldman, dont le tube Aïcha. En 2004, il participe au CD Agir Réagir en faveur des sinistrés du tremblement de terre qui a secoué la région d'Al Hoceima, au Maroc le 24 février. En 2006, il chante en duo avec Cameron Cartio sur le titre Henna, avec Carlos Santana sur Love to the people et avec Diane Haddad sur Mas & Louly. En 2009, pour marquer l'arrivée de la soirée Raï’n’B Fever 2009, avec le groupe Magic System, il chante Même pas fatigué. Le 30 octobre 1994, Khaled est arrêté et contrôlé par la police française pour conduite en état d'ivresse (1,80 g d'alcool par litre de sang). Il avait déjà été arrêté en France en 1993 pour le même motif. Il est dans un premier temps condamné le 3 avril 2015 par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir plagié la musique d'un auteur algérien, Cheb Rabah, pour la composition de son tube Didi. Khaled a un fils illégitime avec lequel il n'a aucun contact. Avant sa comparution devant le tribunal en 2001, il a nié être le père de l'enfant, continuant à affirmer qu'il avait été « trompé ».

Khaled, né Khaled Hadj Brahim, dit également Cheb Khaled, est un chanteur de raï algérien né à Oran le 29 février 1960. Il est célèbre en France pour ses tubes Didi et Aïcha, ainsi que pour sa participation au trio 1, 2, 3, Soleil, formé avec Rachid Taha et Faudel.Khaled grandit entouré de ses parents dans le quartier Eckmühl, à Oran, et est très vite passionné par la musique raï. Il est influencé par des chanteurs comme Ahmed Wahby, Abdelkader El Khaldi et Mostefa Ben Brahim. Pendant sa jeunesse, c'est donc en écoutant ces artistes qu'il se forge la conviction de devenir lui aussi chanteur. Il fréquente alors Cheikh Fethi, qui deviendra également un célèbre chanteur de raï.En 1985, Khaled participe au Festival du raï d'Oran et en remporte le premier prix. Dès ses débuts il se distingue des autres chanteurs raï en intégrant à sa musique des sonorités occidentales en utilisant des guitares, de la basse, des synthétiseurs et même des cuivres comme le saxophone.Khaled, très vite au sommetFort d'une belle petite notoriété par-delà la méditerranée, Khaled décide de s'envoler pour la France, où il rencontre Marc Céda et Djalil Ourak qui lui décrochent une contrat chez Universal pour un premier album. Cet album, Didi, ne sortira qu'en 1992, mais sera un grand succès au Maghreb et en France. Au Brésil aussi l'album se vend à près de trois millions et demi d'exemplaires. Le titre Didi, devient le premier grand succès du raï.La carrière occidentale de Khaled est alors lancée. En 1993, il revient dans les bacs avec l'album N'ssi, N'ssi puis Bertrand Blier lui demande d'écrire la musique de son film Un, deux, trois, soleil, musique pour laquelle Khaled recevra le César de la Meilleure musique écrite pour un film.En 1996, Khaled sort son troisième album studio enregistré en Europe : Sahra, comprenant le titre Aïcha qui devient très vite le tube de l'année. Il faut dire que le titre a été co-écrit par Jean-Jacques Goldman, qui a cette époque portait très bien son nom puisque tout ce qu'il touchait se transformait en or (ou en hit !). L'album comprend également un duo avec Mylène Farmer, La poupée qui fait non.Une carrière qui dé-RAÏEn 1997, au sommet de sa gloire, Khaled joue dans le film 100% Arabica de Mahmoud Zemmouri et avec Cheb Mami. L'année suivante, il cartonne avec Faudel et Rachid Taha grâce à l'album live 1, 2, 3, Soleil, mais en solo, Khaled a bien du mal à renouer avec le succès d'Aïcha. Ses albums Hafla (1998), Kenza (1999), Elle ne peut pas vivre sans lui (2000) et França El Fayha (2001) se vendent beaucoup moins bien, et le chanteur décide de s'éloigner quelque peu de la scène.Son retour il le fait en 2004, avec l'album Ya Rayi, mais cet album ne lui permet pas de renouer avec les ventes mirobolantes qu'il a connu avec Sahra. A cette époque, sa vie privée aussi connait des déboires puisque Khaled est inquiété par la justice française pour violences conjugales et abandon de domicile conjugal. Il fuit alors l'hexagone et se réfugie au Luxembourg. Sa femme, bien que divorcée, a expliqué avoir porté ses accusations sous le coup de la