Dalida, de son vrai nom Iolanda Gigliotti, fut une figure emblématique de la chanson française et internationale. Née au Caire, en Égypte, de parents italiens, son parcours atypique la mènera des concours de beauté aux sommets des hit-parades, en passant par des drames personnels qui marqueront son œuvre à jamais. Elle a enregistré plus de 2000 chansons dans plusieurs langues et vendu plus de 170 millions de disques.
Des Débuts Prometteurs
Iolanda Cristina Gigliotti voit le jour le 17 janvier 1933 au Caire. Son enfance est marquée par une infection oculaire qui l'oblige à porter un bandage pendant 40 jours, entraînant des maux de tête et un strabisme divergent. Elle étudie dans une école religieuse où elle découvre sa passion pour la scène. Inspirée par Rita Hayworth, elle prend des cours de théâtre et participe au concours Miss Ondine du Caire, puis est élue Miss Égypte en 1954 à l'âge de 21 ans.
Encouragée par le cinéaste Marco de Gastyne, elle part pour Paris afin de poursuivre sa carrière dans le cinéma. Elle y rencontre Alain Delon, son voisin. Face aux difficultés, elle se tourne vers la chanson et se fait remarquer dans des cabarets parisiens. Bruno Coquatrix, directeur de l'Olympia, la remarque et lui suggère de participer au concours « Les Numéros 1 de demain » en 1956.
L'Ascension Fulgurante
Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe 1, est séduit par le charme oriental de Dalida et prend sa carrière en main. Le 28 août 1956, sort son premier EP, "Madona", qui connaît un succès mitigé.
En octobre 1956, Morisse pense avoir trouvé le titre phare de Dalida : "Bambino", version française de la chanson "Guaglione". Il bloque la chanson, la fait enregistrer en une nuit et la diffuse toutes les heures à l'antenne d'Europe 1. "Bambino" rencontre un grand succès en France et se classe en tête des ventes pendant plusieurs semaines, propulsant la jeune chanteuse sous les feux de la rampe. Sa renommé est telle que son nom traverse l’Atlantique et on lui propose deux ans plus tard un pont d’or pour partir exercer ses talents du côté d’Hollywood, qu'elle refusera.
Lire aussi: Avortement de Dalida : les secrets dévoilés
Une Succession de Triomphes
En décembre 1957, Dalida enregistre "Gondolier", un nouveau succès qui la maintient en tête des hit-parades en France, en Wallonie et au Québec. Peu après, elle enregistre également "Dans le bleu du ciel bleu", qui connaît une popularité similaire et atteint la première place du hit-parade en France. En juin, elle entame la tournée "TDF avec Dalida 58" (Tour de France avec Dalida), puis elle se produit à Alger pendant l'été, apportant son soutien aux soldats français engagés dans la guerre d'Algérie. En juillet, sa chanson "Les Gitans" devient un succès international en se classant troisième dans les hit-parades italiens et espagnols, tandis qu'elle place simultanément cinq chansons dans le Top 10 français.
En 1959, Dalida entame de nombreuses tournées à travers la France, l'Égypte, l'Italie et l'Allemagne, élargissant ainsi sa renommée au-delà des frontières françaises. Pour répondre à ce nouveau public, elle commence à enregistrer des chansons dans d'autres langues. En mai, elle enregistre "Le Jour où la pluie viendra" en allemand, devenant un succès sous le titre "Am Tag als der Regen kam", se classant numéro un en Allemagne et deuxième en Autriche.
Entre Reconnaissance et Liberté
Dalida se marie avec Lucien Morisse le 8 avril 1961, avant d'obtenir la nationalité française. Ce mariage n'est pas le fruit d'une histoire d'amour, mais plutôt un geste de reconnaissance envers celui qui a contribué à son succès. Parallèlement, elle entame une liaison avec l'artiste-peintre Jean Sobieski, qui durera jusqu'en 1963. Malgré les tentatives de Lucien Morisse pour mettre fin à sa carrière, Dalida persiste et obtient un triomphe personnel à l'Olympia en décembre 1961. Leur divorce est prononcé en 1962.
Dalida entame les années 1960 avec des chansons exotiques au tempo lent. Elle débute avec succès avec "Les Enfants du Pirée", notamment en Europe où elle gagne en popularité dans des pays jusque-là moins réceptifs à sa musique. Cependant, l'arrivée du mouvement musical rapide "yéyé", porté par de jeunes artistes émergents, la pousse à évoluer. Elle adapte alors son style avec des titres comme "Itsi bitsi, petit bikini" en novembre 1960, marquant ainsi un tournant dans sa carrière.
"Les Enfants du Pirée": Un Succès Mondial
"Les Enfants du Pirée" est une chanson grecque écrite par Manos Hadjidakis pour le film "Jamais le dimanche" (1960) de Jules Dassin, et interprétée par Mélina Mercouri. La chanson remporte l'Oscar de la meilleure chanson originale en 1960. Les paroles font référence au personnage principal du film, Ilia, une femme indépendante et heureuse, qui tombe amoureuse, et partage sa joie de vivre.
Lire aussi: Le parcours de Dalida
Dalida reprend cette chanson en français, et sa version devient un succès international.
Une Étoile Brille à l'Olympia et au-Delà
Dans les années 1960, Dalida se produit à l'Olympia à trois reprises, en 1961, 1964 et 1967, avec des concerts diffusés en direct à la radio lors de sa prestation de 1961. Elle entame également des tournées à Hong Kong et au Vietnam, élargissant ainsi son public à l'international et devenant populaire en Italie. En 1962, elle participe à la sortie du film "Le Jour le plus long". En 1964, elle se teint les cheveux en blond vénitien et parcourt la France avec succès, chantant notamment lors du Tour de France et à l'Olympia. En 1965, son enregistrement de "La Danse de Zorba" rencontre un succès international. En 1967, elle classe le titre "Mama" en tête des ventes en Italie, tandis que "La Dernière Valse" atteint la deuxième place.
Ce changement de ton, marqué par des performances plus immobiles sur scène, séduit le public italien. Ses titres comme "Ciao amore, ciao" en 1967 et "Dan dan dan" en 1968, rencontrent un succès significatif en Italie. Pendant cette période, elle est également honorée de plusieurs distinctions, notamment la médaille de la présidence de la République en 1968, décernée par Charles de Gaulle, et la Croix de Commandeur des Arts et des Lettres par Roger Pinoteau.
Une Décennie de Succès et de Diversité Musicale
Malgré son récent virage vers un répertoire plus dramatique, Dalida ne délaisse pas pour autant les grands succès populaires. Au début des années 1970, elle connaît un succès notable avec des titres tels que "Darla dirladada", une reprise d'un folklore grec, et en 1972, elle vend plus de 300 000 exemplaires en France de "Parle plus bas". En 1973, elle renoue avec Alain Delon pour interpréter le duo "Paroles… Paroles…", qui devient son premier single à figurer dans les hit-parades japonais, mexicain et portugais. L'année suivante, elle enregistre "Gigi l'amoroso", qui devient son titre emblématique, numéro un dans douze pays et battant un record de vente au Benelux.
La Reine du Disco Français
En 1975, Dalida se lance dans le disco, devenant l'une des premières artistes françaises à explorer ce genre musical avec son album "Coup de chapeau au passé". Des titres comme "J'attendrai" et "Bésame mucho" rencontrent un grand succès en France et à l'international. "J'attendrai" se classe numéro un des ventes en France en février 1976, et obtient également de bonnes positions en Flandre, au Québec et aux Pays-Bas. Par la suite, elle enregistre d'autres titres disco tels que "Femme est la nuit", "Génération 78", "Ça me fait rêver" et "Lambeth Walk", tous entrant dans le Top 20 des ventes en France. L'un des titres les plus emblématiques de sa période disco est "Monday, Tuesday… Laissez-moi danser", une reprise d'une chanson italienne de Toto Cutugno.