colère, mais qu'en réalité, Khaled ne l'avait jamais battu. Néanmoins, cette affaire entachera l'image du chanteur raï.Un nouveau départ ?En 2009, il signe l'album Liberté puis revient en 2011 avec Khouf Ngadji Bahri. Seulement, le raï ne déplace plus les foules en Europe, et désormais, c'est au Maghreb que Khaled continue sa carrière. Si en France il est toujours considéré comme le roi du raï, c'est un roi sans château. Mais cela pourrait très vite changer puisqu'en juillet 2012, Khaled sort un nouveau single intitulé C'est la vie, présent sur son album à paraître fin 2012 et qui augure d'un nouveau virage musical pour le chanteur, un virage beaucoup plus dance. Biographie Prince du raï, légende vivante, phénomène de la chanson, ambassadeur de la world-music, plus fameux chanteur algérien au monde : au royaume des superlatifs, Khaled peut certainement, grâce à ses laudateurs, revendiquer la plus scintillante des couronnes. Il convient toutefois de rappeler que si, musicalement, le raï a connu grâce à lui un rafraîchissement des coutumes, de l'inspiration, et un renouvellement sensible de la forme, Khaled doit être crédité, sans doute encore davantage, d'avoir fait voyager sa musique de prédilection, des faubourgs d'Oran, jusqu'à la scène mondiale. Hadj Brahim Cheb Khaled est né le 29 février 1960, dans le quartier Elkmine de Sidi El Houari, bourg situé dans la banlieue d'Oran (Algérie). Ses parents sont originaires d'un village dépendant de la division administrative de Mostaganem. C'est du balcon de la mairie de cette ville que le Général de Gaulle lancera le désormais historique : « Vive l'Algérie française ! »Il suffit du soleil, c'est tout de suite la musique Même si sa famille ne l'incite pas à les pratiquer (seul un vague oncle joue de l'accordéon), le jeune (Cheb) Khaled écoute, dès sa prime enfance, beaucoup de musiques, en provenance d'Egypte (il s'imprègnera de l'art de Farid el-Atrache, et la diva Oum Kalsoum aura naturellement une profonde influence sur lui), d'Espagne ou de France (qui pouvait échapper à cette époque à Johnny Hallyday ?). De la musique anglo-saxonne, il retiendra plus tard James Brown, Elvis Presley, ou les Beatles. Mais ses influences sont également typiquement algériennes (Ahmed Wahby), voire franchement oranaises (en la personne du chantre de la musique de la ville, Blaoui El Houari).Déjà fin lettré, Khaled se passionnera également pour l'oeuvre de Mostefa Ben Brahim, qui compile les destinées de combattant émérite de l'indépendance algérienne, et de poète reconnu comme une gloire nationale. Néanmoins, il serait injuste de passer sous silence le formateur le plus déterminant du jeune homme : Cheikh Fethi, de trois ans l'aîné de Khaled, fut son compagnon de prime enfance et d'adolescence, et un chanteur à la carrière aussi étincelante qu'injustement interrompue de manière prématurée par la maladie. Initiateur de la lignée du raï oranais, il aura une incontestable influence sur Khaled. Dès l'âge de neuf ans, Khaled intègre (à l'insu de sa famille) le groupe phare de sa ville, Les Cinq Etoiles. De plus, la future vedette apprend guitare, piano, flûte et accordéon à l'école, qu'il quitte dès seize ans, convaincu que son destin passe par une carrière dans la chanson. Son père, policier travaillant dans le garage automobile du commissariat, et ne percevant qu'un modeste salaire, voit d'un oeil sévère ce choix risqué. L'exclusion temporaire de Khaled de l'école pour absences répétées lui vaudra d'ailleurs une sévère correction de la part de son géniteur.Dès 1974, il parvient, tout en se produisant régulièrement dans les cabarets oranais (même s'il survit essentiellement grâce à des petits boulots, et autres expédients), à enregistrer son premier 45 tours (« Trig el lici » / « La Route du Lycée », ou les joies de l'école buissonnière et coquine). Le disque fait parler de lui, mais ne rapporte rien à Khaled si ce n'est une renommée naissante, et il ne survit que grâce à des emplois de garçon de café, ou de cireur de chaussures. Il se produit de façon systématique dans les cérémonies de mariage ou de circoncision, et les lieux de plaisir de la côte, où il parfait son métier. Mais on ne l'entend jamais à la radio : y chanter les filles et l'alcool est interdit. Deux années plus tard, « El Marsam » est sa première chanson à recueillir un important succès à travers tout le pays. Sa voix puissante fait merveille dans cet appel à l'amour, et aux plaisirs charnels. Khaled prend alors une décision faussement anecdotique, en remplaçant dans son orchestre violons par guitares électriques. Il devient dès cet instant le chouchou des enfants de l'intelligentsia algérienne, tous caciques du FLN désormais aux commandes du pays. Dès 1982, grâce à l'adjonction de claviers électroniques, son orchestre adopte désormais une configuration occidentale. Khaled vend énormément de cassettes audio, tant dans son pays que parmi la diaspora algérienne, et ce support, piraté naturellement dans tout le Maghreb, lui fait perdre un nombre conséquent de royalties : d'Oran à Barbés, c'est l'habituel pont de contrefaçons qui se met en place. En tout état de cause, les enregistrements se succèdent de manière vertigineuse, souvent peu ou pas préparés, bâtis sur des paroles parfois improvisées, mais alimentant les poches systématiquement percées du chanteur. Il participe en 1985 au premier Festival Raï d'Oran (dont il remporte le premier prix) : le pouvoir politique s'est résolu à tenter de récupérer un mouvement musical, et culturel, inexorable.La trajectoire ascendante de la carrière de Khaled s'accompagne en effet d'une levée de la censure, qui bridait jusqu'à cette époque les auteurs de chansons. Dès cet instant, il commence avec ses compagnons en musique, à élaborer l'évolution du raï et du chaâbi (chant populaire oranais), qui passe par l'intégration des rythmes du reggae ou du funk, ainsi que l'utilisation d'instruments exotiques pour un artiste arabe, à savoir guitare électrique, basse, ou synthétiseur. Il serait néanmoins réducteur de considérer que l'ajout, d'un saxophone ici, ou d'une percussion là, a suffi pour faire évoluer le raï du statut de spécificité locale, à celui d'une dimension planétaire. Mais cette évolution du son général des chansons, bien sûr sublimée par les qualités intrinsèques du chanteur, constitue un paramètre non négligeable de son triomphe. Il suffit de traverser la mer, c'est tout de suite l'aventureAlors qu'il est devenu une énorme vedette dans son pays, c'est en 1986 que Khaled s'installe en France. Le pays, la culture, la vie quotidienne (pouvoir se promener main dans la main avec une fiancée sans encourir les foudres de la police !) le font rêver. Il se produit dans un festival banlieusard, à Bobigny, devant le gratin du raï. Sa prestation est saluée, et lui permet de rencontrer Djilali Ourak, qui devient son manager. Un premier disque (Hada Raïkoum) attire l'attention. Mais Khaled n'a pas traversé seul la Méditerranée : dans ses bagages, et en guise de carte de visite, les bases de l'album Kutche, qui est enregistré, en compagnie de Safy Boutella (producteur, arrangeur, chanteur et acteur de cinéma), et produit par le spécialiste de la world Martin Messonnier. Ce disque (qui lui ouvrira également le marché japonais), habituellement considéré comme l'enregistrement fondateur du nouveau raï (et première production du genre hors des frontières naturelles de cette musique), décline, à partir d'un répertoire ancré dans la tradition, des variations explicitement sexuelles : outre des orchestrations novatrices, clairement empruntées au jazz et à la pop internationale, cette révolution musicale passe en effet par l'expression du désir.Même si les chansons qui y figurent sont parfois dénigrées par un public de puristes, craignant les premiers affadissements de l'art du chanteur, Kutche permet à Khaled de mettre sur pied une tournée européenne (en particulier en Hollande, Belgique et Grande-Bretagne), ainsi que quelques concerts au Japon, pour la conquête d'une audience à cette époque inespérée. En juillet 91, il représente la chanson francophone (sic) à l'occasion du World Summer Festival se déroulant au Central Park de New York.En 1992, un album éponyme est produit à Bruxelles par Michael Brook, et à Los Angeles par