Lire aussi: Vie privée de Ladislas Chollat
Entre-temps, Dalida fait une incursion dans le reggae avec "Il faut danser reggae", qui se vend à plus de 200 000 exemplaires en France et atteint la 11e place des ventes françaises en janvier 1980.
L'Icône de la Paix et de la Diversité Musicale
Dalida crée un succès d'inspiration orientale en 1977 avec "Salma ya salama", une chanson réarrangée par Jeff Barnel et qui devient un véritable hymne au Moyen-Orient. Diffusée à la radio d'Israël lors de la visite d'Anouar el-Sadate, président de l'Égypte en conflit avec Israël, cette chanson devient un message de paix. Elle enregistre cette chanson en français, en arabe égyptien, en italien et en allemand.
Les Triomphes Scintillants de Dalida
En 1979, Dalida rencontre Lester Wilson, qui devient son chorégraphe pour le spectacle au Palais des sports prévu en janvier 1980. Dalida se produit alors chaque soir devant une foule de 5 000 personnes pendant trois semaines. L'événement comprend 18 spectacles géants, accompagnés de 30 musiciens, 12 danseurs et 12 tenues de scène différentes. En 1981, elle fait une apparition à l'Olympia.
Une Vie Privée Tumultueuse
La vie privée de Dalida a été marquée par de nombreux hauts et bas, ainsi que par des tragédies personnelles. Elle a connu plusieurs relations amoureuses tumultueuses et complexes, souvent entrelacées avec sa carrière et sa santé mentale. Dalida a été mariée trois fois, mais aucun de ses mariages n'a été couronné de succès. Son premier mariage avec Lucien Morisse, qui était également son producteur et manager, a été plus motivé par la reconnaissance professionnelle que par l'amour. Leur relation a été marquée par des tensions et des luttes de pouvoir. Après son divorce avec ce dernier et son emménagement dans sa nouvelle demeure, Dalida finit par rompre avec l'artiste-peintre Jean Sobieski.
Son deuxième mariage avec le chanteur italien Luigi Tenco s'est terminé tragiquement lorsque Tenco s'est suicidé en 1967. Cette perte a profondément affecté Dalida et a contribué à sa propre lutte contre la dépression. Son troisième mariage avec l'homme d'affaires Richard Chanfray a également été tumultueux. En dehors de ses mariages, Dalida a eu plusieurs autres relations amoureuses avec des hommes célèbres, notamment Alain Delon et François Naudy. Ces relations ont souvent été complexes et ont ajouté à la pression et à la tension dans sa vie privée. En plus de ses relations amoureuses, Dalida a également été confrontée à des problèmes de santé mentale, notamment des épisodes de dépression et de solitude. Ces luttes personnelles ont été exacerbées par les pressions de sa carrière et par les tragédies personnelles qu'elle a traversées.
Une Icône Intemporelle de la Musique et de la Mode
Dalida a eu une influence majeure tant en France que dans le monde entier, tant sur le plan musical que sur le plan culturel :
- Influence musicale: Dalida a marqué plusieurs générations par son style musical varié, allant de la chanson française au disco, en passant par la pop et la musique orientale. Ses chansons sont toujours appréciées et écoutées par un large public, et plusieurs de ses titres sont devenus des classiques intemporels.
- Impact culturel: En tant qu'icône de la chanson française, Dalida a contribué à populariser la musique française à l'international. Sa carrière prolifique et ses succès ont contribué à renforcer la réputation de la musique française dans le monde entier.
- Influence sur la mode et le style: La chanteuse était non seulement célèbre pour sa voix et ses performances, mais aussi pour son style iconique. Elle était reconnue pour ses tenues élégantes, ses coiffures sophistiquées et son maquillage impeccable.
tags: #dalida #les #enfants #du #piree #explication