Donald Fagenson, alias Don Was, producteur de la terre entière (Bob Dylan, The Rolling Stones) et, accessoirement, membre du duo rigolo Was (Not Was). Ce disque, subtile utilisation des plus modernes rythmiques rap et reggae, réalise un plus qu'honorable parcours sur le marché français (il entre dans les cinquante meilleures ventes du moment), mais c'est essentiellement la chanson « Didi » qui propulse ce coup d'essai, véritable premier tube de la raï music, hors du cercle des initiés, et première chanson en arabe à pénétrer le Top 50. Khaled devient donc disque d'or en France et en…Inde (où « Didi » bénéficiera même d'une adaptation en indhi), atteint la première position des ventes en Arabie Saoudite, Brésil, Egypte et Israël. Le disque atteint des ventes d'un million cinq cents mille exemplaires.En conséquence de ce triomphe, le chanteur assume en ricochet le rôle d'ambassadeur du raï, et de la culture maghrébine à travers le monde occidental, et son marché musical. Khaled n'a en effet pas omis d'y rendre hommage à ses racines, avec des chansons comme « Wahrane », où il salue la ville d'Oran. Mais l'Algérien est plus réservé quant au rôle presque politique de nouvelle voix progressiste du Maghreb qu'on veut lui faire jouer. Preuve en tout cas du caractère désormais intemporel de ce refrain, plus de dix années plus tard, Didi, merveille d'équilibre entre les racines débridées du raï et une exaltation plus internationale, sera samplé (« Crunck Didi »/ « Losing You ») dans un duo de l'Américaine Amerie Rogers et du Français Willy Denzey. C'est à cette même période que l'Algérie s'enfonce malheureusement dans de nouvelles années de plomb, ensanglantées par de multiples attentats. Terrorisme permanent, et réplique plus que musclée d'un pouvoir se perdant chaque jour davantage dans des dérives dictatoriales et militaristes, incitent les jeunes talents algériens, artistes ou cerveaux, à s'exiler. La situation convainc Khaled, quant à lui viscéralement laïc, à s'installer à demeure en France.En 1993, l'album N'ssi N'ssi permet à Khaled d'enfoncer le clou de la reconnaissance internationale. Produit par le désormais habituel Don Was, et le plus juvénile arrangeur Philippe Eidel, on y relève la participation de l'ensemble des Violons du Caire (ceux-là mêmes qui accompagnaient Oum Kalsoum). En 1994, le chanteur obtient le César de la meilleure musique de film pour sa partition du Un, deux, trois, soleil, (partiellement élaborée à partir de N'ssi N'ssi), mis en scène par Bertrand Blier. Ce film, tourné à Marseille avec Anouk Grinberg et Marcello Mastroianni, est également lauréat du Festival de Stockholm et de la Mostra de Venise. A l'occasion de la cérémonie protocolaire, Khaled dédie ce trophée à une jeunesse sacrifiée, celle de son pays. La tournée internationale qui suit fait deux haltes (deux et trois mars) dans un Zénith parisien complet. On peut alors considérer que Khaled a fait du petit bois de la concurrence, et s'est installé au firmament des artistes de world music. Il suffit de conquérir le monde, c'est tout de suite la renommée Au mois de février 1995, il reçoit la Victoire de la Musique de l'Artiste Interprète Francophone de l'Année. Il profite de l'occasion pour déposer auprès de la Sacem (société percepteur des droits musicaux) sa 800ème partition. La même année, le chanteur fonde en compagnie d'Hamid Cheriet, dit Idir, chanteur kabyle dont le « Vava Inouva » a fait le tour de la terre, l'association L'Algérie, La Vie, afin de lutter contre l'intégrisme et ses attentats. Il participe en ce sens à plusieurs concerts en faveur de la liberté d'expression, et en particulier le 22 juin, pour un Zénith parisien, de nouveau complet. Sa vie privée est, quant à elle, illuminée d'un mariage avec Samira, jeune marocaine, qui interrompt donc le 12 janvier une existence de célibataire, vouée aux plaisirs de l'alcool, de la fête, et des femmes. En 1996, Khaled enregistre Sarah, du nom de son premier enfant (née quelques semaines auparavant), et disque produit par Jean-Jacques Goldman (qui restera comme une rencontre déterminante dans le déroulé de sa carrière) et, de nouveau, Don Was. L'éclectisme du projet incite à des rencontres avec Rita Marley, les I Threes, ou les marseillais d'Iam. Les sessions se déroulent par ailleurs partiellement à Los Angeles, Paris, et aux légendaires Tuff Gong Studios jamaïcains de Kingston, en compagnie de la section de cuivres des Wailers. « Aïcha », titre phare de l'album, s'éloigne considérablement des racines musicales de l'Algérien, mais c'est un nouveau succès. Sarah se vend à 500 000 exemplaires. La même année, il revisite en compagnie de Mylène Farmer « La Poupée qui fait non » (signée Michel Polnareff). Khaled participe à quelques dates du Tour 96 de la chanteuse. Les bases de l'art de l'algérien sont alors posées, à savoir une très habile synthèse entre rock, raï, et variété. Au mois de mars 1997, l'Algérien occupe la scène de l'Olympia de Paris, pour trois concerts à guichets fermés. Il partage également l'affiche de 100% Arabica (comédie de Mahmoud Zemmouri) avec l'autre chanteur de raï prééminent de l'époque, Cheb Mami.Le 26 septembre 1998, les trois grandes voix de la chanson maghrébine se retrouvent dans le projet 1, 2, 3 Soleils : Faudel, Rachid Taha et Khaled partagent alors la même scène d'un Bercy parisien bourré à craquer, pour une musique plus ancrée dans la tradition. Ils égrènent leurs succès réciproques, en offrant des interprétations en solo, duo, ou à trois. A l'occasion de cet événement majeur pour le raï, le trio de star stars n'en reprend pas moins le « Comme d'habitude » de Claude François. La soirée fera naturellement l'objet de l'édition d'un disque. Il suffit d'être célèbre, c'est tout de suite les ennuisMais à l'été 1999, alors qu'il participe au Festival de Montréal, un escroc annonce frauduleusement que Khaled envisage de se produire en Israël. Cette fausse information a comme pour conséquence immédiate des menaces à l'encontre de l'artiste, qui décide de se mettre en retrait, et va jusqu'à annuler des concerts bretons initialement planifiés pour l'été. C'est pourtant la même année (mois de novembre) qu'après avoir envisagé un concert algérois (le projet sera finalement abandonné) que Khaled se rend dans son pays natal…pour répondre d'une accusation d'atteinte à la propriété intellectuelle et artistique, initiée par son ancienne maison d'édition. Khaled sera acquitté, dans un pays où pointe la détente, après l'avènement à la présidence de la république d'Abdelaziz Bouteflika.Au mois de décembre 1999, sort l'album Kenza (Mon Joyau), hommage au prénom de sa deuxième fille. Quinze chansons sont au programme. Toujours dans l'ombre de la réalisation, cette fois confiée au guitariste anglais Steve Hillage (éternel compagnon de Rachid Taha) et à Lati Kronlund, fondateur du collectif new-yorkais Brooklyn Funk Essential, Jean-Jacques Goldman lui offre « Derviche Tourneur », et un nouveau succès, « C'est la nuit ». C'est sans complexe que Khaled s'attaque à l'Imagine de John Lennon, en duo avec la chanteuse israélienne Noa. On relève avec « El Harba » un autre duo, avec l'Anglo-Pakistanaise Amar cette fois. Mais, entre electro et salsa, la chatte du raï y perd un peu ses petits. Au mois d'avril de l'année suivante, il se produit devant la foule enthousiaste du… Connu pour son sourire implacable, Khaled est un chanteur de raï. En 1986, il produit l'album Kutché avec le compositeur Safy Boutella, qui sera classé dans le top 100 des meilleurs albums du siècle. Khaled déclenche alors un engouement international pour la musique raï. Il signe ensuite un contrat chez Universal, qui va lui permettre de sortir son titre mythique Didi. L'album Khaled paraît en 1992 et rencontre un franc succès, tant au Maghreb qu'en France. Le "roi du raï" sort un album intitulé N'ssi, N'ssi l'année suivante, qui sera repris par la bande originale du film Un, deux, trois, soleil. La carrière de Khaled continue sous les meilleurs auspices en 1996, quand il enregistre l'album Sahra, dans lequel il collabore avec Jean-Jacques Goldman. Le titre Aïcha sera le fruit de cette belle collaboration.

Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet

tags: #date #de #naissance #Cheb #Khaled

Articles populaires